Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

NICARAGUA

Le FSLN appelle à consolider l'alliance des ouvriers et des paysans

Inprecor n° 177, 9 juillet 1984 · p. 16-18 · 2 862 mots

Nicaragua États-Unis Amérique centrale

Primpériao me ans ce dont provaqué des petra écoe ine estimées anar LUSIEURS années d'agressions de bandes armées entraînées et financées par d'hui à 200 millions de dollars (1,7 milliards de francs). Ces interventions contraignent aussi le gouvernement du Nicaragua à consacrer 25 % de son budget aux diffé rentes dépenses relatives à la défense du pays. Le régime sandiniste entre donc dans une véritable situation d'économie de guerre. Certains projets d'éducation ou de santé ont été provisoirement gelés, l'état d'urgence a été prorogé jusqu'au début de la campagne pour les élections de novembre 1984, et les subsides d'Etat à certains produits de base viennent d'être réduits de 50 %. Ils passent donc de 1 200 millions de

, cordobas 1 milliard de francs) à 600 millions de cordobas (500 millions de francs) et ne concernent plus que le soutien aux prix du sucre et du lait. Ces mesures sont toutefois doublées de l'adoption d'une loi de défense des consommateurs, destinée à éviter une flambée des prix, et qui comporte plusieurs dispositions dont des mesures de contrôle de l'Etat sur certains circuits de distribution et d'approvisionnement en produits

Le texte que nous publions ci-après définit le sens politique général que la direction nationale du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) entend donner à l'ensemble de ces mesures. Ce docurent est adressé au peuple du Nicaragua et a été lu par le secrétaire de la direction nationale du FSLN, René Nunez, lors de la clôture, le

18 mai dernier, de la réunion extraordinaire de l'Assemblée sandiniste. Il a été traduit d'après la version publiée le 19 mai 1984 dans Barricada sous le titre « Consolider l'alliance des ouvriers et des paysans, base de l'unité nationale pour détruire le projet im-

NICARAGUA l'alliance des ouvriers et de base. déjà définis et concerne notamment les régions du nord du pays. périaliste. » DOCUMENT

Le Nicaragua est soumis aujourd'hui à une brutale agression de la part de l'actuelle administration nord-américaine. Cette agression se place dans le cadre de l'objectif global de l'impérialisme américain, qui est d'imposer son hégémonie au monde entier en sacrifiant la marche des peuples vers le progrès et la paix mondiale.

Cette politique du garrot et de la canonnière a déjà été infligée à notre peuple, qui a dû y faire face en 1856, de 1909 à 1912, de 1927 à 1933, et pendant les 40 années de la dictature somoziste. Son aggravation se produit au moment où les peuples d'Amérique centrale luttent légitimement pour transformer les structures sociales et économiques injustes et pour affirmer leur souveraineté et leur dignité nationales. Ces aspirations ont commencé à devenir une réalité en Amérique centrale avec la victoire obtenue par le peuple du Nicaragua, le 19 juillet 1979.

L'impérialisme, sous la direction de l'administration de Ronald Reagan, cherche depuis lors à rétablir son hégémonie et à réinstaurer l'exploitation et l'oppression étrangères. En ce qui concerne le Nicaragua, l'administration nord-américaine considère, dans le cadre de sa politique aventuriste, que la destruction de la révolution populaire sandiniste est une question vitale pour elle.

LES MERCENAIRES SONT LE FER

DE LANCE DE L'INTERVENTION

De nouveau, pour lutter pour nos libertés, nous devons affronter cette agresdes paysans

Par ailleurs, l'application de la réforme agraire se poursuit suivant les plans sion injuste et disproportionnée. Dans un premier temps, l'administration Reagan a réarmé et renforcé la garde civile somoziste, coupable de génocide. Pour l'entretenir et la ravitailler, elle a occupé militairement le Honduras et y a bâti une véritable plate-forme d'intervention. Elle exerce des pressions et un chantage pour convertir également le Costa-Rica en un front d'agression impérialiste et mercenaire contre le Nicaragua. Elle mène de façon ininterrompue des manœuvres militaires terrestres et met en place, avec des avions espions et le stationnement de navires de Peinture murale à Managua en hommage à Sandino. (DR)

"TONOS TUESTROS ESFUERZOS

DEBERARI IR ERCARRILADOS HACIA

EL PROPOSITO DE IMPEDIR CUMIQUIER

PASA ELECCIOMARIA QUE QUIERA

EFECTUARSE EN NUESIRO PAS CON

SUFERVIGILADON EXTRANA"

A 50 AÑOS...

-SANDINO VIVE/

guerre près de nos côtes, un déploiement de forces militaires sans précédent dans l'histoire contemporaine de l'Amérique latine.

