Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT)
MEXIQUE
L sno de harcelement à l'encontre du Parti évolutionaire
E gouvernement mexicain a décidé de lancer une campades travailleurs (PRT), la section mexicaine de la IVe Internationale. Il veut, pour ce faire, présenter le PRT comme un parti de provocateurs, fauteur de violences, qui organise des actions incontrôlables semant le désordre, poursuivre juridiquement pour l'obliger à agir dans le cadre du respect de la loi.
Le PRT a durement conquis sa légalisation par la mobilisation et malgré de nombreux obstacles (1). Il a réussi à se faire une place sur la scène politique comme l'une des plus importantes forces politiques d'opposition au régime mexicain. L'actuelle campagne de harcèlement cherche donc à exercer un chantage sur le PRT pour l'amener à reculer dans ses prises de position politiques, en même temps qu'elle prépare l'opinion publique à la perspective de lui infliger des coups encore plus durs, en commençant par sa délégalisation et la persécution de ses militants.
Les attaques contre le PRT cherchent aussi à désorganiser, en les privant de direction, les luttes en cours contre la politique gouvernementale d'austérité et à freiner la croissance de l'implantation du PRT et de la gauche mexicaine parmi les masses travailleuses des campagnes et des
Pedro MARGARITO
Pour s'opposer au programme d'austérité que le gouvernement du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), lié à l'Internationale socialiste, veut leur imposer, les masses laborieuses mexicaines ont mené de grandes luttes ces deux dernières années. Le PRT a joué un rôle très important dans tous ces mouvements sociaux, tant à la direction de certaines de ces mobilisations que dans l'organisation et l'extension de la solidarité et de l'unité des travailleurs. Dans le secteur automobile par exemple, le syndicat de l'usine automobile et de camions Dina-Renault a organisé, en février 1983, une grève pour s'opposer aux réductions de personnel et à la restructuration décidées par le gouvernement. C'est un militant du PRT qui était alors président du comité de grève.
D'autres étaient responsables du syndicat pour les relations extérieurs et d'autres encore occupaient diverses responsabilités dans la conduite de la lutte.
Une intervention efficace en direction de la bureaucratie syndicale de l'Union ouvrière indépendante (UOI), centrale à laquelle est affilié le syndicat de l'entreprise Renault, a permis d'impliquer toute cette centrale syndicale dans la lutte pour la défense du syndicat et du droit de grève (2). En effet, pendant toute une pé-• riode, le gouvernement prétendait ne pas reconnaître la légalité de cette grève.
L'UOI se mobilisa et organisa un meeting de 20 000 travailleurs au cours duquel, et qu'il faudrait que dans le cadre villes. Le gouverne- dans ce pays. justement, son principal dirigeant, Ortega d'une grande grève civique nationale (Paro Civico Nacional) (3).
LA PREPARATION
DE LA GREVE CIVIQUE NATIONALE
Le PRT fut le seul parti politique de la gauche mexicaine à participer à la manifestation qui avait précédé ce rassemblement de l'UOI et à cette réunion ouvrière, en opposition avec l'orientation sectaire des autres organisations politiques. La grève des travailleurs de Renault fut soumise à une terrible pression de la part du gouvernement, et après plusieurs semaines elle dut être arrêtée dans des conditions difficiles, en acceptant le licenciement de 2 500 travailleurs (intérimaires et travailrécemment embauchés). Mais la convention collective et la structure syndicale démocratique qui existaient auparavant ont pu être maintenues,
1. Le 7 octobre 1982, le pouvoir fut contraint de reconnaître que, malgré une fraude massive empêchant le PRT d'avoir un groupe d'élus au Parlement, la candidate présentée par ce parti aux élections présidentielles de juillet 1982, Rosario Ibarra de Piedra, avait obtenu plus des 1,5 % de suffrages nécessaires pour avoir le droit à un enregistrement légal et définitif du PRT. La lutte du PRT pour sa légalisation remonte à 1977 et fut semée d'embûches et de provocations diverses, parmi lesquelles l'assassinat, la même année, d'un de ses dirigeants, Alfonso Peralta. Après avoir tergiversé pour savoir s'il fallait accorder la légalisation au ment considère en effet le PRT comme la direction visible du mouvement de protestation contre sa politique, aussi bien par son activité et son implantation au sein des organisations syndicales et paysannes qu'en dehors d'elles.
C'est la présence du PRT dans les principales luttes ouvrièdans les mobilisations urbaines des quartiers pauvres, ou pour les libertés démocratiques et, plus spécialement, sa place dans la lutte contre la répression et pour le retour des disparus politiques, tout comme son action pour utiliser ses campagnes électorales afin de développer le mouvement des masses populaires, qui a conduit le gouvernement à la conclusion qu'il serait profitable à la bourgeoisie de maintenir le
PRT dans l'illégalité et de le persécuter, plutôt que de courir le risque de le tolérer plus longtemps. Car, selon les propres déclarations gouvernementales, ce parti ne respecte pas les règles du jeu de la légalité bourgeoise mexicaine et refuse de collaborer avec le pouvoir pour freiner la mobilisation des travailleurs.
