E processus révolutionnaire en Amérique centrale, et plus particulièrement au
Les affrontements menés par les masses populaires et leurs organisations d'avant- garde regroupées dans le Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) ont une valeur inestimable pour l'avancée de la révolution latino-américaine et mondiale.
La présentation publique de la proposition de constitution d'un Gouvernement provisoire de large participation (GPAP) faite par le FMLN-FDR, a donné lieu à différentes interprétations et critiques (1). A cette occasion, nous reproduisons ci-dessous un document qui analyse en profondeur cette proposition. Ce texte, élaboré par le
FMLN, a été publié dans le numéro 14 du journal Anastasio Aquino et dans le numéro du 3 septembre de Bandera Socialista, l'hebdomadaire du Parti révolutionnaire des tra-
EL SALVADOR
Analyse du FMLN sur
la proposition de
Gouvernement provisoire
de large participation
vailleurs (PRT, section mexicaine de la IVe Internationale). DOCUMENT DU FMLN
LA RELATION ENTRE
LA TACTIQUE ET LA STRATÉGIE
RÉVOLUTIONNAIRE 1) Dans l'élaboration d'une stratégie révolutionnaire et le développement des orientations tactiques au cours du processus de révolution, le programme révolutionnaire joue un rôle nécessaire, mais non déterminant ou absolu, et il se modifie, comme les autres éléments de l'orientation et de l'action révolutionnaires.
Vue à la lumière d'une transposition directe des expériences révolutionnaires européennes du passé ou d'une position doctrinale extrême - les deux étant d'ailleurs incapables de saisir les particularités des luttes. révolutionnaires en Amérique ci-dessus peut apparaître comme une hérésie. Elle est ainsi susceptible de se voir qualifiée de renonciation au marxisme léninisme ou d'expression de positions réformistes.
Néanmoins, l'histoire avance et les luttes de libération nationale n'annulent ni n'éludent la contradiction fondamentale entre les classes. Elles l'englobent comme contradiction interne qui doit se résoudre de façon particulière à chaque cas concret. Mais, en même temps, elles expriment le fait essentiel que, dans nos pays, la classe ouvrière et ses alliés du camp populaire doivent nécessairement conquérir d'abord le pouvoir politique pour, à partir de là, transformer les structures sociales. Ces luttes expriment donc l'obligation qu'ont les révolutionnaires de comprendre le programme révolutionnaire et son rôle, dans une perspective qui rompe définitivement avec la mystification à laquelle il était soumis et qui peut conduire à des conclusions erronées, comme cela s'est produit au sujet de la proposition de Gouvernement provisoire de large participation (GPAP) faite par le FMLN-FDR.
C'est à partir de cette vision erronée que plus d'une voix s'est élevée pour est une source d'enseignements pour les travailleurs du monde entier. Guérilla sur le volcan de Guazapa. (DR) affirmer que cette perspective venait remplacer celle de l'établissement d'un Gouvernement démocratique révolutionnaire (GDR). établi par nos Fronts en 1980, et pour, à partir de là, développer toute une démonstration fondée sur la comparaison du contenu des deux plate-formes programmatiques. C'est là une grave erreur, qui commence par la « découverte » d'intentions de reculs là où n'existent que des réadaptations tactiques, et qui oublie la situation dans le temps et l'espace politique dans laquelle les deux propositions ont été formulées.
Le GPAP ne se substitue pas au GDR, et ce dernier n'a pas été mis à la poubelle. tique - et non une simple manœuvre -forces interne et externe au plan politique et militaire. Son objectif est de créer les bases d'un développement des luttes dans de meilleures conditions, dans un rapport de forces qui soit plus favorable au déploiement des actions de masse et de représenter une contribution pour tenter d'empêcher une intervention directe et massive de l'impérialisme yankee. Car, pour nous, le problème essentiel de la lutte révolutionnaire est le problème du pouvoir et le caractère révolutionnaire -et non réformiste, pourquoi ne pas le dire — du programme est lié et déterminé par cette question. Toute comparaison entre telle ou telle plate-forme programmatique, faisant abstraction du problème du pouvoir, tombe dans le champ de la discussion doctrinale, laquelle contribue fort peu à l'élaboration de tactiques concrètes qui sont justement celles qui orientent la lutte, que ce soit de façon correcte ou pas.
