Les producteurs agricoles et la révolution
NICARAGUA
A réforme agraire nicaraguayenne a profondément trans-
Lame de de pays (). La propriété la de con, et nu.
/ rales de ce pays (1). La propriété latifundiste, définie étant constituée par des
500 manzanas (1 manzana équivaut à 0,7 hectare), ne représente plus que 12% des terres cultivées contre la moitié avant la révolution, mais réalise le 25 % de la production agricole. Les petits et moyens producteurs, y compris ceux qui sont organisés dans les coopératives de crédit et de services, représentent 60 % des terres cultivées et 45 % de la production agricole. C'est à ces deux secteurs que s'adresse l'Union nationale des agriculteurs et éleveurs (UNAG). Cette organisation, créée en avril 1981 à l'initiative du FSLN, joue un rôle essentiel pour mobiliser les producteurs privés derrière la révolution sandiniste. L'UNAG organise essentiellement les petits et moyens producteurs, mais comme l'explique son président Daniel
Nunez dans l'interview qui suit, elle est aussi ouverte aux grands producteurs qui acceptent de collaborer avec la révolution et de produire dans le cadre de ses priorités. D'après Nunez, l'UNAG organise 90% des producteurs du pays, et ceci
« INTERCONTINENTAL PRESS » :
Quand tu parles des grands producteurs, tu fais référence à quel type de gens ?
Daniel NUNEZ : - Les grands producteurs au Nicaragua dirigent leurs fermes de loin. Ce sont des gens qui vivent dans les villes. Ils ont leurs gérants dans les fermes, mais ils ne s'y rendent que durant les week-ends ou tous les quinze jours. Ils ne participent pas directement au travail. Ils restent essentiellement dans le cadre de la politique du COSEP. En même temps qu'ils sont producteurs, ce sont aussi des marchands. Il y a certains propriétaires terriens qui sont aussi médecins ou avocats. Les grands producteurs représentent 10% des producteurs de ce
Nous avons aussi les petits et moyens producteurs, ceux qui gardent une relation directe avec la campagne et qui y vivent. C'est là qu'ils grandissent, c'est là qu'ils meurent. Parmi eux, il y a les membres des coopératives.
Parmi les grands producteurs, il y a les producteurs patriotiques, dont les positions sont différentes de celles des autres grands producteurs. Bien qu'ils soient des grands producteurs, ils ont conservé une relation directe avec la terre, et la dynamique de leur travail à la campagne fait qu'ils sont en réalité des paysans riches, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas quitté leur classe, qu'ils ne se sont pas séparés de la production en allant dans les villes. C'est un secteur très important, qui existe surtout dans certaines régions.
- La différence entre le producteur patriotique et, comment dirais-tu ...
Interview de Daniel Nunez, président de lUNAG
Press publiée à New York. - ... ceux que nous pourrions caracdes producteurs non-patriotes affiliés au COSEP ...
- ...n'est done pas seulement une différence d'attitude politique, mais aussi une différence dans les liens avec la
- Oui, la vérité est que ces producaffiliés au COSEP sont ceux qui étaient à l'extérieur du pays, qui voyageaient à l'étranger et qui ont reçu une éducation différente, tandis que les autres grands producteurs dont je te parle, ce sont ceux qui habitent la campagne. Il y a des producteurs patriotiques qui pourraient avoir une maison dans la ville de Matagalpa, mais qui passent plus de temps dans la ferme qu'à Matagalpa. Il y a l'exemple de Samuel Amador (3), un rizidont l'habitation est dans son centre de production.
