S Diete polonaie a redon le nelle promise es pitiquesole nap la, dicaux qui restent emprisonnés. La revendication d'un statut pour les prisonniers politiques a donné jour à une lutte, qui se mène par divers moyens, pour la défense de la dignité et des droits les plus élémentaires de ceux qui sont incarcérés.
La lutte pour un statut de prisonnier politique
Il la loi d'amnistie conditionnelle promulguée en juillet dernier Voici le texte d'une lettre collective, signée, entre autres, par d'anciens prisonniers politiques et d'anciens internés, envoyée au professeur Henryk Jablonski, président du Conseil d'Etat, sur le sort d'un des sept dirigeants nationaux de Solidarité qui attendent leur procès en prison :
informons avec une extrême émotion que Seweryn Jaworski, em prisonné à la maison d'arrêt et d'ins de Varsovie, est soumis à diverses vexations et maltraité pour l'unique raison qu'il porte une croix et une plaquette blanche et rouge (couleurs de la Pologne et de Solidarité, Ndlr.). En raison de son attachement à la foi et à la patrie, il est privé des médicaments indispensables, d'assistance médicale et du droit aux colis de nourriture et de produits d'hygiene.Il est de surcroit puni d'isolement, ce qui s'appelle "la peine du lit dur". Seweryn Jaworski a été à plusieurs reprises sévèrement battu par des fonctionnaires de la prison. Dans le cadre de persécutions religieuses, Jaworski s'est vu confisquer sa Bible et d'autres objets de culte. Il a été plusieurs fois empêché d'assister à la messe du dimanche. Nous constatons que la conduite de la direction de la maison d'arrêt centrale vise à une extermination consciente des militants de Solidarité. On ne peut donner d'autre nom à la privation de médicaments et de surveillance médicale, appliquée en dépit des autorisations accordées par les autorités responsables, et aux nombreuses autres vexations auxquelles ils sont soumis. Nous vous adressons cette lettre pour que personne, parmi ceux qui sont aujourd'hui au pouvoir, ne puisse prétendre ultérieurement qu'il n'était au courant de rien, comme le faisaient les criminels staliniens en 1956. »
Voici le contenu d'une lettre des prisonniers politiques de la prison de Leczyca, sortie clandestinement de la prison et publié par l'Agence d'information de Solidarité (AIS) :
* Le 17 août 1983, un groupe d'une quinzaine de fonctionnaires a fait irruption dans la cellule. Quatre personnes - Adamczyk, Frasyniuk, Golinski et Kostrzewa - ont été battues. Voici les raisons de cette agresloin de là, amélioré les conditions de détention de nombreux militants synsion. Le 11 août, nous avions réclamé l'ouverture des portes pour aérer la cellule, ce qui est la manière habituelle de faire dans cette prison, car il n'y a pas d'autres ouvertures dans les cellules. Le maton en chef a entrouvert la porte puis, une minute après, il l'a refermée. Après avoir de nouveau cogné à la porte, nous avons reçu la visite de maton en chef, qui nous ont prévenus que nous risquions, pour cela, une punition, le "'lit dur" ou l'isolement. A nos tentatives d'explication, ils ont répondu qu'ils allaient faire un rapport disciplinaire sur Frasyniuk, car, selon l'officier (sur quelle base ?), c'est lui qui faisait du bruit. Le 15 août, Frasyniuk a été puni par le commandant de la prison de quatorze jours de "lit dur". Nous avons protesté contre cette mesure, exigeant de voir le commandant, mais notre demande a été rejetée. Nous avons donc annoncé que notre camarade n'irait pas à la cellule d'isolement tant que le commandant n'accepterait pas de recevoir un représentant de notre groupe. Lorsque Frasyniuk a refusé, le 17 août, de quitter la cellule — le prétexte pour l'emmener était d'aller chez le médecin - un groupe de fonctionnaires dirigé par le lieutenant Rajkowski et le sergent Lewandowski (chef de secteur) a fait irruption dans la cellule, tentant d'emmener Frasyniuk de force. Nous (Adamczyk, Golinski, Kostrzewa) avons protesté contre de telles méthodes, exigeant de voir immédiatement le commandant. Ils se sont alors précipités sur nous essayant de nous étouffer, nous tordant les bras et nous frappant les reins. Frasyniuk a été traîné dans le couloir. Là, l'un des fonctionnaires l'a frappé au bas-ventre, les autres lui ont tordu les bras en arrière et lui ont mis les menottes. A la suite de cette sauvage agression, nous avons entamé tous les quatre une grève de la faim. Nous avons informé de ces événements le tribunal départemental de Klodzko, le tribunal militaire de Lodz et le parquet de Wroclaw. Le 22 août, le commandant a suspendu la punition de FrasyL'hebdomadaire de Solidarité de Varsovie, Tygodnik Mazowsze (numéro 63 du 6 octobre 1983) rapporte ainsi la lutte des militants incarcérés à la pri-
«En septembre 1983, plusieurs dirigeants de Solidarité condamnés à de longues peines - Wladyslaw Frasyniuk et Piotr Bednarz (respectivement président et vice-président de la direction régionale de Solidarité de Basse-Silésie), Andrzej Slowik et Jerzy Kropiwnicki (respectivement président et vice-président de la direction régionale de Solidarité de Lodz), Patrycjusz Kosrégionale de Solidarité de Bielsko-Bala), ainsi qu'Edmund Baluka - ont été transférés à la prison de Barezewo, où ils ont été placés dans des cellules isolées. Le 12 septembre, une grève de la faim pour l'obtention du statut de prisonnier politique a commencé. En raison des difficultés de communiquer, certains prisonniers ne se sont joints à l'action que plus tard. Frasyniuk, arrivé de la prison de Leczyca le 14 septembre, s'est joint à la grève le 22 septembre. Les prisonniers de Barczewo vivent dans des conditions particulièrement pénibles (cellules sombres, sales et humides, pas de canalisations) et sont sans cesse persécutés par les gardes. Ainsi Frasyniuk a-t-il été privé de son régime sans consultation avec son médecin, on lui a rasé la barbe de force, on l'a menacé de passage à tabac et d'une peine de 14 jours de "lit dur" (peine suspendue à Leczyca après la protestation des prisonniers). Il a été interdit à ses parents de lui remettre de la nourriture et des habits chauds lors de la visite, bien qu'il soit atteint de rhumatismes. La visite a été interrompue au bout de quelques minutes, car Frasyniuk racontait les conditions de détention à Barczewo. »
Au début d'octobre, les militants de la prison de Barczewo ont interrompu leur grève de la faim. Ils ont obtenu la promesse que leurs exigences raient satisfaites. D'ores et déjà, Frasyniuk, Slowik, Kropiwnicki et Baluka ont été placés dans une cellule commune, dans laquelle les conditions sanitaires sont meilleures. Les prisonniers politiques ne sont plus placés dans les cellules que les droits comIls ont également obtenu le droit de se rendre mutuellement visite, les portes de leurs cellules restant ouvertes quelques heures dans la journée. Piotr Bednarz, qui fut le premier à entamer la grève de la faim, souffre cependant de graves séquelles.
Cette première victoire, obtenue à Barczewo, montre qu'il est possible d'obliger la bureaucratie à faire des concessions, même dans des conditions de lutte aussi difficiles que celles de la prison. Les militants de Solidarité emprisonnés continuent leur combat pour un statut de prisonnier politique.
1. Cet extrait (ainsi que les suivants) provient de documents publiés dans le numéro 10, du 15 novembre 1983, du bulletin Robotnik 83 édité à Paris par le Comité de coordination du syndicat Solidarnose en France.