Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER NICARAGUA

Elections démocratiques dans le contexte d'une économie de guerre

· Inprecor n° 182, 22 octobre 1984 · p. 7-11 · 6 163 mots

Nicaragua

ETÉ 1984 aura permis de mettre en lumière les consé-

L quences économiques et politiques de 'agression imperialiste contre la révolution nicaraguayenne. On a assisté, dans les dernières années, à une intensification croissante des pertes occasionnnées par l'activité de la « contra ». Les dommages représentaient, pour la seule année 1983, 77 % du total des pertes depuis 1981. Cette guerre d'usure a déjà fait 7 000 morts dans les rangs sandinistes et dans la population civile de.

puis mars 1982, provoqué pour 400 millions de dollars (3,6 milliards de francs) de dégâts, et causé une chute de 35 % des exportations depuis le début de 1984 (1).

Ces agressions, qui visent ouvertement à saper les bases du développement du pays, ont contraint le gouvernement révolutionnaire à effectuer un effort supplémentaire de défense.

La part des dépenses militaires dans le

Claude DEVILLIERS

La priorité définie de la mise en place d'une défense efficace signifie une orientation de tout l'appareil de production en fonction de cette nécessité. L'exemple le plus couramment cité est le fait que les quelques entreprises textiles du pays ont essentiellement fabriqué, au cours de la dernière période, des vêtements pour les combattants des fronts de guerre. Une telle orientation aboutit à privilégier l'approvisionnement en produits de première nécessité des régions rurales les plus soumises à l'agression.

Les couches moyennes, revenu supérieur à la au moyenne nationale, sont donc les plus atteintes dans leur niveau de vie par les restrictions à la consommation qui en découlent.

LES PROBLEMES ÉCONOMIQUES

DE LA RÉVOLUTION

L'adoption de cette politique renvoie aussi aux problèmes de la difficile situation économique actuelle du Nicaragua.

La révolution a hérité d'une économie capitaliste très peu développée, dépendant pour l'obtention de ses revenus extérieurs. Outre les 50 000 morts, la centaine de milliers de blessés, la quasi absence de réserves en devises et l'énorme dette extérieure, notons aussi, comme legs du somozisme et de la guerre civile, la baisse notable des surfaces cultivées, qui ont passé de

630 000 hectares à 275 000 hectares entre 1977 et 1979, la chute de 33 % du

PIB au cours de la même période, des dégâts évalués à environ 5,5 milliards de francs, et la dévastation de l'appareil éco-

La prise de contrôle gouvernemental sur une partie de l'économie, la relance relative des investissements, dont le montant, en pourcentage du

PIB, pour les années 1980-1983 représente une hausse de 3 % par rapport aux années 1975-1977 et la réforme agraire, amèneront une augmentation de la production agricole même temps qu'une modification d'une économie de guerre de 25 % pour l'année 1984 (2). un intense moment budget est passé de nicaraguayennes. fondamentale de la structure de la propriété et de l'équilibre des productions avec une augmentation des cultures d'alimentation de base (haricots, sorgho, riz). Mais l'extension et la transformation de la structure de la demande solvable d'un côté et, de l'autre, la dépréciation de la valeur des exportations sur le marché international, de l'ordre de 33 % en prix constants entre 1978 et 1979, ont produit une situation contradictoire.

Alors que de nombreux secteurs agricoles ont connu une hausse de la production dépassant même parfois les niveaux de 1977, comme pour le sucre, les pâtes alimentaires, l'huile, le lait, le savon, le café ..., d'autres ont stagné (mais, coton, bétail). L'on assiste, parallèlement, à une pénurie relative de tous ces biens alimentant la spéculation et le marché noir, car le rythme de la progression des productions est resté inférieur à celui de l'augde la demande solvable. Par ailleurs, alors que le niveau des exportations a retrouvé celui des années du somozisme, les rentrées financières ont été sérieusement affectées par la diminution des prix des produits sur le marché international. « Les exportations, qui étaient de l'ordre de 636 millions de dollars en 1977, ont ensuite baissé à 450 millions en 1980, et n'ont pas pu croître ensuite, atteignant seulement les 415 millions en 1983 », affirme ainsi un rapport du ministere du Développement agricole et de la réforme agraire (MIDINRA) consacré à la gestion de l'Etat (3).

Néanmoins, le secteur agricole nationalisé de l'Aire de propriété publique (APP) a, depuis 1979, augmenté sa production dans la plupart des domaines, de même que le secteur petit et moyen paysan, sauf en ce qui concerne le coton et le maïs. Ceci constitue la grande réussite d'une réforme agraire étant parvenue à mener de pair une modification de la propriété et une hausse de la production agricole. Par contre, le grand secteur privé, qui représente environ 32% de la valeur de la production agricole totale, a toujours, selon le rapport du MIDINRA, « adopté en général une attitude méfian-

18 % en 1982 à 20 % en 1983, et les prévisions sont de l'ordre

C'est au plan économique comme sur les autres terrains de la vie sociale que la politique sandiniste est aujourd'hui subordonnée à la nécessité de la défense militaire de la révolution et de ses acquis. Le commandant Jaime Wheelock exprimait cette orientation lorsqu'il annonçait, à l'occasion du ler mai 1984, la nécessité d'une véritable « économie de guerre ».