- C'est-à-dire que les fermes pourraient avoir la même échelle de production, mais que ce sont les liens avec la campagne qui différencient leurs proprié-
- Ce sont les attitudes, parce que le mode de vie forme l'attitude. Ces gens qui vivent à Managua avaient plus facilement accès à la culture, à la bonne société, aux clubs, à tous les conforts et à toutes les déformations que ce mode de vie porte avec lui. Ce fut toujours ce secteur politique, ici à Managua, qui dirigeait et dominait la province. C'était eux qui dictaient la politique à suivre, qui géraient et diriaprès trois ans d'effort pour convaincre ceux qui étaient auparavant affiliés aux organisations liées au COSEP. (2)
Daniel Nunez est un militant chevronné du FSLN, auquel il a adhéré en 1972. Venu d'une famille de grands éleveurs, ses terres furent onfisquées au moment de son arrestation par Soen 197 . Libéré en décembre de cette année-là avec d'autres militants du FSLN, parmi lesquels Daniel Ortega, suite à une prise d'otages somozistes par un commando sandiniste, il a rempli des missions internationales pour le FSLN avant de rentrer au Nicaragua pour participer à l'insurrection finale, en
1979. Après la chute de Somoza, il a refusé la restitution de ses terres que lui avait proposé le nouveau gouvernement. Ensuite, il fut responsable du MIDINRA (ministère du Développement agricole et de la réforme agraire) dans les départements de Jinotega et de Matagalpa, durement frappés par les incursions de la « contra ». Il a été élu président de l'UNAG lors de son assemblée générale de juillet 1984. Cette interview a été accordée à Ellen Kratka et José G. Perez et est parue dans le numéro du 4 février 1985 de la revue Intercontinental
Mais avec le triomphe de la révolution, avec la naissance de l'UNAG, cette dernière organisation commença à avoir un impact grâce à une série de mesures qui ont été adoptées. Ces secteurs ont complètement perdu le pouvoir qu'ils détenaient à la campagne.
- Quelles étaient les organisations des grands producteurs ?
- UPANIC, CAFENIC et FAGANIC
(4) sont les organisations des riziculteurs, des producteurs de coton et de café et
- Et qui dominait ces organisations ?
- L'ambassade des Etats-Unis les contrôlait. C'était la politique de la Banque interaméricaine de développement et l'ambassade américaine qui contrôlait ces groupes d'entreprises pour qu'elles puissent répondre à un intérêt commun. Ces
1. Sur la réforme agraire, voir l'article de
Jaime Wheelock, « Théorie et pratique de la ré-
186 du 17 décembre 1984, ainsi que le dossier
« Nicaragua », paru dans Inprecor numéro 182
2. COSEP (Conseil suprême de l'entreprise privée). Organisation principale du patronat ni-
3. Samuel Amador est le plus grand riziculteur du Nicaragua. Bien qu'il ne soit pas membre du FSLN, il a été élu à l'Assemblée constituante sur la liste du Front, dans la 6e région, aux élections du 4 novembre 1984.
des producteurs agricoles du
Nicaragua (UPANIC) fait partie du COSEP. Le
CAFENIC, qui regroupe des producteurs de café, et le FAGANIC, qui organise des éleveurs, sont, eux, affiliés à l'UPANIC.
une trinité : la famille Somoza, les libéraux et les conservateurs (5) ou, pour l'exprimer autrement, l'Etat, le Capital et quel était le trinité ? Diriger les orientations sociales et économiques du pays.
- Est-ce que ces organisations ont aussi dominé, à une certaine époque, les paysans moyens?
- Oui, c'est exact. Comment ont-elles fait cela ? A travers les banques. Elles avaient à leur côté la Banque d'Amérique et la Banque nicaraguayenne, qui étaient engagées dans les groupes conservateurs. Ces banques contrôlaient les exportations. Par exemple, à Matagalpa, elles possédaient un nombre important de maisons commerciales qui accumulaient le café pour l'exporter elles-mêmes. puis, elles disposaient du pouvoir politique, social et économique. Elles partageaient le pouvoir avec Somoza.
- Quand la révolution a remporté la victoire, comment tout cela a-t-il changé ?
