Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MILITARISATION

Pour une nouvelle avancée des mouvements de paix

· Inprecor n° 177, 9 juillet 1984 · p. 6-8 · 3 338 mots

Jacqueline Allio était le pseudonyme de Jacqueline Heinen, membre de la direction internationale dans les années 1980, responsable du travail femmes et du travail sur la Pologne.

Paix et armements Allemagne Écologie État espagnol

La conférence de Pérouse va débattre de cet objectif

Me date, de au au ilet prosam dete conte en et temationale pour le- ILLE cinq-cent militants des mouvements de paix seront rassemblés à Pérou-

- désarmement nucléaire, la troisième du genre après celles de Bruxelles en 1982 et de Berlin en 1983, mettra à l'ordre du jour une série de questions importantes pour l'avenir des luttes pour la paix. On y discutera notamment de la question de la Méditerranée et de l'OTAN, ainsi que de la solidarité avec les luttes dans le tiers-monde et à l'Est. L'une des principales discussions portera sans aucun doute sur l'évolution de la situation internationale et des « stratégies d'opposition » face aux dernières initiatives américaines, débat qui traverse la plupart des mouvements de paix européens (1).

Ces questions décisives suscitent bien sûr des divergences souvent profondes. Elles témoignent a la tois du sérieux du mouvement de paix et de la place absolument centrale de ce dernier dans les débats stratégiques de l'heure en Europe. Mais, au-dela, 1 s'agit de trouver les moyens d'une campagne vigoureuse à l'automne, marquée l'échelle de toute l'Europe par de puissantes mobilisations unitaires centrées sur le refus du déploiement des missiles Cruise et Pershing, et sur l'exigence du démantèle-

Le succès éclatant du référendum « autogéré » organisé en RFA le 17 juin, initiative que plus de 5 millions de votants pour les élections européennes ont appuyé, témoigne des immenses réserves dont disposent les mouvements de paix (cf. encadré). L'ampleur des récentes initiatives en Grande-Bretagne, en Espagne et en Hollande autorisent la même conclusion. Il est possible de construire d'énormes mobilisations en octobre

Les militants marxistes révolutionnaires membres des mouvements de paix, ainsi qu'une délégation du Secrétariat unifié (SU) de la IVe Internationale, participeront à la rencontre de Pérouse, en défendant leur analyse sur les diverses questions en débat.

Mais, par dessus tout, ils y défendront, contre tous ceux qui veulent la remettre en cause, la nécessité et la possibilité d'une action de masse résolue pour s'opposer aux plans de guerre et d'austérité que les gouvernements capitalistes s'efforcent d'imposer aux

MILITARISATION ment de ceux qui sont déjà installés.

peuples d'Europe.

Jacqueline ALLIO,

Jean-Louis MICHEL

« Je suis prêt à négocier demain, si les Soviétiques le veulent. (...) Je suis prêt à arrêter le déploiement de nos missiles de moyenne portée en Europe et même à

Mobilisation contre les missiles en Grande-Bretagne. (DR)

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TRIDENT

Pour une nouvelle avancée des mouvements de paix retirer ceux qui y sont installés, en échange d'un accord vérifiable et équitable », déclarait Ronald Reagan, lors d'une interview à Dublin, à la veille du sommet des

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CRUISE

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MISSILES

WORLD

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DISARM sept chefs d'Etat à Londres, interview au cours de laquelle il affirmait par ailleurs que les USA n'envisageaient aucunement d'envoyer des marines dans le golfe Persique. Reagan-la-guerre aurait-il donc tourné casaque ? Si d'aucuns ont la faiblesse de le croire, qu'ils se détrompent ! Les porte-parole de l'impérialisme ont toujours été prompts aux discours lénifiants lorsqu'ils espéraient pouvoir en tirer profit. Et l'on est en période électorale aux Etats-Unis ... Pour se convaincre des intentions réelles du président américain, il suffit de mettre en regard de ces paroles creuses une série de faits qui parlent un tout autre langage. Telle la nouvelle provocation du Pentagone, selon laquelle les 72 missiles dont l'installation est prévue en Europe ne sauraient suffire à faire échec aux euromissiles soviétiques, les généraux américains affichant ainsi leur détermination à en déployer un plus grand nombre. Tel l'aveu du gouvernement américain qu'il pourrait bien passer outre aux accords SALT-2 sur le nombre de vecteurs à ogives multiples, si « la situation internationale et les besoins des Etats-Unis en matière de sécurité nationale » l'exigeaient. Telle la décision d'accélérer la deuxième vague de déploiement des Pershing en Allemagne. Telle l'adoption, ce printemps, par la commission des Plans de l'OTAN, de sept nouveaux programmes majeurs d'armement conventionnel. Telle l'insistance mise par le ministre américain de la Défense, lors du sommet de l'OTAN à Bruxelles le mois dernier, à obtenir des autres puissances impérialistes de l'Alliance atlantique qu'elles augmentent leur contribution au budget de l'OTAN, en particulier pour faire face aux coûts croissants liés au renforcement et à l'extension des bases américaines en Europe.

