cle de la paix de lena, était expulsé de RDA par la force. L'aspect spectaculaire ANS la nuit du 7 au 8 juin, Roland Jahn, un des principaux animateurs du cerde cette expulsion - Roland Jahn a été enfermé dans un compartiment de train de transit -, mais aussi de toutes les démarches qui l'ont précédée en RDA, a pour but de faire porter toute l'attention sur la personne de Roland Jahn et de la détourner ainsi
Roland Jahn lui-même tient à ce qu'il ne soit pas fait trop de bruit autour de sa personne. Pour lui, ce qui reste décisif, c'est l'engagement pour la paix et en solidarité avec les groupes qui, tant en RDA qu'en exil, mènent ce combat, et l'engagement contre la répression accrue de la bureaucratie (cf. Inprecor numéro 156 du 12 septembre
L'interview que nous publions ci-dessous a été accordée par Roland Jahn au quoti-
RDA
"Nous nous opposons
au militarisme dans
animateur du cercle de la paix de lena concerné. dien ouest-allemand Tageszeitung et publiée le 27 juillet 1983.
«TAGESZEITUNG » : - Comment se fait-il que la bureaucratie de la RDA réagisse de manière si violente vis-à-vis du mouvement indépendant de la paix, allant jusqu'à expulser les gens de force, comme dans ton cas, alors que le cercle de la paix de lena soutient aussi les propositions officielles du gouvernement? Où donc se situe le problème en RDA ?
Roland JAHN: - Le problème est justement que nous ne nous limitons pas au soutien à ces propositions gouvernementales. Nous allons plus loin en abordant tout ce qui touche concrètement à la situation dans la vie quotidienne. C'est là que se perçoivent le mieux les contradictions entre la militarisation de la société et la référence officielle à une volonté de paix. Les instances de l'Etat estiment que ce mouvement pourrait se développer dans le sens d'une remise en question
Le régime est construit de telle façon qu'il musèle et discipline les gens par un fonctionnement analogue à celui de l'armée. Il n'existe aucune démocratie mais bien un militarisme despotique. Nous nous opposons au militarisme dans le monde entier, ce qui veut dire que nous commençons évidemment chez nous. Là où nous le ressentons quotidiennement, nous le dénonçons. adoptant une telle démarche, nous démasquons les discours officiels sur la paix, et c'est ce qui nous rend dangereux. Partout, les gens ressentent des menaces et des restrictions à leur activité, mais ils ne l'expriment pas toujours ouvertement. Mais, à travers l'apparition publique de quelques personnes, de plus en plus de gens trouvent le courage de dénoncer cela en reconnaissant soudain combien ils sont muselés. Ils commencent alors à s'exprimer et à refuser certaines choses. A partir de là, appale monde entier"
Entretien avec Roland Jahn, raît un véritable mouvement, et c'est ce que les autorités veulent contrer.
Nous ne sommes pas dans l'opposition par principe. Nous voulons tout simplement pouvoir vivre ensemble en paix, dans le respect de la personnalité et de la dignité de l'être humain, ce qui exige un certain nombre de conditions.
- Quel rôle joue l'Eglise pour vous ? - L'Eglise évangélique de la RDA contribue de manière décisive à la possibilité même d'un développement du travail indépendant pour la paix, ce qui n'empêche pas qu'il y ait un grand nombre de problemes et de conflits. Mais il faudrait pouvoir les traiter de manière plus complè te qu'il n'est possible de le faire ici. Pour re une simple remarque rapide, chez nous, à Iena, ces conflits nous ont conduit à apparaitre pour la première fois publiquement comme un cercle de la paix, indépendant de l'Etat mais aussi de l'Eglise.
— Je pense à la rencontre de la Freie (FDJ, Jeunesse mande libre, organisation de jeunesse officielle) à la Pentecôte en mai 1983. Des images impressionnantes en ont été montrées à la télévision. Que représente ce mouvement de la paix « officiel ». S'agit-il seulement de mobilisations commandées par la bureaucratie ?