- La révolution a nationalisé leurs banques, enlevant un des maillons de la chaîne de leurs affaires et de leur pouvoir. Maintenant, la révolution contrôle les exportations de ce pays, c'est-à-dire le café, la viande bovine, le coton et le sucre, les principales exportations agricoles. Maintenant, avec la naissance de l'Etat révolutionnaire, ils se trouvent sans toutes ces sociétés d'affaires qu'ils possédaient.
Ainsi, dans la pratique, la révolution les a maintenant privés de leur pouvoir.
— Dans le cas concret du paysan riche, du grand producteur patriotique, une des choses que nous avons noté au cours de la période précédant l'assemblée nationale de l'UNAG, a été l'importance que vous donniez à l'idée que ces secteurs aussi devaient faire partie de TUNAG. Ils devraient être inclus dans les
Le travail aux champs. (DR) étaient même unies dans projets de la révolution, et non automatiquement identifiés avec la réaction.
- Bien sûr, l'UNAG est, je dirais, une organisation large. Elle est, nom l'indique, l'Union nationale des agriculteurs et des éleveurs. Et qui doit faire partie de l'UNAG ? Ceux qui avaient honte du somozisme, ceux qui n'étaient pas impliqués dans le vol, la contrebande, les tripots ou la prostitution, les éléments non corrompus, parce que nous avons besoin de construire une organisation prestigieuse. Ici, nous ne voulons ni les opportunistes ni les fainéants. Nous ne voulons pas non plus des gens qui veulent que nous résolvions leurs problèmes, mais plutôt ceux qui veulent affronter leurs problèmes ensemble avec nous.
Nous disons donc que l'UNAG a de la place pour ces secteurs-là. Elle a même de la place pour ceux qui sont capables de dire qu'ils avaient tort et qui admettent, maintenant, que la révolution est un bien pour tout le monde. Mais nous ne pouvons pas admettre ceux qui sont partisans de l'agression, ceux qui sont favorables à l'intervention, ceux qui soutiennent la politique de déstabilisation, parce que nous ne pouvons pas joindre Dieu au
- Est-ce que cette campagne pour attirer le grand producteur patriotique représente un changement de la position de l'UNAG?
- Nous avions déjà travaillé sur ces orientations, parce que la révolution n'a pas été faite pour disperser, mais plutôt pour rassembler ceux qui sont prêts à forger une nouvelle société. Donc, nous devons faire de la place pour tous les hommes de bonne volonté qui sont prets a marcher ensemble dans ce processus.
Auparavant, ces orientations n'avaient pas été faites de manière aussi ouverte que maintenant. Néanmoins, à l'assemblée nationale de l'UNAG, nous avons élargi ce qui avait été jusque-là une petite ouverture. Pourquoi? Pour pouvoir faire la révolution. Nous aspirons à unir tous les producteurs de ce pays. Nous espérons même qu'un jour ceux qui sont membres du COSEP se rendront compte qu'ils ont eu tort et qu'il est temps de corriger leurs erreurs.
- Est-ce qu'il y a eu quelques changements par rapport aux paysans riches, qui ont conduit à l'importance nouvelle donnée à leur rôle dans l'UNAG ?
- Bien sûr. Surtout, nous nous sommes débarrassés d'une certaine confusion qui avait existé. Par exemple, dans le passé, nous parlions seulement des petits et du fait que nous ne voulons ni de petits ni de moyens producteurs. Nous voulons de grands producteurs, parce que plus nous produisons, plus le pays sera riche. La révolution a été faite non pas pour amener la dégradation, mais plutôt pour créer de la richesse sociale dans tous les secteurs.
Donc, qu'est-ce qui se passait avant ? Si nous avions une politique favorisant les petits et moyens producteurs, gnifiait que nous situions la question de la production dans le mauvais cadre. Notre problème, c'est le sous-développement de la production et de la productivité. Nous avons les capacités de mettre encore un million de personnes au travail de la terre au Nicaragua. Nous avons quelques vallées, ici, qui prises ensemble représenteraient l'équivalent de la vallée de San Joaquin en Californie. Pourtant, même pas meilleures terres agricoles sont exploitées.
