Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

EL SALVADOR

La révolution salvadorienne, cible de l'impérialisme américain

· Inprecor n° 177, 9 juillet 1984 · p. 19-26 · 8 875 mots

El Salvador États-Unis Syndicalisme Amérique centrale

tion importante, depuis la période pré-insurrectionnelle du début de l'année A lutte révolutionnaire salvadorienne a connu, ces dernières années, une muta-

/ 1980 jusqu'à celle de la guerre civile proprement dite, puis à celle d'aujourd'hui, caractérisée par l'actualité de plus en plus grande d'une intervention étrangère directe contre la guérilla. A chacune de ces phases successives, des problèmes cruciaux de stratégie politique et militaire révolutionnaires et d'unité d'action se sont posés aux pondu sans ne jamais rien rétrocéder d'essentiel à la dictature et à l'impérialisme, dictature. Cela ne signifie pas pour autant que le FMLN n'ait commis aucune erreur d'appréciation dans la conduite de son combat, ou que cette évolution n'ait pas eu d'incidences dans ses débats internes. Dans un récent bilan d'activité. le FMLN reconnaissait d'ailleurs l'existence de telles erreurs en affirmant : « Le FMLN n'a pas fait un seul pas en arrière dans son processus d'accumulation des forces, malgré les erreurs

Comprendre l'enchaînement de ces divers moments de la lutte révolutionnaire du peuple salvadorien, analyser les risques réels d'invasion impérialiste en Amérique centrale, est nécessaire non seulement pour appréhender correctement les positions et l'action des forces du FMLN, mais aussi pour définir les tâches urgentes de solidarité interde l'impérialisme US forces populaires. politiques et militaires commises. (1) » nationaliste qui s'imposent avec la révolution salvadorienne. Vincent KERMEL

La guerre civile salvadorienne plonge ses racines dans la période de brusque accélération des luttes populaires antidictatoriales et d'accumulation des forces révolutionnaires intervenue dans la dernière

La radicalisation politique qui s'en est suivie a constitué le terreau favorable au développement d'organisations politico-militaires apparues dans les années 1970, en 1970 pour les Forces populaires de libération Farabundo Marti (FPL), en 1971 pour l'Armée révolutionnaire du peuple (ERP), puis en 1975 pour les Forces armées de la résistance nationale (FARN). Ces organisations se situaient en rupture avec les orientations réformistes du Parti démocrate-chrétien (PDC) bourgeois et du Parti communiste salvadorien (PCS), qui détenaient alors l'hégémonie politique sur le mouvement ouvrier

LA PÉRIODE D'ACCUMULATION

DES FORCES La croissance de ces organisations révolutionnaires clandestines prônant la lutte armée contre la dictature s'est nourrie de la crise de direction politique du mouvement populaire consécutif à la faillite des stratégies électoralistes, devenue évidente après les fraudes électorales commises par la dictature en 1972 et en 1977. La perte de crédibilité de la politique du PCS, d'alliance électorale avec la démocratie chrétienne, approfondira encore cette crise d'orientation politique. Ainsi s'accéléra le processus d'organisation et

La révolution salvadorienne

cible

de radicalisation de secteurs de masse avec lesquels les révolutionnaires se montreront capables de tisser des liens étroits.

Sensibles en effet à l'activité revendicatrice d'un important prolétariat urbain et agricole, tirant les leçons de la répression de l'insurrection paysanne de 1932 et de l'échec de diverses tentatives guérilléristes en Amérique latine dans les années 1960, les organisations politico-militaires revolutionnaires orienterent leur activité armée en relation avec le développement du mouvement de masse. Sous leur impulsion se constitueront donc des fronts politiques de masse à partir du milieu des années 1970, tout d'abord 1974 le Front d'action populaire unifié (FAPU) lié aux FARN, puis en août 1975 le Bloc populaire révolutionnaire (BPR) lié aux FPL, et en 1977 les Ligues populaires du 28 février (LP 28) liées à l'ERP. Ces structures étaient conçues comme des fronts politiques chapeautant les différentes organisations de masse, syndicales et populaires, contrôlées par les organisations politico-militaires clandestines (2).

La gauche révolutionnaire gagna ainsi progressivement du terrain dans le mouvement de masse en pleine structuration, y compris dans le milieu rural, où elle fit ses premières expériences d'organisation de l'auto-défense des masses paysannes contre les exactions des groupes armés organisés par l'oligarchie terrienne. Cette évolution ne s'accompagna cependant pas simultanément d'une avancée comparable dans le domaine de l'unité d'action entre différentes forces révolutionnaires clandestines. Il y eut même de ses traces de sectarisme et de méfiance

C'est ainsi qu'en 1974-1975, autour de la question du lien entre travail de masse et action armée, éclata par exemple la violente scission au sein de l'ERP, qui donnera naissance aux FARN et durant laquelle le poète Roque Dalton trouvera la mort. Ces événements tragiques hypothèqueront pendant longtemps les relations entre ces deux organisations.

Pour comprendre le décalage relatif existant entre le rythme du processus d'unité d'action des forces révolutionnaires et l'évolution de la radicalisation de la situation politique, il faut garder à l'esprit le fait que, d'une part, l'origine et la trajectoire politique des organisations révolutionnaires salvadoriennes sont très diverses et que, de l'autre, les événements se précipiteront après juillet 1979. Tandis que les FPL étaient créées par un noyau de dirigeants issu d'une scission du PCS, produit des débats internes provoqués par la révolution cubaine et la « guerre du football » de 1969, l'ERP comme les FARN sont la résultante de la radicalisation de courants progressistes chrétiens. La révolution cubaine a certes unifié d'une certaine manière la radicalisation de ces divers courants, mais le rapport des différentes organisations révolutionnaires avec le mouvement de masse prendra la forme d'une double démarcation : tout d'abord par rapport aux réformistes, mais aussi envers les autres groupes révolutionnaires. Cette situation se fondait évidemment sur des divergences réelles d'appréciations stratégiques, de références internationales, le tout aussi alimenté par les conditions de la lutte clandestine (3). En conséquence, des divisions se maintiendront dans le mouvement de masse entre les organisations syndicales et populaires affiliées aux différents fronts politiques des organisations clandestines.

Cet état de fait n'était pas dépassé lorsque la victoire de la révolution nicaraguayenne, en juillet 1979, donna un coup de fouet à la situation politique régionale, et ce même si, toutes tendances confondues, le mouvement révolutionnaire se trouvait alors globalement dans une position de force au sein du mouvement de masse.

LE CHEMINEMENT

DU PROCESSUS UNITAIRE est l'offensive déclenchée par le orces revolutionnaires, apres le cou

1. Situation révolutionnaire et escalade interventionniste dans la guerre salvadorienne, commandement général du FMLN, Morazan, janvier 1984. Publication de Radio Venceremos, p. 28.

2. Ainsi, par exemple, le BPR revendiquait à la fin des années 1970 plusieurs dizaines de milliers de militants et incluait, entre autres, la Fédération des travailleurs agricoles (FTC), la Fédération syndicale révolutionnaire (FSR) et l'Association nationale des enseignants du Salvador (ANDES). Le FAPU comprenait notam ment de son côté la Fédération nationale syndicale des travailleurs du Salvador (FENASTRAS).