C'est dans le cadre de cette difficile situation économique, sous le feu des agressions de la « contra » et des mensonges de la presse bourgeoise internationale, que la révolution sandiniste poursuit son avancée. Les élections du 4 novembre 1984, comme la campagne électorale qui les a précédées, auront été ainsi de débat et de politisation pour les masses te ». Ce secteur a, par exemple, maintenu ses plantations de café sans d'amélioration significative des cultures ou d'extension des surfaces de production, ce qui signifie en clair un refus d'investir. Un phénomène identique s'observe d'ailleurs dans le comportement du secteur privé industriel. Une partie au moins des aides accordées par l'Etat au secteur privé ne sont donc pas réinvesties par ce dernier dans le circuit productif.

Cela pose donc non seulement des problèmes liés à la réorganisation des circuits commerciaux, compte tenu de la pénurie relative de certains produits, mais d'autres problèmes concernant le contrôle par l'Etat des surplus issus des bénéfices du secteur privé et les difficultés rencontrées dans la planification de l'activité du secteur petit et moyen paysan.

De plus, au plan social, le gouvernement sandiniste a toujours insisté auprès des travailleurs sur l'importance du salaire réel englobant l'ensemble des avantages sociaux offerts à la population laborieuse.

L'impossibilité de continuer à assurer l'entièreté de ces avantages sociaux, du fait des conséquences de l'agression impérialiste et de la spéculation commerciale, nécessitait une intervention énergique en ce domaine. C'est ce que fit le gouvernement, en proposant des mesures qui s'affrontent en priorité aux intérêts des couches sociales liées à la bourgeoisie, dont le niveau de vie reposait surtout sur la consommation de produits manufacturés importés, et en organisant une mobilisation des masses autour de ces objectifs dans le cadre de ce qu'il appelle l'économie de

Dans la mesure où il existe effectivement, d'un côté, une pénurie de tous les produits qui ne sont pas de première

• nécessité, et de l'autre, des couches sociales qui disposent encore de revenus leur

1. Le Monde, Paris, 4 octobre 1984.

2. Pensamiento Propio, Managua, 15 juillet

3. Revolucion y Desarrollo, revue du ministère du Développement agricole et de la réforme agraire (MIDINRA), Managua, numéro 1, avril- mai-juin 1984.

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applicable sur tout le territoire, la vente ges économiques et d'attaques militaires, permettant de consommer plus que le minimum moyen national, il y a là en effet place pour la spéculation. En plus de ses conséquences néfastes sur le niveau de vie des masses, cela contribue à un afflux migratoire vers la capitale en direction du secteur informeldu petit commerce et du marché noir. Outre les problèmes sociaux engendrés par cet exode rural, qui intervient alors même que l'on observe une pénurie de main-d'œuvre qualifiée et non qualifiée (pour les récoltes) dans les activités productives, il signifie par ailleurs l'existence d'un marché clandestin du travail nullement maîtrisé par l'Etat.

La mise en application des récentes décisions économiques a conduit les autorités nicaraguayennes à s'en prendre directement aux tenants de la spéculation, base sociale du « front interne » de la. contre-révolution.

L'ÉCONOMIE DE GUERRE ET

LA DÉFENSE DU CONSOMMATEUR

La défense de la révolution passe donc aujourd'hui par une lutte combinée du gouvernement et des organisations de masse nicaraguayennes contre les spéculateurs. Tel est d'ailleurs l'objet de la Loi de défense du consommateur, promulguée le 1er août 1984. Suivant les dispositions de celle-ci, la distribution de huit produits de base — huile, sucre, savon, riz, sorgho, maïs, haricots, sel - est placée sous contrôle public, afin de garantir l'approvisionnement pour toute la population et un niveau homogène de prix quel que soit le point de vente.

