Inprecor 1974–2004

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EUROPE

Le mouvement ouvrier européen devant la dépression économique

· Inprecor n° 19, 22 décembre 1977 · p. 6-12 · 5 878 mots

France Économie mondiale Grande-Bretagne Syndicalisme

EUROPE Deux années de récession sévère, puis deux années de reprise hésitante et non-cumulative, quatre années de chômage massif et chronique, avec un chômage catastrophique des jeunes ; la prédiction quasi unanime que ce chômage va persister longtemps (1) : les organisations de masse du mouvement ouvrier européen qui vécurent dans l'euphorie de "l'expansion-permanente-assurant-le-plein-emploi et le progrès-social" doivent revenir de loin. Le choc traumatique que les masses laborieuses sont en train d'assimiler progressivement dans leur conscience, syndicats et partis de masse réformistes doivent le traduire en revendications, en programmes, en propositions d'action. Leur désarroi économique devant la politique n'a d'égal que leur incompréhension théorique concernant les origines et la nature de la crise. Crise de pénurie ou crise de surproduction? L'idéologie bourgeoise dominante a lancé une colossale campagne de désorientation et de mystification de l'opinion ouvrière pour "expliquer" la crise comme une crise de pénurie : crise du pétrole, crise des matières premières "rares" , aggravées par la "consommation excessive" des travailleurs qui aurait raréfié les ressources disponibles pour les investissements. L'économie souffrirait d'une colossale pénurie de capitaux. Partant des faits empiriques, on peut se rendre compte combien cette "explication" est mystificatrice. La récession de 197475 fut une récession de surproduction, non de pénurie. Il n'y eut pas pénurie, mais surabondance de pétrole. Les cours des matières premières se sont effondrés au lieu de monter en flèche. Loin de souffrir d'une pénurie de capitaux, les économies capitalistes souffrirent d'une énorme surcapitalisation, d'une masse de capitaux industriels ne pouvant pas être employés (près de 30% de la capacité de production du monde occidental restèrent non utilisés), d'une hausse et non d'une baisse du taux d'épargne, d'une abondance de capitaux-argent dans les banques que les entrepreneurs capitalistes n'empruntèrent guère, vu la stagnation des affaires. Et comment peut-on rendre responsable de la crise la hausse trop rapide des salaires et les "excès de consommation" des travailleurs, quand il y eut d'énormes capacités de production inutilisées dans des secteurs de biens de consommation

Ernest MANDEL comme les textiles, la pétrochimie, la construction immobilière, les appareils électro-ménagers, l'automobile ? Croit-on sérieusement qu'en faisant baisser les salaires, on aurait vendu plus de vêtements, plus de meubles, plus d'appartements et plus de réfrigérateurs ? En comprenant la crise comme une crise capitaliste de surproduction, les marxistes mettent l'accent sur les deux aspects conjoints qui caractérisent pareille crise dans l'histoire du mode de production capitaliste : la baisse du taux de profit, et le manque de débouchés au niveau des "derniers consommateurs". Le premier provoque la réduction des investissements productifs, donc des ventes de biens de production; le second la réduction des ventes de biens de consommation. Mais les deux sont structurellement liés l'un à l'autre pour provoquer la crise. C'est pourquoi vouloir résoudre la crise en comprimant la consommation de masse, c'est appliquer une politique de Gribouille. Les gouvernements capitalistes l'avaient déjà découvert à leurs dépens dans les années 1929-33. Ils semblent aujourd'hui avoir quelques peu oublié la leçon de ces noires années-là. Contrairement aux néo-ricardiens et à ceux qui s'en inspirent parmi les politiciens bourgeois et sociaux-démocrates de droi te, pour les marxistes, la baisse du taux de profit n'est pas causée par la hausse des salaires, mais par l'augmentation de la composition organique du capital. C'est le fait que tout au long de la période d'expansion accélérée d'après-guerre on a de plus en plus substitué du capital constant au travail (2), qui conduit inexorablement à cette baisse du taux de profit. Le seul noyau de vérité qu'il y a dans l'argumentation patronale, c'est que la résistance acharnée des travailleurs à une baisse du prix de la force de travail ne permet pas - en période de plein emploi - de mettre en marche le mécanisme compensateur de cette baisse du taux de profit que serait un nouveau bond en avant du taux d'exploitation de la main-d'œuvre. Mais c'est évidemment tout autre chose que d'affirmer froidement que les "hauts salaires" seraient responsables de la baisse du taux de profit. Ce débat théorique n'est pas du tout un débat platonique. La bourgeoisie - et les sociaux-démocrates de droite - cherchent à culpabiliser les syndicats et les travailleurs afin d'affaiblir leur résistance contre l'application des différentes variantes

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de la politique d'austérité. C'est un devoir impérieux des militants syndicaux et ouvriers de s'opposer à ces efforts et de défendre avec fermeté leur droit à protéger leur pouvoir d'achat. Mais pareille défense n'a de cohérence et de force de persuasion que si elle offre une autre explication de la nature et des origines de la crise, - qu'on ne peut trouver que dans la théorie marxiste.

