NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE TURQUIE
Nouvelle vague de grève de la faim des détenus dans le pénitentier de Diyarbakir, la capitale du Nord-Kurdistan. Ce mouvement a été précédé par une grève de la faim de 2 500 prisonniers, qui a débuté en juillet dans quatre prisons de la ville d'Istanbul. Celle-ci avait duré 35 jours et avait finalement été écrasée suite à la répression organisée dans les prisons par les militaires, qui fit deux morts et de
Ces récentes grèves de la faim sont les premières protestations organisées par les prisonniers politiques afin de briser le mur du silence bâti par la dictature. Le fait que ces grèves de la faim aient été connues et aient eu un impact politique au niveau national et international apparaît comme le premier écho du développement d'un mouvement de défense des prisonniers organisé par leurs familles.
Ce sont les conditions de détention insupportables dans la prison de Diyarbakir qui ont déclenché l'actuel mouvement de protestation. C'est dans les prisons du Kurdistan que la dictature impose les conditions de détention les plus inhumaines. Tous les prisonniers sont tenus dans l'isolement le plus complet, et les passages à tabac font partie de la routine quotidienne. La plupart des prisonniers sont gravement malades et un grand nombre d'entre eux ont été estropiés. De plus, le jour où le mouvement a démarré, les familles qui manifestaient devant les quartiers généraux militaires ont été
Les quelques deux cents prisonniers qui sont à l'initiative du mouvement ont déclaré entamer une grève de la faim, jusqu'à la mort s'il le fallait. Très vite, 2 100 détenus les ont rejoint, pour manifester leur soutien.
Il y a également d'autres formes d'action visant à soutenir cette grève de la faim. Ainsi, quand des groupes de prisonniers politiques faisant l'objet d'une inculpation collective passent en procès, ils déclarent simplement qu'une grève de la faim est en cours et qu'ils refusent de participer au procès. Ils sont en général expulsés du tribunal avec une extrême bru-
Le succès de ce mouvement de protestation désespéré des prisonniers kurdes dépend essentiellement de la solidarité internationale, dans la mesure où la junte se montre aujourd'hui très sensible à la pression de l'opinion publique internationale. Même une petite victoire peut avoir des effets extrêmement importants pour arrêrouleau compresseur de la répression qui menace la vie de dizaines de milliers de prisonniers politiques. Les messages de soutien aux grévistes doivent être envoyés à l'adresse suivante : Général Kenan Evren, président de la République, Ankara, Turquie.