' N 1975, beaucoup d'hommes et de femmes d'Europe
E considéraient qu'une plus grande flexibité des mesures
• de travail était peut-être la plus importantes des mesures qui permettraient d'améliorer le marché de l'emploi ouvert aux femmes. Une vue superficielle pourrait donner à penser qu'ils étaient dans le vrai. L'accroissement, années, du nombre des femmes qui travaillent, s'est en effet accompagné d'une croissance considérable du travail à temps
Un rapport de l'Organisation pour le développement et la coopération économique (OCDE), publié en 1983, affirmait que dans huit pays, dont l'Allemagne de l'Ouest et la France, le développement du travail des femmes était tout d'abord le résultat du développement du travail à temps partiel. De même, en Grande-Bretagne, où le taux de travail à temps partiel est particulièrement élevé, la proportion des femmes dans la population active est passée de 36 % en 1961 à 42 % en 1980. Entre
Penny DUGGAN
Un rapport publié en janvier 1984 par l'Organisation internationale du travail
(OIT) soulignait les changements structurels intervenus dans la place qu'occupent les femmes dans la population active. Ce rapport précise que la proportion moyenne des femmes âgées de 15 à 64 ans qui travaillent est passée de 45% en 1960 à plus de 52% en 1980 pour les pays occidentaux industrialisés. Même si ce pourcentage est inégalement réparti sur l'éventail de cette tranche d'âge, il est clair que plus de la moitié des femmes en âge d'avoir des enfants travaillent à l'extérieur de leur domicile. Quand elles choisissent d'avoir des enfants, les femmes utilisent de plus plus toutes les possibilités existantes pour ne pas quitter leur emploi (congé de maternité, congé parental, etc.). Une proportion croissante de femmes portant seules la responsabilité de leurs enfants est également forcée de trouver un moyen d'existence. Il est certain que le schéma traditionnel qui consistait pour les femmes à travailler entre le moment du mariage et de la naissance du premier enfant, celui puis à rechercher un emploi une fois que les enfants avaient quitté la maison familiale, est de moins en moins applicable.
La cause essentielle de ce changement structurel du travail des femmes, c'est le boom économique qui a suivi la Deuxième Guerre mondiale. Les patrons avaient alors besoin d'une main-d'ouvre plus nombreuse. Il y avait un développement important des services et du secteur public, là où s'est surtout produit l'accroissedu travail féminin. Les femmes ment elles-mêmes ont eu des aspirations diffééconomi-
Mais avec la récession rentes.
que actuelle, les employeurs ont au conbaissait de 800 000. ces vingt dernières travail. réponses. traire besoin de réduire la population ac-
MULTIPLES ATTAQUES
CONTRE L'EMPLOI DES FEMMES
L'expansion des capacités mondiales de production ayant entraîné une baisse du taux de profit capitaliste, cela oblige les employeurs à réduire autant qu'ils le peuvent leurs coûts salariaux afin de rendre leurs produits compétitifs. Et il ne fait aucun doute que c'est parmi les femmes qu'ils vont essayer en premier lieu d'opérer ces réductions des coûts salariaux. Les travailleurs immigrés et les jeunes travailleurs sont aussi, bien sûr, d'autres cibles du patronat.
Ces tentatives de réduction de la main-d'œuvre s'opèrent dans le contexte d'une action générale pour affaiblir et désorganiser le mouvement ouvrier, pour essayer de rogner les acquis obtenus antérieurement par le mouvement ouvrier européen sur le niveau de vie et les conditions de travail, et réduire son niveau d'organisation. De telles attaques patronales et sur différents points : en Italie, contre l'échelle mobile qui empêche les salaires ouvriers d'être rongés par l'inflation ; en Angleterre, contre le droit de grève ou même contre le droit syndical tout court dans des endroits du secteur public jugés « stratégiques » par le gouvernement. Ces attaques sont nécessaires à la bourgeoisie pour imposer la restructuration complète de l'industrie et de la main-d'œuvre recherchée par le patronat.
