EPUIS novembre 1982, le gouvernement néerlandais présidé par le millionnaire
Ruud Lubbers est une coalition constituée par deux partis bourgeois, le Parti pour la paix et la démocratie (Partij voor Vrijheid en Demokratie, VVD) des libéraux conservateurs, et l'Appel démocrate-chrétien (Christen Demokraties Appel,
CDA). La majorité parlementaire de cette coalition gouvernementale provient des élections législatives de septembre 1982, qui ont eu lieu après le renversement de la coalition alors au pouvoir et formée du CDA, du Parti du travail (PvdA, social-démo-
Aprés avoir lancé un premier train de mesures d'austérité pour l'année 1983 (cf.
Inprecor numéro 146 du 28 mars 1983), le gouvernement de Ruud Lubbers annonçait, le 20 septembre dernier, une forte réduction des dépenses publiques pour l'année 1984 destinée à atténuer le déficit de l'Etat, qui représente 11 % du produit national brut des 10,6 milliards de florins (environ 29 milliards de francs) qui devaient être ainsi économisés, provenaient d'une diminution des effectifs dans la Fonction publique, notamment chez les enseignants, et d'une baisse de 3,5 % des salaires et prestations
Cette attaque frontale contre leur niveau de vie amena les travailleurs de ce secteur à participer à des actions grévistes qui se sont échelonnées sur sept semaines (cf. Inprecor numéro 162 du 5 décembre 1983). Toutefois, le gouvernement a finalement réussi à imposer une réduction salariale de 3 % aux travailleurs de la Fonction publique. L'article publié ci-dessous analyse la nature de cette victoire à la Pyrrhus du gouvernement bourgeois de Ruud Lubbers et les problèmes surgis au cours de cette longue lutte.
les services de voirie, les postes, les té- locaux, dont les travailleurs dépendent du
PAYS-BAS
La longue grève des
crate) et des Démocrates-66 (D-66, formation « libérale de gauche »). (PNB), soit 35 sociales des travailleurs du secteur public prévue pour le ler janvier 1984. Herman PIETERSON
« Il n'y a pas grand-chose de chrétien ni de démocrate dans l'Appel démocrate-chrétien. Une chose est claire, ce gouvernement doit démissionner. » Quand on quand on les entend dans un meeting de la Fédération chrétienne des employés du secteur public (Christelijke Federatio van Overheidspersoneel, CFO), on peut parler d'une nouvelle situation politique dans le pays.
Le conflit, long de sept semaines, entre le gouvernement de coalition bourgeoise présidé par Ruud Lubbers, et les syndicats des travailleurs du secteur public, a été à l'origine de cette évolution. Depuis septembre 1983, la grogne et le mécontentement régnaient dans ce secteur, qui a une grande importance aux Pays-Bas. Ils sont en effet 700 000 à travailler dans le secteur public, auxquels il faut ajouter les 500 000 travailleurs dont les salaires et les conditions de travail sont légalement calqués sur les mêmes barèmes, cela sur une population active d'un total d'environ quatre millions de travailleurs. Fort d'un million et demi de personnes, ce secteur comprend les travailleurs de branches d'activités aussi importantes que celles de l'électricité, des chemins de fer, des transports publics en général, des services municipaux tels que milliards de florins (environ 95 milliards de francs). Les deux tiers lécommunications, les douanes et les services portuaires, auxquels il faut ajouter, bien sûr, le personnel enseignant et tous les employés des différents ministères et des organismes régionaux.
