Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

HONDURAS

Mort au combat d'un dirigeant révolutionnaire

· Inprecor n° 159, 24 octobre 1983 · p. 26-27 · 813 mots

Amérique centrale

Mort au combat d'un dirigeant révolutionnaire Nous publions ci-dessous des extraits d'un communiqué du Parti révolutionnaire des travailleurs centro-américains du Honduras (PRTC-H), qui annonce la mort au combat d'un groupe de militants qui avaient entrepris la lutte armée contre le régime réactionnaire hondurien et l'impérialisme américain qui occupe le pays.

Le dirigeant de ce groupe, José Maria Reyes Mata, avait obtenu un diplôme à La Havane à la fin des années 1960 et s'était ensuite rendu en Bolivie dans le but de réorganiser ce qui restait de la guérilla de Che Guevara. Arrêté et condamné six mois après son arrivée dans ce pays, il s'était ensuite évadé et exilé au Chili. Après le coup d'Etat du général Augusto Pinochet en septembre 1973, José Maria Reyes Mata s'était réfugié à l'ambassade du Honduras pour retourner ensuite dans son pays. Membre fondateur du PRTC-H, il participa à l'enlèvement du gérant de la compagnie américaine Texaco à Tegucigalpa. Emprisonné, il avait ensuite été libéré après une amnistie.

Nous, le Parti révolutionnaire des travailleurs centro-américains du Honduras (PRTC-H) et les Forces armées du peuple (FAP) avons déclaré la guerre à l'intervention nord-américaine et à ses acolytes dans notre pays depuis la fin de l'année dernière. (...) Les Forces armées du peuple (FAP) sont actuellement limitées en nombre et en ressources. Elles puisent leur véritable force dans le patriotisme des Honduriens, dans la conscience révolutionnaire des ouvriers et des paysans, ayant à leur côté des représentants des couches moyennes, principalement celles du milieu intellectuel.

Nous avons décidé de faire le premier pas, de donner un exemple d'abnégation et de sacrifice pour la patrie, afin que le peuple hondurien se dresse contre les envahisseurs étrangers et ses marionnettes.

(.-) Cette guerre, déclenchée par les Forces armées du peuple (FAP) sur le territoire national, fait partie de la lutte que mènent les peuples de l'Amérique centrale contre l'intervention de l'administration Reagan et ses alliés, les militaires et l'oligarchie. Nous tous, Centro-américains, avons le devoir de nous unir dans la lutte, comme se sont unis en 1856 les peuples de l'Amérique centrale pour affronter et vaincre William Walker (1). Aujourd'hui, nous portons en nous le même idéal que Morazan (2) contre la présence dans n'importe lequel de nos

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pays de ces flibustiers modernes que sont les yankees.

Aujourd'hui comme hier, les sacrifices et le sang versé sont le prix élevé que réclame la lutte pour la liberté. La cause pour laquelle Lempira est tombé dans la lutte indigène contre les conquistadors espagnols, Morazan durant la révolution démocratique nationale contre l'oligarchie et les colonialistes anglais, Wainright et Calix Herrera, Lorenzo Zelaya et Manuel Rodriguez dans la lutte actuelle de libération nationale, est la même que celle pour laquelle sont tombés récemment des dirigeants et des militants valeureux du Parti révolutionnaire des américains du Honduras (PRTC-H) et des Forces armées du peuple (FAP). C'est avec une profonde douleur que notre parti et ses forces armées rendent publique la mort au combat d'un groupe de camarades ayant à leur tête le commandant José Maria Reyes Mata, premier responsable polide nos deux organisations révolutionnaires. Ils sont tombés en combattant les ennemis de notre peuple et de la nation. Leur sang ne coulera pas commandant José Maria Reyes Mata et les autres regrettés camarades, dont nous révélerons au moment opportun les identités et les circonstances dans lesquelles ils sont morts, ont donné un exemple immortel et planté au cœur du peuple le drapeau de la libération nationale brandie par le Parti révolutionnaire des travailleurs centro-américains du Honduras et la Direction nationale unitaire du mouvement révolutionnaire hondurien (3). Par leurs efforts tenaces et leur sacrifice héroïque, ils ont élevé la lutte du mouvement populaire à un niveau supérieur. Délaissant la plume anti-impérialiste de Froylan Turcio pour empoigner les fusils libérateurs de la guérilla patriotique olanchienne, ils ont mis en application les strophes de notre hymne national, qu'aujourd'hui nous entonnons en leur mémoire : « Honduras, nombreux seront tes morts, mais tous tomberont avec honneur. Pour le Honduras, vaincre ou mou-

Parti révolutionnaire des travailleurs centro-américains (PRTC-H), Forces armées du peuple (FAP), Honduras, Amérique centrale, 1. William Walker était un aventurier américain qui débarqua au milieu du XIXe siècle sur la côte caraibe du Nicaragua. Il devint maître du pays grâce à l'action de ses mercenaires de la « phalange américaine », se proclama président du Nicaragua, se fit reconnaitre par les, EtatsUnis et rétablit l'esclavage dans le pays. Battu par les forces militaires des Etats centro-américains. Walker sera fusillé en 1860 au Honduras.

2. D'origine hondurienne, Francisco Morazan fut le promoteur d'un projet de fédération des Etats centro-américains dans la première moitié du XIXe siècle.

3. Pour une meilleure information sur les orientations et la nature des diverses composantes de la Direction nationale unitaire du mouvement révolutionnaire hondurien. tion a été annoncée publiquement en mars 1983, se reporter à Inprecor numéro 153 du 20 juin 1983.

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