De même, le récent succès militaire des USA, qui sont parvenus à intercepter une ogive intercontinentale avec un missile, ne saurait nous rassurer. Nul doute que cette « première » dans le domaine armes antimissiles sera utilisée par le gouvernement Reagan, dressant une fois de. plus le spectre de la « menace » soviétique, pour faire pression sur le Sénat américain afin de décrocher les moyens financiers que le Congrès renâcle à lui accorder. Ce dernier a voté, le mois dernier, de n'accor-. der les crédits nécessaires que pour 15 MX au lieu des 40 demandés par Reagan.

Cette offensive de militarisation se voit facilitée d'autant par la politique contre-révolutionnaire des dirigeants soviétiques, qui s'enferrent chaque jour un peu plus dans le piège de la course aux armements, en répondant à l'escalade américaine par une escalade militaire ruineuse et inefficace de surcroît. Ils viennent d'annoncer l'augmentation du nombre de leurs sous-marins nucléaires au large des côtes américaines. Ils imposent aux populations de Tchécoslovaquie et de RDA un nombre croissant d'engins de mort sur leur sol, annonçant le déploiement de

1. Cf. Inprecor numéro 175 du 11 juin 1984.

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dernier ont également participé au référendum « autogéré » organisé à l'extérieur des bureaux de vote par la Coordination du mouvement pacifiste. Plus de

84 % de ceux ayant participé à ce référendum, soit plus de 5 millions de personmande au gouvernement de prendre des mesures pour que le processus de dé ploiement soit immédiatement arrêté et pour que les missiles de moyenne portée traîner des mesures de désarmement à l'Est comme à l'Ouest, en particulier le démantèlement de tous les missiles de courte et de moyenne portée stationnés en nouveaux missiles en Allemagne orientale. Ils répriment tous ceux qui prétendent s'organiser de manière indépendante pour lutter pour la paix en dehors des comités officiels. Ils pratiquent l'art du double langage : Constantin Tchernenko n'en appela-t-il pas à la « volonté de négociation » des Américains après la réussite de leur tir du missile anti-missiles, afin, a-t-il dit, « d'empêcher une militarisation de l'espace », alors qu'il venait de menacer Bettino Craxi, chef du gouvernement italien en visite à Moscou, de transformer l'Italie en un désert en cas d'attaque nucléaire de la part des occidentaux ?

A l'évidence, de part et d'autre, à l'Ouest comme à l'Est, les mouvements pacifistes ne peuvent compter que sur leurs propres mobilisations pour stopper l'offensive criminelle de l'impérialisme et faire échec à la politique de la bureaucratie qui s'inscrit dans cet engrenage.

