Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

POLOGNE

La gauche socialiste à la recherche de son histoire

Inprecor n° 189, 4 février 1985 · p. 8-10 · 3 088 mots

Pologne Allemagne URSS et Russie

DOCUMENT

Dans l'historiographie officielle, il est à la mode d'opposer le Parti ouvrier polonais (PPR) et le camp communiste (en tant qu'unique partisan conséquent de la socialisation des moyens de production) aux autres groupements politiques, aussi bien légaux qu'illégaux, et de soutenir que ces derniers auraient défendu peu ou prou les anciens rapports capitalistes, y compris le Parti socialiste polonais-LibertéEgalité-Indépendance (PPS-WRN), lequel, selon cette historiographie, avait adopté une attitude hésitante. En réalité, même une connaissance superficielle de la période 1944-1945 permet de proposer une thèse contraire : seules des voix isolées et peu nombreuses défendaient le capitalisme en tant que futur système économique de la Pologne, et parmi les partis politiques, seul celui qui était le plus à droite le fit, à savoir le Parti national (SN). La très grande majorité se prononçait en faveur de changements allant dans le sens de la socialisation de l'économie. Parmi ces partis, le PPR n'était pas, et de loin, le plus à gauche.

Il est donc utile de rappeler les principales idées de transformation du système économique élaborées dans les programmes de la clandestinité anti-nazie polonaise, afin de démasquer les mensonges officiels. Ces projets de réformes sont nés sur la base d'une situation le objective, car on ne peut les analyser en faisant abstraction des réalités de la Pologne de l'entre-deux-guerres et de la période l'occupation allemande. n'avons pas l'ambition de présenter, ne serait-ce que sous forme d'esquisse, l'histoire économique de la Pologne. Néanmoins, il est nécessaire de rappeler quelques faits.

LA NATURE PARTICULIERE

DU CAPITALISME POLONAIS Le système économique de la Seconde République (de 1918 à 1939, ndir.) était capitaliste. Il s'agissait cependant d'un capitalisme spécifique, dont la particularité résidait en premier lieu dans la faiblesse de la propriété privée nationale. La plupart des dirigeants politiques et économiques étaient d'accord sur ce fait. Les remarques de deux personnalités se plaçant aux deux extrêmes - R. Dmowski, chef de la droite nationaliste, et le communiste J. Ryng - définissant le capitalisme polonais comme un « capitalisme sans capital », sont caractéristiques de cela. Dans cette situation, les rôles clefs devaient être joués par le capital étranger et par le capital d'Etat. Cela apparaît très clairement dans les statistiques des sociétés par actions en Pologne (année 1935), où l'on lit que les capitaux d'Etat et les capitaux étrangers composaient ensemble

Varsovie en ruines, en 1944. (DR) 72 % de la somme de tous les capitaux sociaux des sociétés par action en Pologne, ainsi que 95 % de tous les capitaux. Seulement 28 % des capitaux sociaux des sociétés par action et 5 % de tous les capitaux représentaient la propriété privée nationale. Ce n'est donc pas par hasard que l'ancien ministre du Trésor, J. Zdziechowski, dans le livre le Mythe monnaie d'or (1937) : « Le néant de cette forme de propriété fait du concept d'initiative privée polonaise une fiction. » Il ajoutait : « C'est là que se trouve la principale raison du développement de l'étatisme en Pologne. » vrai que l'étatisation de l'économie dans la Pologne de l'entre-deux-guerres était allée très loin. Les statistiques pour l'année 1937 témoignent de la participation du Trésor public dans les différentes branches de la production et des services : 24 % dans l'extraction du charbon, 20 % dans la transformation du pétrole ; près de 70 % dans la sidérurgie ; environ 50% dans l'industrie des machines-outils ; 100 % dans l'industrie automobile ; 25 % dans l'industrie chimique ; 12,5 % dans l'industrie électronique, mais déjà 84 % en ce qui concerne les télécommunications ; 97% dans la marine marchande; 46% dans les banques; 48% dans les assurances. Dans l'ensemble des branches de l'économie, la participation de l'Etat était estimée à environ 44 %, ce qui plaçait la Pologne en tête des pays européens en ce qui concernait l'intervention de l'Etat, hormis l'URSS, bien entendu. De l'avis de M. Boracz, rédacteur de

Przebudowa, organe théorique du Parti paysan polonais (PSL), l'étatisme dans la Pologne de l'entre-deux-guerres jouait un double rôle : économique, en tant que complément du faible secteur privé, et politique, comme fondement de fluence de la bureaucratie qui a gouverné sous le régime d'« assainissement » (1).

