NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE cessus de politisation, d'accentuer à la ment de ce mouvement pacifiste soutenu
SRI LANKA
Halte à la terreur anti-tamoule La vague de terreur anti-tamoule, qui s'est développée au Sri Lanka, a fait des centaines de victimes dans la dernière semaine du mois de juillet. Le gouvernement réactionnaire de J. R. Jayewardene en a alors profité pour organiser une importante répression du mouvement nationaliste tamoul et du mouvement ouvrier.
Les autorités gouvernementales ont en effet présenté ces affrontements raciaux comme le fait d'un « complot gauchiste ». Le Premier ministre a accusé « ceux qui n'avaient pu s'emparer du pouvoir par la voie électorale d'avoir aujourd'hui recours à la violence pour atteindre leur but ». Cette « conspiration » était, d'après un membre du gouvernement, le résultat d'« un plan général pré-établi, mis en œuvre par des personnes qui savaient exactement ce qu'elles faisaient et quelles étaient leurs cibles ». Enfin, le porte-parole du gouvernement a justifié l'interdiction de trois organisations de gauche parce qu'elles auraient été « partie prenante » du complot destiné à « renverser, ou, du moins, à déstabiliser le gouvernement ».
Nous publions ci-dessous la déclaration adoptée, le ler août 1983, par le Secrétariat unifié (SU) de la IVe Internationale quelques jours après cette vague de
Une vague de terreur sans précédent a été déclenchée fin juillet contre la minonationale tamoule, qui représente près de 20% de la population de l'ile de Sri Lanka. Au cours de véritables groms, des centaines de Tamouls ont été de nombreux hommes, femmes et enfants ont été brûlés vifs, d'autres ont été torturés à mort. Plus de 50 prisonniers politiques ont été sauvagement tués à l'intérieur des prisons.
Ces massacres et les mesures d'autodéfense prises dans ces conditions par des secteurs de la population tamoule ont été ensuite le prétexte saisi par le gouvernement conservateur de Junius Richard Jayewardene pour lancer une véritable chasse aux sorcières contre l'opposition. La plupart des organisations nationalistes tamoules et trois organisations de gauche, le Parti communiste (PC), le Janatha Vimukti Peramuna (JVP, Front de libération populaire) et le Nava Sama Samaja
(NSSP, dissidence de gauche du Lanka Sama Samaja Party, LSSP, socialdémocrate) ont été déclarées hors-la-loi. Plus de 150 dirigeants et personnalités du mouvement ouvrier ont été arrêtés. La gauche est accusée d'avoir systématiquement organisé les émeutes, massacres et pillages à Colombo, ce qui est un men-
Cette vague de terreur blanche doit être placée dans le contexte plus général de l'évolution politique, sociale et économique du Sri Lanka au cours des derniè-
Le gouvernement de Mme Bandaranaike, coalition entre les partis réformistes LSSP et PC d'une part, et le Sri Lanka Freedom Party (SLFP, Parti de la liberté, parti libéral-bourgeois) d'autre part, avait profondément divisé et démoralisé les masses laborieuses par sa répression de l'insurrection des jeunes du JVP en 1971, par sa politique contre les Tamouls, et par ses mesures d'austérité. Cela facilita le retour au pouvoir du parti conservateur United National Party (UNP, Parti de l'unité nationale), dirigé par Jayewardene, lors des élections de juillet 1977. Ce gouvernement déclencha une politique systématique d'attaques contre le vement ouvrier organisé, réduisit les libertés démocratiques, modifia la Constitution en 1978 afin d'assurer son maintien au pouvoir. Le mouvement ouvrier, sur la défensive et désorienté par ses anciennes directions discréditées, fut de plus en plus affaibli, non seulement sur le plan parlementaire (il n'y a plus qu'un seul député d'un parti ouvrier au Parlement !), mais aussi sur le plan syndical. Les conservateurs espérèrent que, ce faisant, ils encourageraient les investissements de capitaux impérialistes dans l'ñle feraient redémarrer l'économie, qui avait stagné sous le régime de Mme Ban-
Mais, rapidement, la crise économique internationale frappa l'économie du Sri Lanka, fortement endettée. Le Fonds mointernational (FMI) réclama accentuées, surtout contre les subsides gouvernementaux aux prix de vente de produits de première nécessité, à l'éducation gratuite et à la sécurité sociale. Le niveau de vie des masses se
Une nouvelle vague de politisation des masses commença néanmoins à se manifester. Aux élections présidentielles d'octobre 1982, 47% des électeurs dont la majorité absolue des électeurs dans la région industrialisée du sud et du sud-ouest, et dans le nord ou vit la popu lation tamoule, votèrent pour l'opposid'urgence était décrété, puis suspendu en janvier 1983, et réinstauré en mai de la
La terreur blanche d'aujourd'hui a manifestement pour but d'arrêter ce profois la répression contre le mouvement ouvrier et la tendance à la suppression des organisations ouvrières, d'assurer la permanence d'un régime d'Etat fort s'appuyant de plus en plus sur l'armée bourgeoise.
IVe Internationale dénonce les crimes sanglants de la bourgeoisie semi-coloniale ceylanaise contre la minorité tamoule et les masses laborieuses du Sri
Elle appelle les organisations ouvrières et démocratiques de tous les pays à défendre les victimes de la répression au Sri Lanka et à réclamer le rétablissement des libertés démocratiques sans restriction aucune. Elle appelle tous les militants anti-impérialistes et anticapitalistes à venir en aide à leurs frères et
- Libération de tous les prisonniers politiques au Sri Lanka!
- Légalisation de toutes les organisations ouvrières et tamoules interdites !
- Pleines libertés démocratiques pour toutes les masses du Sri Lanka !
- Droit de la nationalité tamoule à l'auto-détermination !
Déclaration du Secrétariat unifié de la IVe Internationale, 1er août 1983. RDA