Une politique qui rompe avec cette
La grève logique infernale, voilà l'objectif que doit se fixer le mouvement ouvrier internatiocontre les missiles nal. Les enjeux chiffrés en confirment la nécessité absolue. La réduction de 10% seulement des dépenses militaires annuelles permettrait de résoudre le problème de la faim, alors que 450 millions d'hommes sont sous-alimentés. Le transfert de ces crédits alloués aux préparatifs de guer-
E 8 septembre dernier, la direction nationale de la principale confédération synre vers le secteur de l'éducation permet-
,dicale d'Allemagne de l'Ouest, la Deutsche Gewerkschaftsbund (DGB, 8,5 miltrait la scolarisation de 400 millions d'enlions de syndiqués) décidait d'organiser, pour le 5 octobre 1983, une grève d'averfants, alors que le nombre d'analphabétissement de cinq minutes pour protester contre l'implantation, en décembre prochain, de nouveau en progression, s'élève des fusées nucléaires américaines à moyenne portée (euromissiles) sur le territoire de aujourd'hui à 800 millions. Un rapport de l'Allemagne de l'Ouest et de plusieurs autres pays européens. Par cet arrêt de travail l'Organisation internationale du travail symbolique, auquel se sont joints les cinq cent mille membres du syndicat indépendant
(OIT) publié à Genève le 7 octobre derdes employés, la DGB inscrivait son action dans le cadre d'une interpellation des dirinier, estime que la reconversion globale geants politiques américains et soviétiques qui négocient à Genève un accord de désardes industries d'armement entraînerait la mement. En effet, la ratification d'un tel accord était la condition mise par la soi-dicréation immédiate de 5,5 millions d'emsant « double » résolution (déploiement des missiles en cas d'échec des négociations de plois, précisant que 80 % de ceux-ci se-
Genève) de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) de décembre 1979 raient créés dans les quatre pays qui en pour renoncer au déploiement des nouveaux missiles américains en Europe.
sont les principaux producteurs et expor-
Selon les propos d'un dirigeant syndical de la métallurgie ouest-allemande, la grève tateurs mondiaux, à savoir les Etats-Unis, du 5 octobre constituait un « avertissement aux politiciens responsables, pour qu'ils l'URSS, la France et la Grande-Bretagne.
sachent que la sauvegarde de la paix dans le monde est le thème central des syndicats ».
Mais, pour imposer une telle politi-
De son côté, le président de la DGB, Ernst Breit, déclarait que « le combat contre le gouvernements capitalistes, il que aux chômage et pour de meilleures conditions de travail ne servirait à rien si on n'arrivait faut avant tout miser sur la mobilisation pas à bloquer la course aux armements et à assurer la paix » (le Monde, 10 septembre unitaire des travailleurs et de la jeunesse.
Elle seule peut permettre de battre en
Cette grève, qui s'inscrit dans un large mouvement de l'opinion publique (pétition brèche les plans de guerre impérialistes.
pour la paix signée par des centaines de membres du personnel fédéral, protestation de
Faire l'économie d'une telle mobilisation, quatre mille médecins et infirmières à Bonn fin septembre, préparation de la semaine c'est renoncer de fait, pour aujourd'hui d'action du mouvement pacifiste du 15 au 22 octobre, mouvement d'opposition au et pour demain, aux objectifs de la paix sein du SPD marqué par les votes de différents congrès locaux contre les orientations et du socialisme qui, pour être pleinement officielles de la direction...), représente l'entrée du mouvement ouvrier, avec ses proatteints, supposent le renversement du capres moyens d'action, dans le combat contre le déploiement des missiles de l'OTAN en pitalisme dans ses principales places fortes.
RFA. Cela aura bien évidemment valeur d'exemple, aussi bien en RFA que pour tout
C'est à ce titre que la politique de la le mouvement pacifiste européen. Et ce, d'autant que son écho ne fut nullement né.
bureaucratie soviétique ne sert ni la cause gligeable, puisque le mot d'ordre de grève de la centrale syndicale ouest-allemande a efde la paix ni celle du socialisme, parce fectivement donné lieu à des débravages et à des discussions dans de nombreuses que plutôt que de miser sur la mobilisatin des masses, elle cherche à les four-
On peut chiffrer entre un et deux millions le nombre de grévistes, le 5 octobre.