L'un des aspects particuliers de cette politique est constituée par la tentative de division des différentes couches de la classe ouvrière au nom de la remise en
1971 et 1980, le nombre total de salariés s'accroissait de
360 000 personnes, mais le nombre d'emplois à plein temps
L'expansion du travail à temps partiel ces dernières années s'est accompagnée d'une masse d'articles, études et rapports concernant ses avantages. Ils étaient en général destinés aux femmes mariées ayant des enfants, et soulignaient que le travail à temps partiel leur permettrait d'effectuer conjointement leur « double journée de travail », à la maison et sur le lieu de
Le travail à temps partiel est-il vraiment une « solution » pour les femmes assumant un double fardeau ? Son extension est-elle vraiment due à la volonté des patrons d'offrir à leurs employés, et particulièrement aux femmes mariées, une chance de « choisir » l'organisation de leur temps de travail ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles il s'agit d'apporter des cause du droit de certaines d'entre elles d'occuper un poste de travail en période de crise économique. Ainsi, en France, se développe toute une propagande autour du « droit au retour » dans leurs pays d'origine pour certains travailleurs immigrés. Contre les femmes travailleuses, il est fait référence au droit, voire au devoir, de rester à la maison avec leur famille, argumentation à laquelle s'ajoutent des appels à une politique nataliste. Le support idéologique de cette argumentation provient de divers horizons, aussi bien d'anciennes
Betty féministes comme l'Américaine
Friedan - qui se demande si le féminisme n'a pas été « trop loin » —, que de partis de droite, qui ont toujours pensé que la place de la femme était au foyer.
Les arguments idéologiques et la démagogie sur l'importance pour les femmes de rester à la maison avec leurs enfants sont soutenus par des mesures matérielles.
Elles peuvent être incitatives, comme l'offre du gouvernement français de payer un salaire (minimum) pour les femmes qui restent chez elles pendant deux ans avec leur troisième enfant, ou comme la proposition de l'Allemagne de l'Ouest, qui offre
5 000 marks (environ 15 000 francs) pour inciter les femmes à ne pas avorter.
Les ouvrières de l'entreprise Bekaert
Cockerill en Belgique ont fait une autre expérience de l'attitude patronale consistant à dire que la place des femmes est à la maison. En octobre 1982, après une lutte de tous les travailleurs de l'usine contre des licenciements programmés, la direction de l'entreprise a proposé d'employer à temps partiel 28 des 31 femmes concernées par les licenciements.
Cette proposition a été acceptée par le syndicat (qui comporte une majorité d'hommes), alors que des hommes
employés dans un autre secteur de l'entreprise étaient transférés pour travailler à temps plein dans le département même où des femmes avaient été mises d'office au travail à temps partiel. Cette modification de l'emploi dans cette entreprise belge fut justifiée par une argumentation ouvertement discriminatoire suivant n'étaient pas des « chefs de famille » !
Un projet de directive émanant de la Communauté européenne, de décembre 1981, indique que le travail à temps partiel doit être un choix volontaire, ouvert aux hommes et aux femmes, et travailleurs à temps partiel doivent avoir les mêmes droits que ceux à temps plein. Pourtant, dans tous les pays de la CEE, comme le montre le tableau ci-dessous, les femmes travaillent beaucoup plus à temps partiel que les hommes.
Un rapport du comité femmes du Trade Union Congress (TUC), la grande centrale syndicale britannique liée au parti travailliste, souligne certaines des raisons de l'expansion du temps partiel en général en Grande-Bretagne, et comment il affecte les femmes en particulier. Au nombre de ces raisons, le rapport énumère: la réduction travail à temps plein dans certains secnotamment l'alimentation et la dans le secteur des services et la tendance qu'ont ces emplois à voir les heures de travail s'étendre le soir, les week-ends et pendant les vacances, ce qui est impopulaire et les rend peu attirants pour les employés masculins; les travailleurs à temps partiel peuvent aussi être utilisés dans des périodes de pointe, les patrons évitant ainsi d'avoir à payer pour toute une semaine de travail ; une moindre demande de qualification signifie que le travail à temps partiel est adapté aux travailleurs
H.
% de salariés
F.
travaillant à temps partiel
Par secteur :
H.
Agriculture
F.
H.
Industrie
F.
H.
Services
F sociales, octobre 1980.
non qualifiés, qu'il revient moins cher au patronat, et que les salaires peuvent ainsi être maintenus en dessous du seuil de cotisation aux assurances sociales.
LES DIFFÉRENTES FORMES
DE TRAVAIL A TEMPS PARTIEL pourquoi le temps partiel attire les femmes. Le premier motif avancé, à juste tiqu'il ne faut en aucun cas sous-estimer, et qui va devenir encore plus importante à l'avenir, c'est une raison économique. Le mythe des femmes travaillant uniquement pour l'argent de poche peut facilement être démonté. » Il continue en citant un rapport de 1978 de la Commission royale
LE TRAVAIL A TEMPS PARTIEL EN
Pays-Bas
France
Italie
RFA
CEE
1,7
0,
.4
23,2
23.7
6.