Les mercenaires sont le fer de lance de l'intervention directe que continue à préparer l'administration Reagan. L'activité de ces mercenaires sème la terreur et la mort dans les zones accessibles à l'inté. rieur de nos frontières. L'Agence centrale de renseignements (CIA) nord-américaine a donné l'ordre à ces forces mercenaires de perpétrer un génocide contre le peuple digne et courageux du Nicaragua, qui a perdu des combattants héroïques et des centaines de citoyens dont les vies courageuses sont d'un prix inestimable. La formation et le développement de l'armée mercenaire et son activité criminelle sont destinées à créer des conditions facilitant une intervention militaire directe des Etats-Unis.

C'est précisément vers cet objectif que ces derniers braquent tous les dispositifs mis en place contre le Nicaragua et sa révolution. Les campagnes de calomnies, le sabotage ouvert des propositions du groupe de Contadora (qui réunit le Mexique, la Colombie, le Venezuela et le Panama) et de tous les efforts du Nicara gua pour arriver à une solution politique, la création de blocs militaires dans l'isthme centro-américain, de même que la ré activation du Traité interaméricain d'assistance réciproque (TIAR), le refus de reconnaître la légitimité ou la validité des normes du droit international et les compétences d'arbitrage des tribunaux internationaux, soulignent clairement que leur objectif de guerre est d'établir un encerclement militaire qui serve de plate-forme à l'intervention directe des Etats-Unis au Nicaragua.

Au milieu d'une grave crise économique mondiale, l'agression impérialiste aiguise les graves problèmes économiques que le somozisme et les traîtres bourgeois « vende patria » (« vendeurs de patrie », ndlr.) ont laissé - héritage néfaste - peser sur les épaules du peuple travailleur. A.C SARDINO.

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UNE ÉCONOMIE AU SERVICE On compte par milliers les familles déplacées et réfugiées du fait de la politique de terreur de l'administration nord-américaine. On compte également millions les pertes dues à l'action destructrice de la CIA et de ses mercenaires, qui ont anéanti des centres de production, des coopératives agricoles, des hôpitaux, des centres pour enfants, machines et des équipements de construction. Tout cela entrave sérieusement les progrès de la révolution dans le domaine des revendications sociales du peuple et de l'approvisionnement en produits de

Dans ces conditions, nos ressources limitées doivent être gérées avec rigueur pour garantir les besoins des combattants de l'armée régulière, des miliciens, des réservistes, des populations héroïques, des paysans qui se voient confrontés quotidiennement à l'action criminelle des bandes de mercenaires de la CIA.

En un mot, l'approvisionnement, les ressources du pays, l'énergie du peuple tout entier doivent d'abord être destinés à satisfaire en priorité les besoins de ceux qui risquent tous les jours leur vie dans les premières tranchées de la lutte.

LES TACHES

DE POLITIQUE ECONOMIQUE La politique économique doit donner la priorité aux efforts destinés à améliorer l'approvisionnement, assurer la distribution des biens de première nécessité. Elle doit bénéficier aux couches les plus pauvres de la population, c'est-à-dire défendre les intérêts des classes qui forment la base de la défense de la patrie et des con-

C'est pourquoi la Réforme agraire sera poursuivie au bénéfice des paysans pauvres pour qu'ils possèdent la terre et les titres de propriété, sans porter préjudice aux petits et moyens agriculteurs ni aux entreprises agricoles qui se consacrent vraiment à produire.

Les tâches de l'heure sont l'amélioration des transports publics et des transports de marchandises, l'organisation plus efficace de la production, l'amélioration du fonctionnement du Système unique de santé, la réponse aux besoins des populatins déplacées ou réfugiées, la remise des titres de propriété aux travailleurs des villages et des villes, leur permettant de bâtir leurs humbles demeures.

Il faut s'occuper de mieux en mieux des familles des héros et des martyrs tombé pour la défense du pays, des blessés de guerre, des familles de ceux qui sont mobilisés sur le front. C'est là un devoir patriotique qui doit incomber à tous les secteurs de la nation. exercer un contrôle ferme sur les biens de consommation populaire les plus indispensables, indépendamment des mesures qui découlent d'une politique résolue contre les trafiquants, les accapareurs et les spéculateurs.

NOUS SOMMES DEJA EN GUERRE

Dans ce cadre, la politique économique internationale, la gestion des ressources, la politique de coopération et l'attribution des aides doivent s'ajuster aux néde notre économie, pour faire face à l'agression et répondre aux besoins essentiels d'un peuple qui livre déjà, de fait, une guerre imposée par la puissance nord-américaine.

