ment." Les deux organisations sympathisantes de la IVe Internationale dans l'Etat espagnol, la Ligue communiste et la Ligue communiste révolutionnaire, viennent de décider de fusionner leurs forces pour former la section de la IVe Internationale dans l'Etat espagnol. Cette fusion met fin à la division des forces trotskystes intervenue lors de la scission de 1972. La LC sort ainsi d'une "crise qui l'a traversée pendant plusieurs mois" (1). Son dernier congrès, les 29 et 30 octobre à Barcelone, en a marqué le dénouement. Une violente lutte de tendances et de fractions divisait la LC. Lors du congrès, les 600 militants de l'organisation se partageaient entre une majorité favorable à la fusion immédiate avec la LCR et à une révision des positions adoptées par le dernier congrès de la LC, telles que le boycottage des dernières élections syndicales sous la dictature ou des élections générales aux Cortes du 15 juin 1977, et plusieurs tendances et fractions minoritaires. L'une d'elles, "la fraction trotskyste", s'en tenait à une défense stricte des positions adoptées par le troisième congrès de la
205; pour : 278. Fusion de la LCR et de la LC LC. La seconde, "la tendance marxiste" , assez proche de la première, remettait ouvertement en cause certaines thèses léninistes et trotskystes classiques. Enfin, "la tendance pour la défense de la IVe Internationale" préconisait une politique de fusion avec l'OCI (organisation IVe Internationale), sur la base de son accord politique avec les conceptions de ce groupe espagnol affilié au Comité d'organisation pour la reconstruction de la IVe Internationale (dont Pierre Lambert est le dirigeant le plus connu). Ces trois groupes minoritaires devaient refuser le vote de la majorité absolue du Comité central, réuni la veille du congrès, en faveur de la fusion immédiate. Séparément, les représentants de ces tendances au CC appelaient, les uns après les autres, à refuser la fusion et à quitter l'organisation. Le même scenario se renouvelait le lendemain, à l'ouverture du congrès de la LC. Une partie des délégués de "la fraction trotskyste" et de "la tendance pour la défense de la IVe Internationale" refusaient néanmoins la scission, tandis que la
ESPAGNE majorité de la première déclarait son intention de maintenir une fraction publique (d'une centaine de membres) et que la majorité de la seconde (une cinquantaine de militants) rejoignait les rangs de l'OCI. "La tendance marxiste", elle, semblait renoncer, conformément à ses positions générales, à intégrer une organisation politique existante ou à en créer une nouvelle pour se cantonner à un militantisme dans la centrale anarcho-syndicaliste, la CNT, ou dans les comités locaux de quartiers. C'est donc un peu plus de 300 militants qui sortent de cette grave crise pour s'unifier avec la LCR, qui compte déjà plusieurs milliers de militants et de sympathisants organisés. Le CC de la LCR, réuni à Madrid les 12 et 13 novembre, en présence de représentants de la nouvelle direction de la LC et d'une délégation du Secrétariat unifié de la IVe Internationale, a approuvé la fusion à l'unanimité. Les 17 et 18 décembre, à Madrid, se réuniront en commun les deux comités centraux de la LC et de la LCR pour approuver toutes les modalités concrètes de cette fusion et de la formation d'une direction unifiée de l'organisation dont le processus de fusion à la base est déjà largement enclenché. Le premier congrès de l'organisation trotskyste unifiée se tiendra en mars 1978.
Dès maintenant, celle-ci prend le nom de LCR; le journal "Combate" (hebdomadaire vendu actuellement à 30 000 exemplaires) devient commun et portera en sous-titre : "Organe de la LC et de la LCR". Les deux organisations de jeunesse, la Fédération de la jeunesse communiste révolutionnaire, liée à la LCR, et la Ligue de la jeunesse communiste, liée à la LC, fusionnent également pour former une organisation unique de plusieurs milliers de membres : les Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR). Cette fusion représente un progrès important pour la IVe Internationale en Espagne, étant donné le poids de la LCR dans les luttes de classe et son développement actuel. Elle est aussi une illustration du processus général d'homogénéisation et de croissance des forces de la IVe Internationale qui se sont récemment unifiées en Grèce, au Canada, au Québec, au Mexique ou qui s'apprêtent à le faire en Australie et en Colombie. NOTE 1) Interview de Juan Zuriarrain, secrétaire politique de la LC, à "Combate", organe de la LCR.