- D'un certain côté, elles le sont. Mais je ne nie pas pour autant les émotions sincères des personnes qui y participent. Il me semble en effet tout à fait naturel de s'opposer à la décision de l'OTAN d'installer les missiles. Mais les formes prises par ces mobilisations sont fixées à
D'autres éléments entrent également en ligne de compte lors de ce genre de rencontres comme celle de la FDJ. C'était une rencontre de jeunes, et les jeunes y venant en nombre, cela suffisait à en faire un événement auquel il valait la peine de participer. On peut donc sûrement dire que certains des participants à ces mobilisations officielles sont manipulés, mais la grande majorité y participe d'abord cause du problème de la paix. Le problème est qu'on ne peut pas déborder le cadre donné par les mots d'ordre fixés officiellement. Aussi, vu de l'Ouest, cela apparaît parfois comme si les mots d'ordre officiels n'étaient qu'imposés, et cela porte peut-être à croire que les gens ne sont même pas véritablement opposés à la décision de l'OTAN d'installer les missiles. Je ne connais personne en RDA qui soit favorable à cette décision. Lorsque tu as un fusil pointé contre toi, tu ne peux tout de même pas être d'accord pour rester dans cette situation. Pour les missiles, c'est exactement la même chose, car c'est bien contre la RDA que sont dirigés les Pershing-II.
- Si je t'interroge sur le mouvement de la paix officiel, c'est parce qu'une partie du mouvement de la paix à l'Ouest se prononce contre tout contact ou tout rapport avec les comités officiels pour la paix en RDA, en argumentant que ces comités défendent des intérêts de bloc.
- D'après moi, ne pas vouloir entretenir de rapports avec le mouvement de la paix officiel des pays de l'Est est une erreur grave. Il faut au contraire les prendre au mot, il faut leur lancer un défi. Il est ainsi possible d'aider ceux qui se regroupent dans ces pays de façon indépendante, dans la mesure où ces rapports avec le mouvement officiel rendent beaucoup plus difficile toute mesure répressive de la part des autorités contre les groupes indépendants. La RDA tient énormément à ce que les comités officiels pour la paix aient des liens avec le mouvement de la paix à l'Ouest.
Lorsque ces groupes de l'Ouest réclament la possibilité pour le mouvement indépendant de travailler comme il l'entend (mouvement indépendant n'est d'ailleurs pas vraiment le bon terme, nous l'avons toujours évité, nous voulons qu'il y ait un mouvement pour la paix), les comités officiels ne peuvent se dérober et sont obligés de leur apporter une réponse. Mais si l'on refuse d'emblée le dialogue, il n'y a même pas possibilité de les contraindre à rendre compte de quoi que ce soit. A cet égard, on peut se référer à des faits très concrets, tels les arrestations qui ont lieu en ce moment.
- Les cercles indépendants pour la paix sont-ils un mouvement isolé en RDA ? Trouvent-ils un écho dans le reste de la société, par exemple dans la FDJ ?
- Ce qu'on entend par travail indépendant pour la paix repose d'abord, et de manière importante, sur l'Eglise évangélique. Comme il y a beaucoup de chré-
Stuttgart: les manifestants contre les Pershing arborent le badge des pacifistes de RDA. (DR)
tiens, il trouve un écho important dans la population. Si on rapporte ce que je viens de dire à ce qui s'est passé pour nous à Iena, qui avons maintenu notre action en dehors de l'Eglise, on constate des réactions très diversifiées.
D'abord, notre activité n'est pas passée inaperçue. A cet égard, je voudrais citer trois actions : la minute de silence à Noël 1982, la manifestation lors de l'anniversaire annuel du bombardement de Iena, et l'apparition lors du rassemblement de la FDJ pour la paix à la Pentecôte de mai 1983. Toutes ces actions étaient publiques, et au cours d'apparitions de ce genre on touche la population. Dire ici qu'on « touche la population » est peutêtre déjà aller trop loin, dans la mesure où ces manifestations n'attirent pas de larges masses, sauf dans le cas du rassemblement de la FDJ, où la présence est obligatoire. Il y a beaucoup de membres de la FDJ entre 15 et 16 ans qui, à la recherche de quelque chose de nouveau, sont ouverts à toutes sortes de démar-
La population a été informée de la minute de silence à Noël du fait de la présence massive des forces de la sécurité et de l'ordre. Il y a eu toute une gamme de réactions. Certains disaient qu'on était fous, d'autres ont participé à la campagne de calomnies menée contre nous, disant que nous étions des éléments asociaux. Mais la plupart des gens savaient de quoi il s'agissait, et ce contre quoi nous nous élevions, mais, tout en le comprenant, ils disaient que cela ne servait à rien. C'est là l'attitude dominante en RDA: dire que tout ça est inutile. Enfin, il y a une autre partie des gens qui disent qu'il faut nous soutenir, que ce que nous faisons est bien.
