Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ISRAEL

Un an après l'invasion du Liban

· Inprecor n° 155, 18 juillet 1983 · p. 20-21, 21-22 · 2 904 mots

Liban Palestine et Israël

L'inquétude grandit face à

E 5 juin 1982, plusieurs milliers de personnes manifes-

L taient à Tel Aviv, à l'appel du Comité de solidarité avec l'université de Bir Zeit, à l'occasion du 15e anniversaire de l'occupation par Israël de la Cisjordanie et de la bande de

Gaza. Cette manifestation devenait, par la même occasion, la première mobilisation contre l'invasion du Liban par l'armée israélienne, qui venait juste d'être déclenchée sous la dénomination d'opération « Paix en Galilée ». Peu nombreux étaient alors ceux qui auraient pu imaginer qu'ils seraient amenés à manifester de nouveau un an après, au même endroit, comme ce fut le cas le 4 juin de cette année, à l'appel de l'organisation

« la Paix maintenant » (« Chalom Archav ») contre une guerre que tout le monde prédisait de courte durée, et qui n'est pourtant toujours pas achevée.

Dans le numéro 130 d'Inprecor, du 12 juillet 1982, nous avons analysé cette première vague de mobilisations contre la

Michel WARSCHAWSKI

Tout le monde a encore présentes à la mémoire les images du repli des forces de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et de son état-major politique et militaire de la capitale libanaise. Ces images reflétaient plus que tout autre la défaite militaire, et donc partiellement politique, du mouvement national palestinien.

Mais la défaite des uns ne signifie pas nécessairement la victoire totale des autres. Et Israël vient d'en faire l'expérience. Aucun des objectifs, déclarés ou non, que le gouvernement sioniste s'était fixé envahissant le Liban n'a été en atteint, loin s'en faut.

Si l'OLP a été durement frappée, ses bases dans le Sud-Liban anéanties, et grand nombre de ses cadres politiques et militaires neutralisés, personne n'ose, y compris en Israël, affirmer qu'elle a été définitivement détruite. La tenue du dernier Conseil national palestinien, en février dernier à Alger, l'audience internationale maintenue de l'OLP, sa réalité politique dans l'ensemble des lieux de concentration de la population palestinienne, et sa réalité militaire au nord du Liban, dans la plaine de la Bekaa, et même dans les territoires occupés par l'armée israélienne, tout ceci confirme l'échec d'un plan qui visait à anéantir l'OLP. Le gouvernement sioniste affirmait en effet que, contrairement à toutes ses autres tentatives d'affaiblir l'OLP au cours des dix dernières années, l'opération « Paix en Galilée » lancée au Liban en juin 1982 détruirait définitivement le mouvement national palestinien et le ramènerait pour plusieurs décennies à la situation de 1948.

Alors que Menahem Begin se vantait, en septembre, d'avoir débarrassé la région de ces

« betes a deux pattes », ainsi qu'il qualifiait les palestiniens, cest le com

June guerre qui n'en finit pas population israélienne l'annonce situation politique dans le pays. Israël contre cette aventure militaire. mandant 'sraélien du front Nord qui affirme aujour l'hui qu'il y a plus de 20 000 « terroristes » sur le territoire libanais, et qu'il est réaliste de penser que d'ici peu Israël se devra d'en libérer encore plus de 5 000 en échange des prisonniers de guer-

L'autre objectif de l'aventure sioniste au Liban était de porter un coup à la Syrie. Or, l'Etat syrien a rapidement les unités entamées l'intervention sioniste au Liban et, de fait, a renforcé sa position militaire et politique au Liban. Cela lui permet aujourd'hui de lier la question de l'avenir des territoires syriens occupés par Israël en 1967 (plateau du Golan) à celle de son retrait éventuel du Liban. L'armée syrienne mène contre l'armée israélienne dans la plaine de la Bekaa, guerre qui a, dès à présent, fait plus de victimes que la bataille de Beyrouth (1).

Si l'installation à la présidence de la République libanaise d'Amine Gemayel - le frère du dirigeant des phalanges chrétiennes, Béchir Gemayel, tué dans un attentat après avoir été précédemment désigné à ce poste —, permet d'envisager la constitution d'un Etat fort au Liban et de meilleurs rapports de forces pour la bourgeoisie libanaise, du fait du consensus dont elle bénéficie, cela ne pourrait se réaliser qu'au prix d'un désengagement au moins partiel de l'influence israélienne directe au Liban en général, et dans le Sud en particulier. En ce cas, le coup porté au mouvement progressiste libano-palestinien servirait Washington et la bourgeoisie libanaise au détriment de l'influence sioniste.

