La LCR face aux attentats des Brigades Rouges
Le 28 mars dernier, Ezio Tarantelli, professeur d'économie à l'université de Rome et président de l'Institut d'études à la centrale syndicale CISL, a été assassiné par un commando se réclamant des Brigades rouges. La Ligue communiste révolutionnaire (LCR), section italienne de la IVe Internationale, a diffusé à cette occasion un communiqué que nous reprodui-
L'assassinat d'Ezio Tarantelli, revendiqué par les Brigades rouges, nous ramène d'un seul coup à cette atmosphère des années 1970, qui fut faussement qualifiée d'état d'urgence. Si cet état d'urgence a jamais existé, ce fut pour la gauche et les travailleurs, et non pas pour l'Etat.
De même qu'au mois de mars 1978, lorsque se produisirent en même temps l'entrée du Parti communiste italien (PCI) dans la majorité gouvernementale et l'affaire Aldo Moro (ancien Premier ministre démocrate-chrétien enlevé puis assassiné par les Brigades rouges), un crime terroriste bouleverse de nouveau le cadre normal de la polémique et de la bataille politique. De même qu'en mars 1978, l'objectif des assassins -quelle que soit leur
Best clair: en tuant Tarantelli, ils portent un coup au référendum sur l'échelle mobile promu par le PCI. Car, parmi les forces politiques gouvernementales, il ne manquera pas de gens pour exploiter cet événement sanglant, en tout
Il est clair qu'il n'y avait que de minces possibilités d'éviter la tenue de ce résur l'échelle mobile, et que dans l'opinion publique, comme le prouve une enquête récente, les partisans du « non » étaient en perte de vitesse. La relance de l'atmosphère d'état d'urgence qui, dans le passé s'avéra utile aux patrons et aux gouvernements, servira maintenant à intimider, menacer, entraver l'initiative
de l'opposition de gauche — surtout celle menée avec peu de conviction par le PCI - pour la victoire du « oui » au référendum du 9 juin prochain. La riposte la plus adéquate, comme nous l'apprend l'expérience de nombreuses années, est de ne pas alimenter la spirale intimidationrecul, et de relancer avec plus de vigueur l'activité en vue du référendum en multipliant les comités pour le « oui ».
Il faut en même temps aborder par des moyens nouveaux le problème d'établir la vérité sur les événements tragiques - d'origine différente — qui ont secoué le pays. Il est clair désormais qu'on ne peut pas avoir confiance dans des commissions parlementaires et dans les canaux normaux de la « justice ». Il est temps que la gauche et tous les travailleurs se posent le problème de constituer des commissions alternatives qui soient en état d'éclaircir ces questions une fois pour toutes.