Les attaques contre le PRT sont donc bien plus qu'un simple affrontement entre un parti politique et un gouvernement.
Il faut les insérer dans le contexte spécifique de la lutte des classes au Mexique. Elles ne sont d'ailleurs compréhensibles général de la montée des luttes de classes permettant ainsi de limiter quelques-uns des pires aspects de la politique de restructurations que voulait imposer la direction de l'entreprise. Depuis lors, la majorité des militants du PRT de chez
Renault ont été licenciés par la direction, en représailles pour leur rôle dans cette grève.
Le PRT reprit à son compte l'idée de la convocation d'une grève civique natio nale, portant le débat sur ce point au sein des organismes unitaires de mobilisation des masses que sont le Front national en défense du salaire, contre l'austérité et la vie chère (FNDSCAC) et le Comité national de défense de l'économie populaire.
Ces organismes regroupent les coordinations de masse de la paysannerie (Coordination nationale Plan de Ayala), du Mouvement urbain populaire (CONAMUP), du corps enseignant avec la Coordination des travailleurs de l'Education (CNTE), démocratique comptant regroupement plus de 100 000 enseignants et luttant
PRT, le régime semble aujourd'hui opter pour une remise en cause de ce statut.
2. L'UOI est une centrale syndicale indépendante des organisations liées au régime. Elle est dirigée par Juan Ortega Arenas, un avocat d'origine politique stalinienne, aujourd'hui opposant virulent du
Parti socialiste unifié mexicain (PSUM), formation résultant de la fusion, fin 1981, du Parti communiste mexicain (PCM) stalinien avec des formations nationalistes.
3. Sur les luttes du printemps 1983 et sur la grève civique du 19 octobre 1983, se reporter à Inprecor numéro 161 du 21 novembre 1983.
contre la bureaucratie du syndicat national (le plus grand d'Amérique latine, avec ses 750 000 affiliés) et, enfin, le Front national contre la répression, qui est également un organisme unitaire.
Toutes les organisations politiques de la gauche mexicaine participent également à ces structures. Les syndicats, par contre, y sont plus faiblement représentés, du fait des limites et du poids que conservent les syndicats liés au régime. Cela ne signifie cependant pas qu'il n'existe pas de grandes luttes syndicales. Ainsi, dans les organismes unitaires que nous venons de mentionner, étaient représentés les syndicats d'enseignants, un ensemble de syndicats importants comme celui du métro - qui fut durement réprimé à la fin 1983 et auquel le gouvernement imposa, par en haut, une direction bureaucratique à sa solde -, un ensemble de syndicats d'entreprise regroupés dans une petite centrale, le Front authentique du travail (FAT), des syndicats en lutte depuis plus de deux ans, comme celui de l'usine de mise en bouteilles de boissons Pascual, et divers courants et tendances syndicales des grands syndicats nationaux.
L'initiative de l'appel à la grève civique a commencé à être acceptée par toutes les organisations unitaires et, au cours du mois de mai 1983, la presque totalité des forces sociales où la gauche mexicaine était présente, s'étaient associées aux discussions concernant sa préparation. Le plus grand succès du processus d'élargissement du débat à d'autres forces fut l'association de l'UOI, centrale syndicale regroupant d'importants syndicats comme ceux de l'automobile (Renault, Nissan, etc.), des travailleurs au sol de l'aéronautique et divers syndicats d'entreprise. Tout en conservant son orientation politique traditionnelle, bureaucratique et sectaire dissimulée sous l'apparence d'une dénonciation de gauche des partis réformistes, l'UOI s'est néanmoins, dans un premier temps, engagée dans les tâches de préparation à la grève civique.
C'est avec l'accord de l'ensemble de ces organisations que fut convoquée, le juin 1983, une grande assemblée ouvrière paysanne et populaire qui devait formellement lancer l'appel à la grève civique générale pour le mois d'octobre suivant. Le gouvernement, comprenant l'ampleur du processus en cours, commença à faire pression sur toutes les organisations, pour empêcher l'organisation de la mobilisation. Les pressions gouvernementales s'appuyant sur les traditions bureaucratiques et sectaires de la direction de l'UOI conduisirent finalement cette centrale à se séparer des préparatifs unitaires de la grève, sous le prétexte que ceux-ci ne pourraient pas aboutir du fait des réformistes, et en prétendant convoquer l'action seule et pour son propre compte. Finalement, l'UOI ne fit rien du tout, ce qui démontra à l'évidence que son retrait du cadre unitaire obéissait aux pressions du gouvernement. Le retrait de l'UOI laissa sans couverture officielle les syndicats qui désiraient participer à l'action. La conséquence en sera la très faible mobilisation de la classe ouvrière lors de la grève civique nationale d'octobre 1983.
