Inprecor 1974–2004

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SUEDE

Le « modèle suédois » à l'épreuve de la restructuration capitaliste

· Inprecor n° 174, 28 mai 1984 · p. 28-30 · 3 367 mots

Syndicalisme

N dit parfois du syndicalisme suédois qu'il est le plus fort du monde. Les dirigeants syndicaux eux-mêmes reçoivent sans rougir ce compliment. Et il est vrai que les syndicats suédois sont puissants. Si l'on se réfère, par exemple, au pourcentage de travailleurs syndiqués, les syndicats les plus puissants organisent plus de

90 % des travailleurs de leur branche ; près de 75 % des employés municipaux sont syndiqués et près de 60 % de ceux du commerce de détail le sont aussi. Si l'on considère l'influence des syndicats sur les débats qui traversent la société et sur la politique gouvernementale, on retrouve à peu près la même image. L'avis des syndicats suédois est

En outre, il existe une étroite collaboration entre les syndicats et « l'autre branche forte du mouvement ouvrier », comme les sociaux-démocrates suédois se nomment eux-mêmes, c'est-à-dire le Parti ouvrier social-démocrate, le SAP. Ce parti a été au pouvoir pendant 44 ans au cours des cinquante dernières années. Après l'intermède gouvernement composé de partis bourgeois, entre 1976 et 1982, le SAP est de-

Mais si on utilise d'autres critères pour mesurer la force des syndicats suédois, par exemple la combativité dans les luttes en cours pour de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail, l'image se ternit. Et si l'on mesure les faibles forces déployées par les instances syndicales pour défendre les intérêts de leurs adhérents lors de certains des conflits les plus importants livrés par le mouvement ouvrier suédois au cours de la dernière période, le syndicalisme suédois est bien plus faible qu'il n'appaduction mondiale d'acier, nécessité de treprises comme les organisations syndicament Martens-Gol. Mais derrière cet objectif surgissent immédiatement d'autres questions politiques centrées autour de la nécessité d'un débouché politique aux luttes autre que celui d'une nouvelle coalition de la social-démocratie avec les partis bourgeois. C'est sur ce terrain qu'il est possible de développer une argumentation pour un gouvernement des travailleurs s'appuyant sur le front commun syndical. Loin d'être le seul fait de la propagande du Parti ouvrier socialiste (POS), section belge de la IVe Internationale, cette question est largement débattue par les délégués syndicaux et les travailleurs les plus aux attaques de plus en plus fortes de la bourgeoisie dans le domaine de la politique d'austérité et des rationalisations industrielles, les travailleurs belges sont loin de se trouver en position de se battre à reculons jusqu'à la défaite. Au contraire, la résistance qu'ils opposent est particulièrement puissante, comme l'ont démontré les six mouvements de grève que ce pays a connus en trois ans. Le chômage massif, les défaites partielsi cela a marqué le mouvement ouvrier, ne constituent pas encore des obstacles décisifs à la riposte ou-

Mais comme pour les travailleurs de l'ensemble de l'Europe capitaliste, les conditions de cette riposte ouvrière sont marquées par la difficulté à dépasser l'orientation politique des directions réformistes qui pratiquent l'acceptation de l'austérité et la division des rangs ouvriers. Pourtant, à la lumière des dernières lutensemble d'éléments montrent que le débat au sein des travailleurs se développe autour du bilan de la stratégie des bureaucraties syndicales, que les réponses à certaines questions centrales, celle relative à l'unité des travailleurs, l'alternative d'ensemble à la politique d'austérité, au débouché politique des luttes, progressent et que, simultanément, apparaissent des expériences d'auto-organisation limitées, mais qui tentent clairement de combler l'espace laissé par la bureaucratie syndicale.

L'ensemble de ces modifications est cependant loin courants cristallisés pouvant jouer un rôle de direction de rechange du mouvement ouvrier. Ce qui est par contre certain, c'est que de nombreux délégués et militants syndicaux commencent, sur la base de l'expérience accumulée ces trois dernières années, à se redéfinir politiquement et à chercher une tactique syndicale qui les mette en situation voir tirer profit des prochaines mobilisations. Car, si les rythmes et les formes d'apparition d'éléments de direction alteraux bureaucraties restent difficiles à cerner, il est par contre certain que nouvelles luttes développeront aux futures attaques anti-ouvrières qui s'annoncent.