3. Pour une analyse de la genèse historique des courants révolutionnaires salvadoriens, se reporter à Inprecor numéro 70 du 21 février 1980.

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d'Etat militaire du 15 octobre 1979 renversant le régime du général Humberto Romero, qui mit en échec la tentative soutenue par l'administration américaine de Jimmy Carter de désamorcer, par quelques réformes, la crise révolutionnaire en gestation. L'alternative réformiste de la junte de gouvernement mise coup d'Etat et associant le PDC, le PCS et le Mouvement nationaliste révolutionnaiformation petite-bourgeoise liée à la social-démocratie internationale, capotera sous l'effet conjugué de l'aiguisement des affrontements de classe consécutifs à l'action révolutionnaire, et de la résistance acharnée des couches dominantes à l'application du programme de réformes proposées par la junte (réforme agraire, nationalisation des banques, musellement des commandos de la mort, etc.).

A l'opposé des espérances de l'impé rialisme US, la nouvelle situation ouvrit donc encore un peu plus la voie à une solution révolutionnaire de la crise d'une dictature maintenue intacte. Le départ du PCS du gouvernement, en décembre 1979, et celui du MNR, seront la conséquence directe de l'écho grandissant des propositions des révolutionnaires dans les masses populaires. Ainsi se développera, début 1980, une nouvelle phase de radicalisation du mouvement ouvrier et populaire, qui s'exprimera par d'immenses mobilisations de rue. L'accélération de ces affrontements de classe, et sans doute aussi l'exemple nicaraguayen, amenèrent alors les forces révolutionnaires et populaires à s'engager sur le chemin de l'unité d'action systématique, dans une perspective de plus en plus clairement affichée de préparation d'une insurrection générale.

donna lieu à un processus unitaire de la mobilisation des masses laborieuses, et qui s'étalera sur toute une année pour donner naissance au FMLN, le 9 octobre

Cette démarche unitaire des forces ouvrières et populaires, sous la conduite des organisations révolutionnaires, tranchait avec les expériences unitaires antérieures dominées par les courants réformistes et bourgeois. Dès la fin 1979, se mit tout d'abord en place une coordination politique et militaire entre le PCS, les FPL et les FARN. Le manifeste commun de ce front unique des organisations ouvrières, publié le 10 janvier 1980, affirmait : « Personne ne doit plus se méprendre. La seule véritable alternative efficace de solution à la crise nationale au profit du peuple est la révolution populaire armée, dont les forces mûrissent de façon accélérée au sein du peuple. (4) » Du fait de ses différends avec les FARN, l'ERP se tint encore à l'écart de ce regroupement, même si les FPL maintinrent des rapports bilatéraux avec elle et avec le Parti révolutionnaire des travailleurs centroaméricains (PRTC), de création plus récente.

Le 11 janvier 1980, l'unité connut un progrès décisif avec la constitution de la Coordination révolutionnaire de masse des organisations populaires (CRM), qui réunit les fronts de masse de toutes les or-

San Salvador, 28 mars 1982 : élections sous surveillance. (DR) ganisations politico-militaires BPR, LP 28) et l'Union démocratique nationaliste (UDN) liée au PCS. Plus tard s'y rallia le Mouvement de libération populaire (MLP), lié au PRTC. La CRM organisa la plus grande manifestation populaire de l'histoire du Salvador, qui rassembla environ 250 000 personnes dans la capitale, le 22 janvier 1980. Ce processus d'unité sous direction révolutionnaire accrut encore l'audience des organisations politico-militaires et renforça leur capacité de mobilisation et leurs liens avec d'importantes fractions du mouvement

L'unité s'approfondira encore avec la constitution, en avril 1980, du Front démocratique révolutionnaire (FDR), sur la base d'une plate-forme de renversement de la dictature et de réformes profondes. Le FDR - qui incluait, outre les formations partie prenantes de la CRM, différentes structures syndicales et populaires, et des forces d'origine bourgeoise comme le Mouvement populaire (MPSC), scission du PDC alors au gouvernement, et petite-bourgeoise comme le représentait un degré supérieur d'unification des couches antidictatoriales, et donc un pas supplémentaire sur la voie de l'isolement de la dictature. Le FDR était d'autre part placé sous la direction des forces révolutionnaires armées, reconnaissait l'autorité Pendant ce temps, les contacts se poursuivaient au niveau des organisations clandestines, et le 22 mai 1980 se forma une Direction révolutionnaire unifiée (DRU), composée des FPL, des FARN, de l'ERP et du PCS. La DRU se définit alors comme « une direction unifiée chargée de tracer et d'exécuter une ligne politique et militaire unique pour toutes les organisations, de diriger la guerre révolutionnaire de notre peuple héroïque jusqu'à la victoire, jusqu'à l'instauration d'un gouvernement démocratique révolutionnaire, et jusqu'à l'introduction des profonds changements politiques, économiques et sociaux. (...) » (5) Cette DRU connaîtra des difficultés internes avec le retrait des FARN en août 1980. La divergence semble avoir porté entre autre sur un désaccord concernant une action gréviste organisée dans la capitale par le syndicat FENASTRAS contrôlé par le FAPU lié aux FARN. Plus généralemanifestèrent unitaire au seul stade de la coordination. La DRU dénonça violemment, à l'époque, dans un communiqué, individualistes, hégémonistes, aventuristes et même golpistes des dirigeants de la Résistance nationale qui se sont exprimées dans des actions hors du cadre de ce qui avait été décidé dans la DRU, et dans la non application, dans la pratique, des décisions prises. » (6) Quelques mois plus tard, le 9 octobre 1980, se créa cependant le FMLN, défini comme une « organisation militaire unique », disposant d'un commandement unique dans le cadre d'une « stratégie et une tactique de guerre populaire unique ». Après plusieurs semaines de discussions, les FARN et le PRTC s'y intégreront. Toutefois, le débat sur la conception de l'unité du FMLN n'était pas clos pour autant. Il rejaillira quelques mois plus tard sur la question des modalités de prise de décision du commandement général du FMLN.

DE LA MOBILISATION URBAINE

ET L'INSURRECTION DE 1981 La création du FMLN comme cadre de front unique de la lutte politique et militaire pour le renversement de la dictature interviendra toutefois à un moment où la situation du mouvement de masse urbain s'était modifiée, du fait de la limi-

4. Cité par Rouge, hebdomadaire de la

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60% des familles paysannes, qui sont cé par le colonel Majano. La crise des tation, par la répression, de ses possibilités d'expression démocratique. En effet, dès après les actions grévistes de février 1980, la dictature se lança dans une contre-offensive militaire destinée à faire reculer la mobilisation populaire. stratégie répression « officielle » des manifestations, interdiction des partis politiques, encadrement militaire des villes, et actions parallèles des groupes para-militaires (assassinats de dirigeants ouvriers, provocations contre les manifestations de rue, etc.), la dictature parvint, en quelques mois, à porter de sérieux coups au mouvement de masse dans la capitale. La tactique consistait à terroriser massivement la population par les assassinats commis par les escadrons de la mort et les ratissages des quartiers populaires, tout en effectuant une répression plus sélective afin de décapiter le mouvement ouvrier et

