AUTRICHE Mobilisation écologiste contre le barrage de Hainburg
Depuis plus de deux ans, le projet gouvernemental du barrage de Hainburg, sur le Danube, est un dossier brûlant de la vie politique autrichienne. Le gouvernement, les milieux d'affaires, la direction de la Confédération syndicale autrichienne (OGB), des fractions majoritaires des deux partis de la coalition au pouvoir (le Parti socialiste flanqué du petit Parti libéral) et du Parti populiste OVP, le grand parti conservateur de l'opposition, cherchent à imposer cette construction. Les Verts, les écologistes et l'extrême gauche, notamment nos camarades du GRM (section autrichienne de la IVe Internationale), la combattent. Ils soulignent que le gouvernement n'a pas pu apporter « la preuve du besoin » d'énergie supplémentaire, l'Autriche étant déjà exportatrice d'électricité. Cette construction provoquerait en outre une catastrophe écologique, parce qu'elle anéantirait l'Au, l'une des dernières et des plus grandes forêts alluviales d'Europe. Nous publions ci-après un article consacré à ce problème et paru dans la Brèche, organe du Parti socialiste ouvrier (PSO), section suisse de la IVe Internationale, du 19 janvier dernier.
En Autriche, la débâcle de Zwenterdorf est dans toutes les mémoires. Rappelons l'essentiel. Partisans du bétonnage, les promoteurs du barrage de Hainbourg sont aussi pro-nucléaires. Négligeant une opposition grandissante, ils avaient achevé la construction de la centrale nucléaire de Zwenterdorf. A la veille de son ouverture, l'hostilité au nucléaire était telle que les autorités durent soumettre l'entrée en service de la nouvelle centrale à l'accord de la population consultée par référen-
Le résultat fut sans appel. Une majorité s'opposa au recours à l'énergie atomi-
Des milliards de francs avaient été gaspillés dans une centrale qui ne serait pas utilisée. Cependant, les travaux à Hainburg commencèrent malgré la législaautrichienne de protection de la nature et les conventions internationales protégeant le site de l'Au.
Ce coup de force voulait clore autoritairement un débat qui avait largement divisé l'opinion publique. Il a au contraire soulevé une émotion considérable, d'autant plus que de nombreux milieux espéraient ouvertement que, dans la foulée, ils pourraient renverser la décision contre
NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE Zwenterdorf et obtenir l'ouverture de cette centrale. L'indignation devant l'annonce du début des travaux a stimulé une mobilisation extraordinaire, sans exemple depuis des années.
Cette mobilisation, très large l'éventail des forces qui l'organisaient, a donné lieu à une première et importante manifestation à Vienne. La réaction à ce coup de force gouvernemental souligne la puissance mobilisatrice des thèmes écologistes. La répression fut brutale. Matraques et canons à eau, voilà la réponse d'un pouvoir sans projet, sinon le profit de ses supporters. Par centaines, des militants écologistes se sont rendus en plein hiver sur le site de Hainburg. Ils l'occupent pour empêcher l'ouverture des travaux. Grèves étudiantes, concours d'affiches, radios lion ne compte plus à Vienne les initiatives prises populariser la désobéissance civile au projet officiel.
La crise politique s'est aggravée lorsque le gouvernement a fait attaquer le camp des écologistes. En pleine nature, les compagnies des forces de l'ordre ont pris position pour imposer la destruction d'une forêt. Début 1985, le gouvernement a cédé et suspendu les travaux jusqu'à l'organisation d'un référendum où les Autrichiens se prononceront sur le projet. Un sondage fut publié dans la presse quotidienne, révélant que 38% des citoyens répondent « oui » à la question : « Souhaitez-vous des Verts dans le prochain