voyer dans la voie sans issue des négocia-
La mobilisation a pris trois formes différentes : une grève de cinq minutes tout simpletions, avec l'objectif ment, la tenue d'une assemblée générale de débat sur la question du désarmement et, mouvement antiguerre en simple masse de dans des cas beaucoup plus limités, des manifestations de rue ou des stands publics manœuvre au service de ses objectifs did'information. Cette grève a donc été globalement un succès important, surtout là où plomatiques. Ce faisant, sa réponse aux les syndicats l'avaient bien préparée. Paradoxalement, les secteurs syndicaux traditionmanœuvres impérialistes se développe sur nellement les plus à gauche ne sont pas ceux qui se sont le plus mobilisés. Ainsi en estun terrain strictement militaire, ce qui a il, par exemple, de l'IG Metall de Stuttgart ou de la sidérurgie. Par contre, des secteurs des effets négatifs par rapport au moucomme les mineurs de la Ruhr, se situant plutôt à la droite de l'échiquier syndical, se vement de masse antiguerre à l'Ouest, et sont mobilisés plus massivement.
n'a pas d'autre objet que de justifier, voi-
Le correspondant du
Monde, un quotidien français pourtant peu suspect de re de consolider, à l'Est, le joug bureausympathie envers le mouvement de la paix, écrit dans l'édition du 7 octobre 1983, que cratique qu'elle impose aux travailleurs
« le mot d'ordre de la DGB a été inégalement suivi, mais il a été entendu. Dans certaien Europe orientale et en URSS.
nes villes, les moyens de transport ont été immobilisés. Dans les grandes entreprises de
Dans ces conditions, la mobilisation la Ruhr, Hoechst à Dortmund, Krupp à Bochum, Thyssen à Duisburg, les cinq minutes indépendante des travailleurs, de l'Eurod' "avertissement" ont été observées à la lettre. De même dans les usines des grandes pe de l'Ouest à l'Europe de l'Est, n'est marques automobiles, Opel, Ford, Volkswagen. Souvent, les ouvriers ont quitté leur pas seulement mille fois plus efficace falieu de travail pour discuter entre eux ». Même en s'en tenant à cette version, l'initiace à l'impérialisme que quelques fusées tive de la DGB peut être considérée comme une réussite indéniable.
soviétiques supplémentaires. Elle est la
L'article que nous publions ci-après, et qui a été rédigé avant le déroulement de seule voie réaliste du combat pour la paix, cette grève, analyse les considérants politiques et la signification de l'action entreprise celle de l'avenir socialiste de l'humanité par la DGB sur la question de l' implantation des missiles de l'OTAN en RFA.
qui mettra fin à la barbarie impérialiste et éloignera définitivement la menace d'un holocauste nucléaire du genre huque le mouvement ouvrier organisé entre
Angela KLEIN main.
effectivement en lutte contre le déploie-
Avec la grève d'avertissement de la ment des euromissiles. Certes, cela se
Jean-Louis MICHEL
DGB, principale confédération syndicale produit de façon encore séparée mouvement de la paix. La DGB a ainsi ouest-allemande, c'est la première fois
consciemment fixé pour cette grève une date qui se situait en dehors de la semaine de mobilisation du mouvement antiguerre, qui a lieu du 15 au 22 octobre. Mais en organisant cette action, la DGB a en même temps reconnu la légitimité de l'emploi de moyens syndical dans le combat contre le ploiement des euromissiles. La digue séparant le mouvement antiguerre du mouvement ouvrier a ainsi été en grande partie brisée. La base militante potentielle pour la mobilisation contre les euromissiles se trouve ainsi élargie, pour englober la grande masse de la population ouvrière dont l'opinion n'était jusqu'alors prise en considération que de façon indirecte.
LES TROIS FACTEURS
DE LA NOUVELLE SITUATION C'est la conjonction de plusieurs facteurs qui explique cette évolution. Il y a tout d'abord le fait que la mobilisation du mouvement de la paix s'est poursuivie sans même une pause estivale. Ainsi, le 6 août dernier, jour anniversaire du bombardement d'Hiroshima par les Etats-Unis en 1945 (100 000 victimes), d'innombrables actions locales ont été organisées. A Berlin, ce jour-là, 30 000 personnes ont manifesté. Dans la presse, il y a eu un large débat relatif à la limitation du droit de manifestation qu'envisage le gouvernement et aux pourparlers que des courants non mandatés du mouvement de la paix ont accepté de mener représentants du gouvernement, de la police et de l'armée à propos du « désamorçage des actes de violence » pendant les mobilisations de cet automne.
