SALVADOR La position du FMLN-FDR sur les négociations Le document que nous publions ci-après définit les positions du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) et du Front démocratique révolutionnaire (FDR) relatives aux conditions nécessaires à la recherche d'une solution politique du conflit salvadorien. Il a été rendu public le 9 juin dernier et publié intégralement dans Bandera Socialista, organe du Parti révolutionnaire des travailleurs, section mexicaine de la IVe Internationale, du 13 juin dernier. La traduction a été effectuée par la rédaction d'Inprecor.
Tout au long de ces trois dernières années, nos fronts sont parvenus à définir la nécessité d'une solution politique au conflit salvadorien. Aussi bien le gouvernement du Salvador que l'administration Reagan ont répondu à nos propositions en refusant le dialogue, en accroissant la répression et en intensifiant l'intervention militaire et politique contre notre peuple.
Aujourd'hui, devant l'avancée incontestable des forces démocratiques et révo. lutionnaires du peuple salvadorien et la pression internationale grandissante en faveur d'une solution politique, nos ennemis prétendent se parer du manteau du trices ne peuvent occulter la réalité drad'un gouvernement salvadorien qui ne tient debout que grâce au terrorisme d'Etat et au soutien de l'administration Reagan, qui accentue son aide militaire et en arrive ainsi, chaque fois un peu plus, à assumer la conduite directe de la guerre au Salvador et en Amérique cen-
Face à cette situation, le FMLN et le FDR réaffirment leur volonté de lutte jusqu'à la conquête de l'indépendance nationale, de la justice et de la paix pour notre peuple ; en même temps, nous affirmons que notre politique de dialogue et de négociation est toujours en vigueur. Pour cela, nous présentons les points suivants comme base pour parvenir à une solution du conflit par la voie politique.
1) L'objectif central est de sauver la solution juste qui permette de dépasser l'actuel état de guerre imposé et qui gaindépendante, démocratique et juste, ainsi que la cohabitation pacifique entre les peuples d'Amérique centrale.
2) Cet objectif pourra être atteint au moyen d'un dialogue direct et sans conditions préalables entre les parties en conflit, au cours duquel les problèmes qu'affronte notre société seront globalement débattus, et où tous les secteurs intéressés par la recherche de la paix et de la justice seront pris en compte.
3) Nous considérons comme parties directement impliquées dans le conflit, d'un côté les gouvernements du Salvador et des Etats-Unis et, de l'autre, nos fronts, le FDR et le FMLN. Si notre conflit a pour racine l'injustice et la répression subies par le peuple, le rôle interventionniste croissant du gouvernement du président Ronald Reagan montre clairement qu'au Salvador il n'y aura ni paix ni justice, ni indépendance, tant que ladite administration poursuivra sa politique militariste et interventionniste.
4) L'alliance des forces démocratiques et révolutionnaires représentées au sein du FDR-FMLN est une partie indispensable et indivisible dans la recherche d'une solution politique. Les tentatives de solution de la crise en marge d'un de nos fronts sont irréalisables et rejetées par le FDR et le FMLN comme des manœuvres
5) Dans le processus de dialogue, nous considérons comme nécessaire que des tierces personnes y participent en tant que témoins et médiateurs; pour cela, nous estimons que le dialogue doit se dérouler dans le cadre d'une rencontre où les parties en conflit soient dans un climat de confiance et de sécurité.
PROPOSITION
C'est sur la base de cette position que nous proposons d'entamer un processus de
dialogue orienté vers la concrétisation d'une réelle négociation entre le FDRFMLN d'un côté, et les gouvernements des Etats-Unis et du Salvador de l'autre. Ce processus de dialogue et de négociations doit se réaliser dans le cadre d'une rencontre de confiance organisée par des gouvernements qui défendent effectivement et activement une position en faveur d'une solution politique de notre conflit. C'est sur la base de ce qui vient d'être énoncé que nous jugeons et évaluons les diverses initiatives qui existent actuellement.