La théorie économique marxiste acquiert ainsi une fonction immédiatement politique et pratique dans la lutte de classe en cours, dans la défense du Travail contre le Capital.

La lutte pour la défense du marxisme cofhcide ici littéralement avec les exigences d'une défense efficace des salaires réels et de l'emploi du prolétariat. On comprend dès lors que l'offensive massive contre le marxisme, à tous les niveaux, au cours de l'année qui vient de s'écouler, n'est pas non plus le produit du hasard. Elle remplit un rôle précis dans la lutte de classe .

Il y a longtemps que les sociaux-démocrates de droite ont rompu avec le marxisme et véhiculent au sein du mouvement ouvrier les lieux communs classiques de l'idéologie bourgeoise : "Nous sommes tous dans le même bateau." "Nous devons défendre ensemble l'économie nationale (ou l'entreprise, ou l'Europe). " "En période de crise, la lutte de classe est dépassée; les sacrifices sont inévitables; il faut en assurer seulement le partage équitable." Etc. Plus embarrassée est la position des sociaux-démocrates de gauche et des "eurocommunistes" (voire des PC qui maintiennent encore la fidélité à l'égard du Kremlin). Ils cherchent à combiner un rappel rituel des analystes marxistes - en général rendues de manière fort sommaire - avec la justification d'une orientation stratégique qui consiste à défendre la possibilité de surmonter la crise sans éliminer le régime capitaliste. L'acrobatie intellectuelle que cela implique est navrante et n'impressionne que les naffs ou les ignorants (3). Ainsi le principal économiste du PCF, Paul Boccara, parle-t-il bien entendu de crise capitaliste (le mot "surproduction" a de la peine à sortir du magnétophone !). Il mentionne même en passant le taux de profit. Mais l'accent est mis sur le "gâchis des moyens de production matériels" (4). On peut ainsi glisser de l'impossibilité d'une solution de la crise dans le cadre du capitalisme sans une forte remontée des profits, à la possibilité de sortir de la crise par "l'élimination du gâchis", la "planification démocratique", c'est-à-dire la rationalisation d'une économie mixte (dont on avoue d'ailleurs qu'elle restera capitaliste...). Gérer la crise en assumant l'austérité ou défendre les intérêts des travailleurs? Le but principal de l'offensive capitaliste déclenchée dans tous les pays impérialistes contre les travailleurs depuis le début de la récession est de provoquer une baisse sensible des salaires réels et de reconstituer l'armée de réserve industrielle sur une grande échelle. Ceci devrait assurer une hausse durable du taux de la plus-value et du taux de profit, qui tôt ou tard finirait par relancer l'économie. Mais même si elle ne réussit pas à assurer cette relance, elle modifierait en tout cas durablement les rapports de force sociaux au bénéfice du Capital et aux dépens du Travail : c'est là l'objectif historique à atteindre. Dans toute une série de pays, ce sont des partis sociaux-démocrates qui se sont fait les avocats et les réalisateurs principaux de cette politique : notamment en Grande-Bretagne, en Allemagne occidentale, au Portugal, au Danemark. Quelques partis eurocommunistes leur ont carrément emboîté le pas, les devançant même par la "hardiesse" de l'engagement. C'est notamment le cas du PC italien et du PC espagnol. Le PSOE s'engage dans la même voie. Le PC portugais a adopté une position mitigée, couvrant la politique d'austérité en principe, mais se laissant entraîner dans l'opposition contre plusieurs mesures pratiques sous la pression de sa base syndicaliste et ouvrière. Seul parmi les grands partis ouvriers d'Europe, le PCF se prononce pour le moment résolument contre toute politique d'austérité, au nom d'une technique anticrise classiquement keynésienne. Il est rejoint sur cette position par la plupart des courants de gauche de la social démocratie (gauche travailliste en Grande-Bretagne, gauche du SPD, CERES en France, gauche du PSI, Fraternité ouvrière au Portugal, la gauche renardiste en Belgique, etc.) Les arguments avec lesquels sociaux-démocrates de droite et certains eurocommunistes justifient l'option en faveur de la politique d'austérité sont de deux sortes. Le premier est essentiellement politique. Il revient au sempiternel argument du moindre mal. "Si nous ne gérons pas la crise, elle sera gérée par la réaction et l'austérité sera plus dure encore" . En d'autres termes : "Souffrez qu'on vous coupe trois doigts, de peur qu'on ne vous coupe toute la main !" Aucune démonstration sérieuse n'étaye cette affirmation défaitiste. Qui donc a prouvé que les travailleurs seraient incapables de s'opposer au blocage et à la réduction des salaires, s'ils organisent un combat énergique et unitaire ? Qui a démontré que des gouvernements conservateurs peuvent réaliser leurs projets de politique anti-ouvrière ? A-t-on oublié la lourde défaite que les mineurs britanniques avaient infligé à l'offensive antisyndicale du gouvernement Heath ? Comment expliquer l'échec relatif de la politique d'austérité en Italie, malgré l'appui total que le PCI lui accorde, sinon par la résistance vigoureuse des travailleurs au niveau des entreprises et dans les syndicats ? Cette résistance n'aurait-elle pas été bien plus réussie encore, si elle avait été appuyée par les grands partis réformistes, au lieu d'être trahie par eux ? Le deuxième argument est de nature plus strictement économique, voire technique. L'aile droite du mouvement ouvrier organisé affirme que sans compression des dépenses des consommateurs, le rétablissement du plein emploi serait impossible. Pour reprendre la formule démagogique d'Helmut Schmidt: "Les profits d'aujourd'hui sont les emplois de demain. " (5).