De ce point de vue, la répression brutale de la manifestation de fin mars 1980 organisée pour protester contre l'assassinat de l'archevêque de San Salvador, Oscar Romero, illustra cette transformation des conditions d'activité politique mouvement de masse urbain dans la capitale. Entre janvier et juin 1980, 2 000 personnes furent assassinées et, à la suite des grèves de juin et d'août 1980, des syndicats seront violemment réprimés : arrestation de la direction du syndicat de l'électricité STECEL, militarisation des entreprises d'électricité et des administrations, interdiction de certains syndicats ... En novembre 1980, une partie publique du FDR fut assassinée et, lors de l'enterrement de ces dirigeants populaires, les conditions de répression ne permirent pas d'organiser rassemblement de plus de 5 000 personnes assurant sa propre auto-défense. Le FDR sera amené à suspendre par la suite certaines de ses initiatives de masse, du fait de la répression. Reprenant ainsi l'initiative dans la capitale, la dictature parvint à bloquer la dynamique insurrectionnelle urbaine, qui commençait à s'enclencher avec l'incorporation nouveaux secteurs des masses laborieuses dans les rangs des forces populaires dirigées par les révolutionnaires.

Cela ne signifia pas pour autant un renversement des rapports de forces en faveur de la dictature à l'échelle nationale. L'évolution négative de la situation du mouvement de masse dans la capitale était en effet compensée par un développement de l'action du FMLN sur le terrain de l'activité militaire et un renforcement de ses points d'appui dans le reste du pays. Cela fut rendu possible parce que les organisations révolutionnaires disposaient d'une certaine préparation à cette perspective et d'une implantation dans le mouvement de masse paysan de plusieurs régions du pays. Or, le poids politique du secteur des ouvriers agricoles et petits paysans est loin d'être négligeable dans un pays où ces couches représentaient, en 1975, 60 % de la population, et où la question de la terre et de l'affrontement avec l'oligarchie est centrale pour composées de saisonniers, de travailleurs migrants, de paysans sans terre ou disposant seulement de parcelles de moins d'un hectare (7).

Cette disposition du FMLN à résister à la contre-offensive militaire dictature durant l'année 1980 et sa capacité à se transformer en quelques mois en une réelle force armée, constitua la garantie de la poursuite du processus révolutionnaire, mais déjà, les conditions de la réalisation rapide d'une grève générale insurrectionnelle dans les bains ne semblaient plus réunies.

Cette situation alimenta les discussions sur les perspectives de la lutte entre les différentes conceptions stratégiques en présence au sein du FMLN et sur les modalités internes de prise de décision. Les deux grands pôles politiques de l'époque opposaient les FPL, qui se revendiquaient d'une stratégie de guerre populaire prolongée assortie du renforcement des zones par les révolutionnaires et d'une orientation de stricte alliance ouvrière et paysanne, à celle de l'ERP, favorable à une perspective insurrectionnelle à court terme et, dans ce cadre, à de Plutôt sous l'influence de cette dernière conception, le FMLN lança, en décembre 1980 et janvier 1981, une offensive générale, alors parfois qualifiée de « finale » par certains de ses responsables. Celle-ci comportait deux volets. Tout d'abord, une offensive militaire à l'échelle nationale, à partir de la mi-décembre, qui fut un succès indéniable dans la mesure où elle signifia la prise de l'initiative militaire par le FMLN, mit à nu la vulnérabilité des forces gouvernementales et constitua un progrès dans l'action conjuguée des forces combattantes populaires au-delà même de toutes les faiblesses enregistrées en cette occasion. L'autre volet, celui de la grève générale illimitée appelée à la mi-janvier par le FDR, et qui devait se dénouer en une insurrection populaire dans la capitale, connut un échec. Les masses urbaines ne s'y engagèrent pas massivement et les secteurs grève furent durement réprimés. Cette offensive de janvier 1981 marqua l'entrée du combat révolutionnaire dans sa phase de guerre dite, l'impérialisme américain, réagissant coups portés aux forces gouvernementales en constituant le premier bataillon stratégique salvadorien Atlacatl.

Le FMLN sortit donc de toute cette période renforcé au niveau militaire, mais confronté dans le domaine politique à des problèmes d'une extrême complexité, qui constituaient d'une certaine manière un véritable défi au schéma révolutionnaire de prise du pouvoir par la combinaison d'une offensive de guérilla avec un soulèvement populaire généralisé des masses

Plusieurs éléments furent mis en évidence par l'action de janvier 1981.

En premier lieu, les clivages attendus au sein des forces armées de la dictature restèrent finalement limités à la désertion d'une partie de la garnison de Santa Ana, malgré l'appel à la rébellion lanforces armées gouvernementales ne prit donc pas la forme spectaculaire d'un éclatement sous le choc de l'action militaire du FMLN et du ralliement de larges fractions à la lutte antidictatoriale. Certes, des divergences tactiques traversèrent l'appareil militaire, mais, malgré la démoralisation rampante, les désertions régulières et les pertes matérielles et en vies humaines, le noyau central de la hiérarchie militaire, expression de l'olisalvadorienne, solidement soudé, le rôle de l'impérialisme devenant de plus en plus déterminant sur ce plan. Cela imposa donc, pour s'y affronter, des tâches militaires particulièrement ardues pour le FMLN, et notamment la constitution d'une véritable force armée

En second lieu, les masses populaires de la capitale, terrorisées par la répression et en partie désorganisées, ne se soulevèrent pas spontanément à l'appel du FDR, en janvier 1981. De nombreux secteurs des masses se montrèrent réticents à s'engager dans une grève générale illimitée, car, pour toute une fraction du mouvement populaire, le FMLN n'apparaissait pas en mesure d'assurer efficacemen l'auto-défense de ces actions contre la répression et leur transcroissance immédiate, sans coup férir et au moindre coût humain, vers le renversement révolutionnaire de la dictature. Du point de vue même de la maturité des conditions des affrontements de classe dans les centres urbains, il semble donc que l'offensive militaire du FMLN soit arrivée trop tard. C'est d'ailleurs ce que reconnaît un texte de cette organisation, qui précise que « cette action (l'insurrection de janvier 1981, ndlr.), malgré sa réalisation tardive par rapport au point critique de la situation révolutionnaire (janvier à juin 1980), se convertit en un saut actif d'accumulation de forces » (8).

LA PHASE DE LA GUERRE CIVILE

(1981-1982) Dès lors, le FMLN fut confronté à nécessité de trouver les moyens pour relancer le développement des conditions de préparation au déclenchement d'un soulèvement populaire généralisé. Pour cela, il dut rechercher les médiations pour intégrer à son combat des secteurs masses populaires qui ne s'y étaient pas encore incorporées, notamment dans la capitale, et qui, de ce fait, représentaient une marge de manœuvre potentielle pour les forces bourgeoises. En effet, non seulement ces secteurs avaient directement été affectés par la répression, mais encore les liens organiques du FMLN avec le mouvement des masses urbaines avaient été distendus pour les mêmes raisons. Le départ de nombreux cadres dirigeants du mouvement de masse vers les zones contrôlées par la guérilla, soit pour des rai-

Review, numéro 122, juillet-août 8. Document du FMLN de janvier 1984,

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sons de sécurité, soit pour participer à des tâches d'organisation militaire, accentuèrent encore cette désorganisation du mouvement populaire cette question n'était nullement résolue lorsque la dictature organisa les élections législatives en mars 1982.

