Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

RDA

« On enseigne la guerre à l'école », lettre de Katja Havemann

Inprecor n° 164, 9 janvier 1984 · p. 16 · 428 mots

Allemagne Europe de l'Est

dant, notre action n'est pas motivée uniquement par l'incertitude générale quant à la situation politique mondiale ou par une paranoïa abstraite. Elle l'est bien plus par le fait que, finalement, on commence de plus en plus à admettre que la violence ne peut pas être utilisée pour résoudre les conflits politiques et que, si elle l'était, cela signifierait tout simplement la fin du monde tel que nous le connaissons.

Tous les arguments éculés à propos de l'agression et de la défense, les différenciations entre guerres justes et guerres injustes, sont tellement faibles. Les expé riences vécues par la génération de nos parents devraient nous servir d'avertissement contre toute tendance à accepter l'idée que la guerre est un moyen crédible de régler les conflits.

Les femmes sont peut-être plus sensibles aux préparations idéologiques à la guerre qui sont si évidentes aujourd'hui. Nous refusons d'éduquer nos enfants selon l'image classique « ami ou ennemi » et toutes les tendances à la haine et à l'agressivité qui l'accompagnent. Dans les crèches de l'Etat, on favorise avec enthousiasme la distribution de jouets militaires. Dans les écoles, les jeunes pionniers participent à des exercices de campagne, des

Get sont entraînés à la pratique de la guerre. Dans les cours de travaux pratiques, ils construisent des maquettes de tanks, qui roulent ensuite dans les cours de récréation.

Dans les cours de science militaire, on enseigne aux étudiants les moyens de se protéger contre une attaque nucléaire. Des officiers viennent dans les classes pour recruter des soldats professionnels. Une nouvelle réglementation a été récemment introduite, qui stipule qu'aucun apprenti, en RDA, ne sera autorisé à apprendre un métier s'il n'est pas disposé à participer à un entraînement militaire avant la conscription. Je suis sûre que tu comprends que ce ne sont là que quelques exemples d'un système d'éducation de conscience parce qu'on leur a demandé d'encourager des jeunes (un certain quota est même fixé) à devenir des soldats professionnels.

Ma fille Franziska est maintenant en quatrième. Il y a quelques jours, son professeur lui a ordonné d'enlever le badge portant les mots: « Justice, désarmement, paix. » Elle a refusé, et ses camarades l'ont soutenue. (...)

Cinq semaines après l'envoi de la lettre (à Honecker, ndlr.), plus de 50 signataires ont reçu chez elles la visite de repré sentants de différentes institutions d'Etat, afin de discuter des problèmes soulevés. Ceci est en soi encourageant, car, comme tu le sais, dans le passé, des pétitions de ce type n'ont provoqué que la répression C'est pourquoi ces femmes espèrent que le débat publie tant recherché sur ces

Une erreur sur cette page ?