Toutefois, l'aggravation de la crise économique était telle et les mesures goul'ensemble des travailleurs que même la bureaucratie syndicale « charra » (soumise au régime) (4), regroupée dans le Congrès du travail (CT), s'est vue contrainte d'appeler à des mobilisations pour l'obtention d'augmentations de salaires. La des travailleurs mexicains (CTM), principale confédération syndicale, dirigée par Fidel Velasquez, en est venue à critiquer, depuis la fin du dernier mandat présidentiel et l'arrivée de De la Madrid au pouvoir en 1982, l'orientation politique du gouvernement, laissant même planer la menace de la grève générale. Cette politique de critiques et de menaces de la part de la bureaucratie syndicale la recherche par cette l'utilisation du chantage au mécontentement ouvrier pour exercer des pressions sur le pouvoir afin d'obtenir, pour elle, de meilleures positions dans l'appareil d'Etat. Mais cela correspond aussi, par ailleurs, à un véritable mouvement de mécontentement en provenance de la base des syndicats.
LES GREVES DE JUIN 1983 Ainsi, la CTM alla jusqu'à convoquer, pour le 9 juin 1983, une grève générale à l'occasion de la révision des salaires et surtout du salaire minimum. Finalement, la confédération « charra » recula, laissant toutefois ses syndicats de base libres d'entreprendre des grèves dans les entreprises ce même jour pour réclamer des augmentations de salaires. L'initiative de la CTM, même avec ses limites, sera suivie par des milliers de syndicats, qui organisèrent des grèves le 9 juin. Les syndicats d'enseignants, la CNTE et divers syndicats démocratiques décidèrent également de se joindre à ce mouvement.
Fidel Velasquez et la bureaucratie syndicale ne voulaient évidemment pas conduire la classe ouvrière vers la grève générale, mais en adoptant la perspective de grèves simultanées, le 9 juin, ils ouvrirent la voie à l'unification des luttes que tant de militants syndicaux attendaient. Pourtant, certains secteurs des directions syndicales locales ne comprenant pas clai-
Meeting populaire du PRT. (DR) rement la signification concrète pour les travailleurs de l'appel de la CTM à la grève, se sont contentés tout simplement de dénoncer la démagogie de la bureaucratie, se refusant ainsi à mettre à profit une occasion d'avancer vers l'unification des
Des directions syndicales, comme celle du syndicat de l'Université nationale autonome de Mexico (STUNAM), refusèrent donc de se joindre à la grève.
Le PRT déploya, quant à lui, toute son influence en faveur de la réalisation autour du 9 juin d'un front unique de la classe ouvrière. Dans les syndicats où intervenaient ses militants, il s'est battu pour faire accepter le principe de l'action et faire déposer des préavis de grève. Là où il disposait d'une influence dans la direction des structures syndicales, le PRT fit tous ses efforts pour que des grèves éclatent en même temps que celles appelées par la CTM. Les syndicats d'entreprise regroupés dans la CTM profi-
4. Le « charrismo » est le nom donné au contrôle du mouvement ouvrier par l'encadrement syndical inféodé au PRI, parti au pouvoir et marqué par la corruption et l'utilisation de méthodes très autoritaires et violentes.
tèrent de l'initiative de leur confédération pour faire éclater, le 9 juin, plus de 4 000 actions dans tout le pays. La bureaucratie syndicale évita cependant soigneusement les grands syndicats nationaux, comme celui du pétrole, le Syndicat unique des électriciens (SUTERM) et celui des chemins de fer, qui sont également affiliés à la CTM, ne partent en grève à la même période. Le PRT jeta toutes ses forces dans le soutien aux grèves et réussit à donner une forte impulsion aux mobilisations grévistes. A Ixtapalapa, cordon industriel situé à l'est de la ville de Mexico, les grévistes défilèrent d'une usine à l'autre, découvrant la fraternité ouvrière et faisant là pour la plupart leur première expérience d'unité avec d'autres travailleurs. Dans l'Etat de Sonora, au nord du pays, où la bureaucratie de la CTM entreprit tions de protestation contre la politique gouvernementale, camion de lait et la distribution de son contenu à la population, l'appel à la grève par presque tous les travailleurs industriels. Dans cet Etat, où l'influence du PRT est considérable dans de larges secteurs des travailleurs de la campagne et de la ville, un haut degré d'unité fut atteint entre les travailleurs mobilisés et les militants du PRT qui se trouvaient à leurs côtés dans l'action en syndicalistes, ou qui leur apportaient, de l'extérieur des entreprises, leur solidarité pour populariser les grèves, organiser des manifestations, etc.
Le gouvernement décida alors d'accorder une augmentation générale exceptionnelle des salaires de 15 %, pour freiner la vague de grèves. Toutefois, étant donné qu'il ne s'agissait pas d'une action de grève générale, il décida également que cette augmentation salariale serait négociée entre chaque entreprise et son syndicat. Le gouvernement donna lui-même l'exemple de la fermeté en refusant, pour affaiblir la gauche, d'accorder cette augmentation au Syndicat des enseignants et au Syndicat de l'industrie nucléaire (SUTIN).