Le boycott électoral prôné par le FMLN prit donc, dans les zones qu'il ne contrôlait pas directement ou dans lesquelles il n'avait pas de présence active régulière, la forme d'actions de sabotage menées par des colonnes de guérilleros auxquelles la participation populaire était réduite. Cette tactique ne parviendra pas véritablement à empêcher la tenue de ces élections dans les zones où les forces gouvernementales en assuraient la protection. Le document du FMLN cité précédemment reconnaît d'ailleurs partiellement ce problème, lorsqu'il précise que « le FMLN tenta de répéter de manière consciente ou inconsciente le schéma de la "grande offensive", le 28 mars 1982, et bien qu'il n'ait pas atteint les principaux objectifs, il réussit à accumuler de nouvelles expériences tactiques qui lui permettront ensuite de faire un grand progrès qualitatif dans le domaine militaire. Cependant, sur le terrain politique, il se produisit une crise temporaire qui dura de mars à juin 1982, période pendant laquelle le FMLN réadapta ses forces et sa tactique » (9). L'état-major du front oriental du FMLN. (DR)

Néanmoins, malgré ces difficultés à remobiliser largement les masses laborieuses urbaines sous sa direction, le FMLN n'en perdit pas pour autant la large base populaire et ouvrière qu'il conservait à travers tout le pays, y compris au-delà des zones qu'il contrôlait directement. Mais l'on assista de plus en plus à une différenciation d'attitude assez propre d'ailleurs à la situation de guerre civile que vivait la population, entre, d'une part, l'engagement dans le combat révolutionnaire armé des masses populaires des zones contrôlées par le FMLN ou disputées à la dictature, et, d'autre part, la désorientation et la peur, qui influençaient le comportement de la fraction des masses populaires des zones sous contrôle des trouvera dès lors contraint de ne plus envisager systématiquement le soulèvement généralisé comme un prolongement immédiat de toutes ses actions militaires d'envergure.

A partir de 1982 et de la résistance du FMLN à l'offensive post-électorale des forces gouvernementales dans les zones qu'il contrôlait, l'affrontement prit encore de plus en plus les formes d'une guerre civile. Le FMLN modifia alors sa tactique militaire. Aujourd'hui, il estime qu'à partir de cette date, « les idées de l'insurrection déclenchée à volonté et de la "grancessèrent d'être des éléments régissant les plans du FMLN, du fait qu'il y avait une meilleure compréhension des caractéristiques que la guerre révolutionnaire avait déjà prises » (10). La consolidation des zones contrôlées par la guérilla, l'établissement de couloirs de communication sûrs entre elles, et l'action lancée sous l'appellation de campagne « Commandante Gonzalo », en juin 1982, illustra cette réorientation sur le terrain militaire. Il s'agissait dès lors, pour le FMLN, d'user les forces répressives gouvernementales et d'accroître la crise de la dictature par une série d'actions armées ne visant pas à une prise du pouvoir immédiate.

L'année suivante, au printemps 1983, le FMLN eut à faire face à une très vive réaction de l'impérialisme US, qui engatroupes gouvernementales une nouvelle stratégie politico-militaire destinée à réduire les possibilités de communication de la guérilla, et à lui disputer une partie de sa base sociale, en portant l'action dans des régions en litige. Ce fut l'élaboration du fameux plan CONARA, destiné à opérer le nettoyage des régions les plus importantes du pays sur le plan économique. La première réalisation de ce plan de pacification devait être l'opération baptisée « Bien-être pour San Vicente », dans la région du centre du pays. Mais la prise par le FMLN, le 4 septembre 1983, de la ville de San Miguel dans l'est du pays, devait sonner le glas des espoirs de l'impérialisme et de la dictature de contenir la guérilla dans ses seules zones traditionnelles d'implantation au nord. La partie économique du programme de pacification du département de San Vicente, qui comprenait un investissement de 10 millions de dollars (85 millions de francs), n'eut parfois un début d'application que dans les domaines tolérés par la guérilla. Ainsi, une revue spécialisée note à ce propos : « Des fonctionnaires nord-américains confessent que le programme avance seulement avec la collaboration du FMLN. Avant de commencer un projet, obtient l'approbation de la guérilla. On paye aussi une prime au FMLN pour s'assurer qu'il n'y aura pas de sabotages contre l'équipement et les machines. Et l'on accepte les conditions de la guérilla pour le développement de chaque projet. Par exemple, dans un reportage du "National Catholic Reporter" , le maire de Santa Clara, dans ce département, monsieur Guadalupe Montano Choto, déclare que le programme de pacification finançait la reconstruction des écoles de la municipalité et payait les salaires des instituteurs. Le FMLN a laissé s'opérer un tel programme, mais a condition qu une heure par jour soit consacrée à l'information sur la révolution salvadorienne, donnée par les guérilleros eux-mêmes. (11) » Une telle situation d'échec des forces gouvernementales « amena donc le FMLN à un nouveau moment de la guerre, l'impérialisme à la décision d'intervenir plus directement. La perspective stratégique du plan de l'ennemi en ce moment est celle d'un processus d'intervention échelonnée » (12).

LES CHANGEMENTS

DE L'ANNÉE 1983 Durant l'année 1983, trois événements importants ont marqué l'évolution de la situation : l'accentuation accrue de l'interventionnisme US impliquant révolutionnaire et de nouvelles pressions internationales sur le FMLN; une grave crise interne qui se produisit dans ce contexte au sein des FPL ; enfin, la remontée des mobilisations revendicatrices à San Salvador, et les enjeux nouveaux qu'elles firent apparaître pour l'intervention des révolutionnaires dans le mouvement de masse urbain.

Le danger d'invasion étrangère contre la guérilla s'est sérieusement précisé cours de l'année 1983. Alors que rapports de forces nationaux sont favorables aux forces révolutionnaires et populaires, le soutien impérialiste accru à la dictature est un élément qui constitue pour l'instant un obstacle supplémentaire de plus en plus important à la victoire révolutionnaire. C'est ce soutien impérialiste qui parvient, avec force aide financiè-

9. Idem, p. 20.

10. Idem, p. 21.

11. Inforpress Centroamericana, Guatemala, 22 mars 1984.

12. Document FMLN, op. cit., p. 38-39.

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re et matérielle, à prolonger artificiellement la survie du régime, même s'il ne peut endiguer la crise de la dictature. La seule alternative impérialiste est donc toujours de pousser plus avant son engagement en défense de la dictature. Chaque revers militaire des forces gouvernementales rapproche donc un peu plus la possibilité d'une intervention directe des troupes étrangères contre la guérilla. C'est ce que reconnaissait d'ailleurs, fin 1983, le rapport Kissinger, qui jugeait l'intervention américaine « inéluctable » au Salvador. La grande presse s'est aussi largement fait l'écho de cette éventualité, comme l'affirmait récemment un article du Monde diplomatique de juin 1984, qui précisait : « L'idée qu'une intervention de troupes étrangères serait nécessaire était devenue une certitude pour le gouvernement américain dès la fin de l'été 1983. »