Quant au dernier objectif de la guerre israélienne au Liban, à savoir en finir avec le syndrome issu de la guerre d'octobre 1973 — où, pour la première fois, la guerre au Liban, et notamment le succès des initiatives du Comité contre la guerre au Liban, qui entraînèrent le mouvement

Ce phénomène his-

«la Paix maintenant » dans l'action.

torique qu'est l'entrée en guerre d'Israël sans un véritable consensus national, et le traumatisme que représenta pour la des massacres, en septembre

1982, des populations palestiniennes des camps de réfugiés de

Sabra et Chatila, restent des données significatives de la

Notre camarade Michel Warschawski, dirigeant de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), section de la IVe Internationale dans l'Etat d'Israël, trace pour Inprecor, dans l'article ci-dessous, un bilan de la guerre du Liban un an après son déclenchement et analyse le stade actuel de la mobilisation en supériorité militaire israélienne avait été mise en échec par l'Egypte —, recréer l'union sacrée et redonner à la population juive confiance en elle-même, c'est là sans dessine le mieux l'étendue de l'échec de l'aventure libanaise. Jamais l'opposition à la guerre n'a été si massive, jamais le consensus n'a été si profondé-

L'OPPOSITION A LA GUERRE

«Il faut ramener les gars à la maison. » Ce mot d'ordre, qui a été pendant près d'un an le leitmotiv du mouvement des soldats contre la guerre

« Yesh

Gvoul » («Il y a une limite »), a été repris lors de la discussion à la Knesseth

(Parlement israélien) sur l'accord israélo- libanais, par l'ensemble des députés, y compris le ministre des Affaires étrangères Yitshak Shamir. C'est dire combien la guerre au Liban a perdu tout soutien de masse, et à quel point l'ensemble de la

1. Le Monde du 29 juin 1983 note, sous le titre « La guerre de l'ombre », l'importance des actions contre la présence israélienne au Liban.

Outre les attentats spectaculaires, comme le sabotage du QG militaire israélien de Tyr, le 11 novembre 1982 (75 morts), l'attaque du siége du gouverneur militaire à Saida, le 26 décembre

1982 (4 ou 6 morts) et l'attaque d'une colonne blindée à Beyrouth, le 8 juin 1983 (2 morts).

on dénombre 150 opérations, dont 62 répertoriées entre le 3 octobre 1982 et le 25 juin 1983 par l'armée libanaise sur la seule route par laquelle passe la logistique israélienne. « Les statistiques israéliennes, poursuit Le Monde, font apparaitre 132 morts supplémentaires au Liban entre octobre 1982 et juin 1983, soit plus du tiers des pertes subies durant l'invasion elle-même.

Les chiffres libanais (...) atteignent une fois et demie ce chiffre : pres de 200 morts, y compris les 75 du QG de Tyr, soit plus de la moitié des pertes subies durant l'invasion. » Les chiffres réels sont certainement bien supérieurs encore.

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population israélienne est fatiguée de ce qui semble être devenu le début d'une vietnamisation de la guerre.

Près de 50 % de la population, selon les derniers sondages, est favorable à un retrait israélien unilatéral. Le Parti travailliste appelle à un retrait des troupes israéliennes sur la rivière Hawalli. Le mouve-

Paix maintenant », tout en refusant d'appeler à un retrait total immédiat, a organisé, lors du premier anniversaire de la guerre du Liban, un rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de personnes où tous les orateurs ont exigé le retrait du Liban. Cette évolution qui se produit dans le large courant d'opinion qui s'était opposé à la politique de Begin et Sharon (2), sans pour autant se prononcer pour un retrait du Liban, a bien été exprimée par l'écrivain Amos Keinan dans un article publié dans Yediot Aharonot, sous

« Pardon, pardon », ou il tait un bilan autocritique de sa position. Tout en s'opposant a la guerre du Liban, Amos Keinan pensait que cette action, une fois lancée, il fallait en tirer le maximum d'avantages pour Israël. Rien de bon, dit-il aujourd'hui, ne peut sortir de cette guerre, et plus vite Israël se retirera du Liban, mieux ce sera. En conclusion, il demande « pardon » à ceux qu'il avait attaqués dans la presse pour avoir exigé, des le début de la guerre un retrait immédiat et inconditionnel des troupes israéliennes.