Les relations entre stratégie et programme, et entre tactique et programme, ne peuvent donc être ni analysées ni même posées en marge du problème du pouvoir et de la lutte pour sa conquête. Agir autrement interdirait de comprendre la dialectique entre lutte de libération et lutte des classes et de se saisir, d'un point de vue révolutionnaire, des contradictions entre les différentes fractions de la bourgeoisie dans nos pays. En poussant à l'extrême, certains en viennent à affirmer qu'ayant constaté l'existence d'une fraction bourgeoise non oligarchique — aussi faible soit-elle sur le plan politique et économique, comme c'est le cas au Salvador -, le FMLN-FDR en est arrivé à la conclusion qu'il était possible de passer des alliances avec elle pour la formation d'un gouvernement, ce qui est l'exemple d'erreur maximaliste qui a empêché beaucoup de révolutionnaires de rendre possible le triomphe d'une perspective révolutionnaire dans nos pays.
Non seulement le FMLN-FDR n'a jamais proposé une semblable alliance, mais il ne pourrait le faire sans tourner le dos à la réalité concrète, sans cesser de re-
1. Cf. Inprecor numéro 170 du 2 avril 1984 et numéro 177 du 9 juillet 1984.
connaître l'existence de fractions et de contradictions dans le camp de l'ennemi, de planifier les mouvements tactiques nécessaires pour en tirer parti.
Nous ajouterons simplement à ce point essentiel que seule une vision mystifiée du rôle du programme dans les processus révolutionnaires, ajoutée à la séparation formelle entre le politique et le militaire - dont la base se trouve dans l'incompréhension du caractère politico-militaire des nouvelles organisations révolutionnaires latino-américaines -, mener à l'affirmation que dans la discussion, les éléments politiques de la guerre, parmi lesquels le programme, deviennent régis par les « lois de la guerre » au lieu de l'être par les « lois de la révolution ». C'est là omettre d'expliquer que les « lois de la guerre révolutionnaire » (et non pas de n'importe quelle « guerre ») sont parties intégrantes et subordonnées aux lois politiques générales de la révolution, qui comme telles prennent des formes concrètes dans chaque cas particulier, même si la forme de lutte déterminante est la lutte laquelle les modifications de tactique n'impliquent pas de modifier le programme relève donc de l'expression de ceux qui ne dépassent pas le « programme maximum » et ne peuvent, pour cette raison, atterrir dans le champ de la tactique concrète.
LE PARTI ET L'AVANT-GARDE 2) Le problème de l'organisation et du parti révolutionnaire est aussi une question cruciale dans l'élaboration d'une stratégie et le développement de tactiques révolutionnaires. Mais l'existence d'un parti unique n'est pas une nécessité obligatoire pour le triomphe de la lutte de libération nationale ou populaire, et, dans le cas du Salvador, ce parti se construit dans un processus de synthèse contradic-
Nous voilà ainsi devant une nouvelle hérésie pour les doctrinaires et les maximalistes qui n'ont pas tiré les leçons des expériences cubaine et nicaraguayenne. Mais nous devons aussi réfuter les idées de ceux qui, méconnaissant le développement réel des forces révolutionnaires au Salvador et s'abritant derrière des positions hégémonistes caduques, s'opposent à l'autre extrême à la nécessaire construction du parti unique de la révolution salvadorienne au travers de la fusion de toutes les organisations d'avant-garde et soutiennent, en revanche, une combinaison entre le front des organisations révolutionnaires et la construction d'un parti marxiste de la classe ouvrière. Cela ne revient à rien d'autre que d'assigner un rôle d'avant-garde à une seule de ces organisations révolutionnaires.
