Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FRANCE

La lutte contre le racisme et pour l'égalité des droits

· Inprecor n° 172, 30 avril 1984 · p. 8-10 · 3 126 mots

France Syndicalisme Économie mondiale

L pagnée d'un renouveau des thèmes racistes et xénophobes dirigés tout particulie. A campagne pour les élections municipales de mars 1983 en France a été accomrement contre les travailleurs immigrés. La droite et l'extrême-droite ont fait chorus pour assimiler les 4 millions d'immigrés vivant sur notre sol à l'ennemi intérieur responsable du chômage, de l'insécurité, de la délinquance et de l'ensemble des maux de la crise économique. Le Front national (FN) de Jean-Marie Le Pen couvrit les murs d'affiches ouvertement racistes : « 2 millions de chômeurs égale 2 millions d'immigrés en trop » ou « La lutte contre le chômage, l'insécurité et l'immigration, c'est moi ».

Le gouvernement de Mitterrand n'a pas hésité à se placer sur ce terrain : Gaston

Defferre a fait campagne à Marseille en se vantant d'avoir expulsé davantage d'immigrés que la droite en tant que ministre de l'Intérieur; peu de temps auparavant, le

Premier ministre Pierre Mauroy accusait les ouvriers immigrés de Renault-Flins et de

Cette flambée de racisme s'est poursuivie, accompagnée de son cortège d'attentats et de crimes, notamment contre les jeunes immigrés de la « deuxième génération », accompagnée aussi d'une montée de l'extrême-droite aux élections partielles successives qui ont eu lieu, d'une certaine banalisation du racisme à travers l'existence légale de formations d'obédience fasciste, comme le Front national, accompagnée enfin d'attaques de plus en plus nombreuses contre les droits des travailleurs immigrés.

Le racisme devient une question centrale en France. Il entraîne une division de la classe ouvrière en pleine crise économique, au moment même où les attaques contre les travailleurs se multiplient La montée du racisme affaiblit l'ensemble des capacités de

Rafle policière anti-immigrés ordonnée par le gouvernement Mitterrand en mars dernier. (DR)

FRANCE

Lutte contre le racisme

et pour l'égalité des droits

Citroën en grève d'être manipulés par les intégristes musulmans. résistance de la classe ouvrière. Hélène VIKEN

La France est l'un des pays européens qui a fait le plus massivement appel à la main-d'œuvre immigrée dans les années 1960 : le recours augmente de 50 % entre 1955 et 1965.

Le patronat français a volontairement largement « ouvert » les frontières à lépoque, pour réaliser la rationalisation de l'appareil productif durant la période d'expansion internationale. Il lui fallait, l'automobile, l'équipement, la construction, des travailleurs « nouveaux » dont la qualité principale serait la mobilité, l'absence de traditions syndicales, la déqualification totale, l'acceptation du travail a la chaine, monotone et répétitif, du travail de nuit, et, enfin, la possibilité d'octroyer des salaires bas pour des postes sans avenir.

Comme de surcroît, les immigrés coûtaient globalement moins cher en termes de formation, de retraite et de protection sociale, les avantages à les exploiter se démultipliaient. La main-d'œuvre immigrée en France a donc été immédiatement utilisée dans des branches industrielles précises, à des emplois précis, dans des régions déterminées. Et l'image de l'immigré, OS (ouvrier spécialisé, sans qualification) à la chaîne dans le bâtiment ou l'automobile, a été profondément intégrée par la classe ouvrière française qui, durant la période d'expansion, y a même trouvé quelques avantages en termes de promotion sociale et salariale, les emplois déqualifiés étant occupés par les immigres.

AVANT LE 10 MAI

UNE SITUATION DE NON-DROIT

La présence massive d'immigrés en France offrait à la bourgeoisie un second avantage: la possibilité d'embrigader étroitement une partie de la classe ouvrière dans un carcan juridique répressif. En France, les lois discriminatoires envers les

JUCHERI

immigrés datent généralement de la fin des années 1930, période de montée du fascisme. Une loi votée en 1932 interdit aux immigrés l'accès aux emplois l'appareil d'Etat, les collectivités locales ou les services publics (ministères, PTT, Santé, SNCF, EDF, etc.) ; un décret pris en 1939 leur interdit le droit de s'organiser entre eux sur des thèmes politiques.

