Cruise destine la contre estallato par 4% colis
EPUIS 1979, la lutte contre l'installation des 48 missiles nations, le Comité flamand contre les armes nucléaires
(VAKA) du côté flamand, pour la paix et le développement (CNAPD) du côté wallon, qui coopèrent entre elles pour centrales d'ampleur nationale.
La mobilisation antimissiles a été rythmée par quatre grandes manifestations rassemblé 50 000 personnes le 9 décembre 1979, 200 000 le 25 octobre 1981, 400 000 le 23 octobre 1983 et 150 000 lors d'une initiative convoquée d'urgence le 17 mars 1985, deux jours après la décision gouvernementale de déployer instantanément les 16 premiers Cruise sur la base aérienne de
Florennes. A chacune de ces manifestations, les participants, principalement mobilisés par le VAKA, venaient en grande majorité de la Flandre.
D'autre part, la vie politique du pays est marquée depuis quinze ans par une réorganisation du pouvoir d'Etat, bien que s'est constitué spontanément en novembre 1979, juste avant la fameuse « double décision » de l'OTAN
(décision qui faisait planer la menace d'un déploiement des missiles Cruise en Belgique), à l'initiative membres de l'OCV, forum très large où se rencontrent régulièrement des responsables de diverses tendances, pour des problèmes de paix et de désarmement. Les fondateurs du VAKA plupart des organisations de jeunesse, socioculturelles ou tiers-mondistes - estimaient nécessaire de réagir par ce que l'OCV, en tant que forum de discussion, n'était pas prêt à faire. Au début, ils se sont rassemblés dans le seul but d'appeler à une manifestation le 9 décembre 1979, trois jours avant la réunion du Conseil de l'OTAN de laquelle la Belgique devait se prononcer sur le déploiement des euromissiles. Après le succès de cette manifestation et enregistrant les réserves dont la
Belgique et la Hollande avaient assorti approbation de principe de la
« double décision » de l'OTAN, premier noyau de militants antimissiles décidait de poursuivre la lutte et de se structurer sérieusement.
Le VAKA, comme son nom l'indique, se limite à organiser la mobilisation contre l'armement nucléaire. Son but est la disparition de toute arme nucléaire de par le monde. Il prend la forme d'un front d'organisations, sans adhérents individuels, dont la direction est composée d'un membre de chacune des 18 organisations participantes. Les partis politiques sont exclus du statut d'organisation contre les missiles et le Comité national d'action l'organisation des initiatives Bruxelles, qui ont respectivement analyse complète du mouvement Partij, le Parti socialiste flamand.
membre du VAKA. Les organisations qui forment le VAKA restent actives dans lOCV, structure avec laquelle un accord a été formellement conclu pour conférer au VAKA une autonomie de décision sur tout ce qui concerne les armes nucléaires, accord qui prévoit aussi d'associer l'ensemble de l'OCV à chacune des discussions ou des initiatives du VAKA. De cette façon, un lien organique est maintenu
Centre autres, les partis politiques partis communistes, formations écologistes, organisations révolutionnaires) et les deux confédérations syndicales, d'inspiration chrétienne et _ socialiste, présentes dans l'OCV.
LA POLITIQUE DU VAKA :
VERS LE « NON » INCONDITIONNEL
La direction du VAKA a entrepris un important travail d'organisation, dont en a résulté la constitution, à travers toute la Flandre, de comités locaux du VAKA au niveau des communes, structures de base qui sont ouvertes à toute personne disposée à militer activement pour la cause du VAKA, qu'elle soit membre ou non des organisations constitutives ou d'un parti politique.
Ainsi s'est constitué un réseau organisationnel original, qui combine une direction autonome tournée vers l'action directe, à l'abri des querelles partisanes pouvant paralyser sa capacité d'initiative (1) et une structure militante mobilisation, le tout dans le cadre d'une politique de concertation permanente avec les organisations du mouvement ouvrier.
BELGIQUE très modeste en soi, qui transfère néanmoins de minces compétences aux instances régionales, flamandes et wallonnes.
Il en a résulté une division sur une base linguistique de chaque parti politique — à l'exception de ceux de l'extrême gauche — beaucoup d'autres organisations. Ainsi, quoique le gouvernement central reste le maître à tous les niveaux, la dynamique politique, les évolutions des partis, la lutte électorale se développent différemment d'une région à l'autre du
Pour ces deux raisons, cet article ne présente pas une de la paix, mais se concentrera sur l'étude d'un aspect particulier qui mérite attention. Nous nous proposons de retracer l'histoire du VAKA flamand, de faire ressortir les traits caractéristiques de sa politique, et d'indiquer comment la direction de cette coalition a pu susciter un tel mouvement populaire. A partir de là, nous analyserons les effets de l'action du VAKA sur les principaux partis flamands, et surtout sur le Socialistische
Le gouvernement de coalition entre le Parti bourgeois social-chrétien (CVP)
et le Parti socialiste flamand (SP), tout en approuvant en décembre 1979 la
« double décision » de l'OTAN, se ré serva en même temps un délai de six mois avant de décider du déploiement effectif des euromissiles en Belgique,qu'il faisait dépendre d'une appréciation négociations avec l'URSS. Au printemps
1980, cette décision fut remise à cause d'une crise gouvernementale. Le nouveau gouvernement (CVP-SP) utilisera la preavec l'URSS, apparue lors de la visite de Helmut Schmidt à Moscou le 30 juin 1980, pour remettre de nouveau décision. En septembre de la même
« double décision » de l'OTAN, et déclare attendre les résultats des négociations à venir. Pourtant, il affirme qu' « il accepte pourparlers et l'exécution des tâches qui incombent à la Belgique dans le cadre de échouent ». Toutefois, cette exécution des directives de l'OTAN ne serait pas automatique, mais resterait conditionnée à une évaluation propre de la situation par le gouvernement belge.
L'ambiguité de cette position sera maintenue pendant plus de quatre ans, d'abord dans l'attente des négociations
INF (Intermediate Nuclear Forces - For ces nucléaires de portée moyenne) de
1. Il faut rappeler à ce titre que, jusqu'en novembre 1981, le Parti socialiste flamand était au gouvernement en coalition avec le parti bourgeois CVP, mais il participa néanmoins aux mobilisations antimissiles de 1979 et de 1981.
Genève - qui ne commenceront qu'en automne 1981 —, puis dans celle de la fin de ces pourparlers, qui interviendra fin 1983 suite à l'installation des euromissiles
Allemagne de l'Ouest (RFA), en Grande-Bretagne et en Italie et, ensuite, en insistant sur la possibilité d'ouverture de nouvelles négociations. A chaque évaluation semestrielle, la décision était encore une fois le cas en décembre 1984. Ce ne sera qu'au jour même par l'OTAN l'arrivée des premiers missiles, le 15 mars 1985, que le feu vert sera brusquement donné par le gouvernement belge, provoquant un choc profond dans l'opinion publique, qui apprend ainsi cette décision alors même que les avions de l'US Air Force étaient déjà en vol avec les Cruise.
Au début, le VAKA exigeait qu'on négocie d'abord avant de décider le déploiement éventuel des missiles. Ce point de vue était partagé par un éventail très large d'organisations et défendu au sein du gouvernement par les partis socialistes. La direction du VAKA comprit rapidement, surtout après la formulation de la
« option zéro » par Ronald Reagan (2) immédiatement soutenue par le gouvernement belge, que le mouvement antimissiles ne pouvait pas compter sur les négociateurs pour obtenir gain de caudu VAKA, en marquée par l'ancien mouvement de la
1950-1960, tirait un bilan négatif de tout processus de désