Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER URUGUAY

Le projet socialiste de la Gauche démocratique et indépendante (IDI)

Inprecor n° 184, 19 novembre 1984 · p. 14-16 · 3 379 mots

A gauche démocratique et indépendante (IDI) est un regroupement d'organisations et de militants représentant l'aile gauche de la coalition du Frente Amplio

(FA). Sous la couverture du FA, l'IDI présentera ses propres listes dans les élections locales du 25 novembre. En août dernier, elle a rendu public un projet de programme dans lequel elle se définit comme un instrument qui se propose de construire un nouveau parti et de « lutter plus efficacement pour une société socialiste, pour faire que le maillon autoritaire soit le dernier de la chaîne, pour contribuer à la relève historique du capitalisme et de la dépendance ». Ce programme s'articule autour de quatre principes cardinaux : « la démocratie participative, la socialisation des moyens de production, une stratégie fondée sur la mobilisation populaire, et une politique internatio-

Nous publions ci-après les extraits les plus significatifs de la plate-forme programticipation à l'assemblée et aux autres organismes du FA.

D'ailleurs, il faut dire que depuis sa création, nous avons appuyé les documents programmatiques fondamentaux de la coalition, et que ce soutien n'a pas été quelque chose de passif, mais que nous l'avons exprimé dans notre presse même aux pires moments de la répression. Unidad Socialista est régulièrement publié depuis les premiers jours de 1978

Run organe de résistance à la Dès lors, qu'est-ce qui nous empêche donc d'être intégrés au FA ? Nous croyons que ce ne peut pas être notre opposition totale aux accords du Club naval, parce qu'en cela nous sommes dans la même situation que d'autres organisations du FA, comme c'est le cas de l'IDI. Onze ans de participation à la résistance ont forgé dans notre parti une détermination inébranlable en faveur de la restauration de la démocratie sans restrictions ni mutilations. Mais cela, évidemment, ne peut pas être un obstacle à notre intégration à l'assemblée du FA. Nous avons eu connaissance de quelques commentaires suivant lesquels il s'agirait d'empêcher l'indans le FA d'organisations « qui sont pour la violence », référence possible aux méthodes que certains moun'est ni pour la violence ni, encore moins, pacifiste. Il respecte en premier lieu les méthodes que les travailleurs et le peuple adoptent à chaque moment pour défendre leurs revendications. Nous aurions été « pour la violence » aux côtés du FSLN et du peuple du Nicaragua contre Somoza en 1979, et nous le serions aujourd'hui avec le FMLN au Salvador, et nous n'avons pas honte de le dire. Et nous avons manifesté pacifiquement aux côtés du peuple en Uruguay, dans toutes les manifestations et tous les rassemblements antidictatoriaux de ces dernières années, parce que c'est ce qu'a voulu le peuple uruguayen.

De telle manière que ni notre position démocratique intransigeante ni nos méthodes, que nous ne faisons qu'aligner sur celles adoptées par le peuple pour défendre ses droits, ne peuvent empêcher notre pleine intégration au Frente Amplio. Dès lors, qu'est-ce qui empêche une décision positive sur notre intégration dans le FA? C'est une question que nous te posons aujourd'hui, à toi, camarade de chaque comité de base du FA. Et nous espérons recevoir de ta part une réponse franche et ouverte, qui ne démente pas la tradition démocratique du FA, et qui plus est, ne frappe pas dans le dos l'unité que les militants du FA ont forgé dans la rue, coude à coude avec tout le peuple.

Nous voulons faire partie de toutes les instances du Frente Amplio, avec nos obligations et nos droits.

Nous faisons appel à la base du FA et nous faisons confiance à ses militants pour que notre entrée dans le FA ne soit pas bloquée plus longtemps.

Parti socialiste des travailleurs, Montevideo, 25 août 1984.