- Les gens en parlent-ils, par exemple dans les entreprises ?
- Oui, bien sûr, au moment où cela devient du domaine public, c'est-à-dire toujours lorsque les organes de la sécurité d'Etat ont frappé. Il est facile d'en faire la démonstration. En novembre dernier, il y a eu une minute de silence, à la suite des passants ont approché les participants, formant de petits groupes de discussion. Ensuite, plus rien. Le 24 dé cembre, alors que la même action devait avoir lieu, la présence des organes de sécurité, de groupes de combat était massive. Et bien que, finalement, la minute de n'ait pu effectivement se tenir, toute la ville en était informée et en discutait. On peut aussi prendre l'exemple du rassemblement officiel du 18 mars 1983. Nous nous y sommes rendus avec des banderoles et nous nous sommes faits agresser. Immédiatement après, monde était au courant. A la Pentecôte, on a pu observer une certaine tolérance de la part du pouvoir et, à ce moment-là, gens sont venus débattre avec nous. De manière très prudente bien sûr, mais ils ont commencé par essayer. Ensuite, nos banderoles ont à nouveau été arrachées, et cela a provoqué quelques discussions. Il y avait un grand nombre de membres très jeunes de la FDJ autour de nous, et quelques-uns nous ont dit: « On est de votre côté. » A Schwerin, des gens de la FDJ ont même ramassé des banderoles qui avaient été jetées à terre. C'est là qu'on sent ce qui se passe dans la tête des gens, et qu'il s'agit surtout de fai-
Après tout, nous aussi avons eu le même cheminement. Nous ne nous sommes pas satisfaits de la seule revendication de désarmement. Nous avons aussi pris en compte les contradictions dans la vie quotidienne. Ces contradictions prennent un caractère essentiel à partir du moment où lon ne se contente pas de dire seulement qu'il y a des missiles tournés contre nous, mais où l'on se met à analyser de manière plus précise ce qui nous menace. On voit alors que ce qui se déroule au sein de l'armée en RDA ne sert en rien à développer la conscience des problèmes posés par la paix. Cela est tout à fait analogue à ce qui se déroule à l'école avec les cours d'éducation militaire, et même jusqu'au fait de l'existence de jouets de guerre. C'est à ce niveau là qu'il faut aborder le problème. Mais ce qu'il y a de plus visible, bien sûr, ce sont les missiles. Mais on finit par se rendre compte que cette militarisation de la société détermine certains comportements, comme la soumission, l'interdiction, etc... On continue alors à
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évoluer. Finalement, il n'y a plus seulement la question du désarmement, mais aussi celle des droits démocratiques, des droits de l'homme.
- Quel rôle joue pour vous la revendication du désarmement unilatéral du pays en RDA ?
-Il y a différentes conceptions. Personellement, je pense que le désarmement doit se faire des deux côtés, mais qu'il faut donner l'exemple par des mesures prises isolément. Il faut faire des pas qui servent à entraîner l'autre dans la même
- Est-ce que tu revendiquerais en RDA ce que tu viens de dire là ? Malgré ta position vis-à-vis de l'implantation des
- Oui. Il faut prendre des mesures qui donnent l'exemple. Tous les calculs autour du potentiel militaire n'ont aucun sens et ne me préoccupent pas outre mesure. Les négociations de Genève ne me paraissent pas comme étant démunies de sens, mais comme étant incapables de déboucher sur un résultat effectif. Pour cette raison, le désarmement dans les deux
blocs, imposé par la mobilisation, est ce qu'il y a de plus important, et il faut s'en donner les moyens. Dans ce domaine, les individuels sont importants.