Une réduction de salaire de 3,5 % a été le catalyseur de ce conflit. Sous la pression des actions grévistes des travailleurs du secteur public, cette réduction a finalement été rabaissée de 0,5 % et, le 14 décembre 1983, le Parlement ratifiait cet accord. Si le resultat concret de ces actions des mois d'octobre, de novembre et de décembre de l'année dernière semble donc très mince, il serait cependant faux de parler de lourde défaite des tra-
LES TROIS PHASES DU MOUVEMENT GRÉVISTE En octobre, les termes du conflit étaient déjà clairs. Le 5 du mois, au cours des premières négociations, le gouvernement avait déjà montré aux représentants syndicaux qu'il n'était prêt à aucune concession, et les déclarations provocatrices du ministre de l'Intérieur, libéral Rietkerk, ont été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
Ce sont les travailleurs des chemins de fer à Amsterdam qui ont démarré la lutte, le 17 octobre, par une grève du zèle, soit trois semaines avant ce qui avait été prévu par la direction syndicale. Le reste du pays a suivi. Les services des bus
même syndicat des transports que les che minots, ont commencé des grèves tournantes. Les travailleurs des autres services publics ont également engagé toute une série d'actions.
Une nouvelle phase d'actions s'est engagée le 2 novembre. Au cours de ce second round de négociations, la réduction de salaire a été limitée à 3 %. Le gouvernement n'était pas prêt à descendre plus bas. Les négociateurs gouvernementaux ont déclaré qu'ils étaient limités par l'accord sur lequel est fondée la coalition gouvernementale. Au bout de cinq jours, les actions les plus importantes étaient déjà engagées. Les travailleurs des chemins de fer sont passés de la grève du zèle à des grèves tournantes, région par région. Les postes se sont trouvées paralysées par des grèves dans les centres de tri et les transports postaux. Les travailleurs des douanes ont commencé une grève du zèle, qui a conduit à de longs retards dans les transports routiers. A Amsterdam et Rotterdam, les travailleurs des services de nettoiement se sont également mis en grève. Au même moment, les autres services municipaux ont commencé tournantes. A Amsterdam, les transports publics s'arrêtaient cinq fois par matinée ou par jour. Au bout d'une semaine, les travailleurs des transports à Rotterdam ont commencé une grève illimitée. Dans d'autres endroits également, diverses formes d'action ont affecté les services publics. Au total, des dizaines de milliers de personnes auront participé à ces actions. De fait, le nombre de personnes vraiment en grève n'était pas obligatoirement très élevé, du fait de la tactique des grèves tournantes ou des grèves dans les points clés, qui permettaient à un groupe relativement restreint de grévistes de paralyser l'ensemble des entreprises et des services.
Entre le 18 et le 21 novembre, le mouvement est entré phase, un troisième round de négociations ayant été ordonné par un juge. De prime abord, le Syndicat des employés du secteur public néerlandais (Algemene Centrale van Overheids Personeel, ACOP), rattaché à la Fédération des syndicats néerlandais
Vakbeweging, FNV, la plus grosse centrale syndicale, par les sociaux-démocrates), semblait s'être isolé.
Une proposition de compromis a été rejetée par l'ACOP, mais le syndicat chrétien-démocrate et les deux syndicats de droite des hauts fonctionnaires ont poursuivi les négociations tout au long de la nuit. Mais même ces syndicats conservateurs ne sont pas parvenus, au bout du compte, à un accord avec le gouvernement. L'intransigeance de Lubbers a conduit à ce que les quatre syndicats se retrouvent à nouveau du même côté.
Finalement, l'usure de la grève, conjuguée à des arrêtés de justice pour la reprise du travail, ont eu raison du mouvement. En particulier, lorsque les travailleurs postaux et les travailleurs des services municipaux de Rotterdam ont été sommés par la justice de reprendre le travail, les syndicats des travailleurs du secteur public ont encaissé un coup sévère.
Le fait que la majorité parlementaire, composee des libéraux et des chrétiens démocrates, ait à nouveau réaffirmé son soutien au gouvernement, n'offrait pas non plus beaucoup d'espoir. Entre le 2 et le 9 décembre, la plupart des actions avaient pris fin.
Comment une lutte qui bénéficiait d'un tel soutien de masse a-t-elle pu prendre fin de cette manière? Et comment expliquer que seuls les travailleurs du secteur public soient rentrés en action ?
UN GOUVERNEMENT MUSCLÉ Depuis la formation du gouvernement Lubbers, en novembre 1982, le temps où le pays donnait l'image d'une « oasis d'harmonie sociale » a bien changé. Avant tout, le mouvement syndical restait très attaché aux négociations dans le cadre tripartite (syndicats-employeursgouvernement), habituelles dans ce pays, et cette attitude traditionnelle n'avait pas été remise en cause par les différentes vagues de grève qui avaient affecté les Pays-Bas au début des années 1970.
Début 1980, lorsque la crise s'est installée, les Pays-Bas, à l'image de la Grande-Bretagne et du gouvernement de Margaret Thatcher, ont également vu se mettre en place un gouvernement favorable à une rigoureuse politique d'austérité. En raison d'un rapport de forces défavorable au sein du Parlement et des réactions contre les salaires, en 1982, ni les coalitions chrétiens-démocrates/libéraux, au pouvoir entre 1977 et 1981 et en 1982, pas plus que les coalitions chrétiens-démocrates/sociaux-démocrates, qui ont gouverné entre 1973 et 1977, n'ont été capables de pousser très loin la politique d'austérité
Cela n'a pas empêché que, depuis 1979, les salaires aient connu, aux Pays-Bas, une baisse de 8 % dans l'industrie, et d'environ 16 à 20% dans le secteur public. Mais, pour toute une série de raisons, ces mesures n'ont pas réussi à résoudre les sérieux problèmes budgétaires que connaît le pays. Tout d'abord, le nombre de personnes employées dans le secteur public a continué à croître lentement jusqu'en 1982. Ensuite, l'évolution des salaires dans le secteur public est liée, grâce à un mécanisme compliqué, à celui de l'industrie, et s'il a été battu en brèche de temps à autre, ce qui explique que les salaires aient chuté plus vite dans le secteur public, ce système en tant que tel est toujours en vigueur. Enfin, les dépenses sociales ont énormément augmenté, en raison du chômage. Dans ce domaine, les Pays-Bas viennent au premier rang Marché commun, avec un taux de chôma-
Poursuivre une offensive d'austérité sévère tout en maintenant un système complexe de relations entre les partenaires sociaux s'est avéré impossible, mais les gouvernements précédents se sont également montrés incapables de le remettre en cause par des attaques frontales. Le gouvernement Lubbers, lui, s'est précisément fixé pour but de démanteler ce sys-
Les dirigeants des deux grands partis bourgeois ont élaboré un véritable programme visant à éliminer les dépenses dans ce domaine. Et l'expérience montre avoir quasiment donné au gouvernement
Sur le plan politique, les choses n'ont pas été si faciles pour le gouvernement Lubbers. Visiblement, un programme d'austérité de cette ampleur heurte également les intérêts de nombreux partisans des chrétiens-démocrates. Ainsi, les relations du gouvernement avec les 350 000 membres de la Fédération syndicale chré tienne (Christelijke National Vakverbond, CNV) se sont déjà dégradées. De plus, un nombre considérable des électeurs qui ont voté pour le CDA sont des retraités qui ont été touchés aussi durement que les travailleurs du secteur public par une baisse de 3 % des salaires et allocations sociales.
Cette opération gouvernementale dans son ensemble est supposée économiser 10,6 milliards de florins, soit environ 29 milliards de francs, sur le dos des travailleurs du secteur public. La réduction du nombre des emplois doit fournir milliards de francs), et la baisse des salaires 2 milliards de florins, soit 5.4 milliards de francs. Cela signifie que des mesures encore plus dures devront être prises au cours de l'année à venir, pour économiser les 5,6 milliards de florins restants (15 milliards de francs). De nouvelles attaques contre les salaires apparaissent dès lors
Récemment, le gouvernement a lancé un plan véritablement draconien de res triction des dépenses sociales, qui doit entrer en application le ler juillet 1984, mais qui sera probablement étalé en plusieurs phases, sur une période d'un an et demi. Ce plan doit opérer des réductions des dépenses sociales de l'ordre de 10 %. Il apparaît en outre comme un nouveau jalon vers la révision complète du système des dépenses sociales qui, à son tour, conduira à de nouvelles restrictions.