L'expérience du 9 juin renforça l'unité des travailleurs et représenta l'éclatement le plus important de grèves simultanées dans le pays depuis les années 1930, époque où, précisément, se constitua la affaiblit les possibilités d'une participation syndicale massive à la grève civique qui était justement en préparation. En effet, les grèves organisées par la CTM en juin 1983 ont permis à ses syndicats d'obtenir une augmentation salariale exceptionnelle, laquelle fut également accordée à la majorité des syndicats dont les bureaucraties étaient opposées à l'idée d'une grève générale ainsi qu'au dépôt simultané de préavis de grèves. Au sortir du 9 juin, les syndicats démocratiques avaient donc reçu un coup significatif.
Dans ce cadre, l'Assemblée ouvrière, paysanne et populaire qui s'est tenue le 25 juin 1983 a constitué un succès en regroupant, dans une ambiance de lutte, de larges secteurs des travailleurs. Des délégués de 168 organisations sociales et politiques s'y rendirent et s'engagèrent dans la préparation de la grève civique. L'acquis le plus important de cette assemblée fut la décision de constituer un organisme de coordination qui adopterait précisément le nom d'Assemblée nationale ouvrière, paysanne, populaire (ANOCP). Cette assemblée demeure toujours l'organisme unitaire de la gauche mexicaine, des syndicats démocratiques qui agissent en dehors du cadre du Congrès du travail (CT), qui regroupe l'essentiel des organisations syndicales contrôlées par la bureaucratie « charra » à l'exception du SUTIN, qui est memdeux structures à la fois, des organisations paysannes indépendantes (trois d'entre elles participant à l'ANOCP, la CNPA, la Centrale indépendante des travailleurs agricoles et paysans - CIOAC, et l'Union générale des ouvriers et paysans du Mexique - UGOCM-Roja), et des organisations de quartier.
LE POUVOIR VEUT DESAMORCER
LA GREVE CIVIQUE NATIONALE
Pendant les mois de juillet et août 1983, les préparatifs de la grève civique ment. Le gouvernement continua, lui, ses préparatifs de désorganisation du mouvement gréviste. Parmi ces manœuvres, il y eut le refus par le secrétariat au Travail de reconnaître la direction démocratique du Syndicat du métro et sa décision d'accorder sa reconnaissance à une direction « jaune » que les travailleurs désavouèrent. Ces derniers entrèrent en lutte sans pourtant parvenir à infléchir la décision gouvernementale. Immédiatement après de la direction syndicale démocratique par le pouvoir, une campagne de calomnies contre cette direction se déchaîna dans la presse, l'accusant d'avoir fait passer les intérêts des travailleurs au second plan par rapport à ceux du PRT, parti auquel, selon la presse, la direction syndicale aurait fait parvenir 130 millions de pesos (environ 8,5 millions de francs)
les cotisations syndicales. direction syndicale attaquée se défendit gouvernement, en recourant à la mobilisation de masse et en refusant de remettre le local syndical à la direction syndicale « jaune ». Le gouvernement passa alors à un stade supérieur dans la répression et fit occuper le local par la police. Le conflit aujourd'hui enlisé et il est loin d'avoir trouvé une solution définitive, mais le pouvoir a ainsi réussi à affaiblir l'un des plus importants bastions syndicaux de l'ANOCP.
A la fin du mois de septembre 1983, les conditions de préparation de la grève civique n'étaient donc guère avancées. De toutes les organisations politiques de gauche, seul le PRT maintenait une activité régulière et centralisée en vue de cette perspective. Le 3 octobre 1983, date à laquelle l'ANOCP organisait une grande manifestation unitaire dans la ville de Mexico, appuyée par d'autres marches simultanées en province, la situation progressa d'un bond. Plus de 100 000 personnes défilèrent à Mexico et dans beaucoup d'autres villes de province. Ces manifestations furent une réussite. Les deux semaines suivantes connurent une activité intense de toute la gauche et des organisations démocratiques de masse. Des coordinations pour la grève civique se constituèrent dans de nombreuses villes de province, et à Mexico, la coordination établie quelques mois auparavant aux points cardinaux de la région métropolitaine, se renforça.
La grève civique nationale eut lieu le 18 octobre et constitua un grand succès politique. Au cours de cette journée, plus d'un million et demi de travailleurs se mobilisèrent dans des manifestations, des meetings, des blocages de routes, des prises de terres, des arrêts de travail, des défilés permanents devant les bâtiments gouvernements des Etats. Dans quelques Etats où la mobilisation était plus large, il y eut même des occupations de stations de radio pendant quelques minutes, permettant de diffuser des manifestes de protestation contre la politique de famine du gouvernement. La plus importante faiblesse de ce mouvement fut néanmoins la très faible participation syndicale. Cette grève civique fut considérée comme un succès par toutes les organisations participantes et par de larges secteurs de la population. En effet, il s'agissait de la première mobilisation simultanée, à l'échelle nationale, de secteurs des masses de la campagne et de la ville. De plus, cette mobilisation s'était appuyée sur le développement de formes nouvelles de coordination et d'unité. Les organisations de masse qui avaient renforcé leur implantation depuis 1968, dans des conditions très difficiles et soumises aux atdu gouvernement, se trouvaient renforcées dans l'idée que l'unité d'action était possible et que le mouvement de masse disposait déjà d'une importante accumulation de forces.