En conclusion, système de la Pologne d'avant-guerre n'avait que certains des traits du système capitaliste classique. D'importantes limitations du libéralisme économique (de forts monopoles privés dirigés par le capital étranger, l'interventionnisme étatique et l'étatisme développé) lui donnaient un caractère particulier, par ailleurs typique de la majorité des pays d'Europe centrale et orientale.

L'IMPACT DE LA GUERRE La guerre de 1939-1945 et la double occupation (jusqu'en 1941) des territoires polonais ont conduit à un nouvel affaiblissement, du point de vue économique, des fondements de l'entreprise privée. Aussi bien sur les territoires occupés par les Allemands que dans la partie soviétique, on a mené une politique résolue d'expropriation de la propriété privée polonaise et d'unification de la structure des propriétés : appropriation par l'Etat ou, dans les territoires intégrés au Reich, son

1. Nom du régime issu du coup d'Etat de Pilsudski et qui a gouverné de 1926 à 1939.

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incorporation trusts allemands soumis à la politique de de l'Etat. Ces processus se sont renforcés avec le développement de la guerre. Les restes du capital privé ont été systématiquement liquidés et leur activité productive réduite au minimum. En conséquence, dans les territoires polonais sur lesquels fut fondée plus tard la République populaire, s'est constitué, du point de économique, un système étatique avec la domination absolue de la propriété étatique et capitaliste-étatique, subordonnée aux tâches politiques et militaires des deux puissances occupantes. Cette « révolution » économique spécifique impliquait une importante remise en cause de la structure de propriété d'avant-guerre, ébranlant par là-même les racines déjà faibles du capitalisme polonais. Jugeant cet état de fait, le Bulletin économique (organe de la délégation dans le pays même du gouvernement polonais installé en exil à Londres) écrivait : « Un changement de la structure économique et sociale, révolutionnaire de par son ampleur, s'est accompli. Il se caractérise par le fait que le rétablissement de la situation antérieure n'est plus possible, ni du point de vue technique ni du point de vue psychologique, ainsi que par le fait qu'il est resté inachevé, qu'il n'a pas créé une situation entiè rement nouvelle. Le premier acte de cette révolution s'est accompli, il sera suivi par le second. Quel sera le contenu de ce second acte, cela nous ne le savons pas. » structure de propriété affaiblissaient, voire même rendaient impossible le rétablissement, dans la Pologne de l'après-guerre, des rapports capitalistes, même dans leur forme déformée d'avant-guerre. A côté de ces changements, le rôle peut-être décisif fut joué par les modifications de caractère anticapitaliste de la conscience sociale. Le processus de radicalisation sociale, qui toucha non seulement la Pologne mais presque toute l'Europe (rappelant la « vague révolutionnaire » de la fin de la Première Guerre mondiale), avait de nombreuses causes : internes, nationales (la majorité de la société, bien qu'elle reconnaissait sans réserve les autorités de l'Etat clandestin et le gouvernement de Londres, fondés sur la Constitution de 1935, n'acceptait pas le retour au système politique et économique d'avant-guerre) et plus générales, qui se sont manifestées dans toute l'Europe occupée, liées à la lutte des larges masses contre le fascisme et le totalitarisme. La transformation des structures politiques et économiques selon les principes de la démocratie sociale était une aspiration générale et exprimée par tous. Partout en Pologne, les mêmes revendications apparaissaient : nationalisation, planification économique, élargissement de la démocratie parlementaire, réformes sociales, etc. En Pologne, où la majorité de la société avait été soumise à une exploitation économique et à une op pression politique féroces, ce qui a fait d'elle dans sa quasi-totalité une classe salariée exploitée, la radicalisation s'est développée rapidement (en particulier cours des années 1943-1944), atteignant aux monopoles et aux un tel degré qu'elle fut perçue par la direction bourgeoise de l'Armée de l'intérieur (AK) ainsi que par les partis du centre et de la droite de la Pologne clandes-

Dans le rapport spécial au chef suprême, daté du 22 mai 1944, le commandant de l'AK, T. Bor-Komorowski, écrivait par exemple : « Grand tournant idéologique vers la gauche. (...) Une exigence quasi-générale du contrôle de la société sur la vie économique, de la liquidation de la concentration des biens dans les mains privées au-delà d'un minimum déterminé et de la suppression de la position privilégiée des individus ou des groupes sociaux. Forte radicalisation. Le pouvoir qui tenterait de freiner ce processus exposerait le pays à des secousses. »

