NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE
ETATS-UNIS
Les élections présidentielles et la campagne du SWP La campagne présidentielle environ un an aux Etats-Unis. C'est l'élection qui attire le plus l'attention, dans la où l'occupant de la Maison Blanche concentre tous les pouvoirs exécutifs Le vote a lieu tous les quatre ans, au début du mois de novembre. Il met aux prises les candidats des deux grands partis bourgeois, le Parti républicain et le Parti démocrate. Ces candidats sont choisis respectivement par la convention nationale de leur parti, qui se tient au mois de juillet ou au mois d'août et rassemble les délégués élus au cours d'élections primaires dans chacun des cinquante Etats.
Les élections primaires s'échelonnent du mois de mars au mois de juin. Au moment de s'inscrire sur les listes électorales, les citoyens indiquent leur affiliation politique : démocrate, républicain, ou autre. Ceci leur donne le droit de voter dans l'élection primaire du parti qu'ils ont nommé. Chaque Etat constitue ainsi deux délégations qui participent grands marchandages et aux festivités des conventions nationales.
Le Parti républicain présentera probablement Ronald Reagan. En effet, sauf cas exceptionnel, le parti au pouvoir présente le président sortant pour un deuxième mandat de quatre ans. La prochaine phase de la campagne sera donc dominée par l'affrontement des diverses personnalités politiques qui briguent le mandat du Parti démocrate. Les principaux candidats en lice à l'heure actuelle sont Walter Mondale, ancien vice-président de Jimmy Carter, et John Glenn, astronaute et sénateur. Mondale espère être choisi par les démocrates, grâce à l'appui de la centrale syndicale, l'AFL-CIO, de l'aile libérale du parti (généralement partisane d'Edward Kennedy, qui ne se présente pas cette fois-ci), et du clientélisme de ceradopte un profil plus « modéré », c'est-à-
Un candidat plus marqué à gauche se présentera également aux primaires du Parti démocrate : Jesse Jackson, le dynamique pasteur noir établi dans une église de Chicago, d'où il a dirigé de nombreuses luttes du mouvement pour les droits civiques. Jackson bénéficie d'une grande popularité parmi les Noirs, qui sentent environ 12% de la population et votent à près de 90 % pour le Parti démo-
La convention démocrate aura lieu à San Francisco cet été. Elle adoptera la plate-forme du parti et choisira le candidat qui affrontera Reagan. Les candidats malheureux seront alors tenus de soutenir le candidat officiel qui, pour s'assurer de leurs efforts, leur promettra probablement des postes dans son gouvernement, s'il est élu.
Dans la dernière phase de la campagne, la plate-forme du parti et les promesses faites aux différents groupes de pression (syndicats, Noirs et autres minorités nationales, femmes, écologistes, etc.) au cours des primaires, seront oubliées. Il faudra alors « gagner » à tout prix. C'est des grandes campagnes publicitaires entièrement axées sur la personnalité des candidats, et qui permettent aux puissances d'argent de jouer à plein.
cours des dernières élections présidentielles, le taux d'abstention a été supérieur à 40%. Par ailleurs, le nombre de citoyens inscrits sur les listes électorales dépend de la mobilité de la population et de la vigueur des campagnes de réinscription. Il en résulte qu'environ la moitié des citoyens qui ont le droit de voter ne vote pas. Pour augmenter la participation électorale, les partis bourgeois, en particulier le Parti démocrate, ont eu recours, ces dernières années, à la procédu-
En effet, la plupart des lois électorales des Etats ont des clauses qui permettent de faire voter sur des questions de tout ordre au moment des élections, moyennant la présentation d'un certain nombre de pétitions. Le Parti démocrate s'est efforcé d'attirer ses électeurs potenaux urnes en mettant en jeu les questions auxquelles ils sont le plus sensibles. C'est ainsi qu'on a vu récemment des référendums sur les droits syndicaux des travailleurs agricoles, sur la discrimination contre les homosexuels en ce qui concerne le logement, pour le gel de la course aux armements, et pour l'arrêt de toute aide militaire à la junte salvadorienne. Cependant, ces référendums peuvent polariser l'opinion au-delà de ce que le Parti démocrate estime nécessaire à l'élection d'un candidat « modéré ». bourgeois, il existe le phénomène des candidatures dites indépendantes : candidats malheureux à l'investiture des grands partis, porte-parole de groupes de pression ou de mouvements sociaux et de petits partis de droite et de gauche. Lorsque les candidats démocrate et républicain apparaissent trop à droite, les mouvements ouvrier et sociaux risquent de se désintéresser de l'affrontement entre les deux à l'intérieur de ces partis peut alors décider de présenter son candidat, indépendamment du parti officherchant à garder ses attaches avec lui, afin de pouvoir négocier un retour au bercail dans les conditions les plus favorables. Le même phénomène se produit également à la droite des grands partis.