Cependant, sous l'effet des premiers bilans de cette grève civique, il y eut une surestimation des forces réelles et de la dynamique de lutte qui précipita la décision de convoquer immédiatement une seconde grève civique nationale pour le mois de mars 1984. Il s'agissait alors de faire coincider cette mobilisation avec la révision des salaires et des conventions collectives prévue à cette période pour la majeure partie des syndicats du pays. Il était pourtant erroné de penser qu'en mars 1984 pourrait se répéter, qui plus est de façon amplifiée, l'expérience des grèves de juin 1983. Certes, il existe un mécontentement croissant de la population, du fait de la crise économique et parce que les travailleurs en rendent en grande partie le gouvernement responsable, à cause du gaspillage, de la corrution et de l'incompétence avec laquelle il a disposé des énormes ressources financièprovenant du pétrole prunts extérieurs. La population sait que le gouvernement a mené le pays à la ruine, et aussi que la bourgeoisie, principale bénéficiaire du boom pétrolier, s'est encore davantage enrichie en temps de crise.
Le président de la République, fonction 1970, de la Tendance démocratique centrale du système politique mexicain, subit tout particulièrement une perte de prestige après les expériences des deux derniers mandats, qui se sont terminés dans la crise économique et les scandales publics nés de la corruption. Le mécontentement atteint des couches de plus en plus larges de la population, mais son expression n'est pas linéaire. Et si c'est la révision salariale qui fit exploser la mobilisation en 1983, cela ne voulait pas dire pour autant que la prochaine période de négociations salariales serait automatiquement l'occasion d'une nouvelle mobilisation générale.
ATTAQUES GOUVERNEMENTALES
CONTRE LE SYNDICALISME DÉMOCRATIQUE Le poids des bureaucraties syndicales ouvrier organisé est énorme, et leur contrôle sur les syndicats reste encore déterminant sur la scène politique mexicaine. Les travailleurs haissent les « charros » individuellement, mais il ne sont pas parvenus à un point d'organisation collective tel qu'ils pourraient s'en débarrasser et s'en libérer partout. La bureaucratie se garde bien, d'autre part, de répéter des expériences comme celle du 9 juin 1983, qui peuvent réduire son contrôle sur les masses. C'est pourquoi les révisions salariales du mois de mars 1984 sont en général déroulées dans un contexte social bien plus calme que l'année précédente, les syndicats demeurant sur la défensive pour ne pas subir de nouvelles attaques.
Sachant que la majorité des négociations sur les révisions salariales se dérouleraient sans grèves, le gouvernement pensait que le moment était venu de déclencher une épreuve de force contre l'un des grands syndicats nationaux de l'industrie. Il choisit le Syndicat mexicain des électriciens (SME), qui est précisément celui où les processus de démocratisation sont les plus avancés sur le plan organisationnel, et où la remise en question du plan d'austérité gouvernemental a pris les formes les plus radicales et pas simplement déclama-
La force principale du SME tient avant tout à sa situation géographique au cœur du Mexique industriel (5). Or, ces dernières années, le SME a perdu des positions justement parce que le gouvernement a octroyé à la Commission fédérale d'électricité (CFE) une partie essentielle du secteur d'activité attribué jusqu'alors à la Compagnie lumière et énergie (CLyF) dans laquelle est implanté le SME. Le syndicat implanté à la CFE, le Syndicat unique des travailleurs de l'électricité de la République mexicaine (SUTERM) a donc étendu son influence aux dépens du SME. C'est volontairement que le gouvernement cherche à affaiblir le SME au profit du SUTERM, car ce dernier syndicat est mieux contrôlé politiquement que le SME par la Confédération des travailleurs mexicains depuis la défaite en son sein, au milieu des années dirigée par Rafael Galvan. Le Syndicat mexicain des électriciens demeure cependant très fort et regroupe plus de 11 000 travailleurs. Dans la dernière année, il a acquis une grande légitimité aux yeux de la population, en refusant de collecter un supplémentaire d'électricité, décidé par le gouvernement sous prétexte d'économie d'énergie. Cet impôt avait été créé et appliqué dans le cadre du plan d'austérité, en même temps qu'augmentaient les prix de l'essence et d'autres produits. qu'au lieu de procéder à la révision des clauses de la convention collective qui régissent les relations de travail dans cette entreprise depuis 1936, il fallait en établir une nouvelle. Or, l'ancienne convention collective était, pour les travailleurs, l'une des plus avantageuses du pays, tandis que la nouvelle devait surtout avaliser le consentement du syndicat à une politique de restructuration et de modernisation de l'entreprise qui visait à supprimer plus de 4 000 emplois et à modifier radicalement les conditions de travail. Manifestation à Mexico. (DR)
Pour s'opposer aux propositions de la direction de l'entreprise, le SME déposa un préavis de grève, appela les travailleurs à se mobiliser, et commença à rechercher la solidarité avec d'autres syndicats. Le SME était d'autant mieux préparé pour ce genre de tâches que lors des élections syndicales qui venaient d'avoir lieu, une démocratique et de lutte de classe avait été élue en remplacement de l'ancienne direction liée au Parti populaire socialiste (PPS), une formation petite-bourgeoise empreinte de nostalgies staliniennes. De plus, depuis les années 1930, le SME dispose de structures démocratiques internes, c'est-à-dire d'une assemblée législative, de délégués d'atelier, et d'une tradition de renouvellement périodique, par moitié, de la direction du syndicat. Tout cela a empêché que le SME ne soit victime d'un processus de bureaucratisation identique à celui que le « charrismo » syndical a brutalement imposé dans nombre d'autres syndicats. S'il y a eu phénomène de bureaucratisation du SME, il n'a pas totalement dénaturé les traditions et les structures démocratiques que la base du syndicat se réapproprie aujourd'hui pour répondre aux attaques du gouvernement.