Quelles sont les conséquences d'une dictature ? L'arriération. Elle freine le développement, et c'est cela qu'a fai* 3omo-
Il freinait le développ dent du pays pour maintenir son propre pouvoir.
- Est-ce que les paysans riches utilisent de la main-d'œuvre ?
- Oui, toute l'année. Il y a des paysans riches qui emploient jusqu'à 500 travailleurs au moment de la récolte du café et du coton, et, durant toute l'année, à part les récoltes, jusqu'à environ 200 tra-
- Et des gens comme ceux-là vent être membres de l'UNAG ?
- Oui, pourquoi pas ? Si ce paysan est un patriote, il est membre de l'UNAG. Exactement comme il y a des prêtres dans la révolution, tels que Miguel d'Escoto, Ernesto et Fernando Cardenal (6). Cette
5. Le Parti libéral était contrôlé par le régime somoziste. • Le Parti conservateur représentait les intérêts de la bourgeoisie anti-somoziste. L'assassinat de son président, Pedro Joaquin Chamorro, le 10 janvier 1978, a joué un rôle de détonateur dans la lutte contre la dictature. Ce qui reste de ce parti est aujourd'hui organisé dans le Parti conservateur démocratique, qui a fait un score de 14 % aux élections pour l'Assemblée constituante du 4 novembre 1984.
6. Miguel d'Escoto est ministre des Relations étrangères, Ernesto Cardenal est ministre de la Culture, et son frère Fernando est ministre de l'Education.
révolution est en train d'apporter une contribution au monde sur ces questions. Le cadre ne doit pas être celui des questions philosophiques, mais celui qui se base sur la conduite des hommes. Ce n'est pas important que ces hommes soient athées, marxistes ou chrétiens, ce qui importe, c'est leur comportement dans la vie. Parce que ce qui est important, ce n'est pas ce qu'on croit ou ne croit pas, mais ce qu'on fait.
- Cette situation ne conduit-elle pas aux tensions entre les grands producteurs patriotiques l'UNAG et les petits paysans qui sont aussi organisés dans l'UNAG et qui pourraient travailler pour les grands producteurs ?
- Non. Au Nicaragua, le travailleur rural et le paysan qui exploite ses propres terres sont pratiquement deux choses séparées. Avec l'octroi de 2 millions de manzanas de terres à la paysannerie pauvre, tout le monde qui le désire peut exploiter sa propre terre. Donc, la paysannerie semi-prolétarienne - ceux qui possèdent de la terre et vendent aussi leur force de travail - a presque cessé d'exister. Pourquoi ? Parce que le maintenant accès au crédit et aux services de l'Etat (équipements, etc.)
- Y a-t-il eu des tensions avec l'Association des travailleurs de la campagne, l'ATC ?
- L'ATC organise tous les travailleurs ruraux qui vendent leur force de travail. Nous avions, je dirais, certaines contradictions par rapport au fait que nous demandions que les travailleurs produisent plus. Dans un pays en révolution, il faut travailler, travailler et encore tra-
Ainsi, à l'assemblée nationale de l'UNAG, Edgardo Garcia, président de l'ATC, a lu un document appuyant les remement ere vendications de l'UNAG. Les normes salariales pour les travailleurs agricoles, qui viennent d'être publiées, sont le résultat d'un travail commun entre le ministère du Travail, l'UNAG et l'ATC (7). Pourquoi ?
que ce qui nous intéresse, ce qui donne à l'homme sa dignité, c'est le travail. Rien ne rend plus digne l'homme que le travail, rien, absolument rien.
Si nous étions en train de créer une classe ouvrière qui n'aurait pas l'esprit de sacrifice, qui ne serait pas capable de comprendre que dans une révolution il faut travailler davantage, si nous tombions dans le paternalisme, nous ferions couler l'économie de ce pays.