Gabriel MAISSIN, Bruxelles, 10 mai 1984.

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restructuration capitaliste

véritablement pris en considération par les dirigeants du pays. puis lors de nouveau en charge des affaires de l'Etat. raît à première vue. Tom GUSTAFSSON

L'histoire de ce mouvement ouvrier peu connu éclaire bien les conditions dans lesquelles se sont déroulées, et se déroulent, les luttes des travailleurs dans la Suède des années 1970 et 1980. Il faut savoir comment des milliers et des milliers d'emplois ont été perdus dans la sidérurgie, au nord et dans le centre du pays. Il faut également savoir comment le « modèle

La servi à la « rationalisation structurelle » de l'industrie sidérurgique, avec de bons résultats pour ceux qui rationalisaient, au moins sur le court terme, mais avec des conséquences catastrophiques pour les travailleurs concernés et leur

Le modèle suédois, c'est le projet historique partagé par l'Etat, les patrons et les dirigeants syndicaux, de traiter des problèmes sociaux autour de la table des négociations et de les résoudre à travers une collaboration de classe institutionneldécisions sont prises au petit commun dénominateur, c'est-à-dire que la satisfaction des revendications des travailleurs est subordonnée aux projets du patronat et de l'Etat. C'est par exemple ce qui s'est déroulé dans le secteur de la sidérurgie (industrie de fabrication d'aciers ordinaires et spéciaux) voici quel-

C'est en 1977 que le Comité d'Etat pour l'acier ordinaire présenta des propositions destinées à opérer des réductions massives d'emplois dans cette industrie, avec les arguments suivants : « Surpros'adapter à un marché d'exportation rétréci, nécessité d'abaisser les coûts de production en modernisant les entreprises rentables ». Concrètement, ces propositions entraînèrent la disparition de près d'un cinquième des 18 000 emplois dans la production d'acier ordinaire. Le syndicat des métallos, Metall, qui compte dans ses rangs les sidérurgistes, parmi de nombreux autres secteurs ouvriers, protesta en soulignant l'existence de « perspectives d'amélioration du marché de l'acier ». Allan Larsson, membre du parti social-démol'opposition, quelques mois plus tard, au nom du syndicat Metall et du SAP des propositions qui se révélèrent à peu près identiques Une compagnie sidérurgique suédoise fut alors créée, la SSAB, par la fusion d'une entreprise d'Etat, Norrbottens Jaernverk, et de deux compagnies privées, Stora Kopparbergs et Graenges Sidérurgie et Mines. L'accord de fusion prévoyait que l'Etat posséderait 50 % des actions de la SSAB, et chacune des deux entreprises privées 25 % d'entre elles. Par la suite, choisit de se retirer de l'affaire et l'Etat détient aujourd'hui 75 % des

Avec la formation de la SSAB, Stora obtint 750 millions de couronnes (à peu près l'équivalent en francs) pour ses installations, tandis que Graenges en obtint 1,18 milliard (un peu plus d'un milliard de francs). Entre le moment où fut formulée la proposition du Comité d'Etat et la formation de SSAB, les diverses en-

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les concernées se livrèrent une bataille acharnée pour conclure cet accord sans précédent.

LA FERMETURE DE L'USINE D'ACIER ORDINAIRE DE DOMNARVET La lutte la plus dure se mena sur le choix des usines de production d'acier ordinaire. Les membres du Comité et les dirigeants voulaient d'abord s'attaquer aux usines de la région de Borlaenge. Les dirigeants syndicaux des régions les plus au nord du pays, comme Luleaa, ou d'Oxeloesund dans le sud, firent pression pour que cette décision soit prise dement. Mais, en même temps, les syndide Borlaenge voulaient prouver que la sidérurgie était plus rentable chez eux que dans d'autres régions. Il y eut quelques mobilisations ouvrières portantes, mais la direction de Metall réussit petit à petit à faire céder les directions syndicales locales. Un accord fut signé au printemps 1978 : l'usine de traitement de minerai de Domnarvet serait fermée, mais pas avant 1980 au plus tôt.