A l'Ouest comme à l'Est, ceux qui sont au pouvoir n'ont aucun intérêt à un véritable désarmement. Les uns font leurs profits grâce à l'industrie d'armement, et les autres ont besoin du militarisme et de l'armement pour maintenir en place les structures de pouvoir. Et pas seulement le pouvoir pour la volonté de pouvoir au sens psychologique du terme, sens très concrèt du terme, dans la mesure où ces structures de pouvoir sont ancrées chez nous dans le système militaire. Les officiers ou ceux qui ont un poste dans l'industrie militaire gagnent beaucoup. Bien que ce soit sous une autre forme que pour le capitalisme, ils en tirent profit de par la position que cela leur confère dans la hiérarchie du système. L'officier, le général qui portent l'épée brillante en or, et qui, grâce à cela, mènent une vie agréable, ne ressentent aucune urgence et aucun besoin de tirer la charrue et de transpirer. C'est pour cela qu'ils s'opposent au slogan « Transformer les épées en socs de char-
Pour toutes ces raisons, il faut pousser toujours plus loin le mouvement de la paix. Les gens doivent refuser de suivre les règles du jeu établi. Pour formuler les choses naivement, on pourrait dire que si les missiles n'étaient pas produits, alors il n'y en aurait pas. Et qui les produit ? Des travailleurs. C'est à ce niveau qu'il faut aborder le problème, et le désarmement unilatéral me paraît approprié : commencer chez soi, ne pas aller à l'armée, ne pas produire d'armements, de jouets de guerre, etc., contribuer au développement d'une conscience sur les questions de la paix, à commencer par les choses les plus simples.
On n'empêche pas les guerres en sy préparant, mais en développant une conscience pour la paix.
- Mais le fond de ma question précédente était de savoir si tu exigeais des premières mesures de désarmement unilatéral en RDA ...
- Il faut établir ce qui est du domaine du possible. Si des mesures étaient prises aujourd'hui en RDA ou dans le bloc de l'Est et montraient une réelle volonté de paix, alors la justification pour l'installation des missiles en Europe de l'Ouest perdrait encore de sa crédibilité.
- En République fédérale allemande, le Parti communiste allemand (DKP) affirme que le pacifisme des groupes indépendants en RDA les conduit nécessairement à s'opposer aussi à l'armement pour la défense de la révolution nicara-
-Il y a des conceptions très diverses dans les différents groupes à ce sujet. Il y a des pacifistes intégraux. Personnellement, je ne suis pas pacifiste, et je prendrais les armes s'il le fallait. Cela dépend entièrement des circonstances. Sur ce point, il y a une grande différence entre l'Europe et l'Amérique centrale. Ici, en cas de guerre, les choses auront de toute façon leur propre logique. Il n'y aura pas de vainqueur.
Mais en Amérique centrale, la suppression de la démocratie a pris des formes telles que la résistance passive et non
La pour effet de briser les gens. Dans cette situation, il faut voir quelles sont les autres possibilités d'action. Les guérillas du Salvador ont fait, elles aussi, des propositions de négociation, mais il y a un point de non retour lorsqu'il s'agit de la destruction de la vie humaine. Or, en Europe, nous n'en sommes quand même pas à courir le risque de se faire tirer dessus à chaque coin de rue. Il existe donc assez de possibilités, de moyens d'action non violents pour opérer des changements. Par contre, en Amérique centrale, tu dois avoir recours à la lutte armée. Comme dit Biermann, « Je chante la paix en temps de guerre, mais je chante aussi la guerre dans cette paix damnée et meurtrière ». C'est aussi ma façon de voir.
Mais je voudrais encore ajouter quelque chose à propos de la position du DKP. Une affirmation comme « Transformons les épées en socs de charrue » est présentée et commentée de manière tellement unilatérale que cela revient en fait à calomnier le mouvement indépendant. Les groupes pour la paix en RDA tien nent d'abord à obtenir le droit d'exprimer leur pensée. Après, on peut discuter des différentes positions. Mais, auparavant, il faut pouvoir les exprimer ...
