Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ETAT ESPAGNOL

Les nôtres : Andoni Arrizabalaga 1941-1984

Inprecor n° 180, 24 septembre 1984 · p. 20 · 749 mots

État espagnol Euskadi IVe Internationale

Pays Basque, étaient condamnés à 25 ans de détention. La sentence insistait sur le fait que les trois accusés s'étaient exprimés « dans un langage inconnu », c'est-à-dire en euskerra. La peine de mort d'Andoni fut ensuite commuée en détention à perpétuité par le chef d'Etat. La grève fut générale à Ondarroa et l'ETA. Dès 1964, il était arrêté une première fois, torturé et incarcéré à la prison de Larrinaga, avec les mains quasi paralysées. Libéré, il participe dans les années suivantes à toutes les activités culturelles et aux mobilisations démocratiques contre l'oppression du peuple basque par la dictature, en même temps qu'il comtravaille. En 1966, il est élu délégué syndical. La même année, il participe comme représentant d'Elgoibar à une assemblée qui jette les bases de la constitutionnaire Meliton Manzanas. Andoni est longuement torturé à nouveau. Mis en liberté provisoire cinq mois plus tard, il est à nouveau détenu et condamné à mort en 1969. Il va passer sept années en prison, d'abord à Puerto Santa Maria, pendant deux ans et demi, puis à Ségovie, et enfin de nouveau à Puerto Santa

Maria, où il est transféré après la découverte d'un projet d'évasion à Ségovie, en blée, qui évolue alors vers des positions internationalistes et rejoindra la IVe Internationale en 1972, en fusionnant avec la Ligue communiste révolutionnaire.

Pour lui, la lutte continue en prison. Il participe activement à l'organisation des prisonniers politiques et à plusieurs grèves de la faim. Cette résistance lui a valu, resté un militant actif et inébranlable de son organisation, la LCR-LKI, section de la IVe Internationale dans l'Etat espagnol. Discret, presque silencieux, Andoni avait une haute stature morale. Il illustrait une génération qui avait su jeter un pont entre la révolte de la jeunesse basque contre l'oppression et la lutte du mouvement ouvrier pour le socialisme. Internationaliste convaincu, il avait dû subir, après ses longues épreuves, les accusations de ceux qui le traitaient d'« espagnoliste » pour avoir su élargir la revendication nationale à la lutte pour obsèques dans son village natal ont été marquées par un hommage unanime. Les maisons étaient couvertes d'ikurinas (drapeau basque). José Iriarte « Bikila » a salué sa mémoire en euskerra au nom de la direction de la LCR-LKI. Jon Echave, ancien prêtre et militant de la LKI, lui a apporté le salut de ses anciens camarades de détention. Sabino Arana, lui aussi militant de la LKI, qui fut dans les années 1970 le plus ancien prisonnier de l'ETA, a lu devant son cercueil le télégramme du Secrétariat unifié (SU) de la IVe Internationale, qui déclarait :

« C'est du fond de sa prison qu'Andoni est devenu notre camarade. Il fut d'abord pour nous un nom sans visage, un symbole. Il représentait la résistance inébranlable à la dictature franquiste. Il illustrait une génération de militants révolutionnaires basques que la lutte intransigeante contre l'oppression nationale a conduit à l'internationalisme prolétarien. Camarade inconnu, il nous était pourtant devenu familier et cher au fil des campagnes de solidarité contre la répression. Sa fidélité à notre combat, quand d'autres cédaient à la déception ou au désenchantement, a renforcé le lien qui nous unit. C'est pourquoi sa disparition touche si profondément tous ses amis lointains. En leur nom, nous rendons non seulement un dernier hommage internationaliste au militant, mais aussi un qu'il avait deux montagnes, celle de pierres et de rochers, et celle de la révolution. •

LES NOTRES Andoni Arrizabalaga 1941-1984 d'août, à l'âge de 43 ans, dans l'escalade du couloir du Mont-Blanc du Tacul.

guerre de Burgos, et deux de ses camarades, dans les zones industrielles d'Euskadi, à l'annonce de cette sentence.

tion des commissions ouvrières du Guipuzcoa.

sur ses 7 années de détention, 450 jours de cachot, soit un an et demi !

l'émancipation sociale.

témoignage de respect et d'affection au camarade. »

Notre camarade Andoni Arrizabalaga a trouvé la mort, le premier jour Le 27 octobre 1969, Andoni avait été condamné à mort par le conseil de natifs comme lui de Ondarroa, au Andoni avait commencé son action politique en 1963 comme militant de à intervenir comme militant ouvrier dans l'entreprise d'Elgoibar où il En 1968, il est arrêté une seconde fois après l'exécution par l'ETA du torC'est donc en prison qu'il prend position en faveur de l'ETA-Sixième assemLibéré en 1977 après la mort de Franco, Andoni Arrizabalaga est toujours Parce que profondément aimé et respecté à Ondarroa et à Elgoibar, ses Le risque a été sa mort, mais surtout, le risque a été sa vie. Andoni disait

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