Les pertes matérielles causées par les actions terroristes de l'actuelle administration nord-américaine dépassent déjà les 2 milliards de cordobas (environ 1,7 milliards de francs). Il faut ajouter à ce chiffrr les coûts de la mobilisation et du transport pour la défense, le coût du renforcement de sa capacité stratégique, le coût du service de la dette et celui du déroutement des bateaux qui n'ont pu venir mouiller dans nos ports à cause du minage organisé, dirigé et exécuté par la CIA

L'agression perpétrée contre le Nicade l'étranglement financier et commercial dont nous souffrons, a pour but de paralyser le pays et d'affaiblir notre capacité matérielle de défendre la

Cette agression est le fait d'une grande puissance économique et militaire contre notre petit pays qui, pour lui résister et survivre, doit faire des efforts extraordinaires. La part de sang et de sacrifices qui nous est imposée pour soutenir la di-

Get l'honneur comme le sont les ressources matérielles que nous sommes forcés d'investir et qui dépassent nos possibilités économiques.

C'est pourquoi nous devons partager les faibles moyens dont nous disposons entre la défense de la souveraineté nationale et nos autres besoins de première nécessité. La rareté, les problèmes d'approvisionnement, le manque de certains produits aussi essentiels que les médicaments, doivent être compris comme partie prenante des sacrifices que nous devons faire pour défendre notre droit à la vie et à la souveraineté nationale.

L'austérité et la simplicité révolutionnaire, l'identification non seulement avec les joies justifiées du peuple travailleur, mais aussi avec ses sacrifices et les dangers qu'il court, continueront à être un élément permanent de la formation des militants sandinistes.

LES AGENTS INTERNES

DE L'AGRESSION D'un autre côté, à l'intérieur du pays, l'impérialisme aggrave ses attaques par des coups ouverts ou camouflés contre notre économie : tentatives de sabotage, projet d'organisation de réseaux terroristes clandestins, propagande de diversion, prises de position hostiles de la hiérarchie ecclésiastique et provocations ininterrompues des partis réactionnaires. Voilà quels sont les divers instruments d'une machinerie doublement organisée, dont la fonction est de désarticuler le pouvoir révolutionnaire et d'affaiblir notre capacité de défense, de façon à créer les conditions propices pour frapper le Nicaragua par une intervention militaire.

Les fauteurs de guerre yankees, qui auparavant s'efforçaient de créer artificiellement une campagne pour réclamer des élections au Nicaragua, font aujourd'hui tout leur possible pour que de telles élections soient impossibles. Pour saboter l'effort électoral du Nicaragua révolutionnaire, ils agissent à travers la CIA, les partis réactionnaires, leurs porte-parole et leurs moyens de communication, pour ourdir leurs plans antinationaux.

Malgré les efforts délibérés et illégaux de la réaction pour faire avorter le processus électoral, le FSLN réaffirme sa décision que les élections auront effectivement lieu, avec l'entière conviction que ce même peuple qui a obtenu la victoire dans sa lutte armée contre le somozisme et qui est en train d'infliger une défaite à l'armée des mercenaires, triomphera aussi dans la lutte électorale qui va se dérouler dans le contexte politique complexe que nous traversons. puissance de la révolution dans son action légale contre ses ennemis et faire clairement apparaître notre décision d'agir sans hésitations en ce sens.

UNITÉ NATIONALE POUR

ANÉANTIR LE PROJET IMPERIALISTE

Les ennemis du Nicaragua se heurtent à l'immense majorité des travailleurs salariés, des paysans pauvres, au meilleur de notre jeunesse, à de larges secteurs des classes moyennes, à la grande majorité du peuple qui a mille fois démontré son inébranlable décision de combattre jusqu'à la mort pour défendre sa patrie et ses conquêtes révolutionnaires.

Le peuple mobilisé est capable d'une riposte extraordinaire. C'est cette riposte qui est l'âme et les nerfs d'une force dont la tâche permanente reste la défense de la révolution. Pour répondre à l'ampleur et à la complexité de l'agression, il faut consolider fondamentalement l'alliance des ouvriers et des paysans, privilégier leurs intérêts et leurs revendications. C'est la base du renforcement, en termes éminemment populaires, de la politique d'unité

Nous devons nous garder de toute illusion à court terme ou triomphaliste, le seul chemin, c'est de se préparer à une lutte prolongée, avec de larges périodes de sacrifices et de difficultés dans la marche en avant du nouveau Nicaragua.

Il s'agit d'une guerre en défense de la patrie et cette défense est assumée par tous les Nicaraguayens honnêtes, patriotes et révolutionnaires. Le peuple du Nicaragua, avec le Front sandiniste de libération (FSLN) et sa direction nationale, vaincront cette armée de mercenaires avec laquelle l'impérialisme a initié son projet d'intervention. La grande tâche de l'unité nationale sera de détruire ce projet impérialiste.