Mais l'impérialisme US rencontre quelques problèmes structurels pour mettre en application son projet. Il ne peut notamment espérer réellement parvenir à "latino-américaniser" son intervention, pas seulement du fait du passif qui subsiste entre les USA et certains pays d'Amérique latine depuis la guerre des Malouines, mais plus généralement étant donné la situation de profonde crise économique et sociale qui sévit dans ces pays et paralyse leur capacité d'intervention aux côtés des USA (Argentine, Brésil ...). Une invasion nécessiterait donc une participation impérialiste directe importante, même si l'action intervenait sous couvert d'une alliance régionale, un peu à l'image de ce qui se passa à Grenade lorsque les USA obtinrent la caution de certains pays de la Caraibe. Cette sous-alliance régionale, c'est évidemment le Conseil de défense centro-américain (CONDECA), dont les forces armées participent régulièrement à des manœuvres conjointes avec les forces US depuis de longs mois en vue de leur préparation technique à une intervention directe en Amérique centrale. Mais, même le CONDECA se trouve affaibli par les contradictions internes qui opposent entre eux certains pays de la région. De plus, la crise politique s'accélère aussi dans les dictatures centro-américaines, comme en témoignent les récentes mobilisations ouvrières au Honduras.

Cette perspective, d'invasion étrangère est donc devenue une donnée nouvelle de la crise révolutionnaire, qui met à l'ordre du jour une utilisation particulière par le FMLN des mots d'ordre anti-impérialistes. Cela rend à certains égards le processus de prise révolutionnaire du pouvoir au Salvador encore plus complexe que ceux de Cuba et du Nicaragua. Dans ces deux pays, en effet, les menaces d'intervention impérialiste directe sont surtout devenues réelles après la prise du pouvoir révolutionnaire. Dans la situation salvadorienne, l'impérialisme US est nettement disposé à s'opposer par tous les moyens à la victoire révolutionnaire. Il essaye simplement d'en réduire au minimum le prix politique qu'il aura à payer pour une telle entreprise. C'est donc sans ambiguité audans la perspective d'une invasion impérialiste, que les USA œuvrent à la mien place des conditions politiques (CONDECA, victoire de Duarte aux élections) et militaires (bases US au Honduras, manœuvres régionales) d'une telle al-

Cette situation d'extrême tension militaire avec l'impérialisme US fait de la révolution centro-américaine un enjeu au centre des affrontements de classe internationaux, qui engendre une concentration de pressions diverses (militaires, politiques, diplomatiques) sur le mouvement révolutionnaire salvadorien. Ainsi, plus le risque d'une invasion impérialiste se précise et plus certaines bourgeoisies latino-américaines, inquiètes des conséquences régionales qu'aurait une telle action, interviennent sur la scène politique internationale pour essayer de proposer un compromis aux parties en présence. Le groupe de Contadora (Mexique, Panama, Colombie, Venezuela) envisage par exemple la prise en compte de la question salvadorienne dans le cadre d'une grande négociation régionale visant à stabiliser la situation politique et militaire en Amérique centrale. Certaines bourgeoisies européennes et la social-démocratie internationale, pour leurs intérêts spécifiques, s'alignent aussi sur cette démarche de pressions diplomatiques pour écarter les deux dangers à leurs yeux symétriques, une victoire révolutionnaire et une invasion impérialiste. A l'instar de l'invasion américaine à Grenade, on imagine aisément que le FMLN ne pourra guère compter sur le soutien des partis sociaux-démocrates au pouvoir dans certains pays européens ni même de l'Union soviétique pour s'opposer à ces pressions. Bien au contraire, tout porte à croire que la bureaucratie soviétique agisse aujourd'hui en coulisse dans un sens identique. Car, pour l'URSS, une chose est de profiter, après des victoires populaires, d'avancées diplomatiques diverses, et autre chose est d'appuyer jusqu'à la victoire un processus révolutionnaire qui, comme au Salvador, est dirigé par des forces qu'elle ne contrôle pas. La bureaucratie soviétique œuvrera donc pour tenter d'obtenir un alignement de la guérilla salvadorienne sur sa stratégie diplomatique et n'hésitera pas à utiliser tous les moyens pour cela. Elle n'a en effet aucun intérêt à voir se renforcer dans la région un pôle révolutionnaire autour de Cuba et du Nicaragua, qui pourrait disposer d'une plus grande autonomie politique par rapport à l'URSS.

Aussi, à la difficulté objective de coordonner le développement de la guérilla avec la marche vers un soulèvement des masses populaires urbaines s'ajoute donc, pour le FMLN, celle de trouver les moyens d'éviter une intervention étrangère directe tout en se préparant militaire. ment à la défaire, le cas échéant. C'est de ce point de vue que l'on peut dire que le combat révolutionnaire salvadorien est en train de prendre une dimension anti-impérialiste nouvelle, même si affirmer cela ne doit pas signifier la révision en baisse du contenu social des objectifs de cette lutte.

C'est dans le contexte d'une discussion alimentée par cette situation nouvelle, par les problèmes stratégiques qui en découlaient, et la question du type d'unité à promouvoir au sein du FMLN, qu'éclata au printemps 1983 une grave crise interne dans les FPL. Avec l'assassinat, en avril 1983, de la commandante Ana Maria, puis le suicide du commandant Marcial, ce sont les deux principaux dirigeants des FPL qui disparaissaient (13). Cela représenta sans doute le coup le plus dur porté à la direction de l'une des plus importantes organisations du FMLN depuis le début de la guerre civile. Le meurtre de la commandante Ana Maria par des membres des FPL, dont un responsable de leur direction centrale, Rogello A. Bazzaglia Recinos, sous le prétexte de régler ainsi des divergences internes, rappelle les actions les plus troubles du passé du mouvement populaire salvadorien alimentées par le sectarisme, du genre des épisodes tragiques et sanglants qui accompagnèrent la scission de l'ERP en 1974-1975. Réapparurent ainsi brutalement au sein-même des FPL les stigmates de méthodes policières et assassines que l'on croyait dépassées par l'expérience, les événements et la conscience politique du mouvement révolutionnaire salvadorien. Mais, par-delà cet événement tragique, se reflétait aussi la tension du climat politique dans le mouvement révolutionnaire salvadorien, dont une partie des causes doit sans doute être cherchée dans la situation d'intenses pressions politiques et militaires exercées sur le FMLN par l'impérialisme. A cela s'ajoutent aussi les manœuvres entreprises au niveau diplomatique par les bourgeoisies latino-américaines et européennes d'un côté, par la social-démocratie et la bureaucratie soviétique de l'autre. La crise des FPL renvoie donc à des questions fondamentales qui se posent aussi probablement à l'ensemble des forces du FMLN, à savoir les modalités concrètes de développement de la démocratie ouvrière dans une situation de guerre civile et de militarisation des organisations politiques.

