Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MEXIQUE

4e Congrès du PRT

Inprecor n° 188, 21 janvier 1985 · p. 26-27 · 1 236 mots

Mexique IVe Internationale

4e Congrès du PRT Le 4e congrès national du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), section mexicaine de la IVe Internationale, a eu lieu en novembre dernier à Mexico. Il s'est ouvert par une réunion publique à laquelle ont participé plusieurs milliers de personnes, et notamment des contingents de paysans, de colonos (habitants des bidonvilles) et de syndicalistes venus de tout le pays, sous les bannières du PRT.

A la tribune d'honneur de ce meeting inaugural figuraient de nombreux dirigeants de syndicats ouvriers et paysans, ainsi que des dirigeants de mouvements populaires et des représentants de la plupart des partis de la gauche mexicaine, dont le PSUM, autrement dit le Parti communiste. Outre les deux porte-parole du PRT, Edgar Sanchez et Margarito Montes, de nombreux orateurs sont intervenus, dont un représentant de Radio Venceremos du Salvador, Hugo Blanco au nom de la section péruvienne de la IVe Internationale, Ramon Jimenez, dirigeant du Mouvement paysan indépendant de République dominicaine, et un représentant du Secrétariat unifié de la IVe Internationale. Les manifestations enthousiastes de l'assistance étaient rythmées par la fanfare du village de Copalillo de l'Etat de Guerrero.

Les travaux du congrès proprement dit ont porté sur cinq questions : une résolution politique générale, une résolution sur les questions d'organisation et les statuts, une résolution sur la politique électorale pour 1985, un débat sur la révolution en Amérique centrale, et enfin une discussion sur la construction de la IVe Internationale.

La résolution d'orientation générale, présentée par le camarade Sergio Rodriguez, analysait les effets de la crise économique au Mexique, ses conséquences pour le système de domination populiste du PRI (parti au pouvoir depuis plus de

50 ans), les processus en cours dans le mouvement syndical et populaire, la résistance aux mesures d'austérité et le bilan civique) national. La résolution, qui met l'accent sur la nécessité d'une alternative démocratique, nationale et populaire à la crise, a été adoptée à une très large majo-

La résolution d'organisation, présentée par le camarade Edgar Sanchez, et les statuts, présentés par le camarade Jaime

Gonzalez, apportaient des réponses aux problèmes nouveaux posés par la croissance du parti. En effet, depuis la campagne électorale de 1982, le PRT a vu ses effectifs multipliés par plus de trois, et il a surtout connu une modification substantielle de sa composition sociale, avec l'adhésion de nombreux militants ouvriers et paysans. Cette composition populaire du congrès a d'ailleurs été relevée par la presse mexicaine. A cette croissance et à cette transformation du parti correspond un élargissement spectaculaire de son influence dans les fronts de masse, tels que la CCRI chez les paysans, ou le Bloc populaire révolutionnaire (BPR) chez les colonos, mais aussi dans le mouvement syndical ouvrier et dans le mouvement

Quatrième

Internat

SOMMAIRE

- NUMERO

Editorial :

L'épopée des mineurs britanniques

Turgut Taylain :

Etat et capital dans la Turquie contemporaine

Bloque Socialista :

Un programme révolutionnaire pour la République dominicaine

(Larges extraits du programme adopté par le congrès du

Bloque Socialista, organisation dominicaine avec laquelle la IVe

Internationale entretient des relations fraternelles)

Salah Jaber :

Commune de Paris au Nicaragua sandiniste)

(Longue étude qui traite de problèmes politiques et théoriques fondamentaux débattus aujourd'hui dans la IVe Internationale et dans d'autres secteurs du mouvement révolutiondes femmes. Le congrès en a conclu à la nécessité de revoir les critères de recrutement et d'appartenance au parti, ainsi que de redéfinir les instances de base du parti à partir de structures territoriales (les « zonales »). La résolution et les statuts ont été adoptés à une quasi unanimité.