Le projet socialiste

et indépendante (IDI)

nale de non alignement par rapport à tout centre de décision. » matique de l'IDI. DOCUMENT

Dans l'Uruguay des dernières décennies, le capitalisme a montré crûment son incompatibilité radicale avec les besoins populaires et nationaux. Il unit tout à la fois l'exploitation sociale, la dépendance extérieure et la stagnation intérieure, et il engendre en son sein la dictature politi-

Ces dix dernières années, la crise s'est aiguisée. La spéculation financière a pris une place centrale et domine complètement les activités productives. Les salaires et les conditions de vie sont les pires que nous ayons connus dans l'histoire contemporaine de l'Uruguay. Le néo-libéralisme autoritaire a privilégié le système financier. Simultanément, menté de façon spectaculaire la mainmise étrangère au sein de ce système. Cette hégémonie obtenue par la fraction financière de la classe au pouvoir, ce réajustement de la dépendance, ont créé un nouveau mécanisme de l'accaparement de la richesse sociale produite par les travailleurs. Tout ce processus s'est accompagné dans le même temps par un endettement extérieur accéléré, qui a contribué de façon décisive à accroître l'aliénation du pays.

Les attitudes politiques des hommes d'affaires montre la continuité historique qui lie ces dix dernières années aux étapes précédentes. Il faut se souvenir que beaucoup de capitalistes qui protestent aujourd'hui contre le néo-libéralisme autoritaire et contribuent par là-même à augmenter l'isolement du régime, ont appuyé dans le passé la mise en pratique de ces théories. Cette attitude s'est maintenue durant tout le temps où les profits s'accroissaient, comme ce fut le cas pour certaines industries d'exportation jusqu'en 1978, pour les gros éleveurs jusqu'en 1978 et 1979, pour les plus importantes entreprises du bâtiment jusqu'en 1981.

En résumé, la dictature mise en place d'une chaîne, une tentative de plus pour sauver un système capitaliste et dépendant qui opprime la classe l'ensemble du peuple travailleur, bloque le développement national, favorise l'oligarchie, le capital étranger et l'impéria-

LES 5 POINTS FONDAMENTAUX

DU PROGRAMME DE L'IDI Le projet politique pour lequel nous luttons se fonde sur cinq points de départ

Le premier se réfère au fait que ce projet politique est au service d'une transformation révolutionnaire de la société uruguayenne. Parce que nous sommes convaincus de la radicale incompatibilité du capitalisme dépendant et des besoins populaires et nationaux, drapeau d'une solution historique afin de substituer à ce système d'oppression un système de libération que nous appelons démocratie socialiste. Nous concevons la démocratie socialiste comme un système appuyé sur quatre piliers fondamentaux : la participation réelle, pluraliste et organisée de notre peuple; la collectivisation des décisions sociales et politiques les plus importantes ; la socialisation des moyens de production comme garantie effective et unique de cette collectivisation ; et la vigueur réelle d'une structure sociale sans exploités ni exploiteurs et sans une bureaucratie dominante, vigueur qui sera le résultat des mesures énoncées précédemsecond point de départ, c'est l'unité de toute la gauche. La gauche doit être unie, car elle est le fer de lance d'une rénovation du système social et politique. Seule la gauche peut assumer la conduite de ce processus de profonde transformation historique. L'unité de la gauche consacre sur le plan politique l'unité des ouvriers, des étudiants, des petits producteurs et propriétaires de la ville et de la campagne, et les autres secteurs du peuple travailleur, unité qui s'est forgée pendant des décennies de lutte contre une politiautoritaire, esclave du FMI. Cette unité politique des différentes forces sociales peut et doit être au-dessus des diffé-

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rences qui existent entre tel ou tel courant ou organisation politique quant à l'image de la société pour laquelle nous

Notre troisième point de départ dans ce projet, c'est la réaffirmation des tâches historiques que se propose le Frente Amplio comme instrument politique de la lutte pour un programme anti-oligarchique de libération nationale. Treize ans après la constitution de cette force politique - dont dix années d'autoritarisme répressif qui ont produit des changements substantiels dans notre vie sociale —, la signification et le poids du Frente Amplio et de son leader, non seulement n'ont pas disparu mais se sont accrus. La vigueur de l'instrument politique dont s'est dotée la gauche uruguayenne dans la recherche de son unité s'affirme aujourd'hui plus forte que jamais. L'espace occupé par cette coalition est chaque fois plus important, comme le montre le poids croissant pris par le Frente et son président parmi le peuple uruguayen.