Jusqu'à présent, la commercialisation de ces produits s'effectuait au travers d'un double réseau, l'un public et l'autre privé. Ce dernier a continué à prospérer, principalement à Managua. Depuis grossistes disposaient des moyens pour stocker des marchandises et provoquer des artificielles, qu'aux milliers de petits revendeurs ambulants, tout ce secteur commercial n'a pas été réellement entamé par la mise en place de points de distribution nationalisés où l'on peut disposer des marchandises à un prix subventionné. A tous les échelons, des centres de production agricoles aux points de vente, le détournement des marchandises était pratiqué, afin de grossir les circuits de distribution privés. Cette situation est encore aggravée par le fait que le secteur privé contrôle la totalité des transports routiers de marchandises. La politique gouvernementale de subvention des prix des produits de première nécessité aboutissait à avoir des prix de vente officiels inférieurs aux prix payés aux producteurs agricoles, permettant ainsi l'enrichissement illégal de circuits commerciaux parasitaires aux dépens des consommateurs. Les commerçants privés n'hésitaient pas, en effet, à s'approvisionner auprès des magasins nationaux à bas prix et à stocker pour créer une pénurie pour revendre plus cher ensuite.

Le contrôle public sur la commercialisation et la distribution des huit produits de première nécessité passe dorénavant par la fixation du prix de vente dans les seuls circuits publics ou dans des points de vente agréés, l'interdiction de lier l'achat d'un produit taxé à celui d'un autre au prix libre, et l'accréditation spécialisée pour les véhicules de transport de marchandises. Le mécanisme d'agrément des points de vente est lié à l'aval que fourniront les Comités de défense sandinistes (CDS). En échange de son engagement à respecter les prix, le détaillant sera approvisionné par les entreprises nationales de commercialisation.

Sur un marché de Managua. (DR)

Il est clair que les fonctionnaires du (MICOIN) n'ont pas les moyens suffisants pour veiller au respect des dispositions de défense du consommateur. La pierre angulaire du dispositif repose sur la capacité de mobilisation à la base des CDS pour promouvoir un véritable contrôle des prix et une lutte efficace contre la spéculation. Le vendredi 3 août, à l'occasion d'une émission radio-diffusée intitulée « Face au peuple », le commandant Daniel Ortega, candidat du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) à la présidence de la République, devait insister sur le fait que « le peuple organisé est la force fondamentale pour l'application de la Loi de défense du

Les CDS ont été appelés à mener une « guerre à mort » aux spéculateurs. L'accent mis cet été sur la lutte contre la spéculation trouve aussi une traduction au plan social dans la lutte contre le « front interne » de la réaction qui l'organise et s'y enrichit. Le 23 juin 1984, le commandant Tomas Borge devait déclarer à ce propos : « Le projet de front interne essaye d'organiser et de créer une base sociale qui servirait les plans globaux de la contre-révolution. Il tente de s'appuyer sur le mécontentement de certains secteurs. Il ne s'agit pas seulement de sabotamais aussi de l'utilisation d'instruments politiques et idéologiques pour attaquer le pays. (4) » Une réponse politique a été apportée sur ce terrain par le FSLN. Une campagne idéologique s'est développée pour dénoncer les erreurs et incompétences de certains fonctionnaires. Daniel Nunez, candidat du FSLN à l'Assemblée constituante et président de l'Union des agriculteurs et éleveurs (UNAG), a publiquement affirmé, d'après le compte-rendu fait par Barricada du 17 septembre dernier, que « la lutte n'est pas seulement menée contre Reagan, mais aussi contre certains fonctionnaires qui gênent le développement des activités productives du pays ». Le débat portait, dans ce cas, sur la fixation d'un prix considéré comme trop bas pour l'achat des haricots aux producteurs.

Le Nicaragua parvient néanmoins à assurer, malgré ces difficultés, un approvisionnement minimum à toute la population. La seule observation du bilan sanitaire du pays et de la chute de la mortalité infantile montre même que des carences historiques, notamment en matière d'accès aux aliments riches en protéines, ont été surmontées. C'est là un fait dont il convient de mesurer l'importance, afin de mieux cerner la nature des mesures de rationnement qui sont aujourd'hui mises en place. Mais les coups portés à l'économie nicaraguayenne et au bien-être de ses habitants par l'action des forces réactionnaires sont sévères. Le blocus impérialiste du pays aboutit à une réduction considérable de toutes les importations destinées à la consommation. Sans être des produits de première nécessité pour la survie de la population, les vêtements ou les chaussures par exemple, n'en sont pas

4. Télex, Envio, Managua, juillet 1984.

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moins des besoins essentiels. Or, ce type de produits est aujourd'hui soumis à une très forte hausse des prix.

des estimations concordent pour indiquer que le niveau de vie des masses populaires a pu être relativement stabilisé ces dernières années, en ce concerne les produits de base qui constituent le « panier de la ménagère ». Par contre, si l'on prend en compte un échantillon plus vaste de produits, baisses du niveau de vie sont importantes à partir de 1982: 12,9% en 1982 et 25,4 % en 1983 (5). La hausse des prix au cours des mois qui ont précédé la promulgation de la Loi de défense des consommateurs a été particulièrement importante, indiquant une accélération par rapport tendances antérieures : 24,8% en 1982 et 30,9 % en 1983.