La Journée antiguerre du ler septembre constitua le point de départ des mobilisations de l'automne. C'est en ce jour de l'année 1939 qu'Hitler attaqua la Pologne commenca la Seconde Guerre mondiale. Depuis la fin de la guerre, les syndicats organisent régulièrement des manifestations du souvenir à cette occasion. Cette année, environ 100 000 personnes participèrent aux actions des syndicats. A la différence des années précédentes, de nombreuses actions furent organisées, auxquelles participerent non seulement le mouvement de la paix, mais aussi la base militante des syndicats.
Un sondage d'opinion effectué en août dernier indique que l'opposition au déploiement des missiles de l'OTAN s'amplifie : 75 % des personnes interrogées y sont opposées. Parmi la population se renforce le sentiment que les Etats-Unis « ne négocient pas sérieusement » à Genève, qu'ils ne veulent pas de désarmement du tout. Le rejet constant des propositions de désarmement soviétiques est interprété de la même façon. Il est évident que les négociations de Genève ne visent pas à parvenir à un véritable désarmement, mais bien plutôt à dissimuler l'actuel effort de militarisation de l'impérialisme. L'opposition au déploiement des missiles de l'OTAN est telle parmi la population qu'au sein même de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), principale formabourgeoise, s'est regroupé un courant opposé à leur déploiement. Le gouvernement se voit donc de plus en plus contester le droit de prendre une décision qui mette en jeu le devenir même du pays. De cette constatation est née l'idée d'une initiative pour un référendum, dont les promoteurs s'adresseront massivement au comité de coordination des mobilisations pour la paix après la semaine d'action de la fin octobre.
Un second facteur de l'évolution actuelle du mouvement ouvrier sur la question des euromissiles est lié au retour des partis bourgeois au gouvernement fédéral depuis le 6 mars dernier. Depuis lors, les forces critiques au sein du Parti socialdémocrate (SPD) et des syndicats ont une plus grande marge de manœuvre pour développer leurs propositions. Dans ce domaine, les syndicats sont au premier plan. Ainsi, plusieurs syndicats ont clairement pris position contre le déploiement des missiles. Même la centrale syndicale DGB, opposée au mot d'ordre « désarmement unilatéral » met aujourd'hui plus fortement en avant la revendication « Pas de déploiement des euromis-
Le SPD, quant à lui, traîne les pieds. Il a renvoyé son congrès extraordinaire euromissiles à la fin novembre, deux jours avant le débat parlementaire sur cette question, à une date postérieure à la fin des dernières négociations de Genève. La direction du SPD se fait entièrement dépendante de ce qui pourrait être décidé à Genève, et c'est seulement s'il n'y avait pas d'accord qu'elle pourrait dire « non » au déploiement des euromissiles. Entre-temps, le congrès du SPD de la région du Bade-Wurtemberg a cependant décidé de s'opposer à l'installation des fusées US, indépendamment de l'issue des négociations, et l'on s'attend à ce congrès régionaux suivent cet exemple (1). Contre la bombe à neutrons. (DR)
Deutsche
Friedens-
Gesellschatt
Enfin, troisième facteur de la situation actuelle, la bourgeoisie n'a jusqu'à présent pas encore atteint son but de transformer sa victoire parlementaire du 6 mars en un « tournant » politico-social. La victoire électorale de la bourgeoisie est survenue parallèlement à une évolution ascendante de la lutte des classes, et a tout d'abord eu pour conséquence de la renforcer et de la radicaliser. La politique économique de rigueur du gouvernement bourgeois d'Helmut Kohl, qui provoque toujours plus les syndicats, rencontre une résistance de la part des travailleurs.
Les manifestations syndicales contre la diminution des conquêtes sociales et contre la réorganisation capitaliste des industries ébranlées par la crise (acier, charbon, docks) se multiplient. La semaine passée a eu lieu un rassemblement de femmes membres de la DGB de 30 000 personnes, bien que la centrale syndicale ait à peine contribué à cette manifestation. La mobilisation pour la semaine des 35 heures se poursuit, tandis que la résistance ouvrière se radicalise aussi dans les entreprises. A la mi-septembre, face à des menaces de licenciements massifs (2), l'entreprise portuaire Howaldts-Deutsche Werft, de Hambourg, a été occupée, parallèlement à la Bremer AG Weser, dont lactivité devait être partiellement arrêtée. Presque chaque décision gouvernementale se heurte ainsi à des protestations et à des résistances de la part de la population travailleuse.
