Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ITALIE

Accord électoral entre Democrazia Proletaria et la LCR

Inprecor n° 195, 29 avril 1985 · p. 26 · 904 mots

Italie France

Unité électorale entre la LCR Democrazia Proletaria

Le 12 mai auront lieu dans toute l'Italie des élections municipales, provinciales et régionales. Ces élections ont une portée politique générale, surtout dans la mesure où elles permettront de vérifier si sont confirmés les changements dans le rapport des forces tel qu'il s'était concrétisé dans les élections européennes de l'année dernière. A cette occasion, le Parti communiste italien (PCI) avait devancé pour la première fois la Démocratie chrétienne pour devenir, avec 33,3 % des voix, le premier parti du pays sur le plan électoral. Les élections du 12 mai prochain pourraient décider du sort du gouvernement de coalition de cinq partis (Démocratie chrétienne, Parti socialiste, Parti so-

Parti républicain et Parti libéral) que préside le socialiste Bettino Craxi et qui est traversé par d'incessants conflits internes. La Ligue communiste révolutionnaire (LCR), section italienne de la IVe Internationale, a réalisé un accord électoral avec la plus importante organization de l'extrême-gauche italienne, Democrazia Proletaria (DP), comme cela avait déjà été le cas pour les élections législatives de 1983. Nous publions ci-dessous le texte de l'accord signé par les deux organisations, début mars.

En vue des élections du 12 mai, Democrazia Proletaria et la Ligue communiste révolutionnaire, tout en maintenant l'autonomie de leurs analyses et de leurs projets politiques respectifs, ont constaté qu'il existait entre elles des points d'accord importants, qui se résument comme suit.

L'attaque lancée contre les municipalités de gauche constitue un aspect significatif de l'offensive économique, politique et idéologique engagée contre le mouvement ouvrier par le gouvernement Craxi et qui a été récemment accentuée. Le démantelement des conquêtes ouvrières, la relance des massacres (par des terroristes, ndlr.) et la prolongation de l'état d'urgence donnent une idée des problèmes politiques qui sont à l'ordre du jour, du contexte dans lequel s'insère la stratégie de désagrégation des municipalités de gauche et de l'enjeu de la prochaine échéance

La responsabilité de la crise des mude gauche importantes n'incombe pas seulement aux partis qui, en participant ou en se plaçant en opposition à celles-ci, en ont rendu l'existence précaire. Cette responsabilité incombe également à ces municipalités elle-mêmes, qui ont accepté dans la pratique les comptabilités capitalistes, n'ont pas rejeté les réductions brutales de leurs ressources imposées par les lois de finances, ont accepté de devenir des instruments de la politique d'austérité, ne se sont pas appuyées sur les luttes populaires mais en ont au contraire provoqué la fragmentation et la dispersion, ne se sont pas engagées à satisfaire les besoins et les attentes des masses qui les soutiennent et se sont subordonnées à la logique myope et perdante des jeux pu-

La défense et la relance des municipalités de gauche n'implique absolument pas cette réédition, à l'échelle locale, de l'unité nationale qu'a prônée le PCI suite à la crise de la municipalité de Turin. Par contre, il est plus nécessaire que jamais de relancer la lutte contre le système de pouvoir de la Démocratie chrétienne et de donner aux travailleurs la perspective d'administrations rouges véritables, basées sur leurs exigences et leur soutien, qui soient non seulement des administrations des villes mais en même temps des instruments de mobilisation contre le gouvernement central et pour la construction

La perspective de l'alternative et la défense politique du mouvement ouvrier impliquent nécessairement la défense des conditions de vie, de la force structurelle, des capacités organisationnelles des travailleurs. C'est pourquoi il faut développer et organiser dans les syndicats toutes les forces d'opposition, en partant de Democrazia Consiliare dans la CGIL (Democrazia Consiliare est un regroupement syndical à l'intérieur de la CGIL, auquel participent des militants aussi bien de DP que de la LCR. La CGIL, dirigée majoritairement par le PCI, est la plus importante confédération syndicale en Italie. Ndlr.) II faut finalement mettre à l'ordre du jour la grande bataille pour la défense de l'emploi, centrée sur les 35 heures avec maintien du salaire. En même temps, il est impératif de mener une lutte contre la dété. rioration écologique et contre le plan énergétique basé sur les centrales nucléaires et les méga-centrales au charbon, en expérimentant, y compris à l'échelle 1ocale, des sources d'énergie alternatives. Toute bataille sociale et politique contre l'offensive du patronat et pour une société différente doit s'inspirer de la même logique d'indépendance et de renforcement

Il est désormais nécessaire de riposter efficacement et sans délai à la relance combinée de la stratégie de la tension et du climat d'état d'urgence, en brisant le silence dont la gauche elle-même porte la responsabilité. Il faut avoir le courage de dire la vérité sur les attentats et les menaces de coup d'Etat, de mener une campagne contre le secret d'Etat, pour la réouverture des procès contre les responsables de ces crimes, et le châtiment des responsables et de leurs complices à tous les niveaux, contre toute tentative de réévaluation du fascisme. Il faut repousser la logique répressive de l'état d'urgence et refuser de faire la moindre concession en matière de liberté et de droits démocratiques

Sur la base de leur convergence sur ces points, DP et la LCR reconnaissent qu'elles peuvent et doivent mener une campagne électorale commune. La LCR y participera avec ses propres candidats sur les listes qui seront présentées sous le sigle de DP. Dans le cadre de cet accord, les deux organisations auront une représentation adéquate dans les listes et au niveau des têtes de listes, de même qu'une pleine participation à tous les aspects de la campagne électorale.

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