LES DIFFICULTÉS

DE LA PLANIFICATION Cette aggravation des problèmes de production et de ravitaillement, sous le coup de l'agression et du blocus impérialiste révèle aussi les contradictions inhérentes à l'évolution de l'économie mixte et du contrôle de l'Etat sur la production et l'économie. Un article de la revue Per.samiento Propio notait à ce propos : « On peut affirmer que le pays vit une réalité d'économie mixte en transition, où la rationnalité de la planification démocratique n'est toujours pas hégémonique ; où prédominent encore les lois du marché et de la valeur fortement dépendantes de l'économie capitaliste mondiale. (6) »

Le caractère évolutif de la situation de l'économie mixte est reconnu clairement par le FSLN. Ainsi en est-il de Bayardo Arce, coordinateur de la Commission politique de la direction nationale du FSLN, rappelant que le FSLN avait surestimé le poids des possessions de l'ancien dictateur Somoza dans l'économie, l'ampleur du contrôle de cette dernière que la seule nationalisation des avoirs somozistes devait lui permettre. Répondant à une question sur l'évolution du programme économique original du FSLN, Bayardo Arce explique : « Lorsque nous avons élaboré ce projet (initial du FSLN), nous avions seulement les données statistiques de Somoza. Nous avions une information incomplète de la réalité nationale. (...) Pour ne citer qu'un exemple, on croyait que Somoza était le maître de 50% du Nicaragua. Nous pensions qu'avec ce que nous allions lui confisquer, nous en aurions suffisamment pour répondre aux demandes populaires. (...) Nous avons dû effectuer des réajustements. (7) » La direction sandiniste a donc dû prendre les mesures nécessaires en nationalisant les avoirs des complices de Somoza, ou celle des capitalistes qui adoptaient une attitude favorable à la contre-révolution ou qui organisaient des fraudes fiscales. Malgré cela, la révolution sandiniste se trouve aujourd'hui confrontée au délicat problème de la planification de l'économie.

L'organisation de la production agricole, condition essentielle de l'orientation de l'économie vers la satisfaction des besoins des masses populaires, ne se limite pas à la seule question du contrôle du grand secteur privé toujours en activité. S'y ajoutent aussi les problèmes liés à la gestion du secteur de l'APP (manque de cadres, de moyens techniques, limite du poids du salariat agricole) et à la planification du secteur des petits et moyens producteurs agricoles. La situation de l'agriculture nicaraguayenne est très complexe. Elle ne se réduit pas à la simple dichotomie entre un secteur de grands producteurs privés spécialisés dans les produits d'exportation rapportant des devises, et un autre secteur de petits et moyens producteurs travaillant pour le marché local.

derniers interviennent pour 42% de la valeur de la production du café, pour 27 % de celle du coton et pour 95 % de celle du sésame. D'un autre côté, les grands entrepreneurs sont aussi présents dans le secteur des produits destinés à la consommation intérieure, contrôlant 36 % de la valeur de la production de riz et 34 % de celle du sorgho. C'est la raison pour laquelle le gouvernement sandiniste attache une attention toute particulière à l'avancée de la réforme agraire et à l'organisation des petits et moyens producteurs individuels dans des coopératives (cf. document ci-après).

Les problèmes de gestion et de planification du secteur réformé de l'agriculture sont abordés dans un article de la revue Revolucion y Desarrollo, où sont précisés, parmi les obstacles socio-politiques et institutionnels au développement du secteur agricole, les éléments suivants : « L'insuffisant développement de la gestion ouvrière et la nécessité d'une plus grande défiprogrès de la syndicalisation; l'absence, chez les techniciens, d'une conscience politique de leur travail professionnel; (...) le manque de définition des termes concrets de l'Alliance ouvrière et paysanne, en particulier la définition des revenus différenciés, la garantie d'approvisionnement du paysan, la relation entre les prix des biens manufactures et ceux des biens alimentaires, les activités socio-politiques qui développent la solidarité entre les deux secteurs ; (...) la difficulté de la révolution dans son ensemble pour s'occuper du secteur paysan, du fait de sa dispersion, de sa précarité technologique et de sa vulnérabilité idéologique, ce qui a eu des incidences directes sur notre tra-

Cette approche dénote une consciendes problèmes économiques complexes auxquels doit faire face la révolution et qui renvoyent aux difficultés et aux lenteurs inhérentes à tout processus de transition au socialisme dans une économie dominée, qui plus est soumise à l'agression impérialiste.