C'est d'ailleurs pour cela que le gouvernement cherche à détruire le SME ou, du moins, à le faire se plier à sa politique d'austérité. Ainsi, avant même la dernière élection syndicale, le gouvernement avait déjà ouvert les hostilités contre la direction syndicale, en l'accusant à maintes reprises d'être un instrument du PRT. Avec la victoire écrasante de la direction syndicale actuelle, la certitude du gouvernement de ce qu'il s'agissait d'un syndicat décisive par le PRT augmenta. Le secrétaire d'Etat à l'Intérieur en vint au point de demander à la direction syndicale qu'elle dénonce ceux de ses membres qui étaient militants du PRT, les menaçant, en cas de refus, d'être tous traités comme tels par le gouvernement.
Finalement, la grève civique nationale, prévue pour le mois de mars 1984, dut être repoussée jusqu'en juin, et une série de journées de luttes préparatoires furent programmées. En revanche, la lutte du SME fit avancer l'unité des travailleurs. La direction de ce syndicat convoqua, en mars, un second Forum de solidarité avec le SME, qui établissait la continuité avec le Forum de condamnation du plan d'austérité, qui s'était tenu en 1982. 68 syndicats se rendirent à ce second forum du SME et condamnèrent le plan d'austérité en des termes très durs. Parmi les syndicats présents, certains étaient membres du Congrès du travail et d'autres non. Le président du CT lui-même participa l'ouverture du Forum, partageant la tribune et prenant part aux débats avec des dirigeants syndicaux indépendants. résolutions du Forum s'orientèrent vers la dénonciation résolue du plan d'austérité et même de l'ensemble de la politique gouvernementale.
La majorité des organisations de gauche conservèrent pourtant une attitude sectaire et demeurèrent dans l'expectative par rapport à la lutte du SME, se refusant même dans certains cas à soutenir le Forum. Le PRT apparut donc encore une fois comme le seul parti de gauche disposant d'une influence nationale à s'être engagé à fond dans le soutien à la lutte des électriciens et dans l'organisation de cette rencontre. Cela acheva de mettre en fureur le gouvernement, car des responsables syndicaux connus comme étant des diri-
5. La Compagnie lumière et énergie du centre (CLyF), où le Syndicat mexicain des électricien (SME) est implanté, est une entreprise publique qui fournit en électricité la plus grande partie des consommateurs industriels et domestiques du centre du pays, c'est-à-dire le District fédéral de Mexico et les Etats voisins, qui constituent le cœur industriel du pays. La CLyF est en voie de liquidation pour être incorporée à la Commission fédérale d'électricité (CFE), où est implanté le Syndicat unique des travailleurs de l'électricité de la République mexicaine (SUTERM), mieux contrôlé par le régime.
geants ou des militants du PRT apparurent en tant que coordinateurs des commissions de travail, lisant à la tribune des résolutions qui étaient approuvées par les dirigeants du Congrès du travail. Face à la menace de grève des électriciens et à la solidarité rencontrée par le SME dans la défense de sa convention collective, le gouvernement recula, et s'il n'a rien concédé de nouveau aux travailleurs, du moins n'a-t-il pas non plus réussi à imposer son projet au syndicat, et le plan d'austérité a essuyé là son premier revers important.
