A de la ve internationie, qui est déroute a in alt, in regions be du pron l'occasion de la récente réunion des bureaux politiques des sections européennes sandiniste de libération nationale (FSLN) avait été invité à venir y présenter l'état de la situation dans son pays et les dangers d'intervention américaine. De passage en Europe, Silvio Prado, responsable pour l'Europe de la Direction des relations internationales (DRI) du FSLN, a accepté de répondre positivement à cette invitation parce que, comme il l'expliqua lui-même, l'organisation invitante « représentait une com-
Au terme d'une journée de discussions, durant lesquelles le dirigeant sandiniste exposa l'analyse du FSLN sur la situation de son pays et répondit aux multiples questions sur la révolution nicaraguayenne et sur les positions politiques du FSLN sur divers sujets, Silvio Prado accorda à Inprecor l'interview exclusive que nous publions ciposante du mouvement de solidarité ».
« INPRECOR » : - Quel est l'enjeu des élections du 4 novembre prochain et la signification que le FSLN leur donne ?
Silvio PRADO : — Par principe, nous avons toujours attribué un rôle secondaire aux consultations électorales. Le FSLN a toujours déclaré que l'essentiel ne résidait pas dans les élections au Nicaragua. Aujourd'hui, pour le peuple du Nicaragua, le plus important, c'est la défense de la révolution. C'est dans ce cadre que nous nous sommes lancés dans la préparation des élections pour le 4 novembre prochain, convaincus de ce que la droite n'était pas intéressée à y participer. Nous étions cependant décidés à lui donner les plus grandes facilités pour qu'elle y participe. Mais, dès le début, nous avons perçu qu'il y avait des directives et des instructions concrètes pour que la Coordinadora ne participe pas aux élections (1). Parce que, de toute manière, cela signifierait pour elle légitimer la défaite de la droite dans ces élections et, partant, une victoire en toute légalité du FSLN.
Ces élections ne faisaient donc pas l'affaire de qui? De la droite, évidemment. Elles auraient convenu à la droite dans la seule mesure où celle-ci aurait pu faire passer le FSLN pour une force totalitaire, prête à tout pour y empêcher sa participation. Cependant, nous allons néanmoins organiser des élections parce que nous l'avions promis au peuple, depuis le triomphe de juillet 1979. Déjà en 1969, lorsqu'a été adopté le premier programme du FSLN, cela fait maintenant 15 ans, nous avions promis au peuple que nous organiserions des élections lors de notre triomphe. Il n'est donc pas vrai de dire que nous avons décidé de convoquer ces élections sur la base des pressions de l'Internationale socialiste. Cela est faux. Nous avons pris en considération les conseils de tout le monde, de tous les
NICARAGUA
"Nous appelons
à soutenir le FSLN
Interview de Sivio Prado, responsable des relations intemationales du FSLN
Silvio Prado. (DR) pays et des forces amies. Mais si nous les organisons, c'est pour notre propre convenance. - Dans le Conseil d'Etat, les organisations de masse disposaient directement de représentants. Elles ont ainsi pu iouer un certain rôle lors de débats sur des questions les concernant. La forme nouvelle de représentation à la future Assemblée va-t-elle signifier un changement en ce domaine? - L'inquiétude qu'exprime question est liée au fait que vous ne connaissez pas bien l'histoire du Front et la situation réelle et concrète des liens des organisations de masse avec le FSLN. Tout d'abord, les représentants qui, jusqu'à maintenant sont au Conseil d'Etat pour les organisations de masse, c'est-à-dire les délégués de ces organisations de masse, sont tous sandinistes, tous membres du FSLN. Et ce n'est pas par hasard, mais parce que les dirigeants du peuple étaient sandinistes, et cela dans tous les secteurs.
Dans la future Assemblée nationale seront représentés les délégués du FSLN qui sont membres des organisations de masse. C'est donc la même chose. Ce qui va un peu changer, c'est le caractère de la représentation. Avant, ces délégués repré sentaient leur organisation de masse, et maintenant, ils représenteront le Parti. Mais l'aspect fondamental reste néanmoins le secteur social qu'ils représenteront à l'Assemblée nationale. De telle manière que si un élu change de secteur social, il devra aussi changer sa représentation à l'Assemblée, parce que ce qu'il représente, c'est le secteur social auquel il appartient.