DES ACTIONS DE MASSE CONTRE L'AUSTÉRITE ET LA MILITARISATION Après l'échec du mouvement antiguerre d'empêcher le déploiement des missiles et après l'arrivée des premiers Cruise et Pershing en Europe, nombreux étaient ceux qui prédisaient la mort du mouvement, convaincus qu'il ne saurait résister à un tel coup. Et pourtant, ce mouvement continue à vivre et à s'organiser. Si les marches antiguerre de Pâques n'ont pas eu la même ampleur cette année que l'an dernier, les mobilisations de ces dernières semaines sont là pour attester de la vigueur des réactions populaires face à la politique de l'impérialisme. C'est sur le thème de « Non aux missiles, non au quet" du ler juillet ! (mesures d'austérité remettant en cause les allocations de chômage) » que près d'un million de Hollandais a participé aux actions de grève du 10 mai. C'est également sur le thème du « Non aux missiles, non à l'austérité ! » que 150 000 Britanniques se sont rassemblés le 9 juin pour la manifestation anti-Reagan à Londres. A Madrid, c'est au cri de « Non à l'OTAN, dehors les bases ! », qu'un demi-million de personnes sont descendues dans la rue le 6 juin. Quant aux Allemands de l'Ouest, ils ont prouvé, le jour du vote pour les élections européennes, leur opposition massive à la politique du chancelier Helmut Kohl en matière d'armement. La participation au référendum lancé par la Coordination nationale du mouvement de paix a dépassé espoirs des organisateurs, puisque 58 % de ceux qui ont participé aux élections pour le Parlement européen ont répondu aux questions posées dans le référendum « autogéré » organisé à l'extérieur des 18 000 bureaux de vote. Parmi eux, 84 % ont approuvé le texte du référendum (voir encadré). Cela représente plus de 5 millions de personnes, soit l'équivalent du nombre de signatures rassemblées en cinq ans par l'Appel de Krefeld contre la décision prise par l'OTAN, en décembre 1979, du déploiement des missiles.

AUX PERSHING ET AUX CRUISE LE 17 JUIN nes, ont souscrit à la déclaration suivante :

déjà en stationnement soient démantelés.

Europe et dirigés sur l'Europe. »

La diversité même des axes de mobilisation témoigne du fait que le mouvement antiguerre ne se limite plus au refus du déploiement des missiles et que ses objectifs entrent davantage en résonance avec ceux du mouvement ouvrier, lorsque ce dernier engage la lutte contre les fermines en Grande-Bretagne, contre la remise en cause de l'échelle mobile des salaires en Italie, pour les 35 heures hebdomadaires sans diminution de salaire en Allemagne occidentale. ouvrières, il y a le refus d'accepter comme intangible une politique qui vise à faire payer aux plus exploités et aux plus opprimés la volonté d'une minorité de capitalistes soucieux de maintenir leurs profits. Or, les militants des mouvements pacifistes sont, eux aussi, de plus en plus amenés à faire le lien entre la politique agressive de l'impérialisme et ses implications sociales et financières. Le scandale du budget militaire mondial, dont la presse annonce benoîtement qu'il atteindra près de 1 000 milliards de dollars (8 500 milliards de francs) en 1984, saute aux yeux. En Grande-Bretagne, alors que le gouvernement de Margaret Thatcher a mis en place un programme économique s'attaquant frontalement aux emplois et aux acquis sociaux, où le budget du secteur public - hôpitaux, crèches, écoles en particulier - est pratiquement laminé après avoir été rogné d'année en année, l'aug mentation de 20% des crédits militaires en 1984 ne peut que susciter la colère des masses et amplifier l'écho du mot d'ordre « Des emplois, pas des bombes ! »

En Espagne, derrière le « Non aux bases américaines ! », il n'y a pas seulement la volonté de décider de son propre sort, mais la conscience que la politique pro-OTAN du gouvernement - aujourd'hui conduite par le socialiste Felipe Gonzalez - se traduit et se traduira inéluctablement par une augmentation formidable des coûts militaires. D'ores et déjà, ce gouvernement « socialiste » a engagé 2150 milliards de pesetas (118 milliards de francs) pour réorganiser l'armée d'ici 1990

La question de savoir qui paie de telles dépenses est de plus en plus présente dans la population et elle ouvre la voie à des thèmes autres que la seule question de l'armement nucléaire. Celui de l'arme-

PLUS DE 5 MILLIONS D'ALLEMANDS ONT DIT « NON » 58 % des Allemands qui ont pris part aux élections européennes du 17 juin « Je me prononce contre le déploiement des Pershing et des Cruise. Je de« Cela impliquerait un arrêt, un "gel"' de l'armement nucléaire et devrait enment conventionnel apparaît notamment, vu l'importance des crédits affectés à ce secteur, ainsi que celui du nucléaire civil, comme l'a démontré l'écho rencontré au sein de l'ensemble du mouvement pacifiste espagnol par la lutte victorieuse du mouvement antinucléaire basque contre la centrale de Lemoniz. Celui des femmes, des jeunes et des chômeurs aussi, qui sont les premiers touchés et les premiers concernés par les coupes claires effectuées dans les budgets sociaux au nom du maintien de l'« équilibre de la terreur ».

