1E sont finalement 600 jeunes en provenance de diffé rents pays européens (Suisse, Allemagne fédérale, Belgique, Hollande, Suède, Danemark, Luxembourg, GrandeBretagne, Irlande, Autriche, France, Italie, Etat espagnol, Portugal) qui ont participé, du 21 au 30 juillet, en Forêt Noire, en Allemagne fédérale, au premier camp international de la jeunesse révolutionnaire mis sur pied par les organisations de jeunesse en solidarité avec la IVe Internationale. Etaient aussi présentes des délégations du Japon, des Antilles, de Bolivie, des Etats-Unis, du Canada, du Sri Lanka, ainsi que des représentants du Secrétariat unifié de la IVe Internationale et de l'organisation Lutte Ouvrière (France).
La moyenne d'âge des participants était de 21 ans, mais de 19 ans seulement pour la délégation belge. Les femmes représentaient 37 % des participants, et la majorité de la délégation hollandaise. En ce qui concerne la composition sociale, un peu plus du quart étaient des travailleurs, un autre quart des apprentis ou des chômeurs, un quart des lycéens, et un dernier quart des étudiants. Enfin, les deux tiers des participants et des participantes étaient sympathisants ou militants des organisations de jeunesse et non des sections de la IVe Internationale.
Cette première initiative constitue donc un succès et, tout d'abord, du point de vue même de la participation. Ceci est d'autant plus encourageant et significatif, quand on sait que ces organisations de jeunesse ont vu le jour, pour la plupart, au cours des trois dernières années, et que certaines préparent seulement leur congrès constitutif, comme en Allemagne fédérale pour octobre 1984 et en Italie pour décembre prochain.
« TOUS SANDINISTES ! » Ce camp international de la jeunesse révolutionnaire, par le dynamisme et l'enthousiasme qui s'en est dégagé, représente d'autre part un important succès politique. Les débats qui avaient lieu le matin, les forums et rencontres diverses, ont connu une bonne assistance, permettant de larges échanges d'expériences autour des thèmes centraux qui avaient été choisis - lutte contre les missiles et la militarisation, contre la crise et le chômage, contre le racisme et pour l'égalité des droits, contre l'oppression des femmes, solidarité avec la révolution en Amérique centrale —, mais aussi sur de nombreux autres thèmes proposés par les participants au cours même du déroulement du camp.
L'apothéose fut sans aucun doute l'accueil réservé au représentant de la Jeunesse sandiniste du 19 juillet, Uriel Ortega, venu spécialement de Matagalpa, au Nicaragua, pour participer au camp. Il fut reçu par une véritable manifestation parcourant le camp au chant de l'hymne sandiniste. Cette profonde identification à la révolution sandiniste exprime une confiance dans la perspective révolutionnaire et dans le socialisme, comme seule alternative positive aux menaces militaristes, au chômage et au racisme. A contre-courant des doutes largement diffusés et entretenus par les médias, cette avant-garde de la jeunesse manifeste ainsi sa conviction qu'il ne s'agit pas seulement de protester ou de résister contre des menaces d'apocalypse, mais qu'une transformation sociale radicale reste non seulement plus que jamais nécessaire, mais possible, et que le défi lancé par la révolution sandiniste à la face de l'impérialisme en est aujourd'hui le symbole. C'est ce même sentiment de confiance en l'avenir qui se dégageait, lors du meeting de clôture et de l'intervention d'Ernest Mandel sur la jeunesse et l'avenir socialiste de l'humanité.
international de la jeunesse
Sous le signe de la révolution sandiniste
Au-delà de cette volonté de mobilisation et d'action commune qui dominait le déroulement de cette semaine internationale de la jeunesse révolutionnaire, une telle rencontre renforce la confiance et le respect mutuels entre la jeunesse de différents pays. L'internationalisme est souvent plus facile à proclamer du haut d'une tribune qu'à défendre dans la pratique quotidienne, et notamment dans l'adversité ou face à épreuves. Le passé du mouvement ouvrier l'a hélas souvent prouvé. C'est pourquoi, à une époque où la crise économique nourrit non seulement le racisme mais aussi les chauvinismes nationaux, il importe de tremper l'avant-garde de la jeunesse révolutionnnaire dans de telles initiatives, au travers de l'engagement de faire face, ensemble et par-delà les frontières, aux ennemis communs.