— Alors qu'il existe toujours un important secteur d'économie privée, on assiste à un glissement politique des secteurs bourgeois ayant soutenu la révolution vers la contre-révolution armée. Cela crée une situation quelque peu contradictoire
Comment analysez-vous, dans ce cadre, le devenir de l'économie
- L'existence de l'économie mixte a une raison d'être dans notre pays. Une fois de plus, c'est l'histoire qui nous l'enseigne. L'histoire nous montre que des paysans moyens et des paysans riches ont eu une position anti-somoziste, voire même révolutionnaire, et nous devons les conserver à nos côtés. Parce que leurs racines, leurs origines font qu'ils sont différents, et qu'il faut les gagner à la révolution. Beaucoup d'entre eux ont été des latifundistes, des propriétaires fonciers, et ont donné leurs terres à la révolution au moment de la victoire. Nous avons parfois installé des écoles militaires sur leurs terres. Il y a eu des guérilleros sur leurs terres, et certains avaient donné leurs terres à la révolution avant même la victoire de juillet 1979. Ils savaient ce qu'ils risquaient ...
Use passe-t-il avec d'autres secteurs, les secteurs non patriotiques ? Jusqu'à un certain point, ils ont aussi été anti-somozistes, parce que Somoza repré sentait pour eux un rival, et pas seulement un adversaire politique, mais principalement un adversaire économique. Somoza, à mesure qu'il s'est enrichi, s'est transformé en un monopoliste ennemi économique de ces secteurs. C'est pour cela qu'ils se sont opposés au somozisme et non pas parce qu'ils étaient profondément anti-somozistes. C'est ce processus qui explique l'apparition du Parti libé'ral indépendant (PLI), du Parti conservateur démocrate (PCD), d'autres partis d'opposition, d'Alfonso Robelo, etc. Leur intérêt tactique exigeait le renversement
1. La Coordination démocratique « Ramiro Sacasa », qui refuse de participer aux élections, regroupe des forces bourgeoises d'opposition, savoir le Parti libéral constitutionnel (PLC), le Parti social-démocrate (PSD), le Parti social-chrétien (PSC), le Conseil supérieur des entreprises privées (COSEP), la Centrale travailleurs du Nicaragua (CNT) et la Centrale d'unification syndicale (CUS).
sée par la stagnation des agressions des nord-américaine directe existent du somozisme pour être en meilleure position et augmenter leurs profits. Ils pensèrent de façon erronée que la révolution allait le leur permettre. Ils se sont trompés. Ils se sont complètement trompés, parce que la révolution ne leur a pas accordé un seul pouce d'espace pour qu'ils s'enrichissent. Et quand Robelo se rendit compte que la révolution était une chose sérieuse, que c'était une révolution sociale, profonde, qui ne suivait pas une voie réformiste, il a pris peur et il est parti, comme Eden Pastora et comme d'autres encore ... Ils pensaient que la révolution allait s'arrêter le 19 juillet 1979. Ils se sont trompés eux-mêmes.
Le PLI, par exemple, ce sont des gens qui ont été anti-somozistes pour défendre leurs intérêts. Ils ne pesaient pas sur des secteurs très importants. C'est le FSLN qui a dû se mettre à leur tête et jouer un rôle dirigeant dans la lutte contre la dictature. C'est lui, et non le parlementarisme bourgeois, qui décida la ligne militaire qui devait renverser le somozisme. Ce qui se passe, c'est que le PLI participe aux élections parce qu'il est soumis à des pressions externes. Personne n'ignore que c'est l'Internationale libérale qui finance le PLI. Le problème, pour eux, c'est d'avoir des sièges au Parlement où pouvoir discuter et attaquer le pouvoir, car ils savent que les idées libérales appartiennent au siècle passé et qu'elles ont cessé d'être révolutionnaires il y a longtemps. Depuis la formulation des du socialisme scientifique, du marxisme-léninisme, le libéralisme est devenu une idéologie obsolète, caduque.
- Comment définissez-vous aujour d'hui les secteurs patriotiques de la bourgeoisie qui soutiennent encore la révolu-
- Ce que nous appelons les secteurs patriotiques, ce sont quelques partis qui sont intéressés au développement politique, et économique surtout, du pays. Certains pensent que la révolution les sert, qu'elle peut leur donner un cadre de dé veloppement, ou au moins leur permettre de maintenir leur capital. Nous n'avons pas intérêt, dans l'immédiat, à décréter que tout doit devenir la propriété l'Etat dans tous les domaines. C'est un processus qui prendra du temps. Certaines conditions doivent être réunies. faut laisser mûrir les choses.