Notre quatrième point de départ met l'accent sur la nécessité de renforcer le Frente Amplio et toutes les formes organisées du mouvement populaire. Les tâches devront être prises en charge collectivement par les formations sœurs membres de la coalition. Parmi ces tâches, il en est néanmoins une qui prend pour nous un caractère constitutionnel : c'est l'organisation politique de la gauche indépendante dans un parti. Un parti qui regroupe ceux qui adhèrent au projet d'une démocratie socialiste prenant ses racines dans les particularités nationales. Un parti qui naisse comme le fruit des convergences pratiques vérifiées tout au long d'un processus de lutte sociale. Un parti capable de donner une forme organisée aux apports idéologiques et aux traditions militantes d'un ensemble très large d'organisations et de camarades qui ont des propositions en accord avec ces bases. Un parti ouvert à tous ceux qui partagent ces propositions, qui agissent matériellement.

pour y parvenir et prennent une responsabilité militante dans le même sens. Un parti qui, ayant pour point de départ l'unité de toute la gauche, soit particulièrement disposé à maintenir des relations fraternelles avec toutes les forces qui se veulent socialistes. Un parti conscient du rôle fondamental classe ouvrière est appelée à jouer dans l'édification d'une option socialiste. parti qui intègre la lutte de libération nationale et sociale dans la lutte des peuples latino-américains pour leur émancipation et qui, de ce point de vue, prenne particulièrement en compte les expériences historiques des révolutions cubaine et nicaraguayenne comme les revers subis par le mouvement populaire chilien, par celui de notre pays ou d'ailleurs.

Notre cinquième point de départ concerne le rôle de la base. Ceci est un projet politique pour se développer du bas vers le haut. Ce développement se fonde sur la pratique de la démocratie interne, qui est véritablement la base fondamentale de l'unité et de l'organisation de la gauche indépendante. Plus qu'une méthode de travail - même si par ailleurs c'en est une - la participation active et organisée de la base est une des caractéristiques centrales de notre profil idéologique. De ce point de vue, ce profil s'appuye sur la création d'un authentique pouvoir populaire et démocratique, vital pour assurer que le Frente Amplio constitue une solution politique réelle pour la transformation de la société uruguayenne. C'est dans ce cadre que notre projet se réfère fondamentalement aux travailleurs et à leur lutte pour parvenir à une société dont ils seront les principaux acteurs.

LES ORIGINES HISTORIQUES

(...) Le mouvement politique que nous sommes en train de créer s'inspire de divers antécédents de luttes sociales. D'un point de vue historique, il participe de la source démocratique et radicale qui avait Le Frente Amplio (FA) descend dans la rue. (DR)

émergé dans la geste « artiguiste » et s'exprimait dans un ensemble de propositions économiques (le Règlement des terres de 1815), sociales et politiques devaient constituer le programme de libélequel le peuple (peuple uruguayen, ndlr.) luttait héroiquement sous la conduite lucide de José Artigas (général uruguayen, chef du premier gouvernement national en 1815, ndlr). Cette origine retrouve son impulsion à d'autres moments de l'histoire de notre pays. Elle trouve l'une de ses expressions dans le mouvement pour une éducation populaire, elle se manifeste ensuite dans les luttes ouvrières, nombreuses propositions et mobilisations de la gauche d'inspiration socialiste, ainsi que dans les courants les plus avancés des partis Colorado et Blanco. Ce processus a trouvé sans aucun doute un élan profond mouvement des travailleurs, étroitement lié au travail de toutes les forces de la gauche, principales protagonistes des innombrables journées de lutte populaire, dont l'un des points culminants fut l'héroïque grève générale de 1973.