En continuant sa marche en avant, la révolution nicaraguayenne montre néanmoins l'issue qu'elle entend donner aux difficultés auxquelles elle doit faire face. Elle poursuit à un rythme croissant la réforme agraire, en menant la confrontation directe avec les spéculateurs, c'est-à-dire avec des couches significatives de la bourgeoisie, et en menant la bataille politique de masse contre les principaux partis politiques de la bourgeoisie, relais à l'intérieur du pays de l'offensive impérialiste

DE LA RÉFORME AGRAIRE Les progrès réalisés dans le domaine de la réforme agraire par la distribution des terres aux paysans en sont un bon exemple, comme en témoignent des statistiques datant du début 1984. Les paysans les plus pauvres, dont les exploitations sont inférieures à 7 hectares, qui possédaient 2% des terres en 1978, en ont aujourd'hui 6%, a raison de 1,8% sous forme privée et 4% sous la forme de coopératives agricoles (9). Les paysans ayant des fermes de moins de 35 hectares sont passés de 15% à 26 % de la superficie cultivée, 8,6 % sous forme individuelle et 17,7 % sous forme coopérative. Ainsi, le secteur agricole réformé représente au total 38% de la terre, dont 19,3 % pour l'APP, 10% sous forme de coopératives de service (CCS) et 8,7 % de coopératives agricoles sandinistes (CAS). 31 000 familles paysannes, soit 26,2 % du total des petits producteurs agricoles, ont reçu des titres de propriété pour une superficie totale de terres de 11% de la superficie agricole du pays. Pendant ce temps, les propriétaires d'exploitations de plus de 350 hectares, qui occupaient 36,1 % des terres, n'en détiennent plus que 11,3 %. Les propriétaires d'exploitations de plus de 150 hectares, qui possédaient 50% des terres en 1978, n'en détiennent plus que 23,8 % aujourd'hui.

Le rythme de la réforme agraire est aussi un indicateur intéressant, car il n'a cessé de s'accélérer. Dans les 14 premiers mois de la réforme agraire, le rythme d'attribution des titres de propriété était de des terres concernées étaient de 15 hectares par famille en moyenne. Au cours des de 1984, plus de 1600 familles ont reçu des terres, à raison d'environ 30 hectares par famille. Il est prévu qu'à la fin de l'année, 60 000 familles auront bénéficié de la réforme agraire et seront installées sur une superficie de 1,4 millions d'hectares.

L'acces des petits et moyens producteurs agricoles au crédit et à l'assistance technique a aussi évolué, illustrant l'oriengouvernement sandiniste entend donner au contrôle de l'économie et du crédit bancaire. Les petits producteurs, qui n'avaient accès qu'à seulement 4% du crédit avant la révolution, recevaient en 1982, à travers leur participation aux CCS et aux CAS, 22,5 % de la masse totale des crédits. Cela libéra de

5. Taux de variation du salaire réel, Pensamiento Propio, mai-juin 1984.

7. Idem, avril 1984. 8. Revolucion y Desarrollo numéro 1, rapport du MIDINRA sur la gestion étatique (1979-

9. Tous les chiffres qui suivent sont extraits de l'article de Revolucion y Desarrollo déjà cité.

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proportionnel, ce qui permettra à tout ont, jusqu'au mois de juillet 1984, laissé nombreuses familles de l'exploitation des usuriers et des prêteurs sur gage de toute sorte.

Ces mesures se sont aussi doublées d'une augmentation de l'organisation des travailleurs agricoles et des petits et moyens producteurs. Environ 45 % des ouvriers agricoles permanents sont aujourd'hui organisés dans les syndicats de l'Association des travailleurs de la campagne (ATC), et 54% des producteurs agricoles sont organisés en coopératives. L'UNAG regroupait, en 1983, 75 228 membres organisés en 1756 groupements comprenant des coopératives de crédit et services, et des regroupements de 20 à 60 paysans appelés Unions des producteurs de base (10). Un document du MIDINRA reconnaît toutefois la lenteur de la mise en place des formes de contrôle des travailleurs sur l'administration des entreprises d'Etat et précise, à ce sujet : « La gestion ouvrière dans l'administration des entreprises a avancé lentement. Cependant, au travers des assemblées de réactivation et des conseils consultatifs, on a réussi à créer les conditions pour la gestion ouvrière de 40 % de ces entreprises de l'APP et pour 55 % des agraire, tout comme la bataille politique pour les prochaines élections, prend place processus révolutionnaire nicaraguayen.

LA BATAILLE DES ÉLECTIONS C'est une bataille politique centrale propos des élections du 4 novembre pour une Assemblée nationale constituante de 90 membres, un président et un vice-président de la République. Les candidatures de sept partis politiques s'y affrontent, parmi lesquelles trois formations bourgeoises — le Parti conservateur démocrate (PCD), le Parti populaire social-chrétien (PPSC) et le Parti libéral indépendant (PLI) —, deux partis staliniens - le Parti socialiste nicaraguayen (PSN) et le Parti communiste du Nicaragua (PCN) -, une organisation issue du maoïsme, le Mouvement d'action populaire marxiste-léniniste (MAP-ML) -, et le Front sandiniste de libération nationale (FSLN).

