NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE
SUISSE
Le PSO et les élections fédérales
Le Parti socialiste ouvrier (PSO), section suisse de la IVe Internationale, a présenté, le ler septembre dernier à Berne, son programme pour les élections fédérales (élections législatives aux deux Chambres) de cet automne, et a rendu public d'une centaine de candidats et candidates présentés dans plus d'une dizaine de cantons, dont Genève, Berne, Bâle-Ville, Zürich, Vaud, Fribourg, Neuchâtel, Tessin.
Pour proposer une claire alternative ouvrière aux électeurs, le PSO est parvenu, en certains endroits, à obtenir un apparentement des listes électorales avec les autres formations ouvrières. La proportionnelle étant instituée dans de nombreux cantons suisses, sous des modalités d'ailleurs différentes, le système de l'apparentement des listes permet un report des restes de voix entre les différentes listes qui souscrivent un tel accord. De ce fait, cela peut permettre à une liste dont le score électoral est inférieur à la barre fixée pour l'obtention du premier élu, d'avoir néanmoins un élu en l'apport des restes des suffrages attribués aux autres listes apparentées. A l'inverse, cela peut représenter un apport des voix d'une petite liste à celles d'un grand parti, le bénéficiaire de cet apport de voix étant la candidature qui obtient le plus fort reste. plusieurs cantons. Ainsi, à Genève, l'apparentement de listes a été obtenu entre les candidatures du Parti socialiste suisse (PSS), du PSO et du Parti du travail (PdT, parti communiste suisse). A Zürich, un tel accord est intervenu entre le PSO, le PAT et les POCH (Organisations progressistes de Suisse). De la part du PSO, cette proposition d'apparentement des listes ouvrières correspond à l'application d'une politique de front unique ouvrier sur le terrain électoral. Outre l'intérêt de s'opposer à tout vote pour les partis bourgeois, cette tactique permet aussi de faire jouer le réflexe du vote « utile » en faveur du PSO même si, à l'origine, ce parti ne peut espérer dépasser la barre inférieure du score nécessaire pour avoir un élu. Dans le cas d'un tel apparentement de listes avec d'autres formations ouvrières, les voix allant au PSO ne peuvent nullement être présentées comme des voix de division perdues pour le mouvement ouvrier. En effet, si ces derniers ne veulent pas qu'il en soit ainsi, il leur suffit d'accepter la proposition d'apparentement de nos camarades. De plus, cette tactique accentue au sein même des organisations ouvrières réformistes. Ainsi, le PdT accepte l'accord avec nos camarades à Genève et à Zürich, alors qu'il le refuse à Bâle, où sa section locale est très crispée sur des positions staliniennes.
Le thème principal de la campagne électorale du PSO est axé contre la hausse des dépenses militaires parallèle à la réduction des dépenses sociales, thème résumé dans le mot d'ordre « L'AVS (allocation retraite) et des emplois, pas de chars ». Cette campagne renvoie aux mesures réduisant les pensions de retraite et à la décision du Conseil fédéral (gouverd'acquérir plusieurs centaines de nouveaux chars du type Léopard II pour un montant de 4,5 milliards de francs suisses (environ 17 milliards de francs français).
En dépit de la neutralité officielle de la Suisse, la course actuelle de l'impérialisme à la militarisation se reflète aussi largement dans ce pays. Il est ainsi très mal vu, dans ce pays officiellement « neutre », de critiquer l'armée et de remettre en cause la politique et les dépenses militaires du gouvernement fédéral. Le PSO a d'ailleurs été violemment attaqué par la presse bourgeoise pour cette raison. Ainsi, La Suisse du 2 septembre dernier affirme, sous le titre « Les marxistes fusillent l'armée », que le PSO est « lapidaire, brutal et fruste. Et l'on a envie de lui répondre, tout aussi lapidairement, que lorsque les armées du Pacte de Varsovie déferleront la Suisse ce seront, bien sûr, les membres du PSO qui les arrêteront... » Mais au-delà de ces proclamations anticommunistes, les résultats électoraux ne manqueront pas de montrer dans quelle mesure la population acceptera de continuer à subir des attaques contre ses acquis de toucher.