Bien sür qu'il y a des pacifistes intégraux, mais chacun doit avoir le droit de s'exprimer et personne ne devrait se retrouver en prison pour cela. Je n'enferme pas l'officier de l'armée qui croit devoir défendre son pays les armes à la main. De la même manière, j'attends qu'il ne m'enferme pas quand je dis que je ne porterai pas les armes et ne ferai mon service militaire dans aucune armée, surtout s'il s'agit d'une armée qui risque de m'envoyer en Pologne. Je déciderai moi-même de ce qu'il faut défendre. Le droit à l'autodétermination de chacun doit être garanti dans tous les domaines de la vie.
- Quel rôle ont joué les événements polonais en RDA ?
— Cela s'est passé à des niveaux diffé rents. Il y a eu l'éveil de beaucoup d'espoir, surtout dans la jeune génération. Une grande partie du mouvement de la paix se conçoit comme mouvement social alternatif global.
Des gens sont prêts à renoncer à leur carrière, ete., tout simplement à cause des restrictions multiples qu'ils ressentent dans leur vie quotidienne. De là, certains évoluent ensuite vers d'autres exigences, dont celle de la réalisation de la personnalité, ce qui n'est possible que dans un environnement démocratique. Alors, tout mouvement allant dans ce sens est salué.
La Pologne c'était, comme en RDA, des résultats électoraux favorables aux autorités et obtenus à 99 % des suffrages.
Et soudain, les gens apprennent à s'exprimer. Cela a provoqué beaucoup d'optimisme et donné lieu à des espoirs pour la RDA elle-même. D'un autre côté, on voit bien que la RDA n'est pas la Pologne, puisqu'ici les gens sont encore bien lotis sur le plan matériel.
- Comment envisages-tu l'avenir des groupes à lena? Le cercle de la paix a perdu un grand nombre de ses membres ...
-Il y a assez de gens qui continuent. Bien que ce soit un cercle qui ne possède pas d'organisation, de responsable, ete., il y a quand même une strueture. Nous nous sommes donnés une orientation. Pour nous, la paix n'est pas une absence de guerre, mais elle s'inscrit en positif dans le vécu quotidien des gens. C'est aussi la tentative d'agir sur le plan social. Nous ne sommes pas juste un groupe de gens voulant accomplir des actions spec-
Nous avons commencé à travailler en d'abord axés autour des problèmes du militarisme. Ensuite, il y a eu la question des racines de ce militarisme ou de la recherche de son origine dans l'éducation que l'on reçoit. De cette manière, il s'est formé un groupe qui travaille sur le thème de l'éducation. Ensuite, nous nous sommes interrogés sur tout ce qui nous menace encore. Il y a, bien sûr, le problème du rapport entre l'homme et la nature, entre l'homme et son environnement. Il s'est donc formé un groupe écologique. Puis, beaucoup se sont retrouvés en prison, ont été livrés à l'arbitraire de l'Etat. Ils ne connaissaient pas la loi. L'aboutissement de cela fut la constitution d'un groupe qui s'occupe des problèmes juridiques. Nous nous sommes aussi demandés si nous étions isolés en RDA. Partout dans le pays il y a des groupes comme le nôtre. Nous avons donc établi des contacts avec eux pour échanger des informations. Chacun a contribué comme il le pouvait à ce travail. Il y avait aussi des formes artistiques à notre activité. Par exemple, nous avons beaucoup travaillé avec la technique photographique, nous avons fait des cartes postales sur le thème de la paix, que nous avons ensuite envoyées dans tout le pays.
Et cela continue. Des gens sont partis, même parmi ceux qui animaient ces activités, mais elles continuent toujours. Si l'on ne peut pas chiffrer le nombre exact de gens qui appartiennent au mouvement de la paix, on sait quand même que cela correspond à un sentiment général très profond. L'armement, la militarisation accrue, mais aussi des événements comme une expulsion du pays par exemple, provoquent des réactions, les gens cherchant les formes possibles pour agir en commun contre ces menaces. A travers ces actions s'établissent des cercles semblables à celui de lena, et cercles se régénèrent.
Tageszeitung, Berlin-Ouest, 27 juillet 1983.