L'échéancier pour organiser cette consultation électorale a été complètement respecté : vote de la loi électorale, inscription des Nicaraguayens sur les listes électorales, candidature des partis prenant part à la consultation électorale, et ouverture de la campagne proprement dite.

Il n'est pas indifférent de noter que la loi électorale votée en juillet dernier par le Conseil d'Etat garantit des droits démocratiques plus étendus que ceux octroyés dans les « démocraties occidentales ». Le droit de vote est attribué à tous ceux et à toutes celles qui sont âgés de plus de 16 ans, mesure qui a été décidée à la suite de débats au Conseil d'Etat, dans lesquels la Jeunesse sandiniste a joué un rôle actif en mobilisant ses troupes en faveur du vote à 16 ans. Le scrutin sera parti ayant obtenu plus de 15 000 voix environ d'avoir au moins un candidat élu à l'Assemblée constituante. Tous les partis qui se présentent ont droit à la même subvention, qui représente une somme permettant effectivement aux petites formations de pouvoir mener une campagne nationale. La possibilité de recevoir des aides financières provenant de l'étranger est reconnue, à la seule condition que celles-ci transitent par la banque centrale. Rappelons enfin que, conformément à la législation sur les partis datant d'août 1983, la liberté de constituer des partis « pouvant prétendre au pouvoir politique » est reconnu, à la seule condition de ne pas appeler à prendre les armes contre

Ainsi, dans un pays qui est en guerre, le FSLN a décidé de l'application d'une législation qui garantit, organise et stimule un pluralisme politique dans le cadre de l'animation d'une bataille politique visant à mobiliser les masses, comme en témoigne le déroulement actuel de la campagne

L'inscription sur les listes électorales, réalisée du 27 au 30 juillet, a été l'un des premiers moments forts de cette capacité du FSLN à mobiliser l'immense majorité des masses nicaraguayennes. Dans un pays qui n'avait jamais connu dans son histoire ni recensement ni inscription préalable sur des listes électorales lors des précédentes élections fabriquées par Somoza, la quasi-totalité de la population en age de voter (94,8 %) s'est inscrite. Le chiffre total de 1 380 000 personnes a été atteint, alors même que l'objectif fixé par les san-

1 250 000 citoyens. 4 150 bureaux d'inscription ont été constitués sur tout le territoire nicaraguayen.

Les opérations d'intimidation organisées par la « contra » à cette occasion n'ont en rien entamé le succès de l'initiative entreprise. Ceci suffirait à témoigner de la vitalité du processus révolutionnaire nicaraguayen et des difficultés majeures rencontrées par la « contra » pour mener des offensives coordonnées sur une gran-

Cette première étape du processus électoral a été un grand succès pour le FSLN, ce que même ses adversaires les plus résolus, à commencer par le quotidien bourgeois la Prensa, ont bien été contraints de reconnaître. C'est alors, au moment du recueil des candidatures des partis politiques, que les formations bourgeoises pro-impérialistes ont déclenché leur campagne visant à discréditer le processus électoral aux yeux de l'opinion publique internationale.

Il n'était pas nécessaire à la CIA ou aux partis de la droite nicaraguayenne d'entreprendre de savants sondages pour savoir qu'en tout état de cause ces élections feraient apparaître le caractère très minoritaire des partisans plus ou moins avoués de l'impérialisme. Mais les partis de droite, regroupés dans la Coordination démocratique nationale Ramiro Sacasa (CDN) - à savoir le Parti social-chrétien (PSC), le Parti libéral constitutionnel (PLC) et le Parti social-démocrate (PSD) -, planer l'incertitude quant à leur participation aux élections.

En décembre 1983, avec l'aval de l'organisation patronale du Conseil supérieur de l'entreprise privée (COSEP), ils avaient publié une plate-forme en 9 points, dans laquelle ils réclamaient notamment l'ouverture d'un dialogue national entre tous les Nicaraguayens, y compris avec les mercenaires armés de la « contra » et ieurs dirigeants. Leurs autres demandes portaient sur la levée de l'état d'urgence et la séparation complète FSLN d'avec l'appareil d'Etat. Programme politique pour la campagne électorale ou préalable à la participation aux élections, le flou était habilement entretenu. Il l'était d'autant plus que les partis membres de la Coordination démocratique tionale étaient incertains et divisés sur la ligne de conduite à adopter. Le boycott des élections, solution fermement con-

Washington, signifiait une assimilation de ces formations à la contre-révolution armée et de graves risques pour micro-appareils de ces partis nains, surtout présents dans les

Oil s'agissait-là d'un choix difficile, dans la mesure où il pouvait impliquer la rupture avec les menus avantages que procure toujours le marché noir pour les couches bourgeoises et petites-bourgeoises représentées dans ces partis.

