Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER TCHECOSLOVAQUIE

« La responsabilité de l'historien à l'égard de l'histoire et de l'avenir des peuples de Tchécoslovaquie »

· Inprecor n° 190, 18 février 1985 · p. 5, 5 · 460 mots

Europe de l'Est

1) L'auteur (du texte « Le droit à l'histoire, ndlr.) avait la possibilité de publier son texte comme une contribution à la discussion. (...) Il n'a absolument pas tenu compte de la grande variété de conceptions du monde et d'opinions philosophiques existant chez les signataires de la Charte 77.

2) (L. Kohout reproche dans cette partie du texte la critique faite aux écoles marxistes en Tchécoslovaquie, alors que l'auteur du document critiqué par lui admet leur validité à l'Ouest. Ndlr.)

3) Je critique le texte du chartiste historisant également dans sa surestimation de nos traditions (en particulier du hussitisme de la période précédant la Montagne Blanche (3) et de celle de la Première République (4).) Cette surestimation profite à une tradition caractérisée depuis longtemps comme une tradition régressive (la contre-réforme, Jean Népomucène, la noblesse tchèque privée de nationalité, les Habsburg). Je reconnais que dans la première phase de notre historiographie d'après-guerre, la problématique de l'évolution spirituelle et des aspects positifs de l'influence chrétienne a été méprisée. Cependant, dans les meilleurs ouvrages d'auteurs comme ceux de Macek, Kalidova, ou Machovec, nous pouvons constater une certaine évolution, bien sûr sans que ces auteurs tombent dans la glorification et l'absence d'esprit

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ET DE L'AVENIR DES PEUPLES DE TCHÉCOSLOVAQUIE » critique à l'égard du rôle de la chrétienté et, particulièrement des saints de l'Eglise du moyen-âge.

La base de leur travail est restée - et, à mon sens, en harmonie totale avec la vérité objective - l'indication du caractère contradictoire de l'influence de la chrétienté : d'une part, l'élargissement, l'essor de l'instruction et de la culture supérieures, d'autre part, le renforcement de la domination féodale (par des méthodes politiques et idéologiques) ; le freinage du développement des sciences naturelles et sociales, leur mise au service de l'Eglise et de la théologie (en particulier en ce qui

1. Hussitisme. Mouvement animé au début du 15e siècle par Jan Hus, qui entendait réformer l'Eglise catholique, dont il dénonçait la corruption et les liens avec les princes, en particulier les princes allemands qui occupaient tous les postes de commande à Prague. Mouvement de réforme religieuse participant générale qui frappait alors la chrétienté, le hussitisme prit vite une dimension de lutte nationale des peuples de Bohème contre la domination allemande. Condamné au Concile de Constance, Jan Hus fut brûlé le 6 juillet 1415. Son martyre fut le signal d'une révolte générale de la bourgeoisie et de la petite noblesse tchèques. Il fau-

2. Thomas Masaryk (1850-1937). Homme politique tchèque qui fut l'un des pères fondateurs de la République tchèque en 1918, après l'effondrement de l'empire des Habsburg.

concerne la philosophie) ; le ralentissement consécutif à l'essor des forces productives et du progrès des relations sociales (relations de production, politiques et culturelles). (...)

Lubos Kohout,

Infoch, septembre 1984.

Chanta

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