Des grèves politiques, des occupations d'entreprise, des consultations populaires sont autant d'actions qui commencent à mettre en question la légitimité même du gouvernement fédéral. Ce
1. Depuis que cet article a été rédigé, les fédérations de Brême, de Hambourg, du Schleswig-Holstein et de Berlin-Ouest du SPD ont voté des résolutions identiques.
2. Cf. Inprecor numéro 157, du 26 septembre 1983.
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Ver trie
dernier porte toujours la marque de son arrivée « illégitime » au pouvoir à l'automne 1982, à la suite d'une espèce de putsch institutionnel issu du retournement d'alliance du petit parti libéral-démocratique (FDP) (3). La tactique gouvernementale de division de la résistance
Men intégrant les réprimant et en isolant les éléments « radicaux », n'a jusqu'à prérassemblement de tous ces facteurs favorise donc la politisation et la radicalisation de la classe ouvrière. Si la DGB ne veut pas se trouver à l'écart de cette évolution de la classe ouvrière, elle doit partiellement se placer à la tête du
LES DISCUSSIONS
SUR LA QUESTION DE LA GREVE
CONTRE LES MISSILES Le maire de Sarrebruck et membre du comité directeur du SPD, Oskar Lafontaine, a été le premier, en mai dernier, à proposer l'organisation d'une grève générale contre les euromissiles. Cette revendication a aussitôt été reprise dans des syndicats, avant tout par des responsables syndicaux intermédiaires ou de base. En outre, par un hasard heureux, les congrès des syndicats de l'imprimerie, de l'IG Metall (métallurgie), du syndicat de l'enseignement et de la recherche, et du syndicat des postes, se tiendront en octobre-novembre. Dans tous ces congrès se feront jour de nombreuses propositions faisant appel au droit à la résistance inserit dans la Constitution et proposant des actions de grève allant jusqu'à la grève générale, pour le cas où il n'y aurait pas d'accord de désarmement conclu à Genève.
Le débat sur la grève au sein du mouvement syndical a atteint un nouveau palier cet été lorsque Franz Steinkühler, dirigeant syndical régional de l'IG Metall de Stuttgart, qui devrait être élu en octobre vice-président de l'IG Metall et, dans quatre ans, probablement président, demanda de faire du 19 octobre le « Jour des entreprises », au cours de la semaine d'action du mouvement de la paix, par un arrêt de travail de 10 à 15 minutes.
Le choix de cette date assurerait une étroite liaison entre les mobilisations syndicales et la lutte du mouvement de la paix. Les organisations patronales et la presse bourgeoise se sont d'ailleurs déchaînées contre elle, la Frankfurter Allgemeireprochant aux syndicats d'avoir abandonné leurs distances initiales vis-à-vis du mouvement de la paix et de s'être « accroché » à sa suite. L'é tincelle de la radicalisation étant passée du mouvement de la paix à l'avant-garde des entreprises et des syndicats, la bourgeoisie craint que cette dynamique ne puisse plus être freinée.
En fait, l'importance politique de cette discussion réside aussi en ce qu'elle brise la question taboue de la grève politique. La dernière grève « politique » eut lieu en 1950-1952 au duction de la cogestion paritaire dans les entreprises. Après la défaite de cette grève, la Cour constitutionnelle de la République fédérale décida que les grèves qui n'avaient pas directement pour objet des questions relatives aux négociations salariales étaient interdites. Toutes les questions politiques devenaient le monopole du gouvernement et du Parlement. De même, le droit de résistance du citoyen reconnu dans la Constitution, fut limité, par le moyen d'une interprétation bourgeoise du droit à la défense contre une tentative de « renverser l'ordre démocratique ». En 1958, lors de la campagne contre le déploiement des euromissiles en République fédérale, on en vint à la grèégalement, les syndicats appelèrent à certains courts arrêts de travail en certaines occasions particulièrement « politiques »,
1972, lorsque le chancelier Willy Brandt risquait d'être renversé par un vote de méfiance de la CDU et, en 1977, lorsque le présidu patronat, Hans Martin Schleyer, fut assassiné. Ces expériences sont aujourd'hui remises à l'ordre du jour.
La proposition de Steinkühler a immédiatement eu pour effet que des militants disposant de responsabilités syndicales dans le sud de l'Allemagne ont lancé un appel pour « Une pause pour la paix », le 19 octobre. Des centaines de militants syndicaux ont déjà signé cet appel, et les signatures vont être maintenant recueillies en masse dans les entreprises.