Le « statut » de l'immigré complète la panoplie : carte de travail de 1, 3 ou 10 ans, donnant accès à un emploi précis dans une région précise ; carte de séjour distincte à obtenir en plus ; système qui permet, d'une manière ou d'une autre, l'expulsion des immigrés selon le bon vouloir et les besoins du patronat ; lois répressives spécifiques, telles que la possibilité d'accompagner une peine de prison pour un délit mineur (vol par exemple) d'une mesure d'expulsion; absence de droits civiques tels que le droit de vote, y compris aux élections locales, etc.

Cette véritable partition de la classe ouvrière a été tout particulièrement remise au goût du jour au début de la crise économique, en 1974-1975 sous le règne de Giscard d'Estaing. Deux raisons expliquent cette cascade de mesures répressives au milieu des années 1970. D'une part, les immigrés ne sont plus « intéressants » qu'auparavant pour la bourgeoisie, ils ont commencé à se révolter (grèves massives des OS en 1970-1971), à se syndiquer, à s'organiser et à revendiquer des droits (mobilisation contre les lois dites Bonnet-Stoléru en 19781979, grèves des loyers en 1976-1977 dans les foyers d'hébergement des travailleurs immigrés, véritables dortoirs-prison gérés par la société Sonacotra). D'autre part, la crise économique oblige la bourgeoisie à préparer de nouvelles restructurations en profondeur de son appareil productif, notamment avec des licenciements massifs et des baisses de salaire généralisées.

Les immigrés, après avoir servi à l'expansion capitaliste, doivent servir à la résolution de la crise au profit du patronat.

Page 9

Le système est classique et relativement simple : il s'agit de licencier les immigrés d'abord, en espérant une absence de réaction du reste de la classe ouvrière, licenciement facilité par ce fameux statut spécial de l'immigré. On y ajoutera quelques discours racistes pour faire passer la pilule et fournir à la classe ouvrière un bouc émissaire. Ensuite, bien sûr, viendront les licenciements des Français. Enfin, en règle générale, ces opérations visent à la division de la classe ouvrière et à accroître les possibilités pour la bourgeoisie de baisser massivement les salaires (avec la menace du chômage) ou de démanteler la protection sociale.

Le règne de la droite, brutalement interrompu par la victoire électorale des partis de gauche le 10 mai 1981, n'a permis que d'esquisser les grands traits de cette politique. On va voir que la bourgeoisie n'a pas baissé les bras pour autant.

LE 10 MAI, UN ESPOIR VITE DÉÇU

POUR LES IMMIGRÉS N'ayant pas le droit de vote, les immigrés n'ont pas participé directement à l'élection de François Mitterrand, puis d'une majorité de députés du Parti communiste (PC) et du Parti socialiste (PS) en mai et juin 1981. Par contre, nombreux dans la rue à crier victoire. Pour eux, c'était l'espoir de la fin d'une qui s'était de dégradée depuis quelques années.

Le candidat Mitterrand n'avait-il pas promis le droit de vote aux immigrés pour les élections municipales, la carte unique de 10 ans automatiquement renouvelable (1), la suppression des lois Bonnet-Stoléru, l'abrogation du décret de 1939, et la régularisation de la situation des travailleurs sans-papiers ? Il est incontestable que ces promesses, quoiqu'insuffisantes, dessinaient une autre orientation, une autre politique en direction des immigrés. On parlait, dans l'euphorie de la victoire, d'insertion, de dignité, de reconnaissance du travailleur immigré comme un homme et un citoyen à part entière, de rupture définitive avec les situations héritées du