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Désorientés et effrayés par la brusque réapparition du chômage massif, un grand nombre de travailleurs se sont incontestablement laissés convaincre par ce genre d'arguments, non seulement en Europe, mais aussi au Japon. La bureaucratie syndicale a vigoureusement relayé cette offensive idéologique.

N'insistons pas sur le fait que sous-jacente à cette argumentation est la thèse que le mode de production capitaliste est le seul possible et qu'il faut donc se plier aux lois non de "l'économie" en général, mais aux lois et à la logique intrinsèque de l'économie capitaliste. On ne pourrait mieux démontrer le dégré d'intégration de ces couches bureaucratiques du mouvement ouvrier dans la société bourgeoise et leur degré d'identification avec les "valeurs" de la bourgeoisie. Mais il se trouve que, même du point de vue "purement techni-

, c'est-à-dire en se plaçant délibérément dans le cadre des conséquences possibles, voire probables, de la politique d'austérité, l'argumentation est totalement fallacieuse. Elle part de l'hypothèse simpliste et erronée (6) selon laquelle les ressources de la nation se diviseraient en deux gros fonds : celui de la consommation des producteurs et celui des investissements productifs. En réalité, il n'en n'est rien. Il faut distinguer non pas deux, mais trois grandes catégories de dépenses de ressources matérielles et humaines : le fonds de consommation de la classe productive (dans lequel nous incluons les prestations de la sécurité sociale, c'est-à-dire tous les revenus des membres du prolétariat incapables de vendre leur force de travail pour quelque raison que ce soit : retraite, maladie, invalidité, chômage, grossesse, formation ou recyclage professionnel, etc.); le fonds d'investissement productif et le fonds des dépenses improductives, qui incluent non seulement les dépenses d'administration publique, les dépenses militaires, les frais de distribution et de vente occasionnés par la nature anarchique du mode de production capitaliste, mais encore la consommation de la classe bourgeoise, l'épargne soit thésaurisée, soit utilisée à des fins spéculatives, soit sortie du pays. Il apparaît alors qu'il est parfaitement possible que le premier fonds se réduise sans que le deuxième augmente; les profits accrus des capitalistes ne sont pas investis productivement, mais servent à gonfler des dépenses improductives de toutes sortes. Il est même possible que le premier et le deuxième fonds se réduisent simultanément. C'est exactement ce qui s'est produit en 1975. C'est ce qui semble se répéter aujourd'hui dans de nombreux pays impérialistes. Il n'est donc pas vrai que les profits d'aujourd'hui sont les emplois de demain. Les profits peuvent augmenter sensiblement alors que les emplois diminuent. Et l'identification d'investissements à la création d'emplois est un autre leurre. Un nombre croissant d'investissements sont des investissements de rationalisation, qui suppriment plus d'emplois dans les industries où ils sont effectués qu'ils créent d'emplois dans les industries où l'on produit des biens d'équipement. Au fur et à mesure que le chômage chronique dure et s'aggrave, malgré l'application de la politique d'austérité, cette argumentation grossière de la droite du mouvement ouvrier est d'ailleurs de moins en moins crédible dans les milieux syndicalistes. D'autres arguments doivent prendre le relais, ce qui n'empêche que même chez les syndicalistes modérés, l'irritation et l'indignation devant l'impuissance des gouvernements "de gauche", de "centre-gauche" ou de "droite" à rétablir le plein emploi croît de mois en mois. Les contraintes de la concurrence internationale Dès lors, les partisans de la collaboration de classe et de la politique d'austérité indépendamment de ses effets sur le niveau de vie et le niveau d'emploi des travailleurs se rabattent sur une deuxième ligne de défense. Le redressement économique ne serait possible que grâce à une vigoureuse expansion des exportations et à une sérieuse compression des importations (7). Or, la compétitivité de l'industrie "nationale" sur le marché mondial dépend de la "modération" des augmentations des salaires. Donc l'austérité est nécessaire pour assurer la relance par les exportations, dans le cadre des"contrair tes compétitives imposées par l'économie ouverte" Là encore, les faits empiriques s'inscrivent en faux contre cette thèse. Les pays impérialistes où il y a eu compression ou stagnation des salaires réels - avant tout la Grande-Bretagne et l'Italie - ont marqué des succès d'exportation beaucoup plus réduits que les pays où le niveau absolu des salaires et leur progression au cours des dernières années ont été plus élevés : l'Allemagne occidentale et le Japon. La compétitivité industrielle dépend essentiellement des coûts unitaires. Ceux-ci sont bien plus déterminés chez les puissances impérial istes par l'avance technologique, les économies d'échelle (l'ampleur des séries produites), l'abondance relative de capitaux et de crédits, le poids des charges fixes, que par le taux absolu ou le rythme de progression des salaires. N'oublions pas que dans l'industrie manufacturière, les frais salariaux ne représentent plus guère que 23-30% des coûts de production totaux. D'ailleurs, le caractère irréaliste du projet de "relance par l'exportation" , appliquée dans tous les pays, saute aux yeux. Alors que le marché mondial ne s'étend que très faiblement ou même se contracte (comme il le fait fin 1977), les gains des uns doivent être forcément les pertes des autres. Si donc, les syndicats et partis ouvriers réformistes s'associent aux offensives d'exportation de leurs patrons, ils le font non seulement aux dépens des salaires des travailleurs de leur propre pays, mais encore aux dépens de l'emploi de leurs frères de classe dans d'autres pays. A la devise "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous", ces idéologues subsituent une devise nouvelle ô combien sympathique : "Prolétaires de tous les pays, supprimez mutuellement vos emplois et condamnez-vous mutuellement au chômage!" (8). Le patronat de chaque pays invoque couramment les impératifs de la concurrence internationale pour justifier son opposition contre une réduction immédiate de la durée hebdomadaire du travail (sans réduction du salaire hebdomadaire, avec embauche obligatoire et sans accélération des cadences). Pratiquement toutes les grandes centrales syndicales d'Europe occiden-