Mais le Premier ministre Ruud Lubbers n'est pas si fou. Le gouvernement a aussi élaboré un plan général qui prévoit,
grève est le fait que des dizaines de mil- me où elles reconnaissaient formellement pour 1984, des diminutions d'impôts et de cotisations d'assurances sociales au bénéfice des travailleurs de l'industrie. Le gouvernement a besoin de diviser le secteur public et le secteur privé afin de pouvoir lancer de nouvelles attaques contre le niveau de vie des travailleurs. En fait, près de 180 000 travailleurs qui touchent le salaire minimum dans le secteur privé se sont également trouvés touchés par la réduction des salaires de 3 %.
LES PROBLEMES POSES
PAR LES ACTIONS DE GREVE gouvernement a effectivement réussi à créer des divisions parmi les travailleurs. Une tendance a toujours existé, considérant les travailleurs du secteur public comme étant des gens trop payés peu qu'ils avaient à faire, et la baisse des salaires enregistrée dans l'industrie a suscité une sorte de jalousie par rapport à ces avantages dont étaient censés bénéficier les travailleurs du secteur
Le fait que les salaires aient été plus durement touchés dans le secteur public est une chose que l'on sait peu. Les différences de salaire qui existaient auparavant et les licenciements relativement peu étendus qu'ont connu les services publics présent, ont ravivé l'impression parmi les travailleurs de l'industrie que les travailleurs du secteur public étaient bien
C'est évidemment dans ce domaine précis que les syndicats avaient un important rôle à jouer pour informer les travailleurs de la situation réelle. L'un des plus gros syndicats, l'Industriebond FNV, qui regroupe la plupart des travailleurs de l'industrie, a délibérément négligé cette tâche. Son soutien aux travailleurs du secteur public n'a été que formel, et il a accordé une large place dans son organe, Zin, à ceux qui étaient opposés aux grèves, et cela sans que la direction de la confédération syndicale prenne la d'y répliquer ou d'y répondre.
La FNV, qui compte près d'un million de membres, a soutenu les actions de grève comme quelque chose allant de soi, parce qu'elle était contre les restrictions en général. Mais aucune proposition visant à organiser une solidarité concrète n'a vu le jour. Dans de nombreux cas même, cette solidarité avec les grévistes a dû, pour pouvoir s'organiser, dépasser l'opposition de la FNV. L'isolement du secteur public, qui se trouvait bien entendu sous le feu roulant de la presse, des forces bourgeoises et petites-bourgeoises, n'a pas facilité les choses pour que s'engagent ces actions de solidarité.
De façon générale, une menace constante de division pèse sur les diftérents syndicats, c'est-à-dire les deux grandes fédérations syndicales que comptent les Pays-Bas, plus tous les petits syndicats indépendants. Dans le cas du mouvement des travailleurs du secteur public, cela a signifié concrètement qu'outre la FNV et la CNV, deux autres petits syndicats de droite, la Fédération des moyens et hauts fonctionnaires (CMHA) et le Syndicat des fonctionnaires (AC) étaient également
Seuls les syndicats rattachés à la FNV sont partis en grève, bien que les syndicats rattachés à la CNV aient souvent participé aux différentes actions. Le l'AC n'étaient présents que pour négocier. A plusieurs reprises, ils ont bien failli trouver un accord avec le gouvernement en dehors des syndicats de la FNV, mais l'intransigeance de ce dernier ne l'a pas permis.
Enfin, la forme même des actions avait ses limites. Les grèves perlées ont effectivement permis de paralyser de larges secteurs des services publics sans trop de pertes pour les fonds de grève des syndicats, mais cette tactique s'est révélée être un obstacle à l'extension des actions. Ce problème précis est apparu dans toute sa clarté au cours de la dernière phase de la grève, lorsque des arrêtés de justice se sont avérés suffisants pour y mettre fin.
Depuis le départ, les enjeux politiques de ce mouvement n'étaient pas clairement compris. Les directions syndicales pensaient visiblement qu'elles pouvaient obtenir quelques concessions de plus par une démonstration de force. Aux alentours du 2 novembre, il est clairement apparu que ce n'était pas le cas, mais la tactique syndicale est néanmoins restée liée à cette orientation initiale.