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Un bataillon de l'armée sandiniste en lutte face aux « contras ». (DR)

RENFORCER LA LUTTE IDÉOLOGIQUE QUOTIDIENNE La période actuelle nécessite la recrudescence d'une lutte idéologique dans laquelle la compréhension la plus profonde et l'assimilation de nos positions révolutionnaires jouent un rôle central. Cela signifie d'assumer dans les rues la défense fervente et passionnée de nos principes et de nos actions. Le peuple sandiniste doit affronter en tous lieux et en toutes circonstances les confusions et les manipulations de l'impérialisme et de ses porte-parole réactionnaires.

Il faut renforcer la lutte idéologique quotidienne au sein des travailleurs et de la jeunesse. C'est cette lutte qui permettra notre peuple d'identifier clairement l'impérialisme et ses agents à l'intérieur du pays, en renforçant l'éducation politique par la diffusion et l'hégémonie des programmes de la révolution, par la connaissance de ses succès et de ses difficultés et du coût de l'intervention qui nous est infligée par l'administration Reagan.

Notre peuple n'alimente pas son moral combatif seulement par l'épopée héroïque de Sandino et du FSLN, mais aussi Manifestation populaire à Managua. (DR)

par la lutte qu'il livre actuellement pour défendre ses conquêtes révolutionnaires. Ces éléments historiques permettent de consolider la certitude de la victoire populaire, de comprendre la valeur de l'honneur patriotique, et d'assumer les engagements et les sacrifices pour la défense de la liberté.

LE FRONT DE LUTTE INTERNATIONAL Le front international a été et continuera d'être l'un des plus importants pour faire obstacle au danger de l'intervention directe et aux autres formes d'agression employées par l'administration nord-américaine.

Répéter que la survie de la révolution sandiniste dépend fondamentalement de nos propres forces ne diminue en rien l'importance de la lutte internationale et ne méconnaît pas le fait que l'existence de notre révolution n'est rendue possible que par l'existence d'un certain rapport de forces mondial. La lutte, sur le plan international, est le complément indispensable de la lutte politique, militaire, économique et idéologique que livre notre peuple plein d'héroïsme et d'abnégation, et de laquelle découle l'ascendant moral du Nicaragua et du FSLN sur les peuples du monde. Nous continuerons largement à exercer des recours auprès de tous les organismes internationaux pour dénoncer et condamner la politique criminelle de l'actuel gouvernement nord-américain.

On a dit que l'héritage somoziste et la crise économique internationale menacent d'étrangler notre développement. Le Nicaragua a décidé d'entreprendre un effort de longue haleine pour sortir de l'arriération et du sous-développement.

LE PEUPLE TOUT ENTIER EST UNE ARMÉE INVINCIBLE Nous avons dit que le gouvernement nord-américain a débuté son intervention en organisant une armée contre-révolutionnaire. Le Nicaragua a décidé de faire du peuple tout entier une armée invinci. ble qui fera mordre la poussière de la défaite aux mercenaires de l'impérialisme.

Nous avons dit que l'impérialisme est résolu à nous détruire. Le Nicaragua est décidé à survivre et à accroître la stature de sa révolution pour marcher infatigablement à la conquête de ses objectifs stratégiques et, pour atteindre ce but, tout le peuple doit s'incorporer au combat direct, dans les tranchées et dans les tâches de la défense dans les villes, dans les régions, dans les quartiers, dans les écoles, sur les lieux de travail, sur tout le territoire national.

Le Nicaragua est l'étendard déployé qui porte les espoirs des peuples latino-américains. Le Nicaragua représente, avec ses dimensions géographiques réduites et celles, immenses, de sa dignité, les intérêts des opprimés et des exploités. de la

Tous les peuples sont témoins de la conjoncture historique dans laquelle les Nicaraguayens doivent défendre leur survie en tant que nation, bien que cela entraîne comme conséquence que nous devions payer le prix de l'intervention militaire directe de l'impérialisme yankee. Cela sera notre contribution à la lutte de l'homme pour étendre la splendeur de la

— Plus de terres pour les paysans pauvres!

- Guerre à mort contre les spéculateurs, les trafiquants et les accapareurs !

- Guerre à mort à l'armée de mercenaires de l'agresseur yankee!

- Tout pour le front de guerre, tout pour les combattants!

- Patrie libre ou la mort!

Tomas Borge Martinez, Victor Tirado

Lopez, Daniel Ortega Saavedra,

Humberto Ortega Saavedra, Henry Ruiz

Hernandez, Jaime Wheelock Roman, Bayardo Arce Castano, Carlos Nunez Tellez, Luis Carrion Cruz. Managua, 18 mai 1984.

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