La liste est trop longue des initiatives, regroupements, déclarations et mouvements spontanés contre la présence israélienne au Liban, qui se sont multipliés au fur et à mesure qu'on se rapprochait du premier anniversaire de l'invasion du Liban et du chiffre de 500 soldats tombés sur la terre libanaise. Contentons-nous de mentionner les 2000 signatures dats et d'officiers de réserve obtenues sur la pétition du mouvement « Yesh Gvoul », qui appelle à ne pas aller se battre au Liban, et les 60 soldats condamnés à la prison pour avoir refusé d'y aller (cf. article pages suivantes). On peut mesurer l'impact de ce mouvement de soldats au grand nombre d'articles et d'émissions que les médias lui consacrent, et à travers les multiples projets de loi en discussion à mettre fin à ces actions antimilitaristes, dont l'efficacité est démultipliée par la peur réelle qui existe dans les unités de se faire tuer « bêtement » dans une guerre dont personne ne comprend la nécessité.

Le navire de l'aventure libanaise sombre, et les rats qui l'avaient mis à flot, ainsi que ceux qui s'y étaient ralliés alors qu'il semblait naviguer vers la victoire et la popularité, le quittent honteusement. Ainsi, le vice-Premier ministre annonce à la télévision que le gouvernement avait été trompé par Ariel Sharon, ministre de la Défense de l'époque et l'état-major militaire ; d'autres membres du cabinet orchestrent des fuites pour faire savoir qu'ils s'étaient opposés à l'extension de la guerre au-delà des 50 premiers kilomètres de pénétration en territoire libanais. L'ancien commandant de la région nord de l'armée israélienne, le général Avigdor Ben-Gal, qui a joué un rôle central dans la

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des divisions sur le terrain, ajoute qu'Israël s'était trompé sur l'évaluation de la durée des opérations et de leur étendue géographique ... une bagatelle ! Quant à l'opposition travailliste, elle exige aujour-

2. Après avoir organisé l'invasion du Liban et couvert les massacres des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila, le ministre de la Défense, Ariel Sharon, servit en quelque sorte d'exutoire au fort sentiment de culpabilisation qui se répandit à ce propos parmi la population israélienne, notamment à la suite du dépôt des conclusions de la commission d'enquête du juge Kahanne, le 8 février 1983. Celle-ci reconnaissait « la responsabilité personnelle » du Premier ministre israélien dans ces massacres « pour son manque d'intérét dans toute l'affaire », et prenait à partie le ministre de la Défense, conconduite des opérations militaires et la façon dont les décisions ont été prises, oubliant qu'elle avait soutenu le gouvernement Begin dans son aventurisme crivaincu de « n'avoir pas pris en considération le danger d'actes de vengeance et d'effusions de sang » lors de l'entrée des phalangistes libanais dans les camps palestiniens. Toutefois, malgré la recommandation de cette commission d'enquéte concernant la démission d'Ariel Sharon, ce dernier sera seulement écarté de ses responsabilités au ministère de la Défense mais maintenu à un poste mineur au sein du gouvernement de Menahem Begin (voir, à ce sujet, la pirouette du gouvernement Begin, Inprecor, numéro 144, du 28 février 1983).

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C'est à juste titre que le capitaine de l'opération, Ariel Sharon, qui se promène ces derniers temps, désœuvré, aux EtatsUnis, dénonce ses pairs comme des lâches et des menteurs, et se rallie à l'exigence d'une commission d'enquête afin de n'être pas le seul à être tenu responsable d'une guerre dont il apparaît de plus en plus qu'elle avait été mal préparée et dont tous les présupposés se sont révélés erronés. Quant à Begin, il a disparu de la scène politique. Ses proches affirment qu'il se trouve en pleine dépression due, paraît-il, au grand nombre de soldats tombés au cours des deux derniers mois, et à la stupéfaction face à la métamorphose en un embourbement meurtrier de ce que les généraux lui avaient promis devoir être la plus grande victoire de l'armée israélienne.

L'ACCORD ISRAÉLO-LIBANAIS

C'est après de longs et fastidieux efforts de divers émissaires américains qu'un accord a pu être signé entre Israël et le Liban, ou plutôt deux accords, dont seule une petite partie est commune: un accord américano-israélien et un accord américano-libanais. La longueur des tractations et l'absence totale d'enthousiasme devant leurs résultats prouvent à quel point il a été difficile pour Washington de trouver une formule pouvant garantir à la fois ses intérêts globaux, ceux de la bourgeoisie libanaise et ceux de la bourgeoisie sioniste.

