Le tournant tactique du PSUM à son second congrès Le Parti socialiste unifié du Mexique (PSUM) s'est constitué à la fin 1981 à la suite de la fusion de l'ancien Parti communiste mexicain (PCM, stalinien) avec des formations nationalistes, dont le Parti du peuple mexicain (PPM), groupe essentiellement influent dans la province de Nayarit au nord-ouest du pays, et le Mouvement d'action populaire (MAP), une organisation de patrons et de technocrates, la plus droitière du nouveau regroupement.
Le second congrès du PSUM, qui s'est tenu récemment, à mis de nouveau en évidence les deux tares d'origine du regroupement : sa profonde division interne et une absence d'identité politique. Cette dernière s'est notamment caractérisée par un spectaculaire, quoiqu'assez superficiel, retournement d'orientation.
Ainsi, le rapport du Comité central présenté par le secrétaire général réélu, Pablo Gomez Alvarez, a tenté de donner un profil plus radical au PSUM. Cette réorientation tactique signifiait l'échec de la politique antérieure, sanctionné par le mécontentement de nombreux militants, notamment devant le comportement servile de la fraction parlementaire du PSUM face à la politique gouvernementale du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI).
La conséquence de cette orientation du PSUM dans son activité au sein des masses ne se fit pas attendre. Cette orgaquitta alors le front contre l'austérité constitué par le regroupement de la presque totalité des organisations politiques, sociales et populaires indépendantes du pays pour former un front parallèle, le Comité national de défense de l'économie populaire (CNDEP), en compagnie du Parti mexicain des travailleurs (PMT, organisation se réclamant de l'expérience bourgeoise du gouvernement de Lazaro Cardenas, de 1934 à 1940), et du groupe de pression bourgeois dénommé Parti social-démocrate (PSD).
Aujourd'hui, le PSUM vient d'opérer un tournant politique à 180 degrés, ce qui n'est pas sans provoquer d'ailleurs la méfiance des membres de l'ex-MAP en son sein et d'Arnoldo Martinez Verdugo lui-même. A la suite de cette évolution très pragmatique à gauche, le PSUM reconnaît aujourd'hui ce qu'il dénonçait hier. Ainsi Gomez affirme dans son rapport qu'il « est possible de combattre la crise avec un programme populaire, national et démocratique, qui est l'alternative socialiste à l'heure actuelle. Cela signifie què le PSUM lutte pour sa proposition propre, la proposition socialiste. » Plus loin, reconnaît qu'« il est également nécessaire d'intensifier la dénonciation comme arme politique et d'approfondir la critique de la conduite gouvernementale. » Cette prise de distance vis-à-vis du PRI est nou-
Pourtant, ce tournant apparemment radical ne marqua pas ce congrès, qui fut plutôt caractérisé par une intense lutte de fractions. En cette occasion, le groupe de Gascon Mercado, de l'ex-PPM, adopta des méthodes typiques de chantage, de manipulation des assemblées et des délégués, de menaces, etc., pour exiger la redéfinibases programmatiques PSUM. Ce courant sans véritable représensurtout d'une influence dans la Fédération des étudiants de Guadalajara (organisation aux méthodes de gangster, qui s'était opposée, en 1968, à la mobilisation étudiante) et du prestige de Gascon Mercado chez les planteurs de Nayarit, avait obtenu, par ses méthodes, un grand délégués au congrès, notamment paysans, dont la plupart surtout motivés par leur fidélité à Mercado. Ce courant ne parvint pourtant pas à obtenir une majorité au congrès, mais affrontements internes montre la faible homogénéité du PSUM.
D'autre part, ce second congrès fut marqué, sur certaines questions comme la politique en direction des femmes et de la jeunesse, par des reculs politiques importants par rapport à l'orientation de l'exPCM, et même à celle des débuts du PSUM. En effet, les secteurs les plus staliniens du PSUM ont contribué d'une résolution définissant ce parti comme féministe et affirmant la nécessité d'un mouvement autonome des femmes, et au rejet du document sur la jeunesse, qui lui aussi affirmait la nécessaire autonomie du mouvement des jeunes. Sur ces deux questions, le PSUM se retrouve done sans orientation officielle.
Finalement, le rapport de Gomez contenait aussi une accusation sectaire contre le Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), section mexicaine de la IVe Internationale, affirmant que cette organisation n'avait pas d'orientation politique claire en matière d'élections et d'alliances électorales. Ce fut une manière bien commode pour le PSUM de tenter de se dédouaner vis-à-vis de ses refus d'alliance avec le PRT, dont la politique fut toujours de rechercher une candidature commune de la gauche. Comme le note Bandera Socialista, organe du PRT, du 11 septembre 1983, l'unité n'est pas une affaire sentimentale mais politique. Aussi, le PRT est-il pour « des alliances électorales claires et ouvertes avec le PSUM, sans pour autant renoncer à son programme, parce que nous sommes pour l'unité du mouvement contre la bourgeoisie et le gouvernement. (...) Notre position est claire : nous unir pour combattre la droite, la bourgeoisie et le gouvernement. La situation l'exige ».