Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER BRESIL

La législation des syndicats corporatistes

· Inprecor n° 181, 8 octobre 1984 · p. 22 · 638 mots

Syndicalisme

sur quatre piliers : la Sécurité sociale — et la participation des syndicats au Département national de la sécurité sociale —, la stabilité de l'emploi, la Justice du travail (où siègent également des « représentants » des travailleurs), et les syndicats d'Etats. Après 1964, tout ceci a été petit à petit remis en cause par le régime militaire. Les syndicats se sont vu retirer totalement le droit de participation aux institutions qui fixaient les prix et les salaires. La Justice du travail s'est vu limiter ses attributions les plus importantes, comme la définition des indices salariaux.

La stabilité de l'emploi a été remplacée par une politique qui déstabilisait l'emploi et, qui plus est, instituait un système supplémentaire d'épargne forcée ves d'adaptation. Quels sont ces syndicats ? Organes de collaboration avec le patronat et le gouvernement, ils ont été réduits, par le régime militaire, à des fonctions intermédiaires d'assistance médicale, sociale, éducative et juridique, et constituent une énorme machine qui représente entre les mains des « pelegos » une arme puissante pour alimenter un clientélisme politico-syndical. Subventionnés presque totalement par l'impôt syndical, ils sont porteurs du monopole légal de la représentation ouvrière face aux patrons. Syndicats uniques pour une même catégorie professionnelle ou pour une même base géographique, ils sont néanmoins régis par le verticalisme : la loi interdit l'existence d'organisations horizontales unissant les travailleurs de différentes catégories professionnelles. Les organes centraux - fédérations (généralement par Etat) et les confédérations (nationales) - sont élus par un système de vote qui favorise de manière démesurée le poids des petits syndicats, ceux qui sont justement les plus sensibles aux pressions de la politique d'assistance de la bureaucratie. Pour élire la direction de la

Fédération des métallurgistes de Sao Paulo, par exemple, le syndicat des métallurgistes de Sao Bernardo, centre de l'industrie automobile, ne représente qu'une voix, tout autant que le petit syndicat d'Araras, à l'intérieur de l'Etat. Pour les élections de la Confédération nationale des travailleurs de l'industrie (CNTI), représentant formellement 8 millions de travailleurs, 62 fédérations de travailleurs de l'industrie prennent part au vote, parmi lesquelles 16 se situent dans des Etats peu industrialisés du Nordeste. La distance entre la CNTI et les syndicats de base est telle que 4 des 7 membres de la commission exécutive n'avaient déjà plus, en

1982, de mandat syndical, ayant en effet perdu les élections dans leur syndicat veille et décide de tout : l'encadrement (la définition des secteurs professionnels), le statut-modèle, l'application des règlements, les critères d'élection, les inpendante au niveau de la base et sur le lieux de travail, le système syndical, ou plutôt anti-syndical, est aidé dans ce rôle répressif par l'organisation propre du capitalisme dans notre pays. L'extrême instabilité de l'emploi oblige fréquemment le travailleur à passer d'un secteur professionnel à un autre, ce qui rend moins qualifiés et les moins payés, et comme d'un autre côté presque 70 % des travailleurs brésiliens perçoivent moins de 3 fois le salaire minimum, le résultat est que même dans une région avancée, comme la région du Grand Sao Paulo, seulement 8 % des travailleurs qui touchent le salaire minimum sont syndiqués, et presque 30 % de ceux qui reçoivent entre 3 et 5 fois le salaire minimum le sont également. La législation syndicale et cette rotation des travailleurs agissent

Les syndicats corporatistes brésiiens imposé à la classe ouvrière par la dictature.

et dans leur fédération.

encore plus difficile les formes d'organisation et de solidarité.

donc sur l'organisation ouvrière comme un acide sur de la peinture.

La législation corporatiste brésilienne du travail s'appuyait, jusqu'en 1964,

Seuls parvinrent à survivre les syndicats protégés et alimentés par ces tentati-

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