LES MARCHES PAYSANNES, UN REVERS POUR LE REGIME Le deuxième revers infligé à la politique gouvernementale le fut quelques jours après, à la fin mars et au début avril. Ce sont les masses paysannes qui, par leur mobilisation, ont exprimé leur opposition à l'orientation antipopulaire de la politique du gouvernement. Depuis octobre 1983, au sein de la coordination nationale Plan de Ayala, coordination unitaire des organisations paysannes indépendantes, se discutait l'initiative de convoquer à un rassemblement de marches de paysans qui, partant de tous les coins du pays, se rendraient à la ville de Mexico pour le 10 avril, date du 65e anniversaire de l'assassinat de Zapata lors de la révolution mexicaine. En décembre 1983, et toujours suivant les lignes maîtresses du plan d'austérité, le gouvernement imposa à la Chambre des députés un ensemble de réformes de la Loi fédérale de réforme agraire, qui constituait une attaque brutale contre les conquêtes historiques et les aspirations des paysans. La nouvelle législation rend ainsi plus rapides les mesures de protection de la propriété privée à la campagne en faveur des propriétaires terriens, tout en introduisant dans le même temps de grandes complications légales pour l'examen des demandes de terres de la part des paysans pauvres. Cette nouvelle loi renforce aussi l'ingérence gouvernementale dans la vie des communautés rurales et indigènes, notamment en ce qui concerne les terrains communaux, et le poids des caciques et des gouvernements locaux à l'encontre de l'activité démocratique des paysans pour veiller sur leurs biens et en contrôler l'usage. Mais, surtout, elle facilite énormément les voies légales de pénétration du capital dans les campagnes.
En outre, l'agriculture mexicaine continue à se débattre dans une crise aiguë qui touche aussi bien la production des matières premières agricoles que celle de l'alimentation de base, les secteurs traditionnels que les secteurs modernes. Le chômage rural, la faillite de la petite agriculture, l'émigration massive vers les centres urbains et vers les Etats-Unis ne font que croître, car les perspectives s'assombrissent chaque jour davantage pour les paysans, dans le cadre de la crise économique généralisée. La répression contre les masses rurales augmente en violence et les assassinats, emprisonnements, déplacements de populations,
Contre l'austérité du gouvernement du PRI. (DR) incendies de maisons et persécutions de paysans qui luttent pour leurs droits sont leur pain quotidien.
Les paysans ont donc accepté l'idée de ces marches comme une façon de montrer leur mécontentement envers la politique du gouvernement. Certaines colonnes se mirent en route dès le 26 mars, parcourant par petites étapes plus de 1 000 kilomètres, à pied ou juchés sur leurs engins. Sur les chemins et dans les villages, ils étaient accueillis et nourris, et de nouveaux groupes venaient grossir leurs rangs. Plusieurs caravanes se formèrent ainsi. L'une venait du sud-est, celle qui, sans doute, eut à faire le plus gros sacrifice, une autre venait du nord-ouest, une autre de l'ouest, une autre encore du nord, une du sud, et une autre de l'est. Elles arrivèrent toutes dans les villes qui entourent Mexico. Ainsi, à Puebla, Toluca, Queretaro et Morelos se rassemblèrent les contingents venus de tous les coins du pays. Le 10 avril, des colonnes Travailleurs à la recherche d'un emploi. (DR)
ABAJO •( N AUSTERIDAD PRISTA PARiDO KA de manifestants entraient dans la ville de Mexico, attirant l'attention du pays tout entier, pendant que la circulation de trois millions d'automobiles était bloquée et que les principales artères de la ville étaient pleines de marcheurs paysans. Les caravanes de marcheurs atteignirent dans l'après-midi la place du Zocalo, accompagnées par des contingents de la CIOAC et de l'UGOCM-Roja. Le soir, il y avait plus de 25 000 paysans sur cette place.
L'ANOCP s'était jointe aux marches paysannes, avec l'accord de leurs organisateurs, dans le cadre des journées préparatoires à la seconde grève civique nationale. Les forces populaires s'étaient mobilisées longtemps avant le 10 avril pour recevoir les paysans, pour leur trouver des endroits où dormir, leur fournir de la nourriture et de l'argent, de sorte que ces mobilisations furent également l'occasion d'une magnifique journée de solidarité prolétarienne. Ouvriers, paysans et habi-
rent et le gouvernement fut contraint de la provocation du ler mai et en accusant tants des quartiers populaires pagnèrent les marcheurs sur la place du Zocalo, et le meeting de clôture a réuni plus de 80 000 personnes soutenant leurs
Le gouvernement se vit obligé de négocier sur trois fronts, dications de terres, les demandes démocratiques de libération des paysans emprisonnés et la fin des assassinats et des persécutions et, sur le front économique, les revendications de crédits, de justes produits agricoles et le développement des services publics nécessaires aux communautés rurales. Ces marches furent un succès, car elles démontrèrent la gravité du problème agraire, donnèrent la mesure paysan et firent avancer l'unité au sein du monde rural, ainsi que l'alliance entre ouvriers et paysans. Toutes les tentatives gouvernementales pour discréditer cette
Men la dénonçant comme une manœuvre de partis politiques échouèboire la coupe jusqu'à la lie lorsqu'il dut négocier avec des dirigeants paysans dont il savait pertinemment qu'ils étaient aussi des militants du PRT.
