Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ESPAGNE

Les données de la crise

Inprecor n° 187, 7 janvier 1985 · p. 6 · 818 mots

État espagnol

Le PCE comptait, selon les chiffres officiels 1977, environ 200 000 militants. A la même époque, les Commissions ouvrières déclaraient 1 800 000 affiliés. Le PCE prétend compter aujourd'hui environ 80 000 membres, et les chiffres réels sont de l'ordre de 40 000 militants. Les Commissions ouvrières comptent moins de 400 000 affiliés. Le journal du PCE, Mundo Obrero a été quotidien durant une courte période, qui s'est terminée par une catastrophe financière. Il est actuellement hebdomadaire, tiré à 35 000 exemplaires. Il ne compte abonnés, soit dix fois moins que Combate, l'hebdomadaire de la LCR, section de la IVe Internationale dans l'Etat espagnol.

Le dernier congrès du PCE a eu lieu en décembre 1983, un an environ après le remplacement de Carrillo par Iglesias au secrétariat général, suite au désastre des élections du 28 octobre 1982. Quelques semaines avant ce congrès avait éclaté une crise interne divisant le parti en deux fractions, la majorité se rassemblant autour d'Iglesias, tandis que la minorité était dirigée par Carrillo et agissait comme fraction publique. Le rapport de forces dans le comité central était de 44 à 32 en faveur d'Iglesias. La situation d'Iglesias s'est relativement consolidée pendant le 1le congrès. Dans le nouveau comité central, le rapport de forces est de 71 contre 38, mais le rapport présenté par Iglesias n'a été approuvé qu'avec une majorité de dix voix sur 787 délégués. Lors du 3e congrès des Commissions ouvrières, en juin 1984, les deux fractions se sont présentées divisées, avec des listes séparées pour l'élection de la commission exécutive. La liste de Camacho (pour la ligne Iglesias) a obtenu 53 % des voix, et celle d'Ariza (pour la ligne Carrillo) 28 %. La fraction Carrillo dispose d'un organe d'expression publique, la revue mensuelle Ahora. Elle dirige les organisations du parti dans une dizaine de régions et nationalités, parmi lesquelles celles de Madrid et d'Euzkadi. Dans les Commissions ouvrières, elle contrôle la Fédération de la métallurgie. En outre, Carrillo est le porte-parole de la minifraction parlementaire du PCE (4 députés).

Les scissions dans le PCE ont commencé au début de 1981, avec la crise du PSUC (PC de Catalogne), qui se solda par la formation du PCC (Parti des communistes de Catalogne) dit pro-soviétique.

En janvier 1983 s'est tenu le Congrès d'unité des communistes, qui fonda le Parti communiste, appelé PC « point ». Son secrétaire général est Ignacio Gallego, qui représentait traditionnellement les positions les plus pro-soviétiques dans la direction du PCE. La liste qu'il a présentée au 3e congrès des Commissions ouvriè-

Les données de la crise dentes pour ce parti. Romero caché aucune de maintenant imminente.

Nombre de voix

Députés aussi res a obtenu 15 % des voix. Il compte environ 10 000 militants très inégalement implantés. Le parti est relativement fort en Catalogne, où il a obtenu un peu plus de aux élections autonomes de 1984. Il est quasi inexistant en Euzkadi, assez important mais en pleine crise dans les Asturies, influent mais peu stable à Madrid. Il possède un bimensuel, Nuevo Rumbo (Cours nouveau), dont la diffusion est du même ordre que celle de la presse d'extrême gauche. A l'exception de la Catalogne, ses résultats électoraux sont équivalents à ceux des courants de l'extrême gauche, soit environ 1 %.

Mais la création du PC (Gallego) n'est que la manifestation la plus frappante des tendances centrifuges qui déchirent le PCE. Il y a eu, en 1982, une scission des éléments les plus eurocommunistes, connus comme Azcarate, Pilar Brabo, d'intellectuels et d'artistes parmi les plus populaires du parti. L'organisation qu'ils ont formée s'est appelée ARI (Association pour le renouveau de la gauche). Elle s'est dissoute sans gloire quelques mois plus tard. Certains de ses membres sont passés au PSOE, d'autres restent actifs comme « indépendants », quelques-uns

Suite au départ de Ballesteros et de ses partisans au PC (Gallego) (cf. article), il y a une autre scission en vue dans le PCE, peut-être encore plus grave que les précé-

- secrétaire général des Commissions ouvrières de l'agriculture et dirigeant clef du PCE en Andalousie (organisation la plus forte du PCE avec celle de Catalogne) - a constitué une nouvelle fraction publique qui s'appelle Front léniniste. Il n'a

Uses intentions, qui convergent avec celles du PC (Gallego), mais il a développé, au cours de ces derniers mois, une politique particulière d'alliances, appuyant tantôt l'une tantôt l'autre des fractions du PCE, par exemple celle d'Iglesias au cours du congrès des Commissions ouvrières. Il semble que la scission soit

RESULTATS ELECTORAUX DU PCE 1977 1979 1982 1 655 744 1 940 236 828 928 9,3 10,9 3,9 20 23

Le PSUC a obtenu 18,6 % des voix et 25 députés aux élections catalanes de 1980. Il obtenait 5,8 % des voix et 6 députés à celles de 1984. Durant la même période, le PC d'Euzkadi est passé de 4,01 % des voix à 1,4 % et de un député à aucun.

Une erreur sur cette page ?