Mais les explications successives données par le FMLN sur les circonstances de l'assassinat d'Ana Maria comme l'accusation finalement portée, plusieurs mois après sa mort, à l'encontre de Marcial, le rendant responsable du meurtre sans fournir la moindre preuve en ce sens, ne sont certes pas de nature à éclairer correctement les masses salvadoriennes et le mouvement révolutionnaire international sur les méthodes de traitement des divergences et de débat au sein des FPL et, par extension, au sein du FMLN. Car, derrière ces événements se débattaient de réelles questions, dont rien ne dit qu'elles ne rejailliront pas de nouveau. Celles-ci renvoyaient, autant qu'il est possible de le savoir, au débat concernant la stratégie révolutionnaire, la politique d'alliances à développer face à l'intervention impérialiste, l'urgence de la construction d'un parti révolutionnaire, et le rôle que les FPL devaient jouer dans ce processus, la place réelle à donner aux initiatives diplomatiques et aux propositions de négociation et, enfin, la question de l'unité organique proposée par certains courants au

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sein du FMLN. Ces débats, qui n'étaient sans doute pas limités aux seules FPL, se situaient aussi dans le cadre de la discussion pour l'adoption d'une nouvelle plate-forme programmatique du FMLN sucdémocratique 1980, qui se concrétisera finalement par la proposition de Gouvernement provisoire de large participation du 31

Le fait que les positions en discussion aient été totalement tenues cachées l'extérieur du pays, et probablement en partie à la base même du mouvement révolutionnaire et populaire salvadorien, ne peut simplement être justifié par la situation de guerre civile que vit le Salvador. Cela est d'autant plus grave qu'en conséquence de cette crise, des militants ont été expulsés des FPL et ont formé une nouvelle organisation, le Mouvement ouvrier révolutionnaire (MOR), qui se revendique des orientations politiques traditionnelles de Marcial et des FPL dans le passé. Par ailleurs est apparu un Front

Ramirez, apparemment surtout implanté dans la capitale, développant aussi une orientation critique par rapport à la direction actuelle des FPL, dénonçant, comme le MOR, le régime interne de cette organisation (militarisation de l'organisation et méthodes de débat interne) et appliquant une orientation politique et militaire autonome, semble-t-il surtout dans la capitale, tout en s'affirmant partisan de son maintien dans le cadre du FMLN. Ces militants révolutionnaires en lutte contre la dictature doivent pouvoir trouver leur place dans un cadre unitaire des forces ouvrières et populaires, quelles que soient les divergences qui les opposent aujourd'hui à la direction des FPL. La méthode de discussion employée pour refaire l'unité de la DRU en 1980, après le départ des FARN et pour incorporer le PRTC au FMLN, est sans doute une bonne voie pour parvenir à résorber correctement ce nouveau pro-

Il faut toutefois préciser que cette crise interne des FPL n'a pas signifié un recul des capacités de lutte du FMLN qui, au moment même où se déroulaient ces événements tragiques, était capable de mettre en échec les nouvelles options tactiques militaires de la dictature et de l'impérialisme durant l'été 1983

Un nouvel élément de la situation est apparu dans les derniers mois de 1983 avec la relance dans la capitale d'une vague de conflits revendicatifs. Les grandes manifestations paysannes organisées en septembre 1983 par l'Union populaire démocratique (UPD), un regroupement d'organisations syndicales créé en 1980, puis les multiples luttes sociales pour des augmentations de salaires qui se sont déroulées pendant la période pré-électorale et qui se poursuivent depuis l'accession présidence de Napoleon Duarte, en juin 1984, sont l'expression de ce nouveau mouvement de protestation. Même si le contenu des revendications et les limites actuelles de ces grèves, surtout dans le secteur public, tranchent encore avec la période antérieure de radicalisation du mouvement de masse urbain des premiers

1980, elles représentent néanmobilisations urbaines depuis cette époque.

L'UPD, qui avait passé un accord électoral avec le PDC et obtenu ensuite deux postes dans le gouvernement Duarte, avait lancé les premières mobilisation. de rue, au moment de la remise en cause de la réforme agraire par l'Assemblée nationale en fin 1983. Une série de secteurs ouvriers et populaires s'engouffrèrent dans cette brèche, entrant en lutte pour des revendications salariales rendues particulièrement urgentes par la crise économique du régime et le blocage des salaires. Ces actions représentèrent une reprise de l'activité rede couches laborieuses qui étaient restées largement muselées par la répression durant toutes ces années. Ces grèves se multiplièrent, s'étendirent, parfois coordonnées, alors même qu'elles étaient l'objet d'une violente répression.

Cette reprise de l'activité revendicatrice de secteurs des couches laborieuses urbaines ouvre de nouvelles perspectives d'intervention pour les militants révolutionnaires et les organisations syndicales de gauche. Depuis 1980, le panorama syndical s'est certes modifié à leur désavantage, sans pourtant que les organisations qui appuyaient le FDR et le FMLN ne soient toutes réduites au silence. Une certaine activité s'est maintenue, même si des organisations ont perdu des militants, du fait des assassinats, des arrestations et des disparitions. Un processus de recomposition syndicale est même intervenu pendant cette période, avec la constitution du Mouvement d'unité des organisations syndicales et professionnelles du Salvador (MUSYGES) (15). Le 1er mai 1984, ce Mouvement a appelé à une manifestation de rue qui a réuni 3 000 personnes dans la capitale. La démocratie-chrétienne dispose toujours d'une influence dans le mouvement syndical. La gauche n'est donc pas hégémonique dans le mouvement de masse, comme elle l'était en 1980, d'autant plus que plusieurs années de répression et de guerre civile ont provoqué une certaine fatigue chez les travailleurs, dont un certain nombre peut se trouver dans l'expectative et dans l'attente d'une issue au conflit. Ainsi, la volonté de paix et de réformes peut apparaître comme un sentiment présent dans les masses populaires urbaines.

Mais la gauche révolutionnaire a de opportunités pour la bataille qu'elle mène au sein du mouvement syndical, afin de conserver sa place dans ces mobilisations et de poser à terme les jalons d'une récupération de l'hégémonie sur le mouvement de masse urbain. Le fait que les besoins sociaux (hausses de salaire) et les aspirations démocratiques élémentaires (réformes, paix, libertés syndicales) des masses urbaines aillent bien au-delà des volontés et des possibilités d'action du gouvernement de Napoleon Duarte, ouvre aussi une situation d'affrontements potentiels avec le pouvoir. Celle-ci offrira une base supplémentaire d'intervention pour les révolutionnaires. Mais il faut comprendre que cela ne règlera pas bre 1983.

automatiquement la question de l'incorporation de ces secteurs de masse directement dans le combat révolutionnaire du FMLN, cet objectif constituant toujours un enjeu face aux manœuvres diverses des syndicats liés aux partis bourgeois ou à la dictature, et face à la désorientation politique d'une fraction des masses populaires urbaines.

LA VICTOIRE DE DUARTE ET LA SITUATION PRÉSENTE La victoire électorale présidentielle du démocrate-chrétien Napoleon Duarte, en mai 1984, illustre bien les aspects contradictoires de la situation actuelle. Napoleon Duarte, qui fut à la tête d'un gouvernement entre 1980 et 1982, dans une période de dure répression du mouvement de masse, se trouve aujourd'hui à la présidence de la République du Salvador, par grâce des Etats-Unis, mais avec le soutien électoral de l'UPD, qui dispose d'une certaine influence dans des secteurs de masse. Ces élections ont été un trucage « made in USA », organisées de bout en bout par l'impérialisme.