LE PRT DANS LE COLLIMATEUR
C'est dans ces conditions qu'arriva le ler mai. Les masses laborieuses avaient déjà vécu trois ans de crise économique aiguë, de détérioration croissante de leur niveau de vie et accumulé une importante rancœur contre la politique du gouverne. ment. C'est pourquoi, lorsque la bureaucratie syndicale les a invitées, dans son optique propre, à profiter du 1er mai pour exprimer leur protestation, elles l'ont fait à leur manière et à L'immense majorité des banderoles exprimait le mécontentement populaire, même si quelques-unes re les traditionnelles louanges au président de la République en exercice. Mais c'est surtout dans les insultes criées au président, dans les sifflets et les poings levés que ce mécontentement s'exprima avec toute la haine accumulée par les jours de misère et la souffrance quotidienne.
Personne ne put faire taire tous ceux qui criaient à l'endroit du gouvernement « Oeil pour œil, dent pour dent ! » mot d'ordre le plus repris par la grande majorité des travailleurs qui défilaient sous le balcon présidentiel et qui insultaient le président De la Madrid. La manifestation du ler mai, qui était auparavant l'occasion favorite des bureaucrates syndicaux pour faire ratifier leur appui au gouvernement et entraîner les ouvriers à un soutien insipide au président de la République, se transforma cette année en une gifle magistrale à ce même président donnée par un million et demi de travailleurs. En insultant le président de la République, ces travailleurs trouvèrent l'occasion d'exprimer en peu de mots leur courage et leur malheur, même si ces réflexions populaires ne reflétaient pas entièrement leur nouveau degré de prise de conscience de classe.
L'ANOCP, qui n'avait qu'un petit cortège, comparé à la foule immense des ouvriers présents ce jour-là, put néanmoins se frayer un chemin et s'exprimer ouvertement face au balcon présidentiel. Mais cette expression combative fut mise à profit pour monter une provocation contre la gauche. Du cortège de l'ANOCP jaillirent plusieurs cocktails molotov lancés contre le palais présidentiel, l'un de ces projectiles y entrant même par le balcon et causant des brûlures à quelques fonctionnaires présents. Il fallait cette provocation pour mieux cacher l'ampleur du mécontentement exprimé ouvriers le ler mai et pour faire apparaître le PRT, parti qu'on rend responsable des actions de l'ANOCP, comme un parti de provocateurs irresponsables. Velasquez, dirigeant de la CTM et vieil expert en manœuvres bureaucratiques, en a profité pour tenter de gagner les bonnes grâces d'un président désavoué, en faisant tout un scandale sur concrètement le PRT et la CIA d'avoir organisé ensemble cette provocation.
Le président lui-même ouvrit le feu par un discours anticommuniste hystérique, parlant de « ceux qui veulent détruire le Mexique », de prétendues « ingérences étrangères », etc. Divers éditorialistes ont cependant refusé d'accréditer ces attaques, mais le gouvernement a vu là une occasion de frapper ce parti de façon décisive. Pour le moment, le secrétariat d'Etat à l'Intérieur a menacé que le 5 juin 1984, date prévue pour la prochaine grève civique nationale, serait le jour choisi par le gouvernement pour prendre une décision déTora finitive au sujet du PRT. Si ce dernier persiste à vouloir organiser la grève civique, le gouvernement y verra une preuve que ce parti veut une confrontation et y répondra avec tous les moyens dont il dispose. Déjà, les porte-parole officiels du gouvernement ont déclaré que puisque le PRT était un parti qui ne respectait pas les règles du jeu, « on oubliera de tenir des élections régulières en 1985 ». Cela signifie clairement qu'il a été décidé, en haut lieu, d'illégaliser le PRT après ces élections, en manipulant les résultats électoraux. Comme ce fut déjà le cas en juillet 1982 pour empêcher que ce parti n'accède à la Chambre des députés et, plus tard, pour l'empêcher d'avoir des élus dans les conseils locaux, y compris en élevant le pourcentage légal de voix nécessaire et en refusant de reconnaître ses succès aux élections municipales
Les luttes sociales vont suivre leur cours. Les révolutionnaires peuvent, par leur action, améliorer les conditions du déroulement de ces luttes et ne devront pas renoncer à développer la mobilisation et l'unité des travailleurs. Aux chantages du gouvernement, le PRT a répondu en défendant ses droits démocratiques et son droit à la légalisation. Il continuera à défendre son droit d'organisation en participant aux luttes et en appelant à la solidarité active des travailleurs et de l'ensemble des partis de gauche et du mouvement de masse. Face au chantage gouvernemental, sa réponse est claire et sans compromission : « Le PRT ne se mettra pas à geпоих ! »
Pedro MARGARITO, Mexico, 20 mai 1984. Manifestation du PRT lors de la campagne électorale de 1982. (DR) RT