Une déclaration de conseils de soldats La déclaration des conseils de soldats de l'unité militaire 3771 de la garnison de Budowo qualifie tout d'abord le « chemin du combat » de l'Armée populaire polonaise d'après la Seconde Guerre mondiale de chemin de la honte, et énumère les faits suivants justifiant cette appréciation : « Pendant les années 1945-1950, la pacification des forces nationales et patriotiques. Pendant les années 1950-1956, un travail zélé au service du régime stalinien pour exterminer tous ceux qui avaient résisté à l'occupation nazie. En 1956, l'étouffement du soulèvement populaire de Poznan. En 1968, l'expédition armée en Tchécoslovaquie, sous la bannière "Pour votre esclavage et le nôtre". En 1970, la répression sanglante contre les ouvriers de Gdansk. En 1970-1980, un endoctrinement qui dure toujours, ainsi que des "efforts méritoires" pour faire perdre à la jeune génération polonaise son identité na-
Concernant l'instauration de l'état de guerre, la déclaration des soldats affirme : « Le 13 décembre 1981 fut un coup porté à l'espérance Pologne libre. Il étrangla la pensée et l'action indépendantes, il instaura le régime illégal de la justice militaire, la bestialité des prisons et des camps d'internement, la suspension des libertés civiles, la dégradation de la nation. »
Les fondateurs des conseils de soldats n'acceptent pas que l'armée soit une force répressive utilisée contre le mouvement social. Ils s'identifient au mouvement du renouveau démocratique né en août 1980 et dirigé par Solidarité. Ils appellent les soldats à agir de manière à assurer la renaissance idéologique de l'armée en luttant contre l'appareil politique qui la dirige, en commençant par le boycott de l'organisation et de l'activité de la Jeunesse socialiste polonaise fense consiste dans les casernes. » politique abrutissant, et aux premiers gernes d'une leurs objectifs! »
(ZSMP) dans les casernes. Ils souhaitent également que les soldats s'auto-organisent. « Le sentiment de solidarité et de force nous viendra des conseils de soldats clandestins que nous aurons nous-mêmes créés. Ils seront la base de la future organisation des soldats, légale et unifiée. Les conseils de soldats proclament la nécessité de l'autodéfense face à la propagande et à l'endoctrinement idéologique. L'autodé à boycotter la presse officielle, les émissions de télévision et de radio. Elle consiste en une attitude passive pendant les cours d'instruction politique. Elle consiste à détruire les panneaux, les affiches et la propagande écrite, à saboter le colportage de la presse quotidienne, ainsi que les installations servant à la diffusion des émissions
La déclaration précise par ailleurs qu'il est possible de développer une activité sociale indépendante, y compris dans les casernes, et propose des modalités à ce sujet, en écrivant : « La mission des conseils de soldats sera de diffuser des tracts, des brochures, des journaux édités par la presse indépendante, des informations donnant une image véritable de l'histoire et de l'actualité polonaises. Les conseils de soldats auront pour mission de diffuser par tracts les informations provenant des radios occidentales, des éditions clandestines de Solidarité et de leurs propres services. Les conseils de soldats auront à promouvoir leurs idées parmi les unités de l'armée et parmi les soldats récemment enrôlés. Ces derniers seront l'objet d'une attention particulière, parce que tout en étant moins imprégnés par la propagande abrutissante et tout en étant porteurs des idéaux de Solidarité, ils sont aussi les plus perméables à l'endoctrinement. »
La déclaration des conseils de soldats de Budowo se termine par l'appel suivant : « Créez des conseils de soldats parmi les hommes dignes de confiance et mettez en œuure
Reproduit de « OBOZ » (le Camp), numéro 4, Szezecin, août 1983.