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tale se sont prononcées en faveur de l'introduction immédiate de la semaine de 36 ou 35 heures. Il faut exiger une campagne de lutte immédiate à l'échelle européenne — et si possible, étendue à l'Amérique du Nord et au Japon - pour les 35 ou 36 heures de travail hebdomadaire, débouchant sur une grève générale européenne pour cet objectif. C'est le seul moyen de résorber radicalement le chômage à court terme. Mais comment peut-on lutter de manière crédible pour les 35-36 heures à l'échelle européenne, si l'on s'associe simultanément à la lutte de "son" patronat pour défendre la compétitivité de "son" industrie et gagner des débouchés nouveaux pour "son" pays aux dépens du voisin ? Assumer la concurrence capitaliste ou internationale ou pratiquer la solidarité ouvrière internationale, ce sont deux lignes d'action qui s'excluent mutuellement. La tentation néo-keynesienne Parmi ceux qui rejettent ou cherchent à camoufler la politique d'austérité, on opte généralement pour des techniques de relance économique d'inspiration keynésienne ou néo-keynésienne. Augmenter le pouvoir d'achat des travailleurs et des couches les plus pauvres de la population, c'est créer un marché supplémentaire de biens de consommation, qui remettrait la croissance économique sur ses rails, fût-ce une croissance d'un autre type que celle des années 50 et 60 (davantage d'égalité, davantage de consommation sociale, etc.) Le Programme commun en France va dans ce sens, plus prudemment du côté de l'équipe Mitterrand-Rocard-Attali, plus nettement du côté du PCF et du CERES (9). Il est incontestable qu'un accroissement des revenus des petites gens (qui ont un taux d'épargne plus bas que les bourgeois ou les couches supérieures de la petite-bourgeoisie) peut avoir un effet "multiplicateur" immédiat et se convertir à brève échéance en une reprise sérieuse dans le secteur des biens de consommation. Toute l'expérience des 45 dernières années l'atteste, et ce sous les gouvernements les plus divers, du New Deal de Roosevelt à la première année de l'Unidad populaire au Chili, du Front populaire français de 1936 aux divers gouvernements qui se sont succédés de septembre 1974 à novembre 1975 au Portugal. Mais cette même expérience confirme aussi : a) qu'il n'y a aucune répercussion automatique de cette reprise dans le secteur des biens de consommation en une relance sur une grande échelle d'investissements productifs créateurs d'emplois nouveaux. C'est pourquoi le New Deal a été globalement un échec dans la lutte contre le chômage; b) qu'il est impossible d'empêcher des réactions vigoureuses de la bourgeoisie dès que l'accroissement des revenus réels des travailleurs dépasse un seuil où la répartition du revenu national entre salaires et plus-value globale est sérieusement bouleversée. Ces réactions s'appellent : évasion des capitaux, grève des investissements, sabotage économique, complots financiers (et au besoin politiques et militaires) contre cette politique;