Nous opposons à cette vision hégémoniste notre thèse de « l'avant-gardesynthèse ». Pour cela, nous partons de la constatation qu'au Salvador se développe presque intégralement l'un des traits essentiels de la révolution latinoaméricaine, à savoir que l'avant-garde révolutionnaire se construit dans un pro-
FMLN
FDR SALVADOR LBTE cessus contradictoire à partir de la synthèse de noyaux dispersés qui ont surgi et se sont développés historiquement de façon parallèle et séparée.
Dans ce processus de synthèse, il n'ya aucune organisation qui, à priori et par des dispositions externes à ce processus, joue le rôle de noyau privilégié autour duquel organisations révolutionnaires doivent se regrouper. Ce rôle se décide tout au long de ce processus de synthèse et il est assumé par l'organisation que la perception et l'analyse de la situation rendent capable d'impulser les orientations politico-militaires les mieux adaptées au moment. Au Salvador, ce rôle a été joué par différentes organisations dans des conjonctures distinctes. C'est là une des formes particulières qu'a pris ce processus de synthèse dans ce pays.
Ce processus de synthèse de l'avant-garde dispersée ne s'achève pas nécessairement avant le triomphe de la révolution populaire, mais sa concrétisation à des niveaux supérieurs est une condition indispensable afin de pouvoir avancer vers des stades supérieurs du processus révolutionconduisent à la construction Mais il y a une question préalable : avant que les dittérentes organisations de gauche ne se constituent en véritables or-
Mobilisation paysanne du FMLN. (DR)
ganisations politico-militaires, elles doivent réussir à se transformer en noyaux d'avant-garde. Au Salvador, le développement tactico-organisationnel différencié des années 1970-1980 a produit une extraordinaire complémentarité sociale et géographique des organisations révolutionnaires, qui n'était d'ailleurs pas consciemment recherchée. Les différentes organisations, bien que pas toutes, ont eu à jouer ce rôle d'avant-garde de façon alternative et conjoncturelle, par exemple dans le domaine de l'organisation et de l'action de masse ou dans celui de la constitution des noyaux de la future armée ré volutionnaire, etc. Et cela, jusqu'en 19791980, lorsque ce même type de développement des organisations révolutionnaires est devenue de plus en plus contradictoire et que le pas a été franchi, de la dispersion initiale vers l'unification nécessaire.
Nous nous sommes étendus sur ce point, car l'incompréhension des particularités de ce processus d'unification interdit d'appréhender la complexité du développement, également contradictoire, du rôle de la tactique et du programme dans la lutte révolutionnaire au Salvador.
VERS LE GOUVERNEMENT
PROVISOIRE DE LARGE PARTICIPATION 3) Quand le FMLN-FDR a proposé la constitution d'un Gouvernement provisoire de large participation, certaines voix se sont interrogées sur la viabilité de la proposition, oubliant que, partant de son rapport avec la réalité, toute proposition tactique doit se concrétiser au travers d'une lutte qui arrache des concessions aux classes opposées. C'est pour cela que nous ne pouvons accepter l'argument selon lequel l'administration Reagan, s'appuyant sur le système du bipartisme, s'oppose à tout dialogue, ni que les forces dominantes de la bourgeoisie salvadorienne acceptent cela comme un fait immuable. Les forces démocratiques et révolutionnaires salvadoriennes ont l'obligation, en prenant en compte les décisions concrètes, de lutter inlassablement et de façon créative pour modifier ces positions, ou tout du moins, pour réduire au maximum leurs bases d'appui.
Pour les révolutionnaires, il n'existe pas de déterminismes politiques, pas plus qu'il n'existe de déterminisme géo-politique ou géographique. D'ailleurs, en suivant une telle position, le développement de la guerre de guérilla n'aurait pas été rendu possible au Salvador. Les révolutionnaires ne peuvent nier les possibilités de la révolution sans perdre leur qualité de révolutionnaires. A partir de là, nous n'acceptons pas non plus que notre demande d'une auto-épuration des forces armées bourgeoises soit qualifiée de non-viable en vertu de lois générales inéluctables, ou que l'on argumente contre cette proposition du FMLN-FDR en se fondant sur des déductions spéculatives concernant le développement - nécessairement contradictoire, vu son extrême complexité - de cette problématique à l'intérieur des organisations révolutionnaires et démocratiques.
une démarche totalement différente, peut dans son ensemble, et les différentes or- pression ».
