Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

POLOGNE

Les tensions internes de la bureaucratie vues par Solidarité

Inprecor n° 155, 18 juillet 1983 · p. 27 · 372 mots

Pologne Stalinisme Syndicalisme

DOCUMENTS

Les tensions internes de la bureaucratie vues par "Solidarité"

(ous publions ci-dessous deux analyses des dissensions internes qui traversent

aujourd'hui la bureaucratie polonaise, rédigées par des militants de Solidarité • Tout en nous éclairant sur la nature de ces divergences, ces deux documents permettent aussi de comprendre comment ces tensions au sein de la bureaucratie sont perçues par les militants de Solidarité et, en filigrane, quelle importance ces derniers y attachent pour leur propre lutte.

Les auteurs des deux analyses ont une approche légèrement différente. Le premier article que nous publions, intitulé « Sur le second front », représente le point de vue qui prédomine parmi les militants de la direction de Solidarité de Varsovie, et qui passe pour être proche des idées développées jadis par le Comité de défense des ouvriers (KOR).

Le second texte, intitulé « L'érosion des structures du pouvoir », est extrait d'un article consacré aux problèmes de programme et de stratégie de Solidarité. Son auteur, qui affirme ses convictions socialistes, se prononce pour « une entente nationale qui laissera le gouvernail du pouvoir aux mains de nos adversaires, ne nous laissant que la possibilité d'une existence indépendante et autogérée et celle du contrôle de certaines sphères du pouvoir ».

L'intérêt ainsi affiché pour ce qui se passe « de l'autre côté » est nouveau dans Solidarité. Durant longtemps, la tendance dominante des militants du syndicat était de se désintéresser de ce qui pouvait se dérouler tant au sein du POUP que dans les couloirs du pouvoir. Les récentes tensions au sein de la bureaucratie ont ouvert des perspectives tactiques nouvelles. La lettre paraphée en commun par des dirigeants de Solidarité, dont Lech Walesa, des représentants des syndicats « autonomes » (structures créées après les accords de Gdansk d'août 1980), et des syndicats de « branche », créés par le pouvoir pour remplacer le syndicat unique, et adressée le 6 mai dernier à la Diète (Parlement polonais) pour réclamer la libération de tous les prisonniers politiques et le rétablissement des libertés syndicales, en est un exemple. Les deux articles publiés ci-dessous permettent donc de saisir le contexte politique dans lequel cette lettre commune des syndicats a été adoptée et la façon dont les militants de Solidarité l'appréhendent.

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