UN TRAVAIL COLLECTIF
Le camp international de la jeunesse révolutionnaire fut enfin un énorme succès du point de vue de ses activités de loisir et de son organisation matérielle. Devant la variété des activités proposées, et malgré l'inexpérience des organisateurs tout le monde pouvait trouver en permanence quelque chose à faire qui réponde à ses désirs ou à sa curiosité : tournoi d'échecs, tournoi de football, baignades, jeux, marche écologiste, autodéfense, labo photo, vidéo, projections, musique, danse, improvisations diverses. Mention spéciale doit être faite à la participation collective à une soirée improvisée de cabaret international.
Quant à l'organisation matérielle, elle était préoccupante à la veille du camp, car l'infrastructure initialement prévue pour 400 participants devait finalement accueillir 200 inscrits supplémentaires de dernière heure. Grâce à l'effort collectif, en premier lieu à l'entrain et à la bonne humeur des cuisiniers qui ont montré la voie, mais aussi des traducteurs, des services techniques, du médecin, et à la coopération de tous, ces difficultés matérielles ont toutes été résolues au mieux. Critère non négligeable de réussite de cette initiative, le budget a été équili-
Ces résultats sont à mettre à l'actif de la petite équipe de direction qui s'était constituée, depuis un an et demi, au fil des rencontres internationales, et de la responsabilité exercée par le conseil des représentants des délégations, qui a constitué la direction quotidienne du camp. Mais si les raisons de satisfaction étaient nombreuses, on s'est quand même quittés sur l'engagement à faire mieux ... la prochaine fois. Quiconque a l'ambition de changer le monde doit aussi être prêt à faire sa petite révolution en permanence.
DES CAMPAGNES, DES ENGAGEMENTS Outre ce capital de force et cette volonté générale d'aller ensemble de l'avant, plusieurs projets concrets se sont dégagés du camp :
- En premier lieu, dès l'automne prochain (novembre-décembre 1984), une nouvelle tournée européenne d'une délégation sandiniste, dont le thème serait la solidarité avec les victimes de l'agression impérialiste (invalides en particulier). Les or ganisations de la jeunesse révolutionnaire en solidarité avec la IVe Internationale se tiendraient en première ligne de cette nouvelle campagne.
- Toutes les organisations participantes ont enregistré po-
sitivement l'appel lancé par la section jeune de la Campagne pour le désarmement nucléaire de la Grande-Bretagne (Youth CND) à une manifestation européenne contre le déploiement des missiles, à Bruxelles, où est situé le quartier général de l'OTAN.
- Les camarades allemands de Roter Maulwurf se sont engagés, pour l'automne 1984, à l'organisation d'une marche contre le racisme, qui pourrait être l'occasion de l'envoi de délégations à partir des pays où cette question occupe déjà une place importante (France, Belgique, Hollande).
Nous publions ci-après les principales déclarations (Amérique centrale, antimissiles, contre le racisme, contre le chômage) qui ont été adoptées au nom des participants du camp, lors de la réunion de clôture, le 29 juillet 1984. D'autres motions ou initiatives ont été prises : une motion et une collecte de solidasaire du renversement de la dictature.
rité avec les mineurs britanniques, une motion contre la répression des militants nationalistes basques, et notamment contre les mesures et les menaces d'extradition qui les frappent en France et en Belgique, une motion de solidarité avec les travailleurs licenciés d'Uni Royal en Belgique, une déclaration sur l'oppression des femmes. Enfin et surtout, un salut collectif de solidarité a été adressé à la camarade Catherine Vincent, militante des Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR) de France, sérieusement blessée cet été au Nicaragua, lors d'une embuscade tendue par les contras à une brigade internationale de travail qui se rendait à Managua pour le cinquième anniver-
• D.J.