A cette époque, environ une centaine d'ouvriers de la mine de Bloetberget, à quelques kilomètres de Borlaenge, avaient occupé leurs puits pour protester contre la politique de fermeture. Ce furent les seuls qui se soient opposés de façon cohérente à cette politique, mais ils durent eux aussi abandonner la lutte, parce que la social-démocratie et la direction syndicale les avaient laissés dans l'isolement. Le rôle dirigeants sociaux-démocrates fut décisif dans l'application de cette politique, bien que ce parti soit alors dans l'opposition. D'un côté, la direction social-démocrate était directement représentée dans les négociations par son porte-parole, Allan Larsson, tandis que de l'autre, l'ancien ministre des Finances siégeait au Comité acier du SAP, à la fois comme président et comme personnalité représentative. Or, les propositions de ce Comité jouèrent un rôle important pour parvenir à un accord qui sera accepté de trop grosses batailles politi« Avec un gouvernement usine », déclarait encore en Olof Feldt, à l'époque ancien ministre des précédents gouvernements sociaux-démocrates et aujourd'hui ministre des Finances d'Olof Palme. Les travailleurs pensaient alors, qu'avec les élections de 1979 et le retour des sociaux-démocrates au gouvernement, la décision de des usines de retraitemnt de minerais pourait être rapportée. Or, non seulement les sociaux-démocrates n'ont pas obtenu une majorité parlementaire, mais encore la direction du SAP accepta, six mois plus tard, le plan de restructuration industriel de la sidérurgie. Ce fut un choc pour les syndicalistes de la région, qui avaient conservé l'espoir qu'en dépit de tout, le marché de l'acier allait s'améliorer, ce qui aurait constitué un facteur supplémentaire permettant de revenir sur la décision de

Norrbottens lärn ver k Avesta Hallelors Vykroppa Box nluinl - 50 51-100 Auling 101-300 601 -Implantation de la sidérurgie suédoise. (DR)

A la suite de cette déception, les syndicats locaux menacèrent de se retirer des négociations concernant les modalités de la fermeture de l'usine menacée à Domnarvet. Ils furent alors convoqués à Stockholm, où ils subirent de sérieuses pressions de la part de la bureaucratie du SAP, de la part de Metall, et de la part d'Olof Palme lui-même, dirigeant du parti social-démocrate. On ne sait pas exactement quelles ont été les menaces et les pressions exercées sur les syndicalistes récalcitrants, mais la direction syndicale locale justifia auprès de ses mandants son acceptation de la fermeture de ce secteur de l'usine en train de laminoir soient réalisés.

LE DOUBLE LANGAGE DU SAP Le SAP a toujours eu un double langage, l'un pour les militants, très ferme, et l'autre, plus ambigu, destiné au public. Depuis 1976, la direction locale du SAP dans la région de Borlaenge avait soutenu la revendication du maintien provisoire de la production à Domnarvet, alors que, parallèlement, elle essayait d'empêcher des mobilisations d'ampleur et veillait à ce que les manifestations de protestation contre la fermeture de l'usine demeurent strictement sous le contrôle du SAP. Même quand l'accord de fermeture de l'usine de Domnarvet fut signé, en mai 1978, le SAP local continua à plaider pour sauver l'usine et obtint, en outre, que le gouvernement conservateur au pouvoir à «les conséquences sociales du plan de restructuration de la SSAB ». Néanmoins, le seul résultat concret de tout cela fut le report d'un an de la fermeture, initialement prévue pour 1980, et la formation de diverses sociétés d'investissement chargées de créer des emplois de remplacement. Toutes ces discussions et tergiversations réduisirent évidemment considérablement les possibilités de mobilisation.

Quand la direction du SAP approuva finalement la fermeture de Domnarvet, en janvier 1979, la section locale continua d'inciter les travailleurs de l'usine à s'efforcer de faire annuler cette décision « au début des années 1980 », quand les conditions seraient différentes. Mais elle n'expliqua jamais comment cela se produirait. Finalement, elle réussit ainsi à briser en grande partie la résistance des travailleurs et à faire accepter largement au sein de sa propre organisation la fermeture de l'entreprise, même si c'était à titre