Ens.
9,3
5,7
8,8
3,3
5.8
2,9
3,8
2,0
2,3
1.2
19,7
21,7
24.
21.3
10,6
7,7
2,3
Ens.
6,8
6,8
4,4
1,2
2,6
0,8
0,9
0,6
16,7
6,1
19,3
6,1
17.2
3.3
2,6
Ens.
4,8
2.2
5,3
2,0
2.0
2.6
1.0
1,1
27,0
25,4
6,9
19,2
14,6
Ens. 13,5
8.4
12.5
3.1
8,2
Source : rapport au Sénat français de J. Gravier, au nom de la Commission des affaires
Le rapport poursuit en expliquant sont les questions financières:
maison, res ».
EUROPE (EN 1980)
Luxembourg
Danemark
Belgique
Irlande
G-B
14.1
2.
1,9
41,
40,2
10.
3.6
4.1
17.7
3.2
18,0
0.4
5,4
3.7
4.2
4,6
24,5
55,4
6,5
41,5
33.
2,3
8,9
13,8
4.3
8,1
0,3
0.2
1.1
0.7
1,0
3.4
10.4
30,4
4,5
31,0
1,1
8,4
1,5
7,3
1,0
3,1
1,4
2,6
0.6
0,8
14,4
14,7
46.0
8,9
42,3
6.,7
6.1
25,4
4,5
24,5 de répartition des revenus et des richesses : « Ce qui ressort de l'expérience, c'est le rôle joué par le salaire des femmes mariées pour élever le niveau de vie de leur famille au-dessus de celui des plus bas re-
D'autres raisons sont invoquées, comme la baisse du taux de natalité, les capacités et les espoirs des femmes elles-mêmes, leur désir de liens sociaux, « de passer une partie de leur temps hors de la en tant qu'individus indépendants plutôt qu'en tant qu'épouses et mè-
Mais, en même temps, le rapport considère le temps partiel comme
« essentiel » pour beaucoup de femmes qui ont comme « responsabilité première » les tâches domestiques et ménagères. Il est vrai femmes que beaucoup de estiment
Notre engagement particulier envers les femmes montre
comme « essentiel » de trouver du travail à temps partiel, étant donné la carence qui existe dans les équipements pour enfants et autres services sociaux. Et il est vrai aussi que les journées de travail de huit heures laissent peu de temps pour d'autres activités, que ce soient les tâches ménagères « nécessaires » ou le « luxe » d'un peu de temps pour se détendre.
Un article de janvier 1984 d'un numéro d'Antoinette, magazine publié à l'intention des femmes par la Confédération générale du travail (CGT) française, syndicat dont la direction est liée au Parti communiste (PCF), faisait état des explications de différentes femmes ayant choisi le temps partiel. L'éventail de ces femmes allait de la mère d'un enfant en bas âge, qui aurait dû payer un prix si élevé pour le faire garder qu'elle a préféré perdre une journée de salaire et ne plus travailler le mercredi (jour où les écoles sont fermées), à une standardiste dans le métier depuis 1945, qui voulait simplement une semaine de travail moins éprouvante et plus de temps à passer avec son mari, ingénieur mis à la retraite anticipée.
Mais le travail à temps partiel que les patrons veulent instituer, ce n'est pas un horaire de travail facilitant aux femmes l'accomplissement de tâches domestiques ou leur permettant de trouver du temps pour se reposer, etc. Ils cherchent à introduire des horaires de travail plus directement adaptés à leurs besoins. Les formes de travail à temps partiel qui ont été introduites peuvent varier considérable. ment. Par exemple, la multinationale Philips a institué dans ses usines belges les trois systèmes suivants :
- Le système 6/6, c'est-à-dire 6 heures de travail le matin ou l'après-midi, avec réduction de salaire correspondant à une semaine 30 heures. Les sont engagés avec des contrats à durée déterminée pour des postes à temps partiel.
— Travail tous les après-midi, de
16 h 30 à 22 h et de 15 h 30 à 20 h les vendredis, ce qui fait une semaine 25 h 30 avec, bien entendu, la perte de salaire correspondante et une renonciation « volontaire » aux allocations de chômage.
- Week-ends de travail avec deux systèmes. Le premier consiste en deux équipes travaillant chacune 12 heures durant 2 jours pour un salaire de 5 jours pleins. Le second consiste en trois équipes travaillant chacune 27 heures, deux fois 10 heures et 1 fois 7 heures durant le weekend.