Parallèlement aux discussions au sein des syndicats, de nombreuses initiatives de mobilisation pour la paix ont été lancées dans les entreprises. Les promoteurs de ces initiatives cherchent à mobiliser leurs compagnons par un travail d'explication et d'information. Il y a déjà plus de 150 structures de ce genre, principalement dans les grandes entreprises où la gauche politique a une intervention. La plupart de ces initiatives ont été initiées et sont dirigées par le Parti communiste allemand (DKP, parti stalinien pro-Moscou), quelques-unes par le MLPD, dernière formation maoïste de République fédérale. Les initiatives de paix des entreprises ont tenu, à Dortmund, le 11 septembre dernier, une conférence pour la préparation de la journée du 19 octobre, à laquelle ont participé environ 1 500 personnes. Cette rencontre avait été organisée par une commission de travail auprès du Comité fédéral de coordination des initiatives de paix. Du point de vue du nombre de participants, elle fut une totale réussite, mais elle connut des faiblesses importantes. L'éventail des participants était en effet presqu'exclusivement limité aux seules formations mentionnées ci-dessus. Les sociaux-démocrates et les Verts en étaient pour ainsi dire absents. Il man-
ABONNEZ-VOUS, RÉABONNEZ-VOUS A «INPRECOR » I quait avant tout les nombreux militants des syndicats qui, jusqu'à présent, avaient joué le rôle moteur dans les discussions sur la grève. La Conférence a adopté un appel de soutien à la décision de la DGB d'un arrêt du travail de 5 minutes, le 5 octobre, et à demandé de faire du 19 octobre une journée d'action dans les entreprises. A ce sujet, diverses propositions de mobilisation ont été faites : le rassemblement de signatures, la tenue de réunions d'entreprises, et jusqu'à des avertissements par la grève. Mais la Conférence a renoncé à reprendre à son compte la proposition de Steinkühler et à expliquer comment il fallait organiser la mobilisation des 5 et 19 octobre, de sorte qu'elle n'a joué aucun rôle moteur pour la mobilisation des entreprises contre les euromissiles.
La plus grande chance pour une mobilisation des entreprises contre les euromissiles est maintenant offerte par la décision de la DGB d'une grève d'avertissement, le 5 octobre, même si cette action de la centrale syndicale ouest-allemande se trouve en porte-à-faux avec l'initiative de Steinkühler. Les militants qui s'étaient déjà orientés vers la préparation d'une action pour le 19 octobre doivent maintenant se réorienter totalement. Le choix de la date du 5 octobre doit nécessairement leur apparaître comme une manœuvre dont le but est d'éviter le plus possible que le mouvement ouvrier ne soit soumis à la pression radicalisante du mouvement de la paix. Mais cette initiative de la DGB a aussi un effet mobilisateur. Les militants syndicaux sont maintenant appelés à faire quelque chose pour que le 5 octobre ne soit pas une action sans lendemain. Même les syndicats droitiers comme l'IG Chemie (chimie) ou l'IG Bergbau (bâtiment) subissent cette pression. Dans les entreprises, ceux qui n'avaient rien fait jusqu'à présent sont à leur tour sollicités.
Le 5 octobre se trouve done au cœur de la mobilisation des travailleurs contre le déploiement des euromissiles. Une fois cette initiative couronnée de succès, il y aura aussi, le 19, des actions dans les entreprises, au moyen desquelles une large participation aux « réunions populaires » du 22 octobre pourra être assurée.
Angela KLEIN Francfort, ler octobre 1983. 3. Cf. Inprecor numéro 135, du 25 octobre 1982, « La fin d'une coalition gouvernementale qui dura treize ans ». Winfried Wolf.
4. Oskar Lafontaine s'est par ailleurs déclaré favorable au retrait de la RFA de P'OTAN en déclarant notamment: * La question essentielle pour les Européens est de se libérer de la rivalité atomique des superpuissances. (...) La République fédérale doit se risquer à sortir de l'intégration militaire de l'OTAN et devenir dénucléarisée. Les armes atomiques ne doivent plus être stationnées que dans les pays qui les fabriquent. » Le porte-parole du SPD, Glotz, devait lui rétorquer que « l'appartenance de la RFA à L'OTAN est une condition préalable à toute politique de détente et de réduction des armements nucléaires » (le Monde, septembre 1983).