L'esprit combatif s'effondra. L'Etat devint l'actionnaire principal de la SSAB. Pour cela, il dut dépenser presque 4 milliards de couronnes sous formes de prêts et de subventions. Il fut également parfaitement clair que l'orientation adoptée par l'entreprise publique SSAB impliquait la fidélité aux critères de rentabilité capitaliste. Une fois confirmée la perspective de fermetures d'outils de production et accepté le principe de la rentabilité, les coups commencèrent à tomber les uns après les autres. Le rythme des fermetures s'accéléra. Deux ans après sa création, la SSAB commença à licencier, les travailleurs âgés de plus de 58 ans étaient poussés à prendre leur retraite anticipée. Au cours de ce processus, il y eut une intervention politique massive de la part des partis, du Parlement et de l'Etat, car il fallait garantir la poursuite sans secousses des fermetures. Cette intervention politique, contrairement à ce qui avait parfois été le cas dans d'autres pays d'Europe lorsque les protestations étaient devenues trop importantes, n'eut pas pour effet le report des licenciements. Bien au contraire, sa fonction consista, en particulier, à détourner l'opposition en la canalisant dans des mécanismes de de négociations et en l'enlisant dans des commissions d'enquêtes.

UNE DEUXIEME BATAILLE : CELLE DES ACIERS SPECIAUX La bataille autour de la production de l'acier ordinaire eut lieu essentiellement au cours des années 1976-1979. Celle du secteur de l'acier inoxydable, sous-division de l'industrie des aciers spéciaux, se déroule principalement depuis 1982 et est conduite, depuis la fin de cette année-là, par les sociaux-démocrates de nouveau au gouvernement. A cette époque, des négociations intensives débutèrent sur la « rationalisation » de l'industrie des aciers spéciaux, et ceci après que 6 000 emplois eussent déjà été perdus dans la sidérurgie depuis 1976. Après une bataille longue et acharnée, il fut décidé que la société privée Avesta Jaernverk aurait la part du lion dans l'industrie de l'acier inoxydable. L'Etat contribua à l'opération pour presque un demi-milliard de couronnes, en renonçant à la restitution de prêts accordés antérieurement, tandis que des actions pour une valeur de 130 millions de couronnes étaient vendues sur le

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Où et comment vont s'opérer les prochaines fermetures d'outils de production dans le secteur des aciers spéciaux n'a pas encore été précisé, mais il est certain qu'elles auront lieu. La prochaine attaque devrait concerner une usine de retraitement de ferraille récupérée et non de production de l'acier à base de minerai, comme dans le cas de Domnarvet. Il y a déjà beaucoup de parallèles avec le cours suivi par les événements dans l'industrie de l'acier ordinaire. Des commissions d'enquete ont proposé leurs propres « solutions » syndicales et les directions syndicales locales ont mené des campagnes de division pour que « leurs » usines soient épargnées.

Le parallèle entre les deux secteurs de l'acier se poursuivra certainement jusqu'au bout, dans la mesure où les 12 000 travailleurs des aciers spéciaux se trouvent à leur tour dans la situation de simples spectateurs. Ils n'ont aucune garantie de pouvoir conserver leurs emplois et sont obligés d'attendre, en espérant « gros éléphants » termineront leur danse sans les écraser. Deux éléments contradictoires entrent en jeu dans cette lutte décisive autour du secteur des aciers spéciaux. Tout d'abord, le grand gagnant des opérations de restructuration - la famille Axson Johnson -par beaucoup de travailleurs suédois à cause de son rôle obscur et de son comportement impitoyable tout au long de l'histoire économique du pays. Toujours dirigé dans le style des patrons de forges du 18e siècle, ce groupe industriel se situe au quatrième rang du pays, suite à la dernière opération de restructuration industrielle menée par le gouvernement socialdémocrate. Ensuite, sous certains aspects, gouvernement social-démocrate, nouveau au pouvoir depuis 1982, s'est montré plus complaisant envers les besoins et les intérêts du capital que ne l'ont jamais été les gouvernements bourgeois qui dirigèrent le pays de 1976 à 1982.

Quoi qu'il en soit, le « modèle suédois » a montré par deux fois, au cours des dix dernières années, à l'occasion de la rationalisation structurelle dans la sidérurgie, qu'il pouvait imposer des fermetures d'entreprise tout en conservant un assez bon contrôle sur les réactions sociales des travailleurs. Il s'est montré tout à fait avantageux pour les grands capitalistes, les bureaucrates de l'Etat et des syndicats, du moins jusqu'à présent.