La réalité en a fait déchanter plus d'un. Le gouvernement a bien abrogé le décret de 1939 et libéralisé le droit d'association. Il a également régularisé la situation certain nombre de travailleurs sans-papiers, mais pas tous : il a introduit des critères, liés notamment à l'emploi, qui ont privé de ce droit de nombreux immigrés employés clandestinement par des Bonnet, qui permettait l'expulsion n'importe quel travailleur immigré conditions. Mais les choses se sont rapidement gâtées. La loi votée par

Men octobre 1981, fut baptisée par les immigrés « loi Bonnetbis » tant elle ressemblait à la précédente. Ensuite, le PC et le PS ont carrément changé de cap, adoptant des dispositions allant dans le sens des déclarations anti-immigrées du patronat et de la droite. En septembre 1982, le droit de aux immigrés pour les élections

POPULATION IMMIGREE EN FRANCE

(en millions de personnes) Année Population Population % totale étrangère 1851 35,78 0.38 1,06 1911 39,19 1,16 2,96 1921 38,80 1,53 3,95 1931 41,23 2,72 6,59 1936 41,18 2,20 5,34 1946 39,85 1,74 4,38 1962 46,46 2,17 4,67 1968 49,66 2,62 5,28 1975 52,60 3,44 6,54 1982 54,30 3,68 6,77

Ce tableau démontre que l'explosion du phén'est pas lié à la proportion d'immigrés dans la population (qui connaîtrait un prétendu « seuil de tolérance »), mais à la crise économique et à la montée du chômage.

Les derniers chiffres de 1983 résultant du récent recensement de la population effectué en France, montrent que le nombre d'immigrés est resté stable depuis 1975 (date de l'arrêt de Timmigration), alors que le chômage a été multiplié par 5,3 dans le même prouve que les immigrés ne sont pas responsamunicipales qui ont lieu en mars 1983. Ces dernières seront marquées par une remontée débridée du racisme, qu'aurait contenu l'octroi du droit de vote aux immigrés, du fait du rapport de forces légal ainsi créé. Août 1983, publication des décrets de Georgina Dufoix, secrétaire d'Etat aux immigrés: accélération des mesures d'expulsion contre les travailleurs clandestins, contrôle renforcé aux frontières pour empêcher l'entrée de nouveaux immigrés, aucune mesure d'insertion pour les autres immigrés, malgré les déclarations enflammées mais creuses des dirigeants de

La chasse aux immigrés est ouverte, qui se caractérise par des rafles massives dans certains quartiers populaires des grandes villes, l'expulsion systématique de tous les immigrés trouvés dans des ateliers clandestins, les contrôles racistes dans les dans les foyers d'hébergement en pleine

La gauche au gouvernement participe pleinement au renforcement de l'équation « Immigration égale insécurité ». Tous les suspects en puissance. L'extrême droite fait ses meilleurs scores électoraux à la même époque.

Restait l'autre partie de l'équation, la partie « Immigration égale chômage ». La boucle sera bouclée au moment du conflit à l'usine automobile Talbot-Poissy (2), où par toutes les organisations ouvrières avant le 10 mai 1981, est un premier pas vers la libre circulation des travailleurs. Elle supprime le système actuel, qui fait dépendre le droit au séjour de la possession d'un emploi, et le droit au travail de la possession d'une carte de travail d'une durée limitée dans une profession déterminée. Ainsi, en France, un travailleur immigré peut avoir 10 ans de présence et ne posséder qu'une

3 ans, qu'il doit renouveler avant expiration, restant ainsi sans garantie de temps il se retrouve au chômage.

La carte unique de 10 ans fonctionnerait, elle, comme une carte d'identité, et donnerait le gouvernement soutiendra les propositions patronales de licenciement de 2 000 travailleurs, aux 4/5 des immigrés, auxquels on proposera même une « aide » au retour dans leur pays. Aujourd'hui ou demain, ce sont les usines de Citroën et de Renault qui seront dans la ligne de mire du patronat de l'automobile. Encore des OS immigrés à licencier, ceux-là même qu'il a fait venir il y a dix, quinze ou vingt ans pour obtenir des profits plus juteux.