Un autre système de travail à temps partiel commence à être introduit en Allemagne de l'Ouest, c'est le système « à la demande ». Un contrat est passé entre l'employeur et le salarié, stipulant le nombre d'heures de travail à effectuer dans le mois ou l'année. Dans ce système, les travailleurs ne sont avertis que la veille du jour où ils doivent se rendre au travail et ils ne sont payés que pour le temps travaillé et non pour le temps d'attente.
Il existe encore d'autres formes de temps partiel, les contrats de courte durée ou le travail temporaire. Souvent, les femmes travaillent régulièrement pour le même employeur tout en étant travaillenses temporaires, à l'exception, par exemple, de la période d'été, où elles ne travaillent pas quand les enfants sont à la maison. De cette façon, les patrons disposent de salariés travaillant régulièrement à une tâche qu'ils connaissent bien, mais qui n'auront jamais d'ancienneté et n'ont pas droit aux avantages liés au nombre d'années de travail ou à la continuité de l'emploi. La production chute dans beaucoup d'entreprises durant l'été, et il y a souvent une période de fermeture et de vacances obligatoires durant lesquelles ces femmes ne sont pas sollicitées par l'employeur. La différence c'est que, bien entendu, ces vacances ne sont pas payées.
En Grande-Bretagne, l'une des formes les plus communes de travail à temps partiel est le travail en soirée. Les horaires s'étendent de l'heure à laquelle le mari est censé rentrer pour s'occuper des enfants jusqu'à dix heures du soir. Cela semble pratique, mais supprime toute vie sociale commune pour le couple.
L'« emploi partagé » est une autre forme de travail à temps partiel qui s'est développée ces dernières années. L'idée est la suivante : deux personnes se partagent un poste de travail, les heures de travail comme le salaire. Cette forme de temps partiel est d'abord apparue dans le secteur des employés, souvent pour permettre à des femmes ayant charge d'enfants ou d'autres responsabilités familiales de retrouver un poste qu'elles ont déjà occupé auparavant et pour lequel elles sont donc qualifiées.
En Grande-Bretagne, en 1969, le ministère de la Santé et de la Sécurité sociale demandait par exemple aux hôpitaux « d'encourager activement le retour dans à l'hôpital des femmes médecins mariées et des autres femmes ayant des charges domestiques ou autres ». L'un des moyens suggérés pour ce faire consiste à « scinder en deux temps partiels, ou plus, des postes dont on sait qu'ils sont difficiles à tenir avec un seul temps plein ». Dans ces conditions, les salariés ont moins de désavantages que dans d'autres formes de travail à temps partiel, dans la mesure où, comme en Grande-Bretagne, ceux qui partagent leurs postes jouissent d'une sécurité d'emploi et d'avantages sociaux plus importants que s'ils travaillaient à temps plein. Mais les patrons en ont pour leur argent. Comme l'expliquait un « travailleur partagé » britannique : « Moi et mon équipier faisons ensemble au moins une fois et demie les heures pour lesquelles nous sommes payés. Les demi-travailleurs ne font même pas de pause-thé ! » Dans un rapport publié par la Commission sur l'égalité des chances, en juillet 1981, les avantages qu'y trouvent les employeurs étaient énumérés : souplesse (les « partageurs » peuvent être à deux places en même temps), couverture des périodes de pointe, continuité (si l'un doit s'absenter, l'autre peut faire le travail), et plus d'énergie au travail (ce qui augmente la productivité du poste de travail).
Ces exemples montrent clairement la nature du travail à temps partiel, organisé pour satisfaire les besoins du patronat : faire tourner les machines en continu ou avoir davantage de main-d'œuvre pour des
périodes données, de façon à ne pas devoir embaucher de travailleurs bénéficiant des avantages sociaux conquis par le mouvement ouvrier, que ce soit sur le plan des horaires ou des conditions de travail, des salaires, des vacances payées ou des congés de maladie, etc.