En effet, si les trois parties sont unanimes pour mettre sur pied un ordre nouveau au Liban, réactionnaire et pro-américain, et sont d'accord pour que les Palestiniens en paient le prix, il n'en reste pas moins qu'elles conservent aussi des intérêts particuliers spécifiques et divergents. La bourgeoisie libanaise veut, avant tout, que le Liban recouvre la souveraineté et conserve son intégrité territoriale. Il lui faut, pour cela, mettre sur pied un appareil d'Etat suffisamment fort et centralisé pour pouvoir restaurer et maintenir l'unité de l'Etat bourgeois. Dans sa grande maconserver ses relations avec le monde arabe, dont elle tire l'essentiel de ses revenus. L'Etat sioniste, par contre, tient à asseoir et à élargir sa présence militaire, politique et économique au Liban et à le soustraire du monde arabe (3). D'ailleurs, Israël a, de fait, déjà annexé la partie sud du pays en y établissant une sorte de protectorat sous la direction de Saad Haddad et de ses milices entièrement armées, entraînées et financées par l'Etat sioniste, qui n'est nullement prêt à perdre ces territoires. En dernière analyse, la partition du Liban - chère à certains courants de la petite-bourgeoisie chrétienne maronite —, entre un Etat arabe plus ou moins dominé par la Syrie et un Etat phalangiste inféodé à Israël serait, pour la direction sioniste, préférable à un Etat libanais indépendant. Quant à l'impérialisme, américain en particulier, ses intérets globaux exigent une confrontation avec la présence soviétique en Syrie, que ce soit par une défaite politique de cette dernière ou une

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Manifestations pacifistes en Israël (DR) défaite militaire infligée par l'intermédiaire de l'armée sioniste.

Comme le souligne une récente déclaration du Bureau politique de la LCR de l'Etat d'Israël, « derrière la mission de Shultz, se dessine une offensive armée contre la Syrie. (...) Les menaces contre la Syrie ne sont pas des écrans de fumée, mais un élément central de la politique de Shultz et de Begin pour obliger le Liban, la Syrie et l'OLP a accepter leurs diktats. Si les menaces ne suffisent pas, ils imposeront leur ordre nouveau par la force des armes ou, du moins, ils le tenteront. »

Utilisant pressions et promesses contradictoires, Shultz a finalement obtenu la signature d'un accord libano-israélien, le 17 mai 1983, que le Liban n'a d'ailleurs toujours pas officiellement ratifié. Ses clauses secrètes visent apparemment à ré soudre la contradiction entre le maintien de la présence israélienne au Liban (patrouilles israéliennes, rôle du major Haddad) et l'affirmation concrète de la souveraineté de l'Etat libanais, et à définir principaux axes de l'offensive anti-syrienne (voir encadré page précédente).

UN BILAN PEU GLORIEUX Le fait que les dirigeants sionistes aient à se battre pour que le traité libano-israélien ne remette pas trop en question le statut du major Haddad est en soi la meilleure preuve de l'échec patent, du point de vue israélien, de l'aventure libanaise. C'est sur le maintien des acquis des guerres précédentes qu'Israël mène une bataille, qu'il n'est pas du tout sûr de gagner. Non moins significatives sont les nouvelles tensions entre Tel Aviv et Washington, dues à l'exigence des Américains qu'Israël ne recule pas des lignes actuelles jusqu'à ce que la Syrie accepte, de gré ou de force, les exigences impéria-

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Contrairement à de multiples cas anc'est l'Etat sioniste qui, fois, voudrait relâcher la tension, et les Etats-Unis qui poussent à une éventuelle l'opinion publique israélienne, des affrontements quotidiens sur les lignes de cessez-le-feu et la grande lassitude provoquée par les dizaines de victimes. n'avaient pas monnayé leur soutien à Begin et Sharon quant la guerre semblait gagnée, appellent maintenant à une comd'enquête pour évaluer les responsabilités dans ce qui apparaît de plus en plus comme une débâcle. Pourtant, si une guerre devait éclater contre la Syrie, il ne fait aucun doute qu'ils s'aligneraient à nouveau sur les positions gouvernementales. Ils laisseraient ainsi sans direction politique immédiate un mouvement antiautrement plus massif lui qui existait au début de la

Car si même le sentiment populaire en Israël est aujourd'hui un frein efficace contre un éventuel nouveau round, les marges de manœuvres du gouvernement sioniste étant étroites, il serait dangereux de ne pas voir que, précisément pour cette raison, la politique de fuite en avant pourraît être, une fois de plus, la façon choisie par Begin et son état-major pour se sortir du bourbier libanais. L'élargissement de la mobilisation pour un retrait total et immédiat des troupes israéliennes du Liban, et l'affirmation d'une opposition masse à une guerre contre la Syrie, restent donc aujourd'hui la priorité pour les forces progressistes en Israël.

Michel WARSCHAWSKI, Tel Aviv, 4 juin 1983. 3. Voir Inprecor, numéro 149, 9 mai 1983.

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