LA MARCHE CONTRE LE RACISME

La victoire du 10 mai a signifié, pour les ouvriers immigrés, la possibilité de mettre un terme à tout ce qui se passait « avant » et, depuis cette date, ils ont souvent été à la pointe des luttes dans les

Les premières grèves massives ont les usines les plus archaïques de l'automobile (Citroën et Talbot), où un patronat digne du XIXe siècle faisait marcher les ouvriers à la baguette, avec l'aide seul syndicat autorisé, le syndicat fascisant de la Confédération des syndicats libres (CSL). Les OS immigrés sont entrés en grève pour leur dignité, pour obtenir des conditions de travail et de liberté syndicale au moins équivalentes à celles des autres usines de l'automobile, telles que Renault. Ils ont gagné, imposé les ouvriers CGT (Confédération générale des travailleurs) et CFDT (Confédération française démocratique du travail), ébranlé l'ordre patronal fasciste.

Par la suite, les OS immigrés ont encore été à la pointe du combat à Renault-Flins et à Citroën-Aulnay, au printemps 1983, en se mettant en grève pour des augmentations de salaires au moment même où le gouvernement décidait de faire appliquer son premier plan d'austérité avec blocage des salaires et pas de rattrapage du pouvoir d'achat. Ils ont encore gagné, montrant l'exemple à toute la classe ouvrière (3).

Mais le patronat n'avait pas dit son dernier mot. Sur le fond de toile raciste qui suivit la campagne pour les élections municipales de mars 1983, les licenciements prévus dans l'automobile vont viser tout particulièrement à démanteler cette nouvelle base ouvrière combative. L'exemple de Talbot, où les délégués de chaîne CGT et les travailleurs combatifs de la CFDT étaient nombreux dans la charrette des licenciés, n'est qu'un exemple isolé des objectifs patronaux.

L'autre grain de sable qui est venu s'immiscer dans l'engrenage bien huilé de la politique de la droite et de la bourdonc la garantie aux immigrés qu'ils pourront rester en France et y trouver un emploi aussi longtemps qu'ils le souhaiteront. Reste ensuite, évidemment, a déterminer quels seront les immigrés qui pourront avoir ce type de cartes. Pour les réformistes elle ne concernait, avant le 10 mai, que les immigrés déjà présents en France, puisque leur position concernant le contrôle et l'arrêt total de l'immigration n'a pas varié depuis 1974. Pour la LCR, cette carte devrait être délivrée à tous les immigrés qui en font la demande en arrivant en France.

2. Voir Inprecor numéro 169 du 19 mars 1984.

3. Voir Inprecor numéro 144 du 28 février 1984.

Page 10

des droits, pour le droit de vote, pour la ouvrière, à la politique gouvernementale geoisie apparut en 1983, au plus fort de la campagne raciste. Ce fut la radicalisation massive, la mobilisation soudaine de la jeunesse immigrée. Oubliée des plans patronaux, la « deuxième génération » d'immigrés, c'est-à-dire les enfants des immigrés venus s'installer en France il y a dix ou vingt ans, apparaissait sur la scène politique, avec force et détermination.

Ces jeunes ne voulaient plus servir de cible aux agressions des racistes de tous poils dans les grandes cités ouvrières et les banlieues. Ils ne voulaient plus être les laissés pour compte d'une immigration qui en avait fait des déracinés dans leurs pays d'origine, nés en France et refusés par la France. Ils voulaient l'égalité des droits, pour eux et tous les immigrés. C'est à partir d'un groupe de ces jeunes immigrés de la banlieue de la ville de Lyon qu'est née l'idée d'organiser une grande marche pour l'égalité et contre le racisme à travers toute la France. Partis à dix de Marseille, le 15 octobre 1983, ils ont vu grossir les rangs des gens rassemblés pour les accueillir et les soutenir, au fur et à mesure qu'ils avançaient à pied à travers le pays. Dans toutes les villes, des comités de soutien se sont mis en place, sein desquels nombreuses organisations et associations, mais aussi de plus en plus de travailleurs et de jeunes français et immigrés, avec la volonté massive de dire « Halte au racisme! ». L'arrivée à Paris, au début du de décembre, réunit 100 000 personnes, avec le soutien du PC, du PS, de la CGT, de la CFDT, de la FEN (FédéMRAP, de la FASTI (4), du Parti socialiste unifié (PSU), de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), des associations d'immigrés, pour ne citer que les groupes les plus importants.