Si ces actions avaient remporté quelques victoires, cela aurait conduit, directement ou indirectement, à la chute du gouvernement Lubbers. Pas plus les chrétiens démocrates que les libéraux ne voulaient courir ce risque, en particulier depuis qu'ils étaient confrontés à la possibilité d'une défaite au cours d'élections anticipées. En effet, les sondages d'opinion indiquaient que les sociaux démocrates augmenteraient fortement leurs scores et que les partis au gouvernement perdraient la majorité.
L'ACTIF ET LE PASSIF L'aspect le plus important de cette Manifestation de protestation contre les restrictions de crédits sociaux. (DR) INLEVEREN PH HET BECIE liers de personnes aient pour la première fois participé à des actions. Auparavant, il n'y avait guère de tradition de grève parmi les travailleurs du secteur public, mis à part dans les transports et certains services municipaux. Aujourd'hui, alors à opérer de nouvelles confronté à un état d'esprit favorable à travailleurs du secteur public.
Les syndicats des travailleurs du secteur public ont enregistré une hausse du nombre d'adhérents (plus de 10 000 personnes gagnées par le plus gros syndicat du secteur public). Bien que de nombreux dirigeants soient politiquement inexpérimentés, ils continuent à bénéficier d'une large confiance parmi les membres du syndicat, en particulier ceux de l'Abvakabo, le principal syndicat du secteur public rattaché à la FNV.
Les actions de grève ont pris fin à la suite d'arrêtés de justice interdisant la poursuite des grèves. S'il y a eu un mouvement de grogne dans les rangs, la plupart des membres du syndicat n'ont cependant pas estimé que leurs dirigeants les avaient lâchés. La défaite qu'ont connue les travailleurs du service public dans ce premier round contre le gouvernement peut, dès lors, être attribuée à l'inexpérience politique de la plupart des travailleurs de ce secteur. Les décisions de la justice ont été considérées comme sacrées. Aujourd'hui, toutes ces décisions on ne peut plus clairement de quel côté se rangeaient les juges dans des conflits de classe de cette ampleur, et le respect qui avait été réservé à la justice est en train de s'étioler. Mais il s'agit là d'un processus lent
Certaines décisions adoptées par la justice ont été assez révélatrices : bien que formellement il n'y ait eu aucune interdiction de grève prononcée, partout où celles-ci ont eu un effet réel, les juges ont interdit la poursuite des grèves. C'est un signe inquiétant. Ainsi, les cours de justice interdisaient des grèves au moment mê-
le droit de grève des employés du secteur public, à l'exception de la police. Et c'est précisément contre cette justice de classe que la stratégie des grèves dans les points clés s'est révélée particulièrement inefficace. Les Pays-Bas ont connu d'autres interdictions de grèves de ce type. Dans l'industrie mécanique, plus d'une fois des grèves interdites ont été poursuivies par des comités d'action élus. Des comités d'action semblables ont joué également un rôle important au cours de cette grève.
Les décisions centrales étaient laissées à la direction syndicale, mais les comités avaient voix au chapitre en ce qui concerne les formes d'action, la manière la plus efficace de paralyser le point clé choisi pour la grève.
Au vu de cela, on peut s'attendre à ce qu'au cours d'actions futures de tels comités soient à nouveau appelés à jouer un rôle. Ainsi, les moyens sont déjà en place pour poursuivre des grèves face à des arrêtés de justice. Les mois à venir devraient voir surgir de nombreuses discussions dans les syndicats du secteur public. Les questions les plus importantes concernent l'attitude à adopter par rapport à la justice et à la politique des grèves perlées.
