l'exploitation accrue de la part de l'Etat- Quelques exemples patron. Ceux qui n'auront pas la possibilité de prendre un travail supplémentaire de grèves récentes mangeront donc moins. Si, par contre, durant les heures normales de travail, la productivité s'accroît et que les travailleurs obtiennent des augmentations sala- Les mesures anti-ouvrières du gouvernement se heurtent à la résistance des riales, cela n'améliorera pas pour autant travailleurs. Celle-ci prend souvent la forme de grèves et d'arrêts de travail, mais leur situation matérielle, mais compensera les grèves d'aujourd'hui sont fort différentes de celles de 1982. Il s'agissait alors à peine les effets de la hausse des prix. A d'actions symboliques d'ampleur régionale, ou du moins concernant plusieurs enla fin de l'année, on nous dira de nouveau treprises, dont les revendications étaient centrées autour de la question des que les salaires ont augmenté, sur la base libertés syndicales. Aujourd'hui les grèves sont souvent plus longues, elles concerde la hausse d'une moyenne nationale qui nent généralement une seule entreprise — même si, comme ce fut le cas fin tient compte des très hauts salaires des janvier, elles éclatent quasi-simultanément dans beaucoup d'entreprises à la groupes privilégiés. fois -, et les revendications locales immédiates prennent le pas sur les mots
Les « compensations » liées à la d'ordre d'ensemble. Elles sont également plus souvent victorieuses. En voici hausse des prix pour les retraités et la ma- quelques exemples récents : nipulation des allocations familiales sont l'autre facette de la tromperie. Les retrai- - Début novembre 1983, lorsque les travailleurs ont appris que la prime tés recevront une compensation pour pour octobre avait été diminuée de moitié, une grève a éclaté spontanément dans toute l'année (300 zlotys par mois). Elle plusieurs départements de la fabrique de téléviseurs Polkolor, à Piaseczno, près ne sera pas intégrée à la retraite de base, à de Varsovie. Environ 800 personnes y ont pris part. Il n'y avait pas de comité de partir de laquelle seront calculées les com- grève, les travailleurs tournaient le dos au directeur lorsque celui-ci tentait de népensations à venir en rapport avec les fu- gocier. En décembre, la prime a retrouvé son niveau habituel (48 % du salaire) et, tures augmentations des prix, et on peut en plus, la prime dite de « motivation » a été augmentée de 1 000 zlotys. Par ails'attendre à ce que ce futur ne soit pas si leurs, la commission de surveillance de l'entreprise s'est mise sur le pied de guerre pour empêcher « les grèves et les sabotages », et les personnes soupçonnées d'acn'aura aucune augmentation des alloca- tivités syndicales ont été convoquées et menacées de licenciement. tions, en ce qui concerne les enfants. Le - Les 13 et 16 décembre 1983, dans les entreprises ZNTK et IASE, de Wromontant de cette allocation pour enfants, claw, de brefs arrêts de travail ont eu lieu pour protester contre l'annonce des qui est ridiculement bas, ne sera augmen- hausses des prix. 80 % des travailleurs y ont participé. té en 1984 que pour les familles dont le - Le 9 janvier 1984, les travailleurs de la fonderie RZO de Radom se sont revenu mensuel par tête est inférieur à mis en grève toute la journée. Le préfet, arrivé le soir dans l'entreprise, a promis 5 000 zlotys. Riche idée. Elle serait enco- une prime exceptionnelle de 4 000 à 4500 zlotys. Depuis lors, la police a re meilleure si on proposait - justement convoqué les travailleurs pour des interrogatoires. aux enfants - un travail supplémentaire. - Pour exiger l'amélioration de leurs conditions de travail (chauffage et Soyez sans crainte, les ministres y pensent aération), les ouvriers des départements de montage et de peinture de l'usine déjà. La propagande parle de plus en plus FAM de Chelm se sont mis en grève début janvier 1984. La grève a cessé le soir, souvent de la limitation des prestations lorsque le directeur s'est engagé à tout régler pour le matin suivant. Le lendesociales. Cela viendra, et les syndicats du main, la direction a décidé de muter le chef du département à un poste inférieur, parti appelleront alors à augmenter la le contremaître au poste de balayeur, une partie des grévistes dans d'autres départements, et de licencier quatre travailleurs. Il n'y a qu'un mot pour définir tout - Entre le 30 janvier et le 3 février, diverses actions ont eu lieu dans la plucela : l'exploitation. Les pauvres le seront part des entreprises de Wroclaw, contre les hausses des prix. Le 30 janvier, des arplus encore. Ceux qui ont des salaires mo- rêts de travail spontanés ont eu lieu dans les usines suivantes : Pafawag, ZNTK, yens seront tellement surchargés de tra IASE, Dolmel, et aux Ateliers de réparation fluviale. Dans cette dernière entrevail qu'ils n'auront plus de temps non seu- prise, la grève avec occupation a duré de 6 heures à 14 heures. Les grévistes (90 à lement pour leur famille, pour satisfaire 95 % du personnel ouvrier), après un bref meeting, ont organisé un défilé autour leurs besoins culturels, pour la vie sociale, darité ! ». Lors des négociations avec le directeur, ce dernier s'est déclaré incom- de l'entreprise, en scandant : « A bas les hausses de prix ! Pas de liberté sans Solimais avant tout - et c'est là le secret espoir du pouvoir - pour une quelconque pétent en ce qui concerne les hausses des prix. Les grévistes ont organisé un repas activité indépendante. Ils ne manqueront, pour tous les travailleurs. La direction de la grève n'est pas apparue publiquepar contre, ni de travail ni de vodka. Il ne ment. Durant une partie des négociations, les élus du comité d'entreprise ont manquera pas non plus de sourde haine servi d'intermédiaires. A 14 heures, les travailleurs ont quitté l'entreprise, défipour ceux qui s'en sortent mieux. Car lant entre deux rangées de flics anti-émeutes (ZOMO). Le lendemain, durant une c'est un fait : les inégalités vont croissant, heure et demie, la grève a totalement paralysé la fonderie Hutmen de Wroclaw. à un rythme sans cesse plus grand. Les grévistes ont assuré le fonctionnement des fours à feu continu. Lorsque la
Il ne reste qu'une seule question : direction a menacé de licencier tout le monde, la grève a été interrompue. nous auront-ils par la faim ou, au contrai- Néanmoins, plusieurs grévistes ont été licenciés le lendemain. re, serons-nous capables de faire de cette - Le 30 janvier, à l'appel de la commission syndicale clandestine de Solidaannée 1984 l'année du tournant ? rité, un meeting a eu lieu dans l'entreprise métallurgique Nowotko de Varsovie, afin de protester contre la hausse des prix. Quatre personnes ayant de 19 à 30 ans d'ancienneté dans l'entreprise ont été licenciées, bien que le meeting ait eu lieu pendant l'heure de la pause. Le directeur de cette entreprise; Kajka, est Wola, numéro 4/87, membre de la direction régionale du Parti ouvrier unifié polonais (POUP) de Andrzej Frycz, Varsovie, 30 janvier 1984.