situation explique d'ailleurs pourquoi l'impérialisme a imposé à toutes onne d'Arturo Cruz, ancien membre de l es formations un fédérateur, en la per Junte de gouvernement en 1980 et 1981, ancien ambassadeur du Nicaragua à Washington en 1982, et de nouveau salarié, depuis lors, d'une banque internationale aux Etats-Unis. Arturo Cruz n'a pas hésité à annoncer sa candidature à l'élection présidentielle nicaraguayenne, en téléphonant depuis Washington à ses amis de la Coordination démocratique. Débarquant à l'aéroport de Managua, clairement son orientation : la plate-forme en neuf points de la Coordination constituait un préalable aux élections. Bref, Arturo Cruz a joué un rôle de provocateur, dont l'objectif immédiat n'était pas la conquête d'une influence parmi une fraction significative de la population nicaraguayenne, mais un appel en direction de l'opinion internationale.

Face à ces exigences, les sandinistes ont rappelé une nouvelle fois que l'idée de dialogue avec la « contra » était inacceptable et non négociable, tout en décidant de reculer la date limite pour l'inscription des candidatures, du 25 juillet au 5 août puis au 30 septembre. Ce faisant, ils contribuèrent à semer la division chez leurs adversaires. Une fraction de la Centrale d'unification syndicale (CUS), membre de la Coordination, fit scission, en refusant d'entériner l'orientation du boycott et en appelant la CUS à rompre ses liens avec le COSEP. Le Parti social-chrétien, qui dispose d'une certaine base sociale, est traversé de débats.

10. Pensamiento Propio, juillet-août 1983.

11. Rapport sur la gestion étatique du MIDINRA, dans Revolucion y Desarrollo déjà cité.

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Il est certes capital pour l'impérialisme américain de tout faire pour discréditer les élections nicaraguayennes, mais l'écho complaisant rencontré dans la granpar l'opération politique d'Arturo Cruz est démesurément grossi par rapport à son impact sur la réalité de la situation nicaraguayenne, même parmi des couches bourgeoises et petites-bourgeoises. Car la campagne électorale entre les sept partis en lice n'est pas un débat en trompe l'œil. C'est au contraire une vraie bataille politique entre des formations qui représentent des intérêts sociaux distincts et parfois contradictoires, et qui développent des programmes opposes.

UN LARGE EVENTAIL POLITIQUE

La campagne électorale aura permis une politisation accrue et sur une plus large échelle des masses populaires, ce qui constitue indéniablement facteur d'avancée du processus révolutionnaire. Les possibilités d'expression et de débats politiques se sont encore multipliées durant ces derniers mois. Elles ont été autant d'occasions pour le FSLN de consolider et de politiser sa base sociale, de combattre les arguments d'une opposition bourgeoise qui est ouvertement apparue comme alliée de la « contra » dès lors qu'elle refusait de participer aux élections. Mais le débat électoral a aussi été l'occasion d'un affrontement avec les thèses des partis bourgeois qui se présentaient aux élections et qui ont connu une logique de radicalisation à droite de leurs prises de position.

La désertion de la compétition électorale par les formations de la Coordination démocratique nationale a en effet laissé le champ libre à d'authentiques partis bourgeois, le PCD - scission de la vieille tradition conservatrice qui avait généré quelques anti-somozistes -, le PPSC et le PLI. Le leader de ce dernier parti, membre jusqu'en 1983 du Front patriotique révolutionnaire (FPR), regroupement des organisations qui appuyent le processus révolutionnaire, a été jusqu'en décembre ministre du Travail. Sa prise de distance, sinon sa rupture avec le FSLN, est donc récente. « Il faut briser la polarisation existant aujourd'hui », a-t-il indiqué dans une interview publiée en avril 1984. La dynamique de la confrontation avec le programme du FSLN et la volonté de capter des voix qui auraient pu se porter sur la CDN conduisent aujourd'hui le PLI a radicaliser à droite ses positions. Celui-ci s'est notamment engagé dans une propagande ouvertement anti-communiste. De son côté, le PPSC, profitant de la tribune politique que lui offrent ces élections, a aussi avancé un projet visant à dénaturer les CDS et à en faire des juntes vicinales et municipales. Le FSLN a vivement réagi, en appelant les CDS a être plus actifs dans le débat idéologique de la campagne élec. torale. Le commandant de la révolution Carlos Nunez a ainsi affirmé qu'« avec les partis inscrits dans le processus électoral, une lutte politique et idéologique est à l'ordre du jour, et les CDS ne sont pas exemptés de cette bataille ». Et dans la même allocution, il appelait les CDS à être « plus combatifs pour obtenir que l'Etat soit plus déterminé pour rompre bureaucratisme et faire que les se rapprochent du peuple » (12). De fait, en l'espace de quelques mois, l'épreuve de ces élections a contribué à décanter les positions politiques des uns et des autres.