L'histoire plus récente nous laisse des témoignages très clairs sur le rapprochement progressif que recherchent et font avancer tous ceux qui sont pour un socialisme profondément enraciné dans les particularités nationales et un type de travail participatif, démocratique, antidogmatique et toujours ouvert à la discussion et à l'auto-critique. Nous pourrions citer de nombreux et importants exemples sur ce sujet, mentionner les expériences prolongées d'interventions politiques en milieu ouvrier, étudiant, dans les quartiers, et prendre en compte les témoignages de rapprochement avant et après la création du Frente Amplio. Parmi ces derniers, nous devons inclure aussi bien un ensemble d'actions qui sont nées et se sont développées dans le cadre des comités de base de la coalition frontiste que les diverses formes de participation dans toutes les consultations de la période qui a com-

Un autre grand facteur de différenciation se réfère au fait que le pas que nous voulons franchir aujourd'hui suppose le choix d'un mécanisme d'organisation plus approfondi : la création du parti de la gauche indépendante. C'est ainsi que nous pourrons couronner un processus qui a eu des jalons extrêmement importants et nous voulons, pour ce faire, adopter une structure politique unique pour tous ceux d'entre nous qui s'intègrent à cette initiative, en perdant par là même nos identités antérieures. Cette initiative politique donnera plus de force, d'organisation et d'impulsion à une large tradition, aux sources démocratiques et nationales aujourd'hui orientées vers la lutte pour un programme socialiste qui embrasse toutes les sphères de la vie sociale.

LE PROJET DE SOCIÉTÉ Le projet social que nous voulons pour l'Uruguay suppose que l'on reconnaisse que dans le monde contemporain la

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transition du capitalisme au socialisme est en train de se produire. Pour participer à ce processus, il n'y a pas une seule voie ni une forme nationale unique de socialisme mais, en revanche, une pluralité de formes et de voies déjà créées ou qui le seront. Dans ce contexte, nous levons ici et maintenant le drapeau du socialisme, reconnaissant ses valeurs universelles et en y intégrant les particularités nationales. Personne ne peut dire aujourd'hui quelle sera l'image définitive du socialisme uruguayen. C'est le peuple organisé qui en construira la voie et lui donnera son contenu concret. Mais ce que nous voulons, c'est proposer déjà une phase historique spécifique sur cette voie.

Il est sûr que le sentier s'élargira à partir des libertés retrouvées pour lesquelles nous luttons aujourd'hui. Mais il est également certain que ces libertés ne constituent qu'un pas en direction de la démocratie socialiste. Cette dernière doit se fonder sur la structure économique et trouver son expression dans les structures sociales, dans les systèmes politiques et le changement des relations de pouvoir. Pour cela, nous exposerons dans cet ordre les propositions que nous aujourd'hui pour aller vers la démocratie socialiste.

- La structure économique et les voies de socialisation. La base économique de la démocratie réelle se trouve dans la propriété des moyens de production, comme dans l'organisation et la direction collective du processus de production. (...) Dans la phase historique à laquelle nous nous référons dans cette proposition, l'étatisation est l'une des formes de la socialisation. Mais ce n'est pas la seule. Les coopératives et toutes les formes analogues de regroupement autogestionnaire par exemple, pourraient ouvrir la voie à la prédominance de l'intérêt collectif et national et constituer des mécanismes qui stimulent le pouvoir populaire. (...)

Sur cette base, l'étatisation sera la voie de la socialisation dans tous les cas où le caractère stratégique du secteur d'activité, son intérêt national et une forte concentration de capital en constituent, ensemble, les traits les plus importants. En plus des secteurs où intervient traditionnellement l'Etat uruguayen, le secteur financier, un ensemble d'industries clés et toutes les relations économiques du pays avec l'étranger constituent aujourd'hui les exemples les plus clairs de l'application nécessaire de cette socialisation. Dans d'autres cas, cette voie fondamentale de socialisation sera mise en œuvre par la transformation des relations sociales de production dans la sphère de la propriété privée. Cette transformation fera des travailleurs les acteurs centraux de cette activité, dans le cadre d'organisations coopératives et autogestionnaires où ils possèderont collectivement la propriété des produits de base de l'industrie, organiseront la production et définiront la destination des produits obtenus.