Cette victoire électorale ne règle pas la crise de domination bourgeoise sur le long terme. Elle sanctionne le caractère transitoire du précédent gouvernement de Alvaro Magana, et impose un rééquilibrage, sous étroit contrôle des USA, entre les différentes composantes bourgeoises. En ce sens, elle renverse quelque peu l'équilibre issu des législatives de mars 1982, qui avaient fait de l'ARENA du major d'Aubuisson et du Parti de conciliation nationale (PCN) les formations dominantes des institutions, aux dépens d'un PDC marginalisé. Les élections présidentielles ont en effet remis en selle le candidat de Washing ton, dans le cadre d'un véritable pacte entre la démocratie-chrétienne et les USA. Mais seul l'impérialisme US est le garant du maintien de ce nouvel équilibre, les partis d'extrême-droite demeurant majoritaires à l'Assemblée. Le gouvernement de Duarte est un gouvernement de coalition entre le PDC, l'Alliance démocratique et l'UPD. Il doit compter avec les formations politiques (ARENA, PCD) représentant une oligarchie terrienne qui dispose d'une cohésion politique et sociale importante. Malgré les concessions des démocrates-chrétiens à l'oligarchie, notamment en matière d'abandon de la réforme agraire, certaines fractions bourgeoises dénoncèrent publiquement la candidature de Duarte. Elles n'acceptent maintenant cette solution gouvernementale que parce qu'elle a la caution américaine, ce qui assure à ces secteurs bourgeois l'afflux de l'aide économique impérialiste. De son côté, l'armée, principal instrument de domination de l'oligarchie et de l'impérialisme, avait reçu, avant même les élections, l'assurance qu'elle con-

13. Cf. Inprecor numéro 150 du 23 mai 1983, et numéro 153 du 20 juin 1983.

14. Ce texte a été publié dans Inprecor numéro 170 du 2 avril 1984

15. Cf. Inprecor numéro 161 du 21 novem-

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serverait la maîtrise de la conduite de la guerre, la direction du ministère de la

Get de nouveaux approvisionnements en matériel militaire. Dès après l'in-

Duarte, l'armée gouvernementale s'engagea d'ailleurs dans une opération de ratissage anti-guérilla, en bombardant les populations civiles de zones où le FMLN était actif.

Avec la victoire de Duarte, la volonté impérialiste de trouver une formule gouvernementale permettant un élargissement de la légitimité internationale de la dictature salvadorienne a connu une certaine réussite. Ainsi, à la séance d'investiture de Napoleon Duarte étaient représentés 45 pays, dont le gouvernement mexicain. De plus, la lettre « personnelle, mais conforme aux idées de l'Internationale socialiste » adressée par les dirigeants social-démocrates Willy Brandt (RFA), Felipe Gonzalez (Espagne), Pena Gomez (République dominicaine) et Carlos Andres Perez (Venezuela), reconnaissait dans ces élections « une victoire des idées démocratiques et des aspirations du peuple salvadorien à vivre en paix dans un Etat de droit », et apportait un soutien à des négociations avec le FMLN-FDR (16). Pourtant, il est évident que Duarte n'a pas réelle d'application d'un réformiste, qu'aussi limité que celui envisagé en 1979 après le renversement du général Humber-

Les premières mesures gouvernementales concernant les « droits de comme le changement de de certains responsables des commandos de la mort, le jugement des cinq religieuses américaines, ont comme simple objectif de donner le

Les escadrons de la mort, hier encadrés par des agents de la CIA, seraient aujourd'hui momentanément mis à l'écart par l'action commune de la CIA et des policiers d'Allemagne de l'Ouest, dont le but n'est évidemment pas d'ouvrir la voie à la reconnaissance des revendications démocratiques des masses. Ce « nettoyage » participe d'une vaste manœuvre visant à créer les conditions de l'intégration éventuelle dans le jeu parlementaire et électoélections législatives sont prévues pour 1985 - de secteurs du FMLN-FDR qui seraient disposés à la concession ultime de renoncer à la lutte armée. Cette tactique n'est pas contradictoire avec la perspective d'une invasion étrangère, puisqu'au contraire elle devrait ouvrir la voie à la division du mouvement populaire et La radio du FMLN est écoutée jusque dans les prisons de la dictature. (DR) à l'écrasement des secteurs révolutionnaires qui n'accepteraient pas cette perspec-

C'est comme cela qu'il faut comprendre l'objectif affiché par Duarte de ne négocier qu'avec les secteurs de l'opposidéfinit comme « démocratiques » et de refuser de négocier « les armes sur la table ». Le but de cette manœuvre inspirée par les USA est donc essentiellement d'essayer de peser sur l'unité des forces regroupées derrière la direction du FMLN dans le but d'obtenir un retour en arrière à la situation qui prévalait en 1979. Cette tactique s'adresse directement à un secteur du FDR. Duarte l'a d'ailleurs clairement exprimé, en déson discours d'investiture que « les secteurs politiques de la gauche sont tombés sous l'emprise et l'obédience des commandants guérilleros, et n'ont pas démontré jusque maintenant étaient les conducteurs du mouvement subversif. Pour cela, pour avoir une crédibilité, ils doivent démontrer leur hégémonie sur le secteur armé, pour que de cette manière n'importe quelle décision soit respectée par tout le mouvement subversif » (17). Le gouvernement salvadorien actuel est donc une pièce maîtresse de la stratégie impérialiste de préparation des conditions politiques pour un accroissement de son intervention dans la guerre civile. La démocratie-chrétienne pourrait ainsi être plus utile que l'ARENA pour légitimer une intervention de troupes étrangères et en fournir la couverture diplomatique sous la forme, par exemple, d'un appel à l'aide internationale lancé depuis San Salvador.

Parmi les obstacles au développement de la politique de Duarte, au-delà même de la résistance armée du FMLN, figurent les difficultés objectives à la relance, de manière crédible, après une si longue période de guerre civile, d'un projet réformiste du type de celui mis en place en 1979. Par ailleurs, la remontée du mouvement gréviste dans la capitale, même avec ses limites actuelles, va représenter un défi au gouvernement en place, dans la mesure où ses revendications (salariales et démocratiques) ne semblent guère intégrables, au moins tant que se poursuit la guerre civile. Une dynamique antigouvernementale et antidictatoriale est à l'œuvre dans ces luttes, dont le rythme et l'ampleur dépendra en partie de la recomposition des rapports de forces internes au

L'analyse du FMLN dans ce contexte politique peut être résumée par ce qu'il écrivait début 1984 : « Les rythmes et les possibilités d'échelonnement du plan d'intervention des Etats-Unis dépendent de facteurs politiques internes aux EtatsUnis, de facteurs stratégiques au niveau mondial, et de la propre avancée militaire que le FMLN parvient à imposer. Si les plans militaires du FMLN approfondissent la crise morale de l'armée, les plans des Etats-Unis seront rendus énormément plus difficiles en perdant ainsi leur base de soutien humaine pour les concrétiser, obligeant les Etats-Unis soit à redéfinir leur position en rapport avec le FMLN-FDR, soit à intervenir militairement avec leurs troupes à un moment politique difficile pour eux. (18) » C'est le cadre général dans lequel le FMLN situe sa proposition de Gouvernement provisoire de large participation, faite avant les dernières élections présidentielles, et celle de négociation, adressée ensuite au gouvernement

