AMERIQUE LATINE Rencontre des directions des sections latino-americanes de la Ne Internationale
La seconde réunion des bureaux politiques des sections latino-américaines de la IVe Internationale a eu lieu en octobre 1984. Y participaient des délégués des sections ou des groupes sympathisants du Mexique, du Pérou, de Bolivie, de Colombie, d'Equateur, d'Uruguay, du Brésil, du Chili, des Antilles, ainsi que des organisations fraternelles d'autres pays.
Cette réunion de travail a permis d'aborder et de débattre des questions
- La résistance populaire aux politiques d'austérité et aux exigences du Fonds ment à partir des expériences de la « grève civique » au Mexique et de l'explosion sociale d'avril 1984 en République domi-
- La lutte pour le renversement des dictatures et les problèmes posés par les processus d'« ouverture ». Dans ce cadre, les discussions ont notamment porté sur les cas du Chili, du Paraguay, du Brésil et de l'Uruguay.
- La réorganisation du mouvement ouvrier : l'évolution du Parti des travailleurs et la consolidation de la Centrale unique des travailleurs (CUT) au Brésil ; le Frente Amplio (FA) et la Gauche démocratique indépendante (IDI) en Uruguay ; la Gauche unie (IU) et la formation du Parti d'unité mariatéguiste au Pérou ; les leçons du 6e congrès de la COB et la situation politique en Bolivie. Une discussion a en outre eu lieu sur les négociations entre le gouvernement et la guérilla en
— Les questions agraires en Amérique latine : politiques agraires, réformes et mouvements paysans.
- La dynamique de la révolution en Amérique centrale et les initiatives de solidarité en Amérique centrale et dans la
Les discussions tenues au cours de cette seconde rencontre, un an après la première, ont permis de mieux mesurer l'accélération cours dans le mouvement ouvrier et populaire, sous les effets combinés de la crise économique et sociale et de l'impact de la révolution en Amérique centrale.
Dans la plupart des pays, la tâche centrale qui demeure non résolue est celle de la construction d'un mouvement ou-
ET DE L'INTERNATIONALE vrier indépendant de l'Etat ou du populisme bourgeois, aussi bien sur le terrain politique que sur le terrain syndical. Dans les pays qui sortent à peine de longues années de dictature, les tentatives de transition négociée avec les militaires et le chantage de l'impérialisme par le biais du FMI, soulignent l'actualité des revendications démocratiques radicales et anti-impérialistes, ainsi que leur lien étroit avec les revendications économiques, sociales et agraires. Enfin, le degré de décomposition sociale et d'explosivité des masses populaires dans des pays comme la Bolivie et le Pérou et, sous une forme différente, la République dominicaine, annoncent de nouvelles épreuves de force interdisant toute illusion sur la poursuite linéaire et sur une période de temps indéfinie des processus démocratiques.
Dans ce contexte, et sous l'influence des expériences du Nicaragua, du Salvador et de Grenade, les questions de l'unité et du pluralisme politique sont omniprésentes dans la réorganisation du mouvement ouvrier et de son avant-garde. En un an, l'évolution de ce point de vue est sensible et s'exprime sous diverses formes :
- La radicalisation d'un mouvement paysan, parfois étroitement ou organiquement lié au mouvement ouvrier. La confé rence des organisations paysannes qui s'est tenue en novembre dernier au Mexique et à laquelle participaient notamment le Mouvement paysan indépendant de République dominicaine, le secteur paysan de la CUT du Brésil, la Confédération paysanne du Pérou (CPC), l'ATC du Nicaragua, la Coordination nationale Plan d'Ayala (CNPA) du Mexique, confirme cette dynamique.
- L'évolution du mouvement syndical. On observe ce phénomène au travers de la consolidation de la CUT au Brésil, de la radicalisation marquée par le 6e congrès de la COB en Bolivie, mais aussi par la réapparition du problème de l'unité syndicale en Colombie.
— La question de l'unité s'exprime à travers la formation de blocs ou de fronts politiques, dont la composition et la fonction sont des plus variables, depuis le Frente Amplio en Uruguay, qui exprime l'aspiration unitaire antidictatoriale dans le sens d'une rupture avec le bipartisme bourgeois, jusqu'à la Direction révolutionnaire unifiée (DRU) de Bolivie, qui est une alliance partielle de la gauche radicale, en passant par des coalitions qui s'approchent davantage d'un front unique des organisations ouvrières et populaires, comme la Gauche unie du Pérou, le Front de la gauche dominicaine, ou le Mouvement démocratique populaire du Chili.
- Enfin, des organisations ou des regroupements comme le Bloc socialiste de République dominicaine, le Parti d'unité
mariatéguiste du Pérou ou, bien plus confusément, la Gauche démocratique indépendante en Uruguay, expriment le projet d'une société socialiste pluraliste et démocratique et la nécessité d'un processus unitaire au niveau des organisations d'avant-garde elles-mêmes. Un tel processus n'est concevable qu'à la condition de prendre en compte les différences de tradition, d'histoire et d'origine des différentes composantes.
En ce qui concerne les tâches, la réunion des bureaux politiques latino-américains a notamment convenu de poursuivre et d'amplifier la solidarité militante avec la révolution en Amérique centrale et dans la Caraibe, d'élargir la diffusion et l'utilisation du supplément d'InprecorCône sud, et de maintenir et d'améliorer le cadre de travail mis en place depuis deux ans.