Du côté des organisations qui se réclament du socialisme, et devant le refus du FSLN de présenter des listes communes avec lui, le PSN présente ses propres candidats. Selon son candidat à la présidence, Domingo Sanchez, le programme immédiat qu'il développe est celui de la « révolution démocratique, anti-impéria liste et anti-féodale », l'objectif de l'établissement du socialisme étant pour une autre étape de la révolution (13). De cette orientation se déduisent une critique de droite du FSLN et la recherche d'alliances tactiques avec des formations ouvertement bourgeoises au nom de la défense des droits démocratiques. Cela a été le cas pendant la discussion sur la loi électorale. Cela l'est encore maintenant pour protester contre l'énergie militante des organismes de base du FSLN dans la campagne. Quant au PCN, qui analyse le FSLN comme une formation extérieure au mouvement ouvrier, il va encore plus loin dans ses tentatives de mise en place d'un front commun pour les « droits démocratiques ». De son côté, le MAP-ML, qui semble avoir rompu avec une conception de la révolution par étapes, dénonce publiquement tous les droits qui sont accordés aux partis bourgeois. Son orientation actuelle se définit comme visant à l'accélération du processus révolutionnaire, par l'appel à « transformer la lutte électorale en une lutte des classes victorieuse du prolétariat contre la bourgeoisie, l'impérialisme et le révisionnisme » (14).

Même si ces trois organisations sont numériquement très faibles, elles sont représentatives de courants porteurs d'une histoire et d'une influence réelle dans des secteurs circonscrits de la classe ouvrière, au travers notamment de leurs trois centrales syndicales partie prenantes, avec la Centrale sandiniste des travailleurs (CST), de la Coordination syndicale nationale. Là encore, le pluralisme ouvert entre des courants dont le programme se réfère au socialisme ne saurait se réduire à un simple exercice décoratif. A la question demandant si le débat idéologique allait « inclure les organisations de masse et les

" Le peuple est prêt au combat! » (DR) O COMBATIENTE

LISTO

partis à la gauche du Front sandiniste, tels que le Parti communiste et le Mouvement d'action populaire », le secrétaire du Conseil d'Etat devait répondre : « Oui, bien sür que oui. Il faut ouvrir cet espace Nous, le Front sandiniste, croyons que nos positions sont correctes et nous devons les confronter aussi avec le peuple pour voir si celui-ci les considère comme correctes. Nos organisations doivent utiliser cette occasion pour accroître le nombre des membres et des militants, mais aussi pour croître idéologiquement. (15) »

La campagne électorale a d'ailleurs été l'occasion, pour les militants du FSLN, de relancer la bataille pour l'organisation des masses et de multiplier les contacts avec la population, en faisant par exemple du porte à porte pour présenter leurs candidats. Les militants et les responsables du FSLN ont dû se confronter politiquement aux interrogations et critiques de la population, et aux arguments des autres partis politiques, et apporter, à un niveau de masse, des réponses aux difficultés multiples de la situation actuelle. Carlos Nunez a résumé l'attitude du FSLN dans cette bataille idéologique en affirmant : « Nous expliquons notre plan de lutte en discutant les problèmes et non simplement en demandant que l'on vote pour nous. (16) »

LE ROLE D'AVANT-GARDE DU FSLN L'égalité formelle des droits démocratiques fournis à tous les partis n'ôte rien au caractère spécifique du FSLN, lavant-garde reconnue de la lutte victorieuse contre Somoza, et du processus révolutionnaire qui se déroule au Nicaragua depuis cinq ans. Cette caractéristique suffirait à elle seule à distinguer le FSLN de tous ses autres concurrents électoraux. Mais il faut aussi prendre en compte le fait que les partis politiques au Nicaragua ne structurent qu'une très faible partie de la vie sociale du pays. Les formations bourgeoises sont, pour la plupart, les hé ritières de partis croupions, dont les bases de regroupement tenaient davantage à des relations de clan et de familles qu'à des projets politiques bien définis. Quant aux petites organisations du mouvement ouvrier, elles ont eu à survivre pendant des décennies sous la dictature de la dynastie Somoza.

Le FSLN, en ayant conduit le mouvement de masse qui a renversé Somoza, a donc occupé un espace politique qu'aucun autre courant ne pouvait prétendre lui disputer. La stimulation d'un processus révolutionnaire pendant cinq ans a enfin conduit à l'éclosion d'un puissant mouvement de masse au travers d'un ré seau d'organisations se réclamant du sandinisme. Car la vie politique et sociale ne se réduit pas aux partis reconnus, et il

12. Barricada, 15 septembre 1984.

13. Nuevo Diario, 2 août 1984

14. Manifeste électoral du MAP-ML, distribué à Managua.

15. Pensamiento Propio, février-mars, 1984, p. 23.

16. Barricada, 10 septembre 1984.

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