Le Parti socialiste des travailleurs (Socialistiese Arbeiders Partij, SAP, section néerlandaise de la IVe Internationale) a fait connaître, au cours des grèves, ses positions sur ces questions, par des distributions massives de tracts. Là où c'était possible, les militants du SAP ont joué un rôle actif dans les comités d'action et ont travaillé en particulier à construire un mouvement de solidarité entre les secteurs privé et public. A Amsterdam, par exemple, cela s'est traduit par la sortie de tracts communs avec des dirigeants syndicaux et à la tenue d'une manifestation commune. Les propositions du SAP quant au travail à effectuer pour se diriger vers une grève générale du secteur public ont, de façon générale, été bien accueillies.
LES CONCLUSIONS POLITIQUES
A PLUS LONG TERME Cette vague de grèves a marqué la seconde grande confrontation entre le gouvernement Lubbers et l'opposition. La première, relative à la lutte contre les missiles, est loin d'être terminée. Pour la seconde, si le gouvernement a remporté une victoire matérielle, celle-ci risque fort de s'avérer, sur le plan politique, une victoire à la Pyrrhus.
L'opposition à la politique d'austérité est maintenant largement répandue dans le mouvement syndical. Tout un secteur auparavant tranquille est passé aujourd'hui par une importante expérience dans le domaine de l'action, et dans de larges secteurs du mouvement ouvrier, il règne un climat de forte opposition politique au gouvernement Lubbers, y compris dans les syndicats chrétiens.
Cela ne signifie pas que tout sera simple pour le mouvement syndical. Ce gouvernement est déterminé à mettre en œuvre sa politique d'austérité et est prêt à de
CDA dures confrontations pour y parvenir. En juin 1984, la population sera confrontée à la décision finale concernant le déploiement des missiles Cruise et à la première phase d'une nouvelle offensive contre les budgets sociaux. La nécessité apparaît donc de plus en plus clairement de chasser ce gouvernement et de le remplacer par un gouvernement social-démocrate qui ne soit pas lié à des partenaires bourgeois au sein d'une coalition gouvernementale
Des milliers de syndiqués commencent à le percevoir. Dans le même temps, on assiste à un processus de différenciation parmi les différents syndicats et, en leur sein, entre diverses couches de l'appareil. La direction syndicale la plus droitière, celle de la Fédération industrielle de la FNV, est aujourd'hui confrontée à une opposition au sein de son propre appareil,
Volume 3 no. 4
Perspectives on Marxism II
Michael Levin, On the Adequacy of Marx's Vision of Communism
Richard T. Peterson, Marx and the Crisis in Social Dialectic
Laslo Sekelj, Marx on the State and Communism
Raya Dunayevskaya, Marx's "New Humanism" and the Dialectics of Women's Liberation in
Primitive and Modern Societies
Bernard Chavance, La Dialectique Utopique du Capitalisme et du Communisme chez Marx
Rolf Zimmermann, Marx, Habermas und das Problem der gesellschaftlichen Emanzipation
Published quarterly: April, July, October and January
Subscriptions to Volume 3 (1983/84)
Individuals: £13.95 (UK); £16.75 (Overseas); $33.50 (US); $40.50 (Canada)
Institutions: £32.00 (UK) £39.40 (Overseas); $75.00 (US); $92.50 (Canada)
Please send orders, with payment, to: Sue Dommett, Journals Department,
Basil Blackwell, 108 Cowley Road, Oxford, OX4 1JF, England
3и00309 Le cabinet gouvernementai CDA-VVD assis sur l'argent des travailleurs. (DR)
Get des processus semblables ont lieu dans d'autres syndicats. Dans les six mois à venir, d'importants développements politiques devraient survenir dans le mouvement ouvrier néerlandais. Les discussions devraient commencer sur les plus importants contrats de travail dans l'industrie, qui arriveront à terme le ler janvier 1985. Tout porte à croire que la stagnation politique qui a régné dans le mouvement ouvrier depuis le début de la crise, en 1980, peut être surmontée. La tâche des socialistes révolutionnaires est d'aider à avancer des réponses « lutte des classes » et de promouvoir le dé veloppement d'un courant militant de gauche. Herman PIETERSON, Amsterdam, 10 janvier 1984.
PRAXIS
INTERNATIONAL
Editors: Richard ). Bernstein and Mihailo Marković
January 1984 Basil Blackwell • Oxford • England