Présentant la résolution sur la politique électorale, le camarade Ricardo Pascoe soulignait la nécessité de mettre en place, pour 1985, une alternative de classe indépendante sous la forme d'une « alliance totale de la gauche ». En effet, la crise provoque une érosion lente mais régulière du PRI. Le danger existe, en l'absence d'une alternative du type que propose le PRT, que cette usure bénéficie principalement au parti bourgeois d'opposition, le Parti d'action nationale (PAN), lié aux intérêts impérialistes. Lors des élections municipales qui ont eu lieu à la veille du congrès dans le Valle de Mexico, une coalition de forces de gauche, rassemblant notamment le PRT et le PSUM, a recueilli 8% des suffrages. Le PRT a ainsi obtenu une demi-douzaine de conseillers municipaux. Des accords analogues sont cours de discussion dans d'autres Etats, comme ceux de Colima ou de Sonora.

Dans ce dernier Etat, une déclaration commune a été signée par le PRT et le PSUM : « Nous considérons comme prioionale

15 - NOVEMBRE 1984

9 Révolution permanente et dictature du prolétariat (de la

Page 27

ritaire la lutte pour vaincre la politique économique du gouvernement, qui fait peser sur les travailleurs le coût social de la crise et les rigueurs du redéploiement économique, autrement dit la lutte contre l'austérité capitaliste des patrons et du gouvernement. (...) Vaincre cette politique implique de développer des actions communes avec les organisations démocratiques et de gauche dans l'Etat de Sonora. Nous déclarons que nous lutterons pour obtenir l'indépendance politique de la classe travailleuse ; nos candidats défendront les justes revendications des ouuriers, paysans, colonos, jeunes, femmes et autres marginalisés de la société. Nous impulserons la lutte contre l'impérialisme yankee, principal responsable de l'appauvrissement des Mexicains, qui a imposé, aujourd'hui, à travers le Fonds monétaire international, des salaires et des conditions de vie misérables au peuple mexicain. Nous n'oublions pas son ingérence actuelle, en alliance avec le PAN et l'Eglise, dans la perpétuation de la soumission des travailleurs mexicains. Nous décidons ensemble de poursuiure nos relations fraternelles à travers des discussions et des actions concrètes, jusqu'à parvenir à un programme commun de lutte électorale pour les prochaines élections, lorsque chacune des deux organisations aura tenu ses assemblées électorales par Etat et si elles parviennent à un accord au niveau national. »

Le PRT est le parti qui s'est engagé avec le plus de détermination et de clarté dans cette voie unitaire. Pourtant, les obstacles sont nombreux. En effet, la loi électorale ne permet pas les coalitions, de sorte que si deux ou trois partis s'unissent, ils ne peuvent le faire qu'en renonçant à leur statut légal propre au profit du seul statut légal de la coalition, ou bien en se regroupant sous le sigle légal d'une des composantes de la coalition. La proposition unitaire faite par le PRT au PSUM, au Parti mexicain des travailleurs (PMT, nationaliste de gauche) et aux autres formations de moindre importance, va jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à la perspective d'une coalition participant aux élections sous un sigle unique. Divisés, ses interlocuteurs cherchent une échappatoire qui consisterait en des listes communes pour les élections municipales, mais séparées pour les législatives. La confiance du PRT en ses propres forces et la conviction unitaire animaient l'ensemble du congrès. Le porte-parole du PSUM l'a constaté au moment de son intervention, lorsque tous les délégués et observateurs se sont dressés aux cris d'« Unité ! Unité ! »

Enfin, le congrès avait à son ordre du jour l'élection d'un nouveau comité central d'une cinquantaine de membres. La commission des candidatures, rassemblant des représentants de tous les Etats du pays, a dû traiter plus de deux cent propositions, ce qui témoigne de la vitalité du parti, de l'intégration en son sein de nombreux cadres des différents mouvements de masse, et de la formation d'une nouvelle génération de dirigeants, mais aussi de dirigeantes (sur les neuf secrétaires de zone du Valle de Mexico, huit sont des femmes).•

Une erreur sur cette page ?