QUELLE ORIENTATION POUR LE

MOUVEMENT ANTIGUERRE? Dans une telle situation, des problèmes d'orientation, si ce n'est nouveaux du moins plus aigus qu'auparavant, vont se poser. Car, en dépit de sa force, le mouvement antiguerre n'a pas été en mesure d'empêcher le déploiement des missiles Cruise en Grande-Bretagne et en Italie, ni l'installation des premiers Pershing en RFA. La décision du gouvernement hollandais de reporter à 1985 l'installation des Cruise sur son territoire ne constitue pas réellement une victoire, même si elle marque un recul conjoncturel du gouvernement face à l'ampleur des mobilisations. Chaque camp cherche à gagner du temps pour faire triompher ses vues.

Le mouvement antiguerre se trouve confronté au problème suivant : que faut-il faire maintenant? Comment continuer ? A ce stade de la mobilisation et du débat, les réponses divergent.

Pour les uns, dont les marxistes révolutionnaires, le mouvement, loin d'avoir épuisé toutes ses réserves, peut et doit continuer à se renforcer à travers des mobilisations de masse sur des objectifs précis, comme le refus du déploiement de nouveaux missiles, l'exigence du démantèlement des missiles installés, ou la revendication de la fermeture des bases et du retrait des troupes étrangères de là où elles sont stationnées. Pour ce courant, c'est le meilleur moyen de construire un rapport de forces plus favorable et de mettre en lumière aux yeux de très larges secteurs de l'opinion que les politiques de militarisation et d'austérité sont appliquées par les classes dirigeantes contre la volonté de la majorité des peuples d'Europe. Les mouvements antiguerre européens

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tégique, par opposition à celui de désar- fessionnel pour la paix (IKV) hollandais, pour la marche sur Madrid du 3 juin. C'était là l'aboutissement d'une campagne mobilisation dans tout le pays. Ces journées ont marqué un progrès important du mouvement antiguerre sur divers plans. Du point de vue de son extension, vu le nombre de personnes qui ont activement participé. Du point de vue de la consolidation des coordinations pacifistes qui sont apparues comme les principaux protagonistes de ces mobilisations. Du point de vue de la politisation du mouvement, les participants étant davantage conscients qu'il s'agissait d'actions s'affrontant directement à la politique du gouvernement. Du point de vue de la radicalisation d'un secteur important du mouvement passant du pacifisme à l'antimi-

Cette campagne, axée sur trois points essentiels - la question de l'OTAN, celle des bases américaines, et celle des crédits militaires - a ouvertement remis en cause aussi bien les thèses sur la « défense de l'Occident » que celles touchant qui, avant son accession au pouvoir s'était engagé à organiser un référendum sur la question de l'OTAN, se trouve en position extrêmement difficile. Il ne peut renier ses promesses et abandonner à la légère la perspective du référendum, de peur des réactions d'amples secteurs des mouvements ouvrier et pacifiste qui remettent en cause la politique sociale et économique du gouvernement. Mais, par ailleurs, il sait qu'il risque fort d'être battu s'il l'organise. Il cherche donc à gagner du temps et à parvenir à un consensus au niveau parlementaire, sans exclure cependant l'hypothèse d'un vote de confiance aux Cortès (Parlement espagnol), qu'il dissoudrait s'il était mis en minorité sur sa position de maintien de dans la période à venir. La Liga Comunista Revolucionaria (LCR-LKI), section de la IVe Internationale dans l'Etat espagnol, pleinement partie prenante du mouforgé son unité, c'est-à-dire « Non à l'OTAN ! Dehors les bases américaines !

Non à la nucléarisation ! Non aux crédits militaires ! Solidarité anti-impérialiscet automne des actions similaires aux chaînes humaines de Barcelone et de doivent donc poursuivre sur la voie adoptée jusqu'ici en organisant des mobilisations de masse. Le plus sûr moyen de faire un pas sur le chemin de la paix c'est, pour ces mouvements, d'imposer des mesures concrètes de désarmement à leurs gouvernements, et ceci quelles propres que soient les initiatives ou les actions qu'ils organisent : manifestations de rue, référendaires qui grèves ou initiatives puissent déboucher sur d'écrasantes majorités exprimant leur opposition à la politique de militarisation.

