Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ESPAGNE

Mobilisations anti-OTAN

Inprecor n° 186, 17 décembre 1984 · p. 21 · 378 mots

État espagnol Paix et armements

NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE

ESPAGNE

Mobilisations anti-OTAN

Les manifestations qui se sont déroulées dans la plupart des grandes villes de l'Etat espagnol, le 2 décembre dernier, ont marqué un nouveau pas en avant du mouvement de la paix dans ce pays. Dans la capitale, 150 000 personnes se sont rassemblées sur le « paseo » de Madrid, pour « écrire » en lettres géantes formées par des milliers de personnes, « Non à l'OTAN ! Dehors les bases ! Neutralité ! » A Barcelone, 70 000 personnes ont participé aux cinq cortèges venus des quartiers périphériques, chacun portant une couleur distinctive, et défilant derrière l'un des cinq principaux slogans adoptés par la coordination nationale, c'est-à-dire « Non à l'OTAN - Dehors les bases - Neutralité - Dissolution des pactes militaires -Des dépenses sociales au lieu des dépenses militaires - Non à l'intervention yankee au Nicaragua ». Des manifestations importantes se sont aussi déroulées dans d'autres grandes villes, avec 20 000 personnes à Valence, 10 000 à Oviedo et Séville, et 5 000 à Saragosse.

Si le PSOE était absent de ces mobilisations, le PCE, le PC pro-soviétique d'Ignacio Gallego, la LCR (section de la IVe Internationale dans l'Etat espagnol) et le Mouvement communiste d'Espagne (MCE) soutenaient et participaient activement aux manifestations dans tout le pays. Quant à l'UGT - centrale syndicale liée au PSOE - et aux Jeunesses socialistes, elles soutenaient l'initiative, mais du bout des lèvres, affectant de critiquer les formes d'organisation et chipotant sur l'absence de certains mots dordre, parce qu'elles étaient gênées par la centralité du mot d'ordre « Non à l'OTAN ! ».

Les objectifs que s'étaient fixés les militants du mouvement ont visiblement été atteints. C'est d'autant plus important que la conscience de s'affronter directement aux autorités est aujourd'hui très largement répandue. Felipe Gonzalez vient en effet d'affirmer sans ambiguités qu'il entendait continuer à participer aux structures « politiques » de l'OTAN, alors qu'il y a six mois encore, le chef de la social-démocratie espagnole était moins explicite sur les intentions du gouvernement en la matière. Malgré le fait que ces mobilisations aient été moins importantes que celles du printemps 1984, Gonzalez ferait bien de s'inquiéter. Le mouvement de la paix de l'Etat espagnol n'a pas dit son dernier mot.

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