LES POSITIONS RÉELLES DES FORCES POLITIQUES La thèse selon laquelle seul le PPR et les groupes qui collaboraient avec lui exprimaient cette radicalisation, en développant sur cette base un programme de transformation des rapports politiques et économiques, est une mystification due à l'histoire officielle. Cette thèse oppose le camp communiste aux organisations de la clandestinité « londonienne », présentées comme défendant les anciennes structures sociales contre les aspirations de la majorité de la société. Cette thèse est tout aussi schématique que celle qui nie les faits évidents qui témoignent de la radicalisation, ou que celle qui fonde cette radicalisation sur « l'influence soviétique ». Le « camp de Londres » ne fut jamais un monolithe. Depuis le début, au sein de sa direction, les représentants du mouvement paysan (le Parti paysan-SL «ROCH ») et socialiste (WRN en tant que continuation du Parti socialiste polonais), avaient une forte influence. Ces deux partis faisaient par ailleurs partie des « quatre grands » (Parti paysan, PPS-WRN, Parti du travail et Parti national), centre politique de la Pologne clandestine dans le pays et en exil. Dès les premières années de la guerre (SL en 1940, PPS-WRN en 1941), ils ont rendu public des programmes de transformation sociale et économique, dans lesquels l'accent était mis sur des transformations importantes de la propriété industrielle et agricole. Ils se sont appuyés sur la radicalisation de la fin de la guerre pour exercer une influence idéologique et programmatique efficace sur la direction du mouvement clandestin.

générale de la société vers la gauche trouve son expression dans les documents de la clandestinité. En té moigne par exemple la déclaration du parlement clandestin, le Conseil d'unité nationale, daté du 15 août 1944 et intitulé : « Ce pourquoi lutte le peuple polonais. » Décriée par la propagande communiste

« conciliatrice », « partielle », « floue » (comme si le Manifeste du Comité polonais contrôlé par les communistes, n'était pas, lui, tout aussi partiel et flou), cette déclaration est en fait un important document témoignant de l'évolution de la pensée politique polonaise, reflétant les opinions politiques des larges masses et des élites. Postulant le rétablissement dans la nouvelle Pologne d'une République parlementaire et la réalisation de réformes socioagraire, nationalisation de la grande industrie, planification économique), cette dé claration était la première prise de position aussi radicale des autorités officielles de la clandestinité. Et il n'est pas inutile de rappeler que c'est un militant socialiste connu, longtemps secrétaire général du PPS, Kazimierz Puzak, qui était le président du Conseil d'unité nationale.

L'insurrection de Varsovie, appelée souvent la Révolution d'Août l'histoire officielle passe sous silence —, est un moment important dans le déclenchement d'une révolution sociale authentique. Le nom de « révolution » n'est pas fortuit. Autant le contenu social de l'insurrection que ses documents politiques concourent à lui donner le caractère d'un assaut révolutionnaire unifiant les mots d'ordre indépendantistes, sociaux mocratiques, bien que cet assaut ait été li mité territorialement. Le manifeste nationale du 15 août 1944 est significatif de ce point de vue. On y lit : « Le système de la future République sera fondé sur la liberté politique et la justice sociale. Les fondements du système de la Pologne en tant que Républi que démocratique seront : une loi électorale démocratique pour l'élection des corps législatifs et autogestionnaires, qui permette de refléter fidelement les opinions de la société ; la transformation du système agricole par la distribution aux paysans des possessions allemandes et des propriétés de plus de 50 hectares ; la socialisation des principales branches industrielles; la participation des employés et des ouvriers à la direction et au contrôle de la production industrielle. » Zaremba, l'un des dirigeants du WRN et du PPS d'avant-guerre a commenté ainsi ce programme : « Nous trouvons ici l'esquisse d'une véritable démocratie, allant dans le sens d'une transformation fondamentale du système socio-économique de l'Etat. Le mouvement socialiste polonais peut car ce sont ses principes programmatiques qui ont trouvé le soutien

La promulgation des lois et des arrêtés (trois cahiers du Journal des lois) était un acte révolutionnaire de l'insurrection de Varsovie, qui déterminait les fondements d'un nouveau système. Avant les décrets du Conseil populaire national établi par les communistes, les organes du pouvoir en Pologne clandestine avaient voté les principes de la réforme agraire, de la socialisation des moyens de production (décret sur les conseils d'entreprises) et d'une large autogestion sociale (décret sur l'autogouvernement municipal). Cette face révolutionnaire de l'insurrection était cachée, aussi bien par la propagande communiste que par celle de l'émigration de droite. Elle témoigne cependant de la for mation au sein de la société, du moins dans ses centres politiques et culturels, de la vision d'une Pologne nouvelle.