Pour nous, ces couches représentent déjà un secteur limité. Certains nous ont rejoint, ils sont avec le FSLN. D'autres sont avec le Parti conservateur, le Parti populaire social-chrétien (PPSC), et d'autres ne sont dans aucun parti politique, mais appuient la révolution. C'est ce que nous appelons le secteur patriotique de la bourgeoisie, ceux qui investissent dans le pays. Malheureusement, il n'y en a pas beaucoup. La bourgeoisie, pour l'essentiel, est anti-patriotique.
- Quel est l'état de l'agression impérialiste dans le domaine militaire ?
- La situation militaire est caractérimercenaires sur les différents fronts de la guerre. Cela est lié à la tactique de l'impérialisme, qui consiste à ne pas en finir avec la révolution nicaraguayenne, mais à freiner sa marche en avant et à circonscrire la révolution à nos frontières. C'est, si l'on veut, une politique de pourrissement. Pour cela, ils ont besoin de forces nombreuses, de ressources techniques importantes: des avions, des armes sophistiquées pour freiner l'offensive des forces révolutionnaires ... De plus, les USA doivent accentuer leur agression pour pouvoir négocier avec nous à partir d'une position de force. Ils ont donc poussé les mercenaires à s'ancrer sur le territoire national, à se maintenir à l'intérieur du pays. L'agression a donc pour but d'incruster une force mercenaire dans le pays, à l'intérieur, mais de manière souple.
Notre tactique consiste justement à éviter que ces mercenaires ne s'installent, qu'ils puissent s'ancrer dans un endroit. Nous les poursuivons pour qu'ils ne puissent avoir aucune attache permanente. Nous cherchons à les fatiguer et à les expulser du pays, à en finir avec eux. Nous sommes d'ailleurs en train, moment même, de procéder à l'encerclement et à l'anéantissement de plusieurs ces forces qui centre du pays. Pour l'instant, le signe d'agression extérieure est donné par concentration de forces ennemies la frontière du Costa Rica, où plusieurs milliers de contre-révolutionnaires de la démocratique nicaraguayenne (FDN) et de l'Alliance révolutionnaire dé mocratique (ARDE) sont concentrés pour renforcer leur front sud, qui a été affaibli, et essayer de donner de l'oxygène au nord, dans le but de desserrer la pression que nous exerçons sur leurs troupes.
- En fonction des échéances politiques que constituent les élections nicaraguayennes du 4 novembre et les présidentielles américaines, et des dangers d'intervention impérialiste, quelles sont, à ton avis, les tâches de la solidarité internationale ?
dangers d'une intervention aussi
Les candidats du FSLN, Sergio Ramirez et Daniel Ortega, en campagne électorale. (DR) bien avant les élections qu'après. La question est de savoir à quel point les Nord-américains ont mesuré les problèmes posés par une telle. intervention. Ils ont les moyens d'intervenir de façon offensive quand ils veulent. Ils ont des forces au Honduras, au Panama, sur l'Atlantique, le Pacifique. Tout dépend de la décision de leur Conseil national de sécurité. Quand celui-ci le décidera, ils interviendront. S'ils voient que le coût du maintien de l'agression actuelle est le même que celui d'une intervention directe, ils s'y lanceront. Peutêtre le niveau de l'agression n'est-il pas encore assez élevé pour amener cette intervention? Cependant, nous pensons que, petit à petit, les forces nord-américaines sont de plus en plus impliquées dans la guerre, et que cela favorise un investissement aussi important que s'ils intervenaient directement au Nicaragua.
Quant les Nord-américains vont faire leurs comptes et qu'ils arriveront à la conclusion que cela revient au même de financer la contre-révolution que d'intervenir directement, alors ils interviendront. Les risques d'intervention sont donc équivalents, avant et après les élections nica-
- Ne crois-tu pas néanmoins que la période des élections doit être mise à profit pour multiplier les initiatives de solidarité internationale ?
- Indiscutablement. Parce propagande impérialiste cherche à présenter ces élections comme illégitimes et malhonnêtes. La propagande yankee veut faire croire que les sandinistes manipulent les élections. C'est pour cela qu'il faut des actions de solidarité, de reconnaissance, d'appui de la part des forces progressistes mondiales, à la révolution sandiniste et au FSLN. Il faut un appui de parti à parti. Nous appelons donc tous les partis politiques progressistes à prendre position en faveur et en soutien au FSLN, en tant qu'avant-garde de la révolution nicaraguayenne.
Propos recueillis par Vincent KERMEL,
30 août 1984