de juillet est loin d'avoir été un succès. En premier lieu, personne n'a cru aux accusations gouvernementales selon lesquelles la gauche était responsable des attaques contre la population tamoule. La manière même dont cette opération a été menée a clairement montré qu'elle avait été conçue par le gouvernement.
Dans sa première allocution au pays, le vendredi 28 juillet, c'est-à-dire trois jours après le plus fort de l'émeute, Jayewardene n'a fait strictement aucune allusion à la gauche à ce propos. Ce n'est que plus tard que le gouvernement a monté de toutes pièces l'histoire d'un soi-disant complot de la gauche. Tout d'abord, il avait besoin d'une sorte de couverture face à la réprobation internationale.
d'usines et de commerces, n'entraîne une agitation populaire dont les partis de gauche auraient pu tirer profit. En fait, au moment où le gouvernement a pris la décision d'interdire les partis de gauche et d'arrêter certains de leurs dirigeants, ceux-ci s'y attendaient et se trouvaient relativement bien préparés à cette évenlaire) avait décidé que certains de ses dirigeants se rendraient et que le reste entrerait dans la clandestinité. Les autres partis de gauche ont réagi de manière identique, à l'exception du Parti communiste (PC), qui avait décidé de ne rien faire et de laisser le gouvernement arrêter ses dirigeants. Dans le cas précis du PC, les arrestations ont touché quatre de ses principaux dirigeants, mais pas les membres du Parlement. Aujourd'hui, ils ont été relâchés, et l'interdiction de ce parti et de son organe de presse, Attha, a été levée. En ce qui concerne le Nava Sama
Samaja Party (NSSP, Parti pour une nouvelle société égalitaire), une scission de gauche du parti social-démocrate Lanka Sama Samaja Party (LSSP, Parti de l'égalité), le gouvernement ne semble pas faire d'efforts particuliers pour en arrêter les dirigeants. Par contre, tous les dirigeants locaux du JVP, y compris des dirigeants étudiants, ont été arrêtés. Le pouvoir essaie aujourd'hui de discréditer et de désorganiser ce parti qui est, à ses yeux, le plus important des partis de gauche, dans la mesure où il avait obtenu un score important (4,19 % des suffra-
50 000 roupies (16 000 francs français) promise pour chaque personne recherchée, la grande majorité de la population n'est pas prête à donner des informacherchées. De plus, l'interdiction a frappé les partis mais pas leurs syndicats, qui, eux, continuent à fonctionner. En septembre, le syndicat des fonctionnaires du gouvernement a appelé à une réunion de tous les syndicats pour débattre de la situation. Les syndicats liés à la plupart des organisations de gauche (le LSSP, le
JVP et le NSSP) y ont participé et ont adopté une déclaration commune condamnant le pogrome et expliquant clairement qu'il s'agissait d'une action organisée et non d'un mouvement spontané de la population cinghalaise contre les séparatistes tamouls. Cette déclaration affirmait que le gouvernement devait prendre ses responsabilités vis-à-vis du pogrome, puisqu'il avait lui-même reconnu que des membres de l'armée y étaient impliqués. Cette déclaration réclamait également le versement d'une compensation aux personnes ayant subi des dommages, et appelait à la levée de l'interdiction frappant les partis de gauche. Un peu plus tard se tenait une autre réunion de ce type, où participaient cette fois les syndicats liés au SLFP (parti d'opposition bourgeois), le Parti communiste, et le Syndicat du commerce du Sri-Lanka (CMU), à l'issue de laquelle a été adoptée une déclaration condamnant l'interdiction des partis de gauche et la violence gouver-
Ensuite, il craignait que la perte massive ges) aux élections présidentielles de l'année précédente.
d'emlois, du fait des destructions
Ainsi, le Janatha Vikmuti Peramuna Party (JVP, Front de libération popu-
Cependant, le plus important reste le fait qu'en dépit de la récompense de et le gouvernement a été incapable de mettre la main sur les personnes re-