- Le Comité d'organisation politique électoral indépendant (COPEI) est un parti bourgeois démocrate-chrétien fondé en 1945 et affilié à l'Union mondiale de la démocratie chrétienne. Il a gouverné le pays de 1970 à 1974 (avec Rafaël Caldera) et de 1979 à 1983 (avec Luis Herrera Campins). Le COPEI regroupe les secteurs traditionnels de la bourgeoisie, les professions libérales et les couches moyennes aisées. C'est la seconde force dans le mouvement syndical, avec une pénétration conséquente dans les secteurs paysans et les organisations de quartier.
- L'Action démocratique (AD) est une formation affiliée à l'Internationale socialiste. Parti petit-bourgeois populiste, sous la direction à l'origine de Romulo Bétancourt dans les années 1940, l'AD s'est ensuite transformée en parti bourgeois réformiste lié aux secteurs dynamiques et nouveaux de la bourgeoisie financière et industrielle. L'AD, qui a dirigé le gouvernement en diverses occasions depuis 1945, contrôle la Confédération des travailleurs vénézuéliens (CTV), et est appuyée par la majorité de la classe ouvrière.
- Le Mouvement vers le socialisme (MAS) est issu d'une scission du PCV réalisée en 1971. Depuis, il subit chaque jour un peu plus l'influence programmatique conjuguée de l'eurocommunisme et de la social-démocratie. Le MAS ne dispose pas de forces importantes dans le mouvement ouvrier et paysan mais possède une certaine influence chez les étudiants et les enseignants. Son objectif immédiat est de gagner l'appui de larges secteurs des couches moyennes. Dernièrement, une tendance anti-cubaine est apparue au sein du MAS. Les principaux discours de Teodoro Petkoff, son candidat aux élections présidentielles, sont essentiellement dirigés contre l'Union soviétique, la Pologne, etc., et sombrent dans l'anticommunisme. Le MAS est le parti de gauche le plus important sur le plan électoral, avec cinq députés sur deux cent et deux sénateurs sur quarante-neuf.
- Le Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) est apparu en 1960, comme le produit d'une scission au sein des Jeunesses de l'AD. Il se lança alors dans la guérilla, mais sans succès. En 1970, le MIR entreprend une réorientation en direction de l'intervention dans le mouvement de masse et obtient de petits succès. Il se divise en 1981 entre deux fractions dirigées respectivement par Moïses Moleiro et Americo Martin, agissant sous le même sigle et distinguées d'après les noms de leurs dirigeants. A l'origine révolutionnaire, le programme du MIR devient chaque jour plus réformiste, notamment après l'appui au MAS. Moleiro, qui a conservé le sigle du MIR, dispose de deux députés.
- Nouvelle alternative est un regroupement constitué en 1982 à partir du secteur du MIR dirigé par Americo Martin, et Avant-garde communiste, issu d'une scission du PCV de 1976. Parti social-démocrate sans influence sur le mouvement ouvrier, il capitalise aujourd'hui l'appui à la candidature Rangel. Il dispose de trois députés.
L'échiquier politique vénézuélien
- Le Parti communiste du Venezuela (PCV) a connu de nombreuses scissions qui l'ont affaibli. C'est un parti pro-soviétique, d'idéologie et de mode d'organisation staliniens, qui n'atteint pas les 50 000 voix aux élections. Il jouit d'une petite influence dans le mouvement syndical à travers la Centrale unique des travailleurs du Venezuela (CUTV), organisation très faible par rapport à la CTV dirigée par l'AD. Le PCV dispose d'un député au Parlement.
- Le Groupe d'action révolutionnaire (GAR) tire son origine de la gauche chrétienne. Il est devenu ensuite un parti marxiste qui dispose d'une petite influence dans les secteurs des travailleurs de la métallurgie, du textile et dans certaines organisations de quartier. Aux élections législatives de décembre 1978, il a obtenu un député. C'est un parti de dimension nationale, dont le programme est révolution-
- Le Peuple avance (EPA) est un groupe qui a une certaine implantation dans les secteurs ouvriers de l'industrie de l'acier et dans le textile. Il n'a pas d'élus au Parlement, mais dispose d'une organisation révolutionnaire et de cadres politiques de valeur.
- Les Comités d'unité populaire (CUP) ont beaucoup de force dans les groupes culturels de quartier. Les CUP sont fondés sur la base d'un programme révolutionnaire et disposent d'un nombre important de cadres dirigeants.
- Le Mouvement électoral du peuple (MEP) est apparu en 1968 lors d'une scission de l'AD, qui entraîna un important secteur de dirigeants syndicaux. C'est un parti social-démocrate membre de l'Internationale socialiste. Le MEP reste la troisième force syndicale du pays, même s'il a beaucoup perdu au plan électoral. Il dispose de deux députés élus grâce à 70 000 voix.
- La Ligue socialiste (LS) provient des restes de courants guérilléristes de la fin des années 1960, qui bénéficièrent de l'amnistie. Son programme révolutionnaire s'est progressivement dissous. La LS a très peu de forces dans le mouvement ouvrier, mais a obtenu un député et dispose de quelques militants ouvriers dans les groupes de quartier. Son secrétaire général, Julio Escolona, est membre du Front mondial de solidarité avec le Salvador, mais il fait bien peu de choses au Venezuela pour développer les comités d'appui au combat des révolutionnaires salvadoriens. Aux dernières élections de 1978, il a obtenu 28 000 voix.
- Patrie socialiste (PS) s'est constitué en 1983 sur la base de la fusion de la scission d'une tendance de la gauche du MAS avec le groupe Tendance révolutionnaire issu en 1977 de l'organisation de l'ancien guérillero Douglas Bravo. Organisé autour d'un programme de type centriste de gauche, ce courant dispose d'une influence quasi nulle dans le mouvement ouvrier.
- En plus de l'Organisation socialiste révolutionnaire (OSR), organisation sympathisante de la IVe Internationale, il existe un autre groupe se réclamant du trotskysme, le Parti socialiste des travailleurs (PST), produit de l'unification de divers secteurs morénistes et lambertistes. Le PST n'a, à ce jour, pas encore pris position sur les questions