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Zaremba analysait ainsi ce phénomène : « L'acquis idéologique de l'insurrection, exprimant les transformations sociales et les nouvelles idées qui se sont enracinées dans la société polonaise durant la lutte avec l'occupant, n'a rien perdu de sa signification. Il reste le fondement, sur la base duquel la société polonaise veut se développer. (...) L'insurrection d'Août donne une image claire de l'organisation et de la vie dans l'Etat polonais reconstruit, fondé sur les principes de la démocratie sociale. Elle a montré que la classe ouvrière est devenue le ciment le plus fort de la vie collective de la nation. » Un an après l'insurrection, dans une situation politique radicalement différente, le Conseil d'unité nationale, lors de sa dernière session qui a eu lieu clandestinement le ler juillet 1945, a proclamé le « Testament de la Pologne clandestine ». Voici les extraits de ce document peu connu, concernant les principaux aspects du système qui aurait dû être créé en Pologne : « La création de la pleine autogestion territoriale, socio-économique et dans le domaine de la culture et de l'enseignement ; la socialisation de la grande propriété capitaliste et l'organisation d'un juste partage du revenu national; la cogestion et le contrôle sur l'ensemble de l'économie par les masses travailleuses (...) ; la liberté de lutte de la classe ouvrière pour ses droits dans le cadre d'un mouvement syndical indépendant; la mise en œuvre d'une réLe lendemain de l'insurrection de Varsovie. (DR) PRACOWNIA

FUTER

forme agraire. »

Ce document contredit la présentation des débats sur le système social de la Pologne en des termes « tout noir ou tout blanc ». Il est le reflet des modifications de la conscience sociale. Il est l'expression politique des tendances radicales qui, en 1944-1945, imposaient une direction aux changements fondée sur la socialisation de la vie publique. Au vu de ce qui précède, il est difficile de remettre en question le caractère révolutionnaire de ces événements en Pologne. Le mouvement authentique, spontané de prise de contrôle et de remise en marche des entreprises productives par les travailleurs durant les mois qui ont suivi la libération exprimait ce caractère révolutionnaire. Ce mouvement de masse, qui créait de nouvelles formes de gestion et de direction des usines fondées sur la participation des ouvriers aux organes de gestion, était l'expression des aspirations spontanées des travailleurs à la socialisation des entreprises.

LES POLONAIS VOULAIENT-ILS

UN RÉGIME SOCIALISTE ? La réalité compliquée de la Pologne de l'après-guerre ne se plie pas aisément aux jugements généralisateurs. On peut cependant en tirer une conclusion générale : la situation sociale imposait une ligne de réformes clairement anticapitalistes.

Cela ne signifie pas que le nouveau modèle de société était clair et définitivement déterminé. La tendance générale, anticapitaliste, qui se manifeste dans les programmes, d'une large limitation de la propriété privée, était cependant commune à tous les partis et regroupements politiques significatifs.

Un état donné de la conscience collective fondait cette tendance. C'est pour cette raison que nous avions, dans la Pologne de l'après-guerre, des prémisses d'une véritable révolution. Ce qui peut être questionné, c'est uniquement son sens social et sa vraie expression politique. Etait-ce, comme le voudrait la version officielle, une révolution « communiste » spontanée, dont le PPR était le moteur avec l'aide des alliés de l'Est, soutenue d'abord par une minorité de Polonais, mais une minorité qui représentait « les ouvriers et les paysans les plus conscients » ? Ou s'agissait-il plutôt d'une révolution « indépendantiste-démocratique » (l'Insurrection de Varsovie), avec un large programme de réformes strictement socialiste, mieux représentée par la gauche du « camp de Londres » et appuyée par une réelle majorité de la population, et avançant des mots d'ordre et des revendications qui coincidaient partiellement avec le programme du camp communiste ? (Ce qui a permis à ce dernier de s'en emparer et de les utiliser pour ses propres buts, en gagnant une base sociale limitée, situation qui a provoqué un glissement inévitable à droite de la partie oppositionnelle de la société, glissement très visible dans les années 1947-1948.)

C'est ainsi, à juste titre à mon avis, que le professeur Tadeusz Lepkowski pose le problème dans un livre récemment édité dans les éditions clandestines (de Solidarité, ndlr.), consacré aux révolutions polonaises de 1944 à 1982. Il y présente la thèse de deux révolutions qui se combattaient à la fin de la guerre, l'une « communiste », réalisée par en haut, et l'autre réalisée par en bas, de caractère indépendantiste et démocratique.

Poursuivant cette intéressante analyse, on peut cependant se poser la question suivante : est-ce que la majorité des Polonais était alors en faveur des réformes socialistes ? La réponse doit certainement être négative, si on comprend par là un régime généralement confondu avec le modèle soviétique. La majorité de la société était sans nul doute anticommuniste de ce point de vue. Mais on peut affirmer sans risque d'erreur que la principale idée, celle d'un nouveau système économique — la socialisation des moyens de production — était largement acceptée. La Pologne n'était pas confrontée au choix capitalisme ou socialisation. Le désaccord portait sur les formes et les buts de la socialisation. Les prises de position des différents partis et mouvements sociaux étaient le reflet de ces différences programmatiques et idéologiques.

Brochure éditée par le journal Robotnik en 1984.

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