Soutenir donc que cette proposition du FMLN-FDR constitue un recul par rapport à la proposition d'un GDR de 1980, c'est concevoir le développement du processus révolutionnaire au Salvador en termes linéaires, et attribuer aux révolutionnaires un tournant à droite ou des attitudes vacillantes, ce que toute l'action quotidienne du FMLN dément avec une totale évidence.
Nous en arrivons ainsi à la qualification de « manœuvre tactique », traitée, de plus, d'ingénue, attribuée à la proposition de consticution du GPAP, ignorant les longs mois d'efforts et de réflexion, non dénués de doutes, qu'a exigé l'élaboration de cette proposition tactique visant à donner une réponse politique à la conjoncture nationale et à la conjoncture centro-américaine qui l'accompagne qui, de plus, correspond à l'extraordinaire avancée opérée sur le terrain de lutte qui, pour le FMLN et le FDR, reste fondamental et déterminant, celui de la lutte armée. Bien évidemment, cette proposition faite dans la dynamique même de la lutte, n'est pas exempte de manques et d'imprécisions, qu'il faudrait combler et développer le plus rapidement possible. Mais le caractère correct ou incorrect de cette proposition tactique sera déterminé par la pratique révolutionnaire et non par une discussion se situant en marge de celle-ci, et sans que cela ne conduise à la suppression de cette pratique révolutionnaire ni même à bien moins que cela, comme le prouve le présent texte.
NÉGOCIATION
ET RAPPORT DE FORCES 4) Le FMLN-FDR a toujours conçu le dialogue et la négociation comme un instrument auxiliaire de lutte, comme une action complémentaire arrachée aux classes dominantes et à l'impérialisme, et un produit des progrès de la forme fondamentale de la lutte que représente la lutte armée révolutionnaire. Et la forme qu'elles prennent ne peut être une transposition mécanique d'autres expériences révo-
C'est pour cela que nous n'avons jamais proposé une trêve inconditionnelle et encore moins un dépôt des armes. Mais cela ne doit pas nous amener non plus à ne pas profiter des contradictions qui existent au sein de l'armée ennemie ni à déployer tous les efforts pour élargir notre champ d'alliances et pour empêcher l'intervention directe et massive de troupes impérialistes.
Poser le problème du caractère tactique ou stratégique du dialogue et de la négociation en marge des propositions globales et des actions réelles des forces révolutionnaires peut conduire à une discussion stérile. Placer cet instrument au sein de ces propositions et de ces actions, cela exige, au contraire, d'analyser exhaustivement sa viabilité dans chaque conjoncture concrète et de garantir qu'il ne dévie pas des principes stratégiques et tactiques révolutionnaires ou qu'il puisse être utilisé par l'ennemi. Mais ceci, qui est seulement être fait à l'intérieur de la conduite concrète du processus, avec tous les risques et les limites que cela implique. Mais quel processus révolutionnaire n'est pas porteur de risques, y compris straté-
UNE DIRECTION COLLECTIVE 5) Dans chaque processus révolutionnaire, dans chaque révolution particulière, les dirigeants historiques émergent, se développent et jouent un rôle avec leurs caractéristiques propres. Vouloir leur assigner une dimension au-delà de leurs potentialités réelles ne relève que de conceptions volontaristes. Au Salvador, la consparticulière des organisations d'avant-garde n'a pas permis jusqu'à présent l'émergence d'un dirigeant unique et central du processus.
Cette affirmation, en plus d'être une particularité de la lutte salvadorienne, recouvre l'une de ses plus grandes faiblesses. En effet, durant toute la décennie des années 1970, le développement des différentes organisations révolutionnaires s'est caractérisé entre autres par deux facteurs.
Premièrement, étaient essentiellement collectives et clandestines, à tel point que même la majorité des militants ignorait leur composition. Cela a permis entre autre chose de développer une extraordinaire capacité de résistance à la répression, car beaucoup de camarades de la direction n'ont jamais été des dirigeants publics et de masse.