Le FMLN semble ainsi avoir voulu à plusieurs niveaux, aux problèmes actuels. D'une part c'est, dans la perspective d'invasion impérialiste, une adresse à l'ensemble de l'opinion publique internationale comme ultime tentative pour empêcher cette invasion. C'est aussi une proposition qui vise à maintenir l'unité du FMLN et du FDR autour d'un projet de négociation, face à toutes les pressions exercées pour la briser et isoler le secteur armé de la résistance. Cette proposition est aussi, dans sa démarche, destinée à présenter aux yeux de la fraction des masses non encore convaincue de la justesse de la guerre populaire révolutionnaire, la disposition du FMLN à une solution politique ayant pour objectif d'assurer la paix, l'épuration des corps répressifs, et la réalisation de ré formes démocratiques. Parallèlement, le FMLN maintient avec intransigeance son refus de déposer les armes avant toute négociation, et une orientation de soutien aux revendications démocratiques et sociales des masses. Ce dernier point, qui est contenu dans la plate-forme de Gouvernement provisoire de large participation, a été réaffirmé à l'occasion du 1er

16. Le Monde, 18 mai 1984.

17. Inforpress Centroamericana, 7 juin 1984.

18. Document du FMLN, op. cit., p. 39.

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Guérilleros salvadoriens lors de l'occupation d'un village. (DR) mai, et vient d'être confirmé dans un communiqué où le FMLN précise que ses unités militaires doivent apuyer les revendications des travailleurs dans n'importe quelle partie du pays, garantissant par ailleurs l'application effective des revendications salariales dans les régions sous son contrôle (19). Enfin, la démarche du FMLN consiste aussi à interpeller les fractions petites-bourgeoises et bourgeoises salvadoriennes, pour qu'elles choisissent une dernière fois leur camp à la veille d'une possible invasion étrangère. Mais, plus qu'à une « bourgeoisie anti-oligarchique », comme l'écrit le FMLN, cet appel est en fait destiné à des secteurs sociaux que l'on peut définir comme étant des couches petites ou moyennes bourgeoises qui pourraient encore être sensibles à un réflexe anti-impérialiste.

La polarisation politique actuelle, l'existence d'une forte armée révolutionnaire et d'importantes zones contrôlées par la guérilla, tout comme la réactivation du mouvement de masse et le contexte international d'agression impérialiste, rendent aujourd'hui difficilement possible la concrétisation des propositions de négociation du FMLN, qui envisagent un gouvernement formé par « des représentants du mouvement ouvrier et des paysans, des employés publics, de l'Université nationale, de l'Université d'Amérique centrale, d'une armée épurée, du FMLN et du FDR » (20). La question même d'une véritable épuration de l'armée est un point inacceptable par la bourgeoisie et l'impérialisme, et inapplicable par un gouvernement comme celui de Duarte. L'application de cette mesure justifierait donc à elle seule un affrontement avec l'oligarchie et ses forces armées.

Mais l'on ne peut exclure pour autant que certaines fractions politiques internationales, voire certains courants au sein même du camp populaire, n'envisagent pas seulement cette proposition du FMLN comme un élément de tactique diplomatique, mais bien comme une réelle solution possible de compromis du conflit salvadorien. Sans nier que la nouvelle plate-forme avancée par le FMLN-FDR - qui se différencie sur plusieurs points d'avec le programme antérieur de Gouvernement démocratique révolutionnaire — ait pour la guérilla comme objectif de lancer dans l'étape actuelle de la lutte, une interpellation anti-impérialiste (21), il faut bien reconnaître que suivant l'évolution des rapports de forces à l'intérieur du mouvement ouvrier et populaire salvadorien, dans celui de la région centroaméricaine, et sur le plan des luttes sociales, son contenu pourrait donner lieu à des concrétisations diamétralement opposées. A ce sujet, il faut noter que des formules comme celle de « bourgeoisie anti-oligarchique », que l'on trouve dans le texte du FMLN, ou l'attente du ralliement de « secteurs sains » de l'armée, sont typiquement semblables à celles qui étaient utilisées avant 1979 à des fins réellement réformistes, par le PCS par exemple. Reconnaître le droit du FMLN à une telle démarche diplomatique dans le cadre de l'étape actuelle de la lutte salvadorienne et des rapports de forces, ce n'est donc pas pour autant avaliser la lettre de ses propositions. On peut penser en effet que dans un autre rapport des forces, certaines de ces formules, par les illusions qu'elles feraient naître parmi certains secteurs des masses, pourraient être mises à profit par des courants réformistes ou bourgeois. L'évolution des rapports de forces politiques au sein du mouvement de masse et de la lutte révolutionnaire dans le pays sera donc déterminante pour définir la trajectoire de la proposition de Gouvernement provisoire de large participation.

Le mouvement ouvrier international a donc une responsabilité particulièrement importante dans cette situation. Il doit aider efficacement et concrètement à approfondir le rapport des forces en faveur des organisations ouvrières et révolutionnaires en lutte au Salvador. Les perspectives actuelles de plus en plus réelles d'une invasion étrangère contre la guérilla fixent à la solidarité un objectif clair et décisif, celui de tout faire pour arrêter le bras criminel de l'impérialisme américain.

Il faut être bien conscient du fait que l'ampleur de la mobilisation du mouvement révolutionnaire et anti-impérialiste international sera un élément de l'évolution de la situation salvadorienne. Cela rend donc indispensable, au-delà des divergences d'appréciation sur l'évolution de la situation en Amérique centrale, ou même sur l'orientation développée par les révolutionnaires qui luttent dans cette région, d'accroître les actions unitaires de solidarité à travers le monde avec la révolution salvadorienne. Les prochaines élections législatives américaines passées, l'impérialisme US pourrait se trouver les mains encore plus libres pour agir contre la guérilla salvadorienne. Cette consultation électorale, et la période qui l'entoure, marque donc une échéance décisive pour la solidarité internationale. La révolution centro-américaine, pointe avancée de la révolution mondiale, doit être défendue sans attendre contre l'impérialisme. Il y a urgence à ne ménager aucun effort en ce sens.

Vincent KERMEL, 26 juin 1984.

19. El Dia Internacional, Mexico, 14 juin 1984.

20. Cette formule de gouvernement a été précisée dans la plate-forme de Gouvernement provisoire de large participation adoptée janvier 1984 et réaffirmée dans le message du FMLN pour le 1er mai 1984.

21. La plate-forme du FMLN comprend en effet la revendication de dissolution des corps de sécurité et de « retrait des conseillers nord-américains, d'arrêt de l'aide militaire nord-américaine, ainsi que de celle provenant d'autres pays, et de suppression de toutes fournitures d'armes », cf. Inprecor numéro 170 du 2 avril 1984.

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