LE MOUVEMENT SYNDICAL
ET LA DÉFENSE DE L'EMPLOI Tous les faits indiquent que le taux de travail à temps partiel va continuer à augmenter, notamment chez les femmes, ainsi que dans d'autres secteurs marginalisés : les personnes âgées, pour lesquelles il est souvent présenté comme un moyen de « facilier l'entrée » dans la période de retraite ; les jeunes, qui sont obligés, ou qui choisissent de le combiner avec la poursuite de leurs études ; les handicapés. En France, par exemple, le pourcentage de femmes travaillant à temps partiel est
Men un an, de 12,2% en 1981 à Le travail à temps partiel chez les hommes a également augmenté, quoique très lentement par rapport au taux général d'accroissement. Mais il est intéressant de noter qu'un rapport de l'OCDE souligne que la « formation continue » est l'argument le plus fréquemment avancé par les hommes qui travaillent à temps partiel. Pour les femmes, ce sont les tâches domestiques, notamment les enfants, qui sont invoquées.
Les syndicats européens semblent avoir un objectif en commun avec le patronat : un temps de travail plus court. Mais la revendication du mouvement ouvrier pour les 35 heures hebdomadaires sans perte de salaire diffère grandement des véritables objectifs patronaux. Comme l'expliquait le Comité de recherche des femmes de la Communauté européenne, dans la perspective des employeurs, un temps de travail plus court ne vise qu'à une meilleure utilisation de la force de travail, notamment une plus grande sou-
CORMNENTALLRE SI NUMERO SPECIAL EUROPE
INPRECOR « SPÉCIAL EUROPE »
EST TOUJOURS DISPONIBLE Le numéro 171 d'Inprecor, daté du 16 avril dernier et entièrement plesse et, avec l'introduction des nouvelles technologies, la possibilité d'accroître syndicats d'Europe de l'Ouest généralement données par la CEE qui non seulement affirment que le choix du temps partiel doit être volontaire, mais également qu'il ne doit pas être discriminatoire, qu'il doit donner droit aux mêmes avantages que le temps plein au pro-rata des heures travaillées, et offrir la même protection droits des travailleurs.
La réponse des syndicats à cette extension du temps partiel varie en fonction de la fréquence de cette forme d'emploi dans les pays respectifs. Par exemple, en Grande-Bretagne, où le taux de travail à temps partiel est très fort (comme le nombre de femmes mariées travaillant, plus de 40 %), les syndicats ne s'opposent pas au temps partiel et se contentent de demander simplement l'égalité des droits consacré à l'Europe, est toujours disponible à la librairie La Brèche, 9, rue de Tunis, 75 011 Paris ou sur commande à l'adresse d'Inprecor.
Ce numéro contient outre l'ApIVe Internationale les élections européennes, d'Ernest Mandel sur les limites du
Marché commun, une analyse des rapports CEE-ACP, une description de l'économie de l'Etat espagnol à la veille de l'entrée dans la CEE, conséquences de l'intégration europour l'économie les effets de la restructuration sidé rurgique en Belgique, un dossier consacré à la coopération européenne en matière militaire et de défense.
C'est un instrument utile de débat et d'analyse qui peut être diffusé dans toutes les initiatives liées à la
PREMIERES
ER
HEE
Manifestation d'un groupe femmes en France. (DR) avec les travailleurs à temps complet. La réponse est similaire aux Pays-Bas, où le pourcentage des femmes qui travaillent est faible et où le travail à temps partiel fournir un travail aux temps complet. Mais même dans les pays où le mouvement syndical est officiellement opposé au développement du temps partiel, comme c'est le cas de la CGT en France, ou des syndicats italiens et allemands, il y a peu de réponses actives du mouvement syndical. Malgré les craintes formulées à juste titre par les syndicats italiens, qui ont peur que le travail à temps partiel ne soit un danger pour l'unité du mouvement ouvrier et un obstacle dans la lutte pour la réduction de la semaine de
Les exemples que nous venons de donner démontrent que le travail à temps partiel n'est offert que pour satisfaire les besoins des patrons et non ceux des travailleurs. Si le « plein temps » impliquait une semaine de travail plus courte, avec les équipements sociaux nécessaires, ce serait une meilleure solution pour les femmes. Le temps partiel les maintient en effet dans une situation de marginali sation au sein du monde du travail, avec des salaires plus bas, une moindre organisation collective. Elles y sont donc à la naux, sans avoir la possibilité de se battre pour défendre leurs intérêts. La meilleure
Men est donnée par un récent rapport de la CEE, qui notait que le taux de chômage parmi les femmes s'est rapidement, de 1981 à 1984, et qu'il atteint désormais 11,3 %, contre 9,3 % pour les hommes. Le chômage des femmes a progressé bien plus vite que celui des hommes même si, pour la CEE, les femmes qui sont en fait au chômage à temps partiel sont comptabilisées dans la
Penny DUGGAN, 16 avril 1984.