Deuxièmement, l'organisation et la conscientisation des larges masses des villes et de la campagne étaient axées autour de propositions politico-militaires et non autour de personnalités. Ce n'est qu'au début de la guerre révolutionnaire ouverte en 1981 que notre peuple et les militants commencèrent à connaître qui étaient leurs dirigeants.
Ces deux facteurs ne sont pas étrangers à ce que nous pourrions appeler une « culture politique du silence », à laquelle fut contrainte notre peuple après le massacre de 1932 et qui a été profondément intériorisée durant 50 ans, jusqu'à ce qu'elle soit rompue avec le déploiement ouvert du mouvement populaire de masse en
Nous affirmons que cela constitue de plus l'une des plus grandes faiblesses du mouvement populaire et révolutionnaire salvadorien. Car l'inexistence d'un dirigeant central ( « lider maximo ») de la révolution rend plus difficile la cohésion idéologique des masses et gêne le processus d'unification de l'avant-garde dispersée. A l'heure actuelle, et comme juste reconnaissance niée par l'histoire bourgeoise officielle, le FMLN a revendiqué le nom de Farabundo Marti et celui d'autres leaders révolutionnaires du passé. Avec ceci, notre peuple, les militants et les combattants des forces révolutionnaires continuent à suivre une pratique de conscientisation et d'organisation qui répond avant tout à des organisations et des orientations politiques et non à des dirigeants.
C'est ce qui explique que le FMLN ganisations en particulier, aient pu résister sans désertions ni fractionnements notables aux erreurs commises par des dirigeants, même du plus haut niveau. Cette question n'a pas été comprise par beaucoup de collaborateurs et d'observateurs extérieurs à la lutte du peuple salvadorien, qui se référaient de nouveau à des exemples extérieurs et à des conclusions générales. Cela les a conduits à une surestimation de certains dirigeants, en leur attribuant le caractère de dirigeants de la totalité des masses du pays et à pousser au-delà de la réalité les conséquences de leurs actes et de leurs attitudes.
En replaçant le problème de cette façon, nous insistons pour dire que nous ne nions pas les faiblesses entraînées par cette réalité sur le plan idéologique et politique, comme nous n'écartons pas la possibilité qu'au cours de la lutte un ou plusieurs des dirigeants actuels parviennent à jouer des rôles centraux.
LE DROIT A L'INFORMATION
ET LA LIBERTÉ D'EXPRESSION
6) Toute direction révolutionnaire a pour obligation d'informer les militants, les collaborateurs et le peuple dans son ensemble sur les différences, les difficultés, les erreurs ou les succès connus dans la conduite du processus. Mais cela ne peut se faire de façon générale et indifférenciée, car la révolution dépasse l'individu compris comme abstraction générale.
Ce n'est pas seulement parce que les conditions de la guerre révolutionnaire ouverte imposent des limites déterminées dues à l'action de l'ennemi - dans les dures conditions de la construction clandestine des organisations au cours des années 1970, la situation était encore plus restrictive , mais parce que tout processus révolutionnaire, toute organisation révolutionnaire, rompre avec le mythe bourgeois du plein droit de tous les « citoyens » à « l'information totale », avec tout ce que cela cache, comme nous le savons bien.
De même, la démocratie révolutionnaire donne des droits différents d'information et de décision en fonction des différents niveaux de participation. Oublier cette vérité élémentaire de l'organisation révolutionnaire conduit à des exigences qui n'ont pas été méritées et à des droits auto-proclamés de spéculation en marge de la conduite concrète. Que l'on ne nous comprenne pas mal. En affirmant cela, nous ne justifions pas les erreurs dues à une dissimulation de l'information nécessaire ou à son interprétation erronée pour s'imposer dans un débat idéologique. Si ces erreurs sont commises, la critique sera la bienvenue, mais qu' elle ne serve pas à exiger la diffusion d'informations de manière indiscriminée.
L'obligation des révolutionnaires est aussi d'éduquer tout le peuple, et pas seulement les militants ou les combattants, dans l'esprit de la démystification des conceptions bourgeoises sur la « liberté de l'information » et sur la « liberté d'ex-