c) que la conjonction des deux caractéristiques précédentes débouche, dans le cadre du maintien des rapports de production capitalistes et du pouvoir d'Etat de la bourgeoisie, ainsi que de son insertion dans l'économie capitaliste internationale (réalités qui se cachent derrière le verbiage sur |' "étape de démocratie avancée" et le "maintien de l'économie ouverte"), inévitablement sur une inflation accélérée, qui peut même devenir une inflation galopante, mécanisme "naturel" du régime capitaliste pour enlever aux travailleurs ce qu'ils avaient d'abord conquis et pour les confronter en outre avec un approvisionnement en biens de première nécessité de plus en plus désorganisé. Certains, dont le théoricien de la gauche travailliste britannique Stuart Holland (10)ont nié" l'effet inévitablement inflationniste des techniques de relance". Ils affirment que ce n'est que parce que ces techniques sont associées à la crise fiscale de l'Etat, c'est-à-dire au refus de la bourgeoisie de payer suffisamment d'impôts et à l'extension insuffisante des nationalisations, qu'elles aboutissent généralement à l'inflation (le fait historique lui-même de ces séquelles inflationnistes n'est guère contestable). Mais ce refus de la bourgeoisie n'est lui-même ni l'effet du hasard, ni le produit d'une mentalité "incivique" des capitalistes. Il est dans la logique même du système capitaliste, où le seul profit qui compte pour chaque entreprise capitaliste -en fonction des lois inexorables de la concurrence - est le profit dont elle peut disposer pour améliorer ses investissements, sa croissance, sa compétitivité, sa part du marché, et non la plus-value "en général" et dans l'abstrait comme part du revenu national indépendamment de son utilisation. On ne peut réclamer de la propriété privée une conscience de la responsabilité collective (11). L'expérience a en outre démontré que toutes les réformes fiscales, tous les contrôles fiscaux, et toutes les ponctions accrues des profits qui ne sont pas associées à la destruction du pouvoir politique, économique et social de la classe bourgeoise, n'ont que des effets marginaux, voire pervers. Pour empêcher la bourgeoisie de dérégler une politique économique qui ne sert pas ses intérêts, il faut lui enlever son pouvoir. Si elle garde ce pouvoir, elle se comportera à l'avenir comme elle s'est comportée dans le passé, dans des situations analogues. Dès lors, le recours aux techniques néo-keynésiennes de relance massive ne peut avoir que des effets positifs très limités, surtout dans le temps. Après un an ou deux, les tensions augmenteront considérablement, à tous les niveaux de la vie sociale, économique et politique. L'économie "mixie" est un mythe. L'économie capitaliste ne peut être relancée et prospérer que dans l'intérêt des capitalistes. On peut sortir de ces tensions soit en rentrant dans la voie de l'austérité ce qui est justement la logique capitaliste, soit en expropriant la bourgeoisie et en entrant dans la voie de construction d'une économie socialiste. Mais se maintenir à mi-chemin des deux solutions ou chercher à les combiner l'une avec l'autre, c'est courir rapidement à la paralysie et la désorganisation totales de l'économie, comme au Chili en 1973.

