Beach en trat, ses te deite de ses fonctions pae als la teste du louverne. ASSAM AL-SHAKAA, maire de la ville de Naplouse en Cisjordanie, depuis les
1982. Deux années auparavant, en même temps que Karim Khalaf, maire de Ramallah, dont nous avons publié l'interview dans Inprecor numéro 154, du 4 juillet dernier, il avait été l'objet d'un attentat sioniste à la suite duquel il a dû être amputé des deux
CISJORDANIE
Israël contre les
maires palestiniens
maire de Naplouse destitue par les Israeliens ment en Israël, a été destitué jambes. L'entretien que nous publions d'Inprecor par Bassam al-Shakaa au mois de
« INPRECOR » : — Pouvez-vous nous rappeler le contexte dans lequel vous avez
Bassam AL-SHAKAA: - Notre élection n'a pas été le fruit d'une stratégie politique. Les autorités d'occupation, en mettant sur pied une administration civile dans les territoires occupés, cherchaient à nous couper de notre peuple, de notre patrie, et à nous faire rompre nos liens avec l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). Ceci était un aspect de leur politique d'ensemble de colonisation des terri-
- Cette politique a échoué ... - Nous avons continué sans faiblir à défendre nos droits. Aux menaces et aux entraves diverses, notre peuple a répondu par la mobilisation, par des grèves répétées. En violation de toute la législation internationale, les Israéliens voulaient une administration civile à leur botte pour couvrir leur politique d'expulsion. Mais parce que nous sommes partie intégrante de notre peuple, de ses luttes, leur politique a échoué. Il ne leur restait plus qu'à
Des menaces, ils sont passés aux actes. Ils ont commencé par nous couper toutes les ressources financières et budgétaires, à nous retirer tous les permis administratifs nécessaires à la gestion de la commune, et aussi à empêcher l'arrivée de fonds collectés dans les communautés palestiniennes à l'étranger. Face à cela, la mobilisation était défensive. Nous avons refusé la mise sur pied d'une administration civile contre notre volonté. Les menaces ont alors vite cédé la place aux actes : l'un après l'autre, les maires palestiniens ont été destitués par les autorités israéliennes.
- Quel était le but recherché - Chaque pas que fait l'occupant sioniste est un pas en avant dans la politique d'annexion. Le dernier en date est l'installation d'une colonie en plein centre d'He-
Interview de Bassam alShakaa,, de ses fonctions par les autorités israéliennes en au collaborateur juillet dernier à Naplouse. bron après la destitution du maire palestinien de cette ville. Croyez-moi, demain ils coloniseront Naplouse et installeront des traîtres dans les conseils municipaux col-
- Comment se présente la situation à Naplouse aujourd'hui ? Et tout d'abord, par qui la ville est-elle gérée ?
- Par les autorités israéliennes elles-mêmes. C'est un Israélien qui fait fonction de maire. Il gère la commune en violation non seulement des régles locales, mais aussi des lois israéliennes.
Le schéma d'urbanisation est démantelé. Certains permis de construire déjà attribués sont retirés après la construction de l'immeuble, ce qui entraîne sa destruction, et une fin de non recevoir est opposée à la majeure partie des demandes. Les services municipaux ne sont plus assurés. Un laisser aller général est soigneusement organisé. Des Israéliens sont embauchés dans les emplois municipaux, en toute il-
Ni le conseil municipal ni les citoyens ne reconnaissent cette « municipalité ». Aujourd'hui, dans les environs de Naplouse, des colonies israéliennes sont déjà implantées. Une école juive est installée en plein cœur de la ville. Maintenant, nous avons la preuve de la raison pour laquelle notre schéma d'urbanisation n'a jamais été enregistré : c'est en 1972 qu'une décision de coloniser Naplouse a été prise !
Les sionistes ne font pas que lancer de belles paroles en l'air sur la « patrie historique des Juifs ». Ils agissent! Les événements qui secouent notre pays ne sont pas seulement des incidents, des bavures. Ils jalonnent la réalisation d'un plan d'ensemble d'annexion. Cependant, poids de l'occupation militaire pèse de plus en plus lourd. Il s'agit aujourd hui d'une course de vitesse entre notre résistance et le soutien international dont elle dispose d'une part, et la mise en place de la colonisation et de l'annexion d'autre part. La main de fer de l'occupant se res-
- Vous faites état de l'unité de
l'OLP, cependant, on ne peut passer sous silence l'existence de la « dissidence » du Fatah d'Abou Moussa et Abou Saleh. Qu'en pensez-vous ?
- Oui, cette affaire est dramatique. C'est la pire chose que l'on puisse imaginer. Et nos ennemis s'en réjouissent. Notre peuple en est très attristé. Il est de la responsabilité de chacun de tout faire pour résorber la difficulté. Nous demandons à tous ceux qui ont une responsabilité dans cette affaire de refaire l'unité tellement importante à cette étape de notre combat. Nous mesurons tous les dangers que comporterait une scission du Fatah pour le peuple palestinien, pour la région et pour la paix.
- Quel est le lien entre la situation que vous décrivez et la guerre du Liban ?
- L'objectif fondamental de la guerre du Liban était l'annexion des territoires occupés, et non pas une expansion israélienne au Liban même. C'est dans ce but qu'ils voulaient détuire l'OLP, détruire notre unité, de manière à isoler les maires l'OLP. C'est une aberration : nous sommes désignés comme étant des agents de l'OLP, alors que c'est tout notre peuple qui est derrière elle. D'ailleurs, la guerre du Liban a commencé dans les territoires occupés. Ce n'est qu'après les destitutions des maires palestiniens et les 25 assassinats lors des manifestations de riposte que l'offensive a été lancée au Liban.
- Après le retrait de l'OLP de Beyrouth, comment la situation se présente-t-elle?
- Le retrait de Beyrouth a été suivi par un rapprochement encore plus profond entre le peuple palestinien et l'OLP, par une unité plus grande derrière T'OLP. En outre, nous recevons aujourd'hui un soutien plus grand à travers le monde entier.
- Que pensez-vous des affirmations qui commencent à avoir cours, selon lesquelles la colonisation en est arrivée à un tel point qu'elle est maintenant irréversible ?
- La poursuite de la politique agressive d'Israël n'est pas une réaction de défense de sa part face à notre lutte, mais l'exécution continue d'un plan d'ensemble porté par les principaux partis sionistes depuis le début.
INTERCONTINENTAL PRESS
Mais je l'ai dit, il s'agit d'une course de vitesse. Leur situation n'est pas saine, c'est le moins que l'on puisse dire : ils ont de graves difficultés sur le plan économique, politique et même militaire. En leur sein même, les Israéliens ont à faire face à une réaction importante contre la politique du gouvernement. C'est un aspect des choses très important et sur lequel nous devons compter.
De notre côté, nous connaissons des difficultés évidentes. Nous avons besoin de plus d'unité et de continuer sans relâche à défendre nos droits. Non, rien n'est irréversible. Nous ne pouvons accepter l'inacceptable. Il n'y a pas de place pour le pessimisme dans l'avenir, parce que nous sommes du côté de la justice et que l'avenir nous appartient. Ceci est un fait et non pas une sorte
- Quelle place tient la solidarité internationale dans votre combat? Et comment la voyez-vous ?
ABONNEZ-VOUS, REABONNEZ-VOUS A « INPRECOR » !
Bassam al-Shakaa, maire de Naplouse. (DR)
- La politique d'agression trouve son soutien aux Etats-Unis et en Europe. Ce soutien se fait contre les peuples américain et européen eux-mêmes. Les droits de l'homme ne se divisent pas. Ils sont les memes partout.
Les gouvernements européens ont montré des signes d'intérêt pour le problème palestinien, mais ont soutenu Israël malgré le fait qu'il ait montré à la face du monde sa véritable nature lors de l'invasion du Liban.
L'alliance stratégique entre les EtatsUnis et Israël, dans laquelle s'insèrent les gouvernements européens, sert la sécurité des criminels contre les droits des victimes. Les vétos américains aux condamnations d'Israël dans les instances internationales ont été soutenus, soit explicitement soit par l'abstention, par les gouvernements européens.
Nous, Palestiniens, nous comprenons que la lutte pour nos droits est liée à celles des peuples du monde entier, et même à celle des masses en Israël contre la politique d'inimitié et de haine. Nous, ici, souffrons beaucoup et profondément, et le problème s'aggrave de jour en jour. Ce qui se perpétue ici ne peut avoir des effets bénéfiques nulle part.
La solidarité internationale a donc un très grand rôle à jouer pour arrêter la politique criminelle et obtenir la justice et la paix. Elle doit se développer, d'autant que les fauteurs d'agression ont eu raison jusqu'ici de la détermination internationale pour la justice et la paix. Propos recueillis par François MAILLAN
Naplouse, le 25 juillet 1983.