L'ENVOYE SPECIAL DE REAGAN
Nous considérons monsieur Richard Stone, envoyé spécial du président Ronald Reagan en Amérique centrale comme le représentant d'une des parties directement impliquées dans notre guerre et comme un médiateur. Le rôle que joue l'administration nord-américaine par son soutien économique, politique et militaire régime salvadorien, et le contrôle croissant qu'elle exerce sur les décisions du gouvernement dans notre pays, convertissent le gouvernement de monsieur Reagan en une partie belligérante directement confrontée au FDR-FMLN.
TL AUTODE
OUL DU PEUFLE
SA HON A -LINTERVENTION AMERICAINE C'est dans cet esprit que nous nous sommes adressés par écrit à monsieur Stone pour lui proposer d'entamer un dialogue direct sur les voies pour une solution politique du conflit. Nous avons également proposé que ce dialogue ait lieu sur le territoire des Etats-Unis et en présence de témoins du Congrès de ce pays. De même, nous avons confié à la Commission politico-diplomatique du FMLN-FDR la tâche de faire avancer ce processus de dialogue.
LA COMMISSION POUR LA PAIX
Magana, a adressé au FDR un appel publie à la réflexion et au dialogue. A ce propos, et tout en réaffirmant notre volonté de dialoguer sans conditions préalables, nous demandons au gouvernement du Salvador qu'il définisse les points suite entre partis politiques, parmi lesquels l'Alliance républicaine nationaliste (ARENA) a déclaré publiquement que dialoguer avec nous, c'était trahir la patrie. Nous savons que les membres de la Commission ont été nommés par le président de la République, qui a choisi un évêque, un diplomate en retraite, et le chef d'un parti mineur de la coalition gouvernementale. Il est donc justifié de demander : représente-t-elle les partis politiques? tous les partis politiques? le gouvernement? qui ?
- Quels pouvoirs a cette Commission pour la paix ? Est-ce un intermédiaire entre le gouvernement du Salvador et nous, forces réelles, politiques et militaires, mène à penser qu'il s'agit d'un instrument agissant comme intermédiaire.
- Cette initiative de la Commission pour la paix traduit-elle un changement par rapport au rejet que le gouvernement a opposé à notre proposition de dialogue en octobre 1982?
La clarification de ces questions est tion concernant quelque chose d'aussi sérieux et urgent que la recherche de la paix par la voie du dialogue et de la négociation.
En ce sens, nous rejetons catégoriquement toute tentative de diviser nos fronts : le FDR et le FMLN sont alliés et disposés en tant que tels à rechercher une solution politique.
POUR L'AVENIR
Le FDR-FMLN a toujours déclaré que pour commencer et développer effectivement un processus de dialogue, la contribution et la médiation de tierces personnes sont nécessaires.
Dans le passé, nous avons accepté et impulsé des initiatives auxquelles différents gouvernements et forces sociales répondre. Récemment, nous avons déclaré que les quatre gouvernements latino-américains, connus sous le nom de groupe de Contadora, pourraient constituer un cadre fiable où les parties en conflit pourraient impulser un processus de dialogue et de négociation.
La récente résolution du Conseil de des Nations-Unies, qui témoigne de sa confiance à l'égard des efforts du groupe de Contadora, nous a confirmé dans notre conviction. C'est pour cela que nous sommes favorables à ce que les re-
Mexique, de Panama et du Venezuela abordent le problème du Salvador et mettent en place des mécanismes permettant aux parties en conflit de développer un dialogue constructif. Nous réaffirmons, sans pour cela exclure d'autres propositions de médiation qui peuvent se présenter, que les propositions originales du groupe de Contadora sont une réaliste et objective pour la paix au Salvador, et que le forum qu"ils constitué offre de bonnes possibilités pour développer ce processus.
Commandement général du FMLN, Comité exécutif du FDR, 5 juin 1983.