E Parti ouvrier de la Jamaïque (Workers Party of Jamaica, WPJ), a presqu'entière-
1 Struggle (la Lutte), en grande partie sous la forme d'extraits du discours fait le
30 octobre 1983 par le secrétaire général du WPJ, Trevor Munroe. L'extrait que nous reproduisons ci-dessous critique la déclaration du Parti communiste cubain du 20 octobre, dont nous avons publié de larges extraits dans Inprecor numéro 161 du 21 no-
De la revue Intercontinental Press publiée à New York, du 5 mars 1984, nous avons tiré les commentaires suivants : « Certaines déclarations de Trevor Munroe démontrent que le WPJ avait une connaissance intime de la lutte fractionnelle engagée par le groupe Coard et y participait directement. C'est ainsi que Munroe révèle que le
23 septembre deux coups de téléphone lui sont parvenus, l'un de Coard et l'autre de
Bishop, lui demandant tous les deux de venir à Grenade. Il s'y est rendu le 26 septembre, au moment même où Bishop quittait l'île pour son dernier voyage à l'étranger. Au cours des journées qui suivirent, Munroe dit qu'il a lu tous les procès-verbaux et notes concernant "la crise au sein du parti" et a donné "des conseils sur la façon dont la crise devait être résolue. D'ailleurs, mes conseils coïncidaient avec ce qui avait déjà été surmonter les carences reconnues du camarade Maurice". Cependant, ajoute Munroe, la "faiblesse de Coard était l'insuffisance de ses contacts avec les gens ordinaires".
« Toute une page de ces extraits est consacrée à la question des circonstances de la mort de Bishop. Munroe déclare que "si le camarade a été exécuté ou assassiné, nous ne pourrions donner notre aval à une telle chose ; nous y sommes opposés et nous la condamnons". Mais il continue en posant de nombreuses questions tendant à remettre en cause la version selon laquelle Bishop a été exécuté, et il insiste sur le fait que cette version était "le fait de réactionnaires" et qu'il était possible que "le camarade Bishop
"La réaction de nos camarades cubains"
La position du Parti ouvrier
vembre 1983. décidé ... Bishop, Munroe rapporte que ses conseils comportaient des mesures et les autres aient tiré les premiers" au cours des événements du 19 octobre. » (Extrait du discours de Trevor Munroe, tiré du numéro de l'hebdomadaire Struggle déjà cité.)
« C'est la communauté socialiste - et notamment Cuba et l'Union soviétique -, dont la force est aujourd'hui bien plus grande qu'il y a trente ans, qui est une des causes principales de ce que dans la petite Grenade, l'armée révolutionnaire et la milice peuvent se battre comme ils se battent. Voilà la première chose qu'il faut dire. C'est la classe ouvrière au pouvoir dans la communauté socialiste qui a consacré tant de travail et de temps à la production d'armes pour la défense de la classe ouvrière au pouvoir et pour la défense des peuples en lutte pour leurs droits, comme à Grenade, au Nicaragua et en Afrique du Sud, où l'arme utilisée est partout l'AK.
« La deuxième chose que je veux signaler concerne la réaction de Cuba immédiatement après que Maurice (Bishop) ait été tué. Les Cubains ont fait une déclaration le jeudi (20 octobre) qui ressemblait en beaucoup de points à la nôtre, faite au nom du Workers Party. Ils sont allés plus loin que nous et je pense, rétrospectivement, qu'ils ont peut-être donné un signal à l'impérialisme, en annonçant qu'ils réexamineraient leurs relations politiques avec le pouvoir qui avait succédé, à Grenade, à Bishop tué.
« Or, dès lors qu'on annonce cela, on court immédiatement le danger que les de la Jamaïque
". Reprenant les accusations que les partisans de Coard ont porté contre
"destinées à impérialistes se jettent sur l'occasion d'intervenir et envahissent Grenade pendant que les camarades cubains sont en train d'évaluer la situation et d'observer les trois journées de deuil qu'ils avaient proclamées.
« Camarades, nous disons que quand il s'est agi d'aider l'Ethiopie, Cuba n'a pu
GRENADE
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Peinture murale du NJM. (DR)
être vaincu ; quand il s'est agi d'aider le Vietnam, quand il s'est agi d'aider le Nicaragua, deux peuples en lutte pour leurs droits, les Cubains ont été dans les premières tranchées de l'internationalisme, risquant leur propre vie, risquant leur propre matériel militaire.
« Mais, dans ce cas-ci, une grave erreur a été commise. Il était possible, cours de ces trois journées, en particulier les vendredi et samedi 28 et 29 octobre, d'envoyer des renforts, mais cela n'a pas été fait. (Il s'agit-là d'une erreur assez évidente du WPJ, car l'invasion US a eu lieu le 25 octobre. Il faut donc plutôt lire 21 et 22 octobre. Ndlr.) Sur ces entrefaites, les impérialistes américains ont saisi l'occasion et envoyé leurs sous-marins dès dimanche (23 octobre). Il n'était alors plus possible que les camarades cubains envoient des renforts.
« Quand on observe un deuil, il faut l'observer, mais aussi comprendre qu'une attaque est imminente. Faire quelque chose pour renforcer ceux qui vont être directement attaqués. Je suis entièrement d'accord avec lui (avec Fidel Castro) que cela n'était pas possible à partir du dimanche, parce que les Américains ont déployé leurs sous-marins dimanche. Dimanche aussi, ils ont rappelé leurs navires en route pour le Liban et les ont déployés, ce qui fait qu'un blocus effectif était en place.
« Ainsi donc, les principes révolutionnaires donnent raison aux camarades lorsqu'ils déclarent que dès dimanche il aurait été incorrect d'envoyer des renforts directs, parce que cela aurait risqué (de provoquer) une guerre mondiale, et que notre premier devoir est de préserver la paix en même temps que nous renforçons la lutte des peuples pour leur libération et que nous défendons le socialisme.
« Ce que je dis, c'est que si les camarades à Grenade avaient pu tenir le coup plus longtemps, alors le mouvement à la base aurait pu se développer davantage - en même temps que les prises de position des gouvernements qui dénonçaient ce qui avait eu lieu —, acquérir plus de force, et donc arriver à une solution avant que les hostilités militaires ne soient effectivement terminées. C'est pourquoi, camarades, je veux dire que cela était une décision difficile à prendre. Mais elle s'est révélée erronée.
« Quiconque croit à "la main de Moscou" ou que nous "prenons nos ordres de Moscou" (se trompe). Personne ne nous donne des ordres. Nous ne prenons nos ordres que dans les principes du marxisme-léninisme et dans le congrès de notre parti. Et sur la base de ces principes du marxisme-léninisme, nous estimons que nos camarades de la direction cubaine ont commis une erreur qui a entraîné l'incapacité des camarades à tenir le coup plus longtemps qu'ils n'ont pu le faire. »
Trevor MUNROE, secrétaire général du Workers Party of
Jamaica (WPJ), Struggle du 11 novembre 1983.