Tout cela n'exclut pas la possibilité que dans des secteurs déterminés, on combine les deux formes que nous venons

GENERAL IN Manifestation de rue à Montevideo. (DR) de définir, en mettant ainsi sur pied une co-participation d'entreprises d'Etat avec des organisations collectives ou privées du type décrit plus haut. D'autre part, nous devons assumer le fait que, tant dans les villes que dans les zones rurales, il y aura une marge significative d'activités à petite échelle qui continueront à se dé-. velopper pendant un long moment avec un critère individuel. Le grand ment par rapport au passé sera le contexte général dans lequel s'insèreront ces activités. Ce contexte sera à dominante soprésence d'un Etat conducteur, démocratique et ouvert à la participation populaire, et avec ces différentes voies de socialisation, nous proposons l'usage de la planification comme instrument central de gouvernement. La mission fondamentale de cette planification sera d'assurer entre les actions du secteur public et privé dans le contexte des orientations défi-

— La structure sociale et la mobilisation populaire. (...) C'est la participation démocratique qui donne à cette stratégie sa base fondamentale. De ce point de vue, notre proposition suppose une hiérarchisation de la démocratie réelle. Elle implique de reconnaître que sans une participation effective de la population organisée, dans les grandes décisions nationales et dans tous les espaces et niveaux de la vie sociale, l'Etat de droit et les instances issues des élections se transformeraient en des formes vides de leur substance.

Cette participation se fera de pluprincipalement problèmes affectant l'ensemble de la société ; par les organisations revendicatives — syndicats, centres étudiants, etc. — qui regroupent, à un certain niveau, les différents protagonistes de la vie sociale ; par les structures de gestion dont se dotent les travailleurs et le peuple pour conduire le processus de production et tout ce qui touche aux conditions de vie — habitat, santé, culture, etc. — et, enfin, par les organisations politiques et autres. Toutes ces formes de participation rendront compte des positions prises par les diffé rentes forces sociales. Dit sous une autre forme, pour que la démocratie réelle fonctionne, il est nécessaire de s'appuyer sur le pluralisme, sur la diversité des formes de participation, et sur la mobilisation permanente. (...) En un mot, nous appuyons l'initiative et la décision populaire dans tous ces domaines et à tous les niveaux de la problématique nationale. (...)

En résumé, nous prônons la construction socialiste sur le plan économique par des formes politiques démocratiques qui évitent la bureaucratie et permettent le développement effectif du pouvoir populaire. Nous voulons créer de cette manière les conditions pour que l'unique hégémonie politique et sociale qui existe soit celle du peuple. Nous disons également avec clarté que nous concevons la classe vrière comme étant la force organisatrice et dirigeante du mouvement populaire, comme la force d'impulsion et le protagoniste central de l'éventail des changements économiques, politiques, sociaux et culturels qui conduisent vers la démocratie socialiste. (...)

Dans ce sens, le respect de l'autonomie des organisations syndicales est un axe central de notre conception de la démocratie socialiste. Nous savons qu'il faut respecter et contribuer à sauvegarder l'indépendance des syndicats par rapport aux organisations économiques, sociales, politiques et culturelles. C'est sans aucun doute dans le cadre de ces libertés sociales que les travailleurs pourront combattre les tendances qui peuvent surgir à l'appropriation indue de l'excédent économique sous la forme d'apparition de privilèges bureaucratiques dans les directions ou administrations des structures de propriété collective. (...)

LA POLITIQUE INTERNATIONALE

Notre projet historique est national et socialiste. Parce qu'il est national, il se propose de lutter pour un pays libéré de la dépendance. Il considère que la rupture des liens de dépendance constitue la condition préalable et inajournable à développement des potentialités existant dans tout le pays et le peuple oriental. (...)

L'unité des peuples et des mouvements de libération d'Amérique latine doit être le facteur d'impulsion de cette politique anti-impérialiste. En définissant une politique internationale anti-impéria-

Get d'intégration latino-américaine, nous ne faisons rien d'autre que de donner un contenu régional à quelques-uns des principes généraux valables pour les relations internationales au niveau mondial : la défense sans fissures de l'amitié entre tous les peuples du monde, de la paix entre les Etats, et des principes de souveraineté et d'auto-détermination des peuples, la non intervention dans les affaires intérieures et le non alignement derrière un quelconque centre de décision. Gauche démocratique indépendante (IDI), commission du Programme, Montevideo, août 1984.

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