Les 2 et 3 juillet derniers s'est tenu, au local de Radio Nueva America, un congrès d'unification ouvrier révolutionnaire-Combate (PORCombate), section bolivienne de la IVe Internationale, et Vanguardia Comunista del POR (Avant-garde communiste du POR). La nouvelle organisation, qui a pris le nom de POR-Unifié, s'est dotée d'un organe central intitulé Bandera Socialista, dont le premier numéro du mois de juillet est entièrement consacré à l'analyse de ce congrès. Cette unification est intervenue au terme de quatre années de discussions et d'activités communes des deux organi-
C'est en présence de 150 délégués mineurs, ouvriers, paysans, enseignants et étudiants provenant de La Paz, Huanuni, Siglo XX, Potosi, Oruro, Santa Cruz, Escoma, San José, que s'est déroulé le congrès, dont l'ouverture a été retransmise pendant une heure par Radio Nueva America, qui couvre une partie importante du territoire bolivien. En plus des saluts fraternels du Secrétariat unifié (SU) de la IVe Internationale et du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT, section mexicaine de la IVe Internationale), des représentants du Parti révolutionnaire de gauche nationaliste (PRIN) - du leader de la Centrale ouvrière bolivienne (COB) Juan Lechin - et du Front révolutionnaire de gauche (FRI) se sont adressés au congrès.
Dans son intervention, où il apporta le salut de Juan Lechin au congrès d'unification, le représentant du PRIN affirma : « Notre présence n'est ni occasionnelle ni protocolaire. (...) Nous sommes réalistes et modestes, mais le PRIN s'engage à être partie active de l'unité programmatique de la gauche. » Le délégué du FRI, quant à lui, déclara : « Le co-gouvernement (1) nécessite un instrument puissant que les forces de gauche doivent créer. (...) La classe ouvrière a besoin d'une force d'entraînement, et un premier pas a été fait dans ce sens, ici. » Au nom des femmes révolutionnaires du POR-Combate, la camarade Karina s'est aussi adressée au congrès pour mettre en évidence l'importance, dans le processus révolutionnaire, du rôle des femmes organisées.
Après l'intervention d'ouverture des débats de Victor Sosa, dirigeant de l'ex-VC del POR, c'est le vieux dirigeant trotskyste bolivien Hugo Gonzalez Moscoso, membre de l'ex-POR-Combate qui, au nom des deux organisations, ouvrit les débats du congrès d'unification. Au terme de son intervention, il affirma qu'il était nécessaire de poser le problème du pouvoir des masses populaires au travers de « leurs organisations propres, à travers la Centrale ouvrière bolivienne (COB), une assemblée populaire, un parlement ouvrier et paysan ».
C'est un présidium composé de six dirigeants syndicaux, parmi lesquels Felipe Vazquez et Augusto Leon, leaders mineurs de Huanuni et Siglo XX, qui organisa les débats, au terme desquels furent adoptés la ligne générale du programme,
Get la résolution politique du POR-Unifié, élu un comité central de 17 titulaires et deux suppléants, et décidé le de la nouvelle organisation 1. La COB a récemment proposé au gouvernement de l'UDP une formule de co-gouvernement, à l'image de la co-gestion majoritaire
comme section bolivienne de Dans sa résolution politique, dont des extraits sont publiés par Bandera Socialista numéro 1, le POR-Unifié rappelle la politique d'austérité menée par le gouvernement de l'Union démocratique populaire (UDP) et les pressions du Fonds monétaire international (FMI) pour en accentuer les mesures anti-ouvrières, et souligne l'affaiblissement de la coalition gouvernementale de l'UDP secouée par de nombreuses crises internes. Le document ouvrières (occupation de la COMIBOL par les mineurs et appel du Ile congrès de la Confédération unique des travailleurs des campagnes en faveur du co-gouvernement entre la COB, la CSUTCB et l'UDP), qui permettent d'affirmer que « les travailleurs ne sont pas défaits ».
Le POR-Unifié se propose de lancer une campagne nationale contre la politique d'austérité du gouvernement UDP autour des axes suivants : « Contre les mesures économiques que le FMI veut imposer. Pour la dénonciation de la dette extérieure. Contre le chômage et pour le droit au travail. Pour le salaire minimum vital et l'échelle mobile des salaires. Pour que ce soient les travailleurs, à travers la COB, qui révisent et déterminent les hausses des prix des articles de première nécessité. Pour que ce soient les travailleurs qui décident du rythme de la production. Pour la cogestion ouvrière majoritaire dans les entreprises d'Etat et pour le contrôle ouvrier avec droit de veto dans les entreprises privées. »
L'autre axe de la campagne du POR-Unifié sera constitué par le combat pour « la constitution d'un front unique des partis ouvriers et des organisations populaires autour de la COB, centré sur la nécessité d'approfondir l'actuel processus démocratique et d'empêcher le coup d'Etat fasciste. »