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Le contrôle des investissements Dans la gauche social-démocrate et chez les eurocommunistes"de gauche" , plus sophistiqués - aujourd'hui surtout représentés par le PCF... jusqu'à son entrée dans un éventuel gouvernement d'Union de la gauche - on s'efforce de tenir compte du bilan négatif des expériences de relance keynésienne ou néo-keynésiennes du passé. On va donc un pas plus loin dans la direction du "planisme" des années 30, associant la politique de relance économique par la consommation des masses à celle d'une extension importante des investissements assurés ou contrôlés par l'Etat. Ainsi, les investissements productifs prendraient plus ou moins le relais des dépenses de consommation pour étendre la reprise à l'ensemble des branches industrielles. Une croissance cumulative - et non une reprise hésitante, limitée au seul département II - deviendrait ainsi possible. Les économistes du PCF parlent hardiment de taux de croissance de 6% qu'on pourrait ainsi retrouver pratiquement du jour au lendemain, indépendamment du contexte mondial (12). Toutes les contradictions du concept d' "économie mixte" éclatent à la lumière des propositions concernant les investissements. On peut réduire ceux-ci pour l'essentiel au domaine classique de l'infrastructure économique et sociale (la traditionnelle revendication de la relance par "travaux publics" qui a joué un rôle important dans les années 30). Dans ce cas, il n'y a aucune contradiction de principe avec les intérêts du grand capital, dont les coûts de production sont ainsi en partie socialisés et les rendements accrus à terme. Mais foute la contradiction se déplace vers le domaine du financement. Financer une politique de travaux publics sur grande échelle au moyen de l'impôt sur les profits ou sur le capital, c'est provoquer toutes les réactions bourgeoises mentionnées plus haut. La financer au moyen d'une taxation de la consommation et des salaires, c'est simplement revenir à une autre variante de la politique d'austérité. Reste le financement par le déficit budgétaire, c'est-à-dire par l'inflation. Et nous revoilà devant les tensions déjà mentionnées. On peut adjoindre à la politique de relance par les travaux publics - réduits dans ce cas à des proportions plus modestes -une politique de relance par la nationalisation ou la réouverture d'entreprises productives en faillite. Essentiellement, il s'agit du sauvetage de l'emploi par la nationalisation des pertes. Pareille politique peut servir dans l'immédiat les intérêts des travailleurs, à condition qu'il n'y ait ni indemnités ni rachat ni financement par l'impôt frappant les travailleurs et que ces entreprises soient placées sous contrôle ouvrier. Le conflit avec la bourgeoisie redevient, comme dans le cas précédent, celui de la répartition des revenus nets d'impôts, entre salaires et plus-value. Les réactions de la bourgeoisie seront les mêmes que celles indiquées plus haut si on devait s'attaquer sérieusement à ses profits et à ses avoirs. Dans ce cas, il faut aller rapidement jusqu'au bout, c'est-à-dire jus-qu'à l'expropriation du grand capital, si on veut éviter la catastrophe économique.

Une variante particulière de cette politique de relance keynésienne liée au contrôle des investissements et non à des nationalisations extensives, afin d'éviter l'écueil de ce que ces idéologues appellent "la centralisation excessive" ou plus simplement "l'étatisation", est offerte par un groupe d'économistes sociaux-démocrates allemands de gauche qui ont présenté un rapport à une conférence de travail réunie à Bielefeld en mars 1977 (13). Ceux-ci utilisent à ce propos la formule vague de démocratisation décentralisée des décisions économiques", , traduction dans le langage d'autocensure qu'emploie la gauche respectueuse ouest-allemande des conceptions d'autogestion décentralisée en vogue dans la gauche social-démocrate du reste de l'Eu-rope. La faiblesse de cette position réside dans son incapacité à expliquer la possibilité d'une interconnexion entre ce système et celui du maintien de la propriété privée, de l'économie de marché et de l'insertion dans l'économie capitaliste internationale. Qui obligera les propriétaires des trusts à s'incliner devant les décisions d'instances syndicales en matière d'investissements ? Par quels mécanismes seront-elles imposées ? Des capitalistes peuvent-ils investir d'après d'autres critères que ceux de la maximisation de profit de leur firme sans courir à la catastrophe dans un système fondé sur la concurrence ? Comment peut-on supprimer la concurrence sans supprimer la propriété privée ou de groupe, c'est-à-dire sans socialiser le droit de disposer des moyens de production ? Le grand capital ne réagira-t-il pasde la manière la plus violente et la plus radicale contre une telle socialisation, indépendamment du fait qu'elle s'appelle ou non "juridiquement" nationalisation, socialisation, appropriation collective ou autogestion collective et planifiée? Finalement, il y a la variante de relance par les investissements productifs d'un secteur nationalisé amplifié, incluant, outre des branches de matières premières, des secteurs d'infrastructures ou des entreprises non-rentables, quelques-unes des entreprises industrielles les plus rentables, parmi les grands monopoles. Dans ce cas, il y aura évidemment résistance capitaliste farouche et sur le plan politique et sur le plan économique. Il y aura surtout âpre concurrence et risque que la baisse des investissements dans le secteur privé neutralise l'augmentation des investissements publics. Ce conflit sera en outre combiné avec celui du financement, qui sera beaucoup plus aigu dans ce cas. D'où tirer les ressources considérables nécessaires pour relancer les investissements à la fois dans l'infrastructure, dans le secteur anciennement nationalisé et dans le secteur nouvellement nationalisé? Le dilemme est encore plus explosif que celui qui se dégage des hypothèses préalables. Le choix : avancer vers l'expropriation ou retomber dans l'austérité, sera encore plus aigu. Les partisans de ces solutions (relance de la consommation + nationalisations étendues + "planification démocratique"') aggravent d'ailleurs la contradiction de leur projet en n'y ajou-

