Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

EGYPTE

Liberté pour les emprisonnés politiques

Inprecor n° 192, 18 mars 1985 · p. 25 · 363 mots

De nouvelles informations permettent de préciser les conditions de l'arrestation, le 21 janvier dernier, de plusieurs personnes accusées d'appartenir au Parti égyptien - fraction du Congrès (scission de gauche du PC égyptien) et à « une organisation communiste trotskyste » (cf. Inprecor numéro 191 du 4 mars 1985). Les personnes arrêtées semblent avoir été au nombre de 26. Dix d'entre elles, dont plusieurs femmes, ont été relâchées et sont aujourd'hui en liberté provisoire. Parmi elles, on peut citer les noms de Mohammed Taha Elewa (avocat), sa femme Ehsam El Dessouki (avocate), Wafa Helbi (étudiante) et Mohammed

Les 16 autres, tous des hommes, parmi lesquels Hisham Bayouni (étudiant), Mohammed Bechir Abdelgawad, Ahmed Hassan, Ibrahim Abdelmeguid (écrivain), Hosni Abdelahim, Kamel Khalil Khalil (ingénieur), Ahmed Kamal Awad (avocat), sont toujours maintenus en prison. Une première décision juridique a ordonné leur mise en liberté provisoire sous caution, mais le ministère de l'Intérieur s'est opposé à leur élargissement. Une nouvelle demande de mise en liberté provisoire a été adressée devant une juridiction d'ap pel qui doit rendre sa décision le 11 mars. Les dossiers transmis au parquet par les forces de répression concernent au total 90 personnes, dont on ne sait toujours pas quand et dans quelles conditions se

Le coup de filet policier a été opéré juste avant la tenue de la Foire internationale du livre, les autorités craignant une manifestation prévue pour protester contre la présence d'un stand israélien. Toutefois, les chefs d'accusation portés contre les 90 personnes poursuivies par le régime ne font évidemment pas état de ce motif et les accusent de constitution d'organisation illégale visant au renversement du régime. La volonté de faire apparaître ces militants comme des extrémistes partisans d'actions violentes pour le renversement du régime est manifeste. Le procès devrait donc avoir lieu devant une cour de sûreté de l'Etat et les peines encourues sont tres lourdes. Si les dispositions de l'Etat d'urgence étaient appliquées, le jugement de cette instance d'exceptior. serait sans appel.

Pour protester tions, il faut adresser des messages réclamant la libération immédiate des personnes incarcérées et l'arrêt des poursuites, à Hosni Moubarak, Président de la République, Palais présidentiel, le Caire, Egypte.

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