Fin janvier 1984, les quatre dirigeants du Mouvement de regroupement des universitaires (MRU) du Paraguay, qui étaient emprisonnés depuis octobre 1983, ont été libérés après 53 jours de grève de la faim. Une précédente vague de répression, en mai 1983, avait déjà donné lieu à de nombreuses actions de solidarité et conduit à des libérations (cf. Inprecor nujuin 1983 et numéro 157 du 26 septembre 1983).
Il s'agit cette fois de la seconde victoire arrachée par le mouvement populaire paraguayen contre la répression déclenchée depuis mai 1983. La première avait été la libération d'autres militants étu-
Ces victoires ont été obtenues grâce à la solidarité interne et internationale des mouvements étudiants, des syndicats et des partis populaires qui ont soutenu activement les prisonniers pendant leur grève de la faim. Parmi les actions les plus significatives figurent une manifestation de 400 personnes, le 7 août dernier dans les rues de la capitale, Asuncion, première manifestation d'opposition à la dictature du général Alfredo Stroessner depuis les mobilisations étudiantes de juin 1969.
Le 17 février dernier, une nouvelle manifestation de rue a réuni 5 000 personnes à Asuncion, à l'appel d'une coalition de formations d'opposition regroupées dans un « Accord national » réalisé en janvier 1979. Quelque chose est donc en train de changer au Paraguay.