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tant pas le dégagement par rapport à l'économie capitaliste internationale, sauf sous la forme la plus détestable qui est celle du protectionnisme accru et de l'autarcie (14). Il est utopique qu'on puisse appliquer le contrôle des changes et le protectionnisme sur une grande échelle, tout en restant dans le Marché commun. Il est encore plus utopique de penser que, dans le climat actuel de l'économie capitaliste internationale, malade, on puisse restreindre les importations sans provoquer des mesures de rétorsion de la part des gouvernements bourgeois "partenaires" et concurrents. Le PS français exprime cette contradiction de manière particulièrement frappante quand il affime péremptoirement : "Le moyen le plus puissant et le plus sain pour enrayer la fuite des capitaux est bien sür de remettre le développement économique sur le bon chemin, car la santé économique (sic) est le meilleur gage de la solidité monétaire. Or seule la gauche est aujourd'hui capable de réussir ce redressement économique. " (15). Existe-t-il une "santé économique" indépendante des intérêts de classe ? La bourgeoisie applaudira-t-elle de façon émue à une reprise de la production accompagnée d'une redistribution du revenu national aux dépens des profits ? L'évasion des capitaux est-elle une réaction purement technique ? N'est-ce pas plutôt une riposte socio-politique ? Une politique de contrôle et de redéploiement des investissements un tant soit peu sérieuse implique nécessairement une rupture avec les institutions et les "règles du jeu" du capitalisme international, une réorientation de l'économie vers une planification internationale, y compris des échanges, s'appuyant sur le mouvement ouvrier international, sur les pays à économie planifiée, sur certains pays semi-coloniaux et indépendants. Mais cela provoquerait de nouveau de violentes réactions de la part de la bourgeoisie internationale qui ne laisserait que le choix entre la paralysie, la capitulation, ou un pas en avant vers l'expropriation du capital et une planification démocratique socialisée. L'économie mixte s'avère chaque fois un mythe dangereux et un guet-apens pour le mouvement ouvrier. L'économie peut fonctionner selon les lois du profit; mais pour la dégager de la crise, il faut dans ce cas relever le profit aux dépens des travailleurs. L'économie peut fonctionner selon la logique de la satisfaction planifiée des besoins démocratiquement enregistrés des masses laborieuses. Mais pour l'engager dans cette voie, il faut exproprier la bourgeoisie, renverser son pouvoir politique, démanteler son appareil d'Etat, instaurer le pouvoir des travailleurs et couper le pont-levis du mouvement international des capitaux. Mais elle ne peut jamais fonctionner se-lon les deux logiques contradictoires à la fois. Vouloir la faire fonctionner sur une telle base utopique, c'est simplement la condamner rapidement à la désagrégation et à la paralysie La question de la survie d'un "secteur privé" ou celle de l' "alliance avec la petite-bourgeoisie" est un faux problème. Le fait est que ni le Programme commun "revu et corrigé" par le PCF, ni le programme de la gauche travailliste, sans parler de celui de la gauche social-démocrate allemande, ne prévoient l'expropriation de l'ensemble du grand capital (capi-

390яU3 tal financier + toutes les grandes entreprises nationales et étrangères + grands transports + grand commerce d'importexport de gros et de détail). Si à ces bouleversements s'adjoint le renversement du pouvoir politique de la bourgeoisie, la solution socialiste de la crise est possible. Si on limite les nationalisations à quelques secteurs de l'économie, laissant subsister le grand capital, l'alimentant même d'indemnisations substantielles, maintenant les liens avec le capital international et l'appareil d'Etat bourgeois, alors on ne sort point de l'impasse. La crise est ancrée dans les contradictions du capitalisme. En sortir sans heurter les intérêts des travailleurs de manière profonde et durable, ce n'est possible qu'en renversant le régime capitaliste. On peut et on doit commencer par défendre les intérêts immédiats des travailleurs sans égards aux effets sur la rentabilité capitaliste. Mais une bataille défensive de cette sorte ne peut aboutir à plus long terme - notamment dans le domaine de l'emploi - que si elle s'amplifie en une mobilisation générale contre le capitalisme. Le reste n'est que mauvaise littérature, par laquelle on se trompe soi-même et on trompe les masses.