Face à Georgina Dufoix venue prendre la parole lors du rassemblement de clôture de la marche, la masse des manifestants présents réclamait l'égalité des droits, le droit de vote, la carte unique de 10 ans, le au logement, etc. Cette immense mobilisation, qui contredisait dans la rue toute la politique du gouvernement envers l'immigration, a permis de relancer l'activité de solidarité avec les travailleurs immigrés, de redonner confiance à tous ceux qui refusent le racisme, de mobiliser plus largement contre le Front national.

D'autres initiatives sont en préparation, notamment une campagne européenne sur les droits des immigrés, à l'occasion des élections européennes de juin 1984.

La montée du racisme en France est un véritable danger, mais pas une fatalité Telle est l'idée qui, en grandissant chez les travailleurs et les jeunes de ce pays, permet la construction patiente d'un large front contre le racisme et pour l'égalité des droits. Pour la LCR, section française de la IVe Internationale, ce combat prend une place centrale, tant il est vrai que la division au sein de la classe ouvrière, au moment même où se préparent contre elle des attaques de grande ampleur, peut

Travailleurs immigrés en grève dans l'usine de Talbot-Poissy. (DR) faire des ravages. La lutte pour l'égalité carte unique de 10 ans automatiquement renouvelable pour tous les immigrés, la lutte contre les expulsions, pour la régularisation de tous les sans-papiers, sont des axes essentiels pour s'opposer, sur ce ter-

4. MRAP : Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples. Construit au départ autour de personnalités de la lutte contre le racisme, et contre l'antisémitisme en particulier, le MRAP est progressivement devenu une organisation plus large, plus structurée, et davantage liée à la lutte pour la défense des travailleurs immigrés.

Le PCF y possède une influence notoire, notamment au sein de ses instances dirigeantes. Mais depuis quelques années, sous la pression des événements, la base, constituée de comités locaux de ville, a introduit une pratique militante et unitaire importante, qui s'est récemment concrétisée par la participation systématique du MRAP aux collectifs de soutien à la marche contre le racisme, ainsi que lors des Assises contre le racisme — organisées par le MRAP les 17 et 18 mars derniers - où étaient invités, sans exclusives, l'ensemble des associations, organisations et personnalités.

Au niveau national, le MRAP s'est toujours refusé à se prononcer en faveur du droit de vote rain, qui met en jeu l'unité de la classe alignée sur les intérêts du patronat et de la bourgeoisie.

Hélène VIKEN, 25 mars 1984 des immigrés et défend le contrôle de l'immigration. Il conserve donc, jusqu'à présent, l'essentiel des positions du PCF en la matière.

FASTI: Fédération des Associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (ASTI). Les premières ASTI se sont constituées entre 1967 et 1969, essentiellement sur le terrain de la solidarité matérielle et concrète aux immigrés : alphabétisation, formation, papiers, etc. Leur fédération, en 1971, a donné naissance à la FASTI, qui revendique aujourd'hui 5 000 adhérents et joue un rôle charnière dans la construction de l'unité entre Français et immigrés, et dans la lutte contre le racisme et pour l'égalité des droits.

Au contraire du MR AP, la FASTI conserve son indépendance politique, et l'arrivée de la gauche au pouvoir ne l'a nullement influencée dans ses positions de toujours, en défense des immigrés, contre les expulsions, pour la régularisation de tous les sans-papiers, contre le racisme, pour une France pluriculturelle et pluriethnique, pour le droit de vote et la carte unique.

Une erreur sur cette page ?