Cependant, ces candidatures indépendantes doivent faire face à de nombreux obstacles. Pour être présents sur les listes de candidats, ces « indépendants » doivent collecter un pourcentage, souvent très élevé, de signatures d'électeurs régulièrement inscrits. Les critères de distribution géographique et de validité des signatures tendent a défavoriser les grandes concentrations urbaines. La presse, la radio et la télévision, aux mains du grand capital, ignorent systématiquement les candidatures des partis de gauche, sauf pour citer quelque incident jugé folklorique. Les lois qui régissent le droit de réponse et de temps égal ne s'appliquent qu'à quelques programmes télévisés, et les candidats de gauche n'y apparaissent souvent qu'au milieu de la nuit. Cependant, ces difficultés, la période de la campagne présidentielle est l'une des plus propices à la discussion politique, et a souvent permis aux organisations socialistes qui présentaient un candidat d'at-
Le Socialist Workers Party (SWP, Parti socialiste des travailleurs), qui a présenté des candidats à toutes les élections présidentielles depuis 1948, vient ainsi de rendre publiques ses candidatures pour les élections de novembre 1984. La première phase de la campagne consistera à obtenir les signatures nécessaires à sa présence sur les listes. Au cours des élections précédentes, le SWP était présent sur les listes d'environ trente Etats et avait obtenu plus de
Mel Mason, militant noir et conseiller municipal de la petite ville de Seaside (Californie) depuis 1980, sera le candidat à la présidence, et Andrea Gonzalez, militante portoricaine de New York, sera la candidate à la vice-présidence. campagne sera axée sur les thèmes suivants : contre la marche vers la guerre et les interventions contre-révolutionnaires, contre les mesures qui font payer la crise aux ouvriers et aux paysans, lutte pour les droits démocratiques des travailleurs, des Noirs, des femmes et des minorités nationales, pour la formation d'un parti noir indépendant, d'un parti ouvrier, et d'un gouvernement ouvrier qui représente et défende les intérêts des travailleurs et de tous les opprimés.
En tant qu'élu, Mel Mason s'est servi de sa fonction pour dénoncer l'intervention américaine en Amérique centrale. Cela lui a valu les foudres du maire de Seaside : il est désormais interdit aux membres du conseil municipal d'utiliser leur titre ou l'équipement de la ville pour s'exprimer sur autre chose que sur les af-
Mason est un militant de longue date du mouvement noir. Membre du Parti des Panthères noires pendant les années 1960, puis de la Nation de l'Islam, il est le
coordinateur des activités étudiantes du collège de la péninsule de Monterrey depuis 1974. Il a rejoint le SWP en 1980 et est aujourd'hui le représentant régional du Parti indépendant noir national pour
Andrea Gonzalez est la secrétaire nationale de la Young Socialist Alliance (YSA, Alliance des jeunes socialistes), l'organisation de jeunesse solidaire du SWP.
Mel Mason explique que l'objectif de sa candidature est « d'offrir une stratégie pour l'action et une perspective qui permette une riposte ». Il a ajouté qu'il s'efforcerait de discuter les propositions du SWP avec les partisans de Jesse Jackson, qui préconisent « une alliance pour la lutte, des Noirs, des Latinos, des femmes, des paysans et des pauvres », tout en expliquant son désaccord avec Jackson sur la possibilité de réaliser l'égalité sous le capitalisme ou de réformer le Parti démo-
Mason ajoute : « Andrea Gonzalez et moi-même présentons notre campagne au moment où le gouvernement américain accélère sa guerre contre les ouvriers et les paysans aux Etats-Unis et à travers le monde ». Il cite les interventions américaines au Liban, à Grenade et en Amérique centrale à l'appui de sa démonstration et conclut : « Nous affirmons que les travailleurs, qui constituent la majorité, doivent rompre avec les démocrates et les républicains et former leur propre parti. Un parti ouvrier, basé sur un mouvement syndical démocratique et combatif, ou un parti noir indépendant qui défencours des campagnes électorales —, qu'il soit ou non au pouvoir. "