10 décembre 1977 NOTES 1) Selon le Commissariat français du Plan, dans le cas d'une croissance ralentie de 4,5% par an de la valeur ajoutée dans la période 1974-1980 (taux qui ne sera d'ailleurs sans doute pas atteint), les effectifs employés n'augmenteront que de • 0,8% par an, c'est-à-dire moins que les nouvelles arrivées sur le marché du travail. Le chômage structurel augmenterait d'ici 1980 au lieu de diminuer. On peut extrapoler aisément cette tendance jusqu'en 1985. Voir Christian Sautter : "Investissement et emploi dans une hypothèse de croissance ralentie" ', in "Economie et statistiques" ", octobre 1977. 2) Selon l'article cité dans la note 1, la "substitution du capital au travail" a constamment progressé en France pendant la période d'expansion, passant du rythme de 2,5% en 1951-1957 au rythme annuel de 4% en 1957-1963, de 5,1 % en 1963-1969 et au rythme annuel de 5, 8% en 1969-1973. Les taux annuels de croissance du capital fixe productif brut (3,4% en 1951-1957, 5,2% en 1957-1963, 6,6% en 1953-1969 et 7,4% en 1969-1973) vont également croissant, et sont manifestement supérieurs à ceux des salaires réels des travailleurs productifs. On peut déduire de ces séries d'indices la tendance à l'augmentation de la composition organique du capital, sans l'identifier à elles. Car dans la théorie marxiste, le capital constant inclut également la valeur des matières premières, produits auxiliaires, énergie, etc. contenue dans la valeur de la production courante. 3) Sur les contradictions des positions du PC italien à ce propos, exprimées notamment dans le livre de Sergio Zangirolami : "Economia politica e crisi attuale" , Editori Riunitti, Rome 1977, voir notre article paru dans le numéro du 23 juin 1977 de "Inprecor" : "L' Eurocommunisme et l'austérité, l'exemple italien".

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Pour nos lecteurs intéressés par l'édition anglaise, nous reproduisons ici le nouveau

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Editor/contributing editors are: Joseph Hansen, Pierre Frank, Livio Maitan, Ernest Mandel, George Novack.

4) Boccara-Herzog-Le Pors-Quin: "Changer l'économie", Editions sociales, Paris 1977, p. 85, 89,90. 5) Le PSUC (branche catalane du PC espagnol vient d'adopter à son 4e congrès un document explicitement axé sur la lutte contre 'inflation et pour le rétablissement de la compétitivité et de la rentabilité des entreprises. 6) Il y a un parallélisme frappant avec l'axiome stalinien de la priorité à accorder à l'industrie lourde par rapport à l'industrie des biens de consommation, fondée sur la même hypothèse erronée. 7) Le PCF reprend cette stratégie, sans en tirer (encore) argument en faveur de l'austérité. Voir notamment Boccara, op. cit. p. 90-91, 97, etc. Herzog, ibidem, p. 146, 149-150. 8) L'ancien premier ministre social-démocrate néerlandais, le Dr. Willem Drees affirme dans une interview accordée au bulletin économique ("Ekonomies bulletin") de l'université d'Amsterdam (mai 1977) : "La masse de chômage est causée par le fait que nous laissons exécuter, ici aux Pays-Bas, du travail par des travailleurs étrangers qui pourrait être effectué par des Néerlandais... Il aurait fallu progressivement laisser refluer ces travailleurs étrangers, au fur et à mesure que des travailleurs néerlandais devenaient disponibles... Mais en tout cas des travailleurs (étrangers) qui sont ici sans permis devraient être strictement éliminés... titre de la publication commune ainsi que les tarifs d'abonnement :

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9) Voir notamment Boccara-Herzog-Le Pors-Quin, op. cit. p. 141 et suivantes et, Parti socialiste : "89 réponses aux questions économiques", Flammarion, Paris 1977, p.29-30 et 35-36. 10) Stuart Holland: "The Socialist Challenge", Quartet Books, Londres 1975. 11) Une intéressante démonstration a été offerte à ce propos par Rudolf Hickel : "Ekonomische Stabilisierungspolitik in der Krise", Université de Brême, 1977. 12) Boccara-Herzog-Le Pors-Quin, op. cit. 174. - Jean-Pierre Chevènement, le chef de file du CERES, est à ce sujet plus prudent ("Le Vieux, la crise, le Neuf", Flammarion, 1974, p.124-125). Un groupe d'économistes de gauche ouest-allemands, autour du professeur J. Huffschmid, et qui se situent à mi-chemin entre la gauche social-démocrate et le PC, réclament un budget de relance extraordinaire de l'ordre de 20 milliards de DM (45 milliards de francs, 9 milliards de dollars), à la place des 3 milliards de DM décidés par le gouvernement. 13) Baisch et autres "Die Wirtschaftskrise in der BRD". 14) C'est notamment le cas de la gauche travailliste britannique. Les propositions du PCF, tout en restant ambigues, laissent percer une tendance analogue. 15) Parti socialiste : "89 réponses aux questions économiques" op. cit. p. 105.

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