Pour d'autres, en revanche, la situation actuelle apparaît comme dangereuse, car ils la jugent sans issue. Ceux-là cherchent une « solution raisonnable », autrement dit une sorte d'arrangement avec les forces qui soutiennent l'effort de militarisation, en particulier avec les secteurs « libéraux » de la bourgeoisie. Cela s'accompagne de pressions au sein du mouvement pour faire passer le mot d'ordre de « gel des armements » comme perspective stra-

« NON A L'OTAN, DEHORS LES BASES ! » litarisme.

à la « défense nationale ».

l'Etat espagnol dans l'OTAN.

vement dans tout le pays, définit ainsi les tâches essentielles du mouvement :

l'OTAN, afin de faire échec aux manœuvres du gouvernement.

« autogérés » dans les écoles, dans les entreprises et dans les localités.

tion, afin d'aller à l'encontre de la propagande atlantiste de la bourgeoisie.

mement unilatéral. C'est ainsi, par exemple, que Mient Jan Faber, dirigeant du Conseil intercon350 000 personnes dans la chaîne humaine de Barcelone, le 20 mai ; 500 000

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Face à cette mobilisation, le gouvernement du socialiste Felipe Gonzalez Le mouvement pour la paix est donc appelé à jouer un rôle politique décisif - Maintenir son indépendance ainsi que les mots d'ordre essentiels qui ont - Exiger la tenue d'un référendum sur des bases claires pour la sortie de - Consolider les organisations pacifistes et leurs coordinations, et organiser - A l'instar d'autres mouvements européens, organiser des référendums — Développer un intense travail de contre-information au sein de la populaen est venu à déclarer que « le mouvement n'est pas réaliste », qu'il n'est pas constructif, parce qu'il maintient intégralement ses exigences de départ : « Non pas deux, non pas un, aucun missile de l'OTAN! ». Mary Kaldor, du Mouvement européen pour le désarmement nucléaire (END) britannique, se prend, elle, à rêver d'une « défense occidentale vraiment défensive et non-nucléaire », sous l'égide de l'OTAN. Et ceci, au moment même où l'alliance impérialiste accélère ses préparatifs de guerre dans les secteurs d'armements non nucléaires ! Et combien d'autres, qui pour être moins connus, n'en avancent pas moins des « perspectives » très dangereuses pour les mouvements pacifistes, si elles devaient être re-

Que ces propositions émanent de personnalités indépendantes ou de dirigeants réformistes des organisations ouvrières, elles ont un fond commun : la crainte de voir se mettre en marche un mouvement que personne ne contrôlerait plus, et dont la dynamique sociale l'amènerait inévitablement à entrer ouvertement et brutalement en conflit avec les Etats d'Europe de l'Ouest qui se prétendent démocratiques. C'est ce qui explique les manœuvres du PC italien qui, pendant des mois et des mois, a essayé sans succès d'empêcher le mouvement de lancer une campagne pour l'organisation officielle d'un référendum sur la question des missiles. Il faut comprendre dans le même cadre le refus délibéré de la direction de la Campagne pour le désarmement nucléaire (CND) pour la manifestation anti-Reagan du 9 juin. La hantise des uns et des autres est d'autant plus forte que les mouvements pour la paix ont commencé à opérer, dans plusieurs pays, un début de jonction avec les combats de la classe ouvrière.

En fin de compte, les termes de ce débat peuvent se résumer ainsi : à qui appartient-il de décider ? Qui décide en effet, aujourd'hui, dans ces sociétés soi-disant démocratiques? Et, plus spécifiquement, qui décide au sein du mouvement de l'orientation à donner aux luttes pour la paix ?

Il n'y a donc pas lieu de craindre le verdict d'assemblées réellement démocratiques des mouvements de paix, pas plus que d'éventuelles décisions « irréalistes » du plus grand nombre. Bien au contraire, il s'agit de miser totalement sur le contrôle de ceux qui sont mobilisés dans la lutte, sur le contrôle des travailleurs et de la jeunesse, quant aux choix que prétendent nous imposer les gouvernements capitalistes. Ceux qui font si grand tapage de la « démocratie » ... à condition qu'elle n'aille pas trop loin, ne s'y résoudront jamais. C'est là toute la différence. Que chacun s'exprime, fasse ses propositions d'action, et que soient juges et décident tous ceux et toutes celles qui ont fait la force des mobilisations pour la paix et qui sont dépositaires de ses acquis.

Jacqueline ALLIO, Jean-Louis MICHEL, 27 juin 1984.

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