VERS UNE DÉTERMINATION

NOUVELLE CHEZ LES TRAVAILLEURS Néanmoins, si ce modèle a été capable de détourner et de désarmer les réactions sociales, cela ne veut pas dire qu'il a pu entièrement les éliminer. En fait, les basses manœuvres et les compromis décidant du sort de milliers de gens peuvent avoir un effet de boomerang quand ceux qui sont concernés deviennent clairement conscients des conséquences concrètes des décisions prises. Un signe de reprise de la résistance ouvrière s'est récemment manifesté à l'usine de Domnarvet, à l'occasien de l'élection d'un délégué d'un atelier du train de laminoir. Per Eklund, candidat de la tendance combative du syndicat, se présenta contre la direction socialdémocrate du secteur et il gagna. Mais sa victoire fut contestée par la direction de Metall, qui intervint pour invalider l'élection. Lors de la deuxième consultation, qui fut organisée à mains levées, ce qui est une vieille revendication de l'opposition combative, Eklund gagna largement. Il obtint 70% des 450 voix exprimées, dans une élection ou 65 % des travailleurs votèrent, ce qui constitue peut-être un record pour Domnarvet.

La mobilisation fut très importante. « Les gens ont même affiché des poèmes et des dessins pour appeler à voter pour Per », explique Christer Olsson, un métallurgiste qui participa à la campagne, et il ajoute : « Les gens ont clairement compris ce que représentaient les candidats et ils ont jugé exactement comment il fallait voter. Les travailleurs ont pris l'élecd'entre eux étaient furieux à cause de l'intervention du syndicat national. Maintenant, les gens demandent à être mieux informés des activités du syndicat et s'attendent à voir de vraies discussions se dérouler sur le contrat collectif. Je suis convaincu qu'il y aura davantage d'activité syndicale. Les gens se sentent plus concernés maintenant qu'ils ont élu Per Elkund. Ils vont le soutenir pour qu'il se batte vraiment pour nous. Aussi, l'élection a-t-elle soulevé l'espoir d'un nouvel esprit dans l'activité du syndicat. Enfin ! » Cette lutte est d'une certaine im- Hon sur la dagit enl des travailleurs.

Les sociaux-démocrates, tant au niveau local que national, ont manifestement été surpris par le résultat de cette élection. Ils avaient espéré que le second scrutin aurait un résultat différent,

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LIBERTE!

mais il en alla autrement, puisque l'intervention de la direction nationale du syndicat renforça la détermination des travailleurs pour élire un délégué combatif. « Beaucoup de gens, souligne Christer Olsson, ne sont pas convaincus que c'était en raison d'une question de procédure et d'irrégularités mineures dans le déroulement du premier scrutin que Metall prit la décision d'annuler le résultat. » Il est en effet probable que l'appartenance de Per Eklund au Parti socialiste (section suédoise de la IVe Internationale) ait été déterminante pour motiver ce refus.

Il ne fait pas de doute que c'est le bilan des années de direction gouvernementale social-démocrate qui explique cette combativité nouvelle. Sous cet angle, le résultat de l'élection de Per Eklund représente un effet différé d'années de politique de fermetures d'usine et de réduction des emplois et du niveau de vie. La candidature d'un travailleur connu pour sa défense acharnée des intérêts de ses camarades de travail, même appartenant à un petit parti, a servi de catalyseur.

Ainsi, les réductions d'emploi opérées par la SSAB entre 1976 et 1979 et les attaques portées au secteur des aciers spéciaux depuis 1982, périodes pendant lesquelles le SAP était au gouvernement, ne sont pas restées totalement sans réponse de la part des travailleurs. La détermination qui s'est manifestée au train de laminoir de l'usine de Domnarvet présage peut-être une reprise de la combativité ouvrière dans d'autres secteurs de l'industrie suédoise. La déception provoquée dans le mouvement ouvrier par les années de déclin, le mécontentement suscité par un gouvernement social-démocrate qui a mené une politique contraire aux espoirs des travailleurs, laissent espérer en une renaissance prochaine d'un mouvement d'opposition syndicale profondément ancré dans la classe ouvrière suédoise.

Tom GUSTAFSSON, Stockholm, 17 avril 1984. LA COLLECTION D'INPRECOR DE 1983 POUR 100 FF (+ 20 francs de port) Inprecor vient de réaliser une collection des numéros parus

1983. Celle-ci sera mise en vente au rassemblement de la LCR au Bourget, les 26 et 27 mai et sera disponible à la librairie La Brèche, 9 rue de

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