— La réforme agraire n'a-t-elle pas eu un effet important sur la disponibilité de la main-d'œuvre dans les campagnes ?
-Il y avait un chômage incroyable dans ce pays. Il y avait du chômage sous Somoza parce que Somoza ne garantissait pas le travail. Quand la révolution a triomphé, il y avait un nombre important de chômeurs. Quand on leur a donné de la terre, ils se sont mis à travailler.
Ici, à Managua, il y a toujours un problème : il y a plus de marchands que de producteurs. Il nous faut nous débarrasser des « buhoneros » (8), des spéculateurs, de tous ces fainéants. Qu'ils aillent travailler la terre, sinon on ne va pas avancer.
- Est-ce que c'est l'escalade l'agression qui a conduit à redéfinir la conception large que vous avez de la composition de l'UNAG ?
- Non, l'UNAG est née avec cette conception, mais le problème a été que les dirigeants de l'UNAG ont manqué de force pour faire prévaloir leur orienta-
- Donc, il s'agissait plutôt du fonctionnement de l'UNAG elle-même que du développement et de l'évolution processus révolutionnaire?
- L'UNAG a été la première organisation à être créée après la révolution.
existait déjà avant, l'AMNLAE (organisation des femmes, ndlr.) existait déjà, mais l'UNAG n'existait pas, elle est née avec la révolution. Et pourquoi est-elle née ? Pour créer une organisation qui serait capable de répondre aux intérêts des producteurs, qu'ils soient petits, moyens ou grands. Pour moi, tout le monde, de celui qui produit 50 kilos de marchandise à celui qui en produit 50 000, est producteur. C'est cela qui est important.
• tes entre le et moyen - Est-ce qu'il y a eu des contradic-
tions entre les grands producteurs patrio-
- Avec les travailleurs salariés agricoles, il y a eu des contradictions, mais avec les petits et moyens producteurs, il n'y a pas eu de problème, parce que ce qui les tient ensemble, c'est une attitude, celle de l'honnêteté. Ici, nous jugeons les producteurs pratiquement, sur la base de leur honnêteté. Donc, il n'y a pas de problèmes. S'il y en avait, les petits producteurs n'acceptons pas - A l'assemblée de l'UNAG, tu proposais que l'UNAG fasse preuve de plus de fermeté dans ses relations avec les entreprises du MIDINRA.
7. Ces normes salariales sont basées sur une articulation entre des échelles de salaire de base homogènes au niveau national pour tous les travailleurs agricoles faisant le même type de travail et un système de primes liées à la productivité.
8. Les « buhoneros » sont des petits marchands qui font du commerce import-export.
sont actuellement soumis à une limitation des importations d'une valeur de 1 500 dollars par mois. Bien qu'en théorie ils soient censés acheter des produits d'importation avec les revenus qu'ils gagnent de la vente des produits ni-
Des paysans montrent avec fierté leur titre à la terre, c.
- C'est exact. Pourquoi ? Parce que ce sont des entreprises qui produisent, indépendammant du fait que ce sont des entreprises d'Etat. Et nous devons être vigilants sur ce qu'elles produisent en tant qu'entreprises productrices. Si elles produisent mal, il faut savoir pourquoi. caraguayens à l'étranger, ils les achètent en réalité souvent avec des dollars achetés sur le marché noir à Managua à des taux de change allant jusqu'à 350 cordobas le dollar, alors que le taux officiel est de 28 cordobas, ce qui fait augmenter brusquement les prix des produits importés pour refléter le taux de change sur le marché noir. Le ministère du Commerce intérieur négocie actuellement avec les représentants des « buhoneros » pour essayer de rétablir un certain degré de contrôle sur ce secteur du commerce extérieur.
séquence de la réforme agraire. (DR)
— Mais la question des crédits, des engrais, de la semence, des investissements ...
- Il faut agir avec fermeté pour tout ce qui concerne les crédits, le financement, les services, la technologie, tout. Le problème est qu'il faut faire en sorte que l'Etat soit plus dynamique. Parce que si la production n'avance pas, elle pourrit ; si elle n'avance pas, elle recule. Ainsi, si telle entreprise est censée me fournir des services mais qu'elle me bloque, je dois la faire bouger pour qu'elle me laisse avancer et qu'elle me fournisse les services en question.
Les orientations sont impératives. Nous ne pouvons pas poser des exigences aux producteurs et au COSEP si nous ne les posons pas aux producteurs d'Etat.
- Quelles sont les autres organisations de rapports avec elles ?
- Nous avons des rapports avec elles au niveau individuel, parce qu'il y a des l'UPANIC ou de la CAFENIC, qui y sont pour des raisons historiques, mais qui se sont brusquement rendus compte que ces organisations ne vont pas résoudre leurs problèmes, parce qu'elles défendent d'autres intérêts. Nos rapports avec elles en tant qu'organisations sont des rapports conflictuels. C'est parce que nous défendons des positions différentes. Elles défendent la réaction et nous, nous soutenons et défendons la révolution.
- Est-ce qu'il y a des gens affiliés à la fois à l'UNAG et à ces autres organisations qui font partie du COSEP ?
- Non. Soit on est membre de l'UNAG, soit on ne l'est pas. Nous ne pouvons pas accepter de double affiliation, parce que ce faisant nous serions malhonnêtes. Cependant, il y a des producteurs qui ont été avec eux et qui sont maintenant avec nous.
- Les trois partis bourgeois qui participent aux élections ont critiqué la réforme agraire sur la question des titres donnant droit à la terre, pour savoir si ce sont des titres d'usufruit ou de propriété. Ces partis disent que ce sont en réalité des titres de location qui peuvent être confisqués. Comment l'UNAG répond-elle à cela ?
- Le problème du Nicaragua n'est pas un problème de pénurie de terre, mais de capacité à travailler la terre. La révolution est plus sérieuse que ce que pensent ces gens-là. Ce qui est donné ne sera pas confisqué par la suite.
Ainsi, si nous donnons un titre dans le cadre de la réforme agraire, c'est parce que ce titre appartiendra au paysan à jamais. Il n'y a qu'une seule condition qui est posée : il pourra le perdre s'il est malproducteurs et quels sont vos honnête avec le système financier ou s'il ne travaille pas la terre. Donc, il y a une condition, celle d'exploiter la terre.
- Peuvent-ils vendre la terre ? - Ils peuvent la remettre à leurs enfants, mais non pas la vendre, parce que cela serait incorrect. Il est incorrect de donner un cadeau à quelqu'un pour qu'il puisse le vendre. Ils peuvent la donner à leurs enfants, à leur femme, à leur famille, au sein du noyau familial, mais à personne d'autre.
- Est-ce que cela protège les paysans du danger de perdre leurs terres par saisie d'hypothèque ?
- Oui. Le gouvernement a annulé les dettes, a annulé 500 millions de cordobas de dettes pour les producteurs d'aliments de base.
- Le gouvernement ne peut-il pas dire au paysan : « Votre récolte est mauvaise, mais vous possédez votre terre, vendez-la pour survivre » ?
- Mais il s'agit de faire des lois qui protègent le paysan. Cet exemple que tu viens de donner est atroce, parce que de toute façon, cet homme produit pour le pays. Il produit pour assurer l'alimentation du pays.
- Cette mesure interdisant la vente des terres ne rend-elle pas inquiets les paysans riches?
- La terre que la révolution a donné aux paysans à travers la réforme agraire ne peut pas être vendue, mais s'il a sa propre terre, il peut la vendre. Si un grand producteur privé veut vendre ses terres, il les vend.
- Autrement dit, les seules terres qui sont nationalisées, ce sont les terres de l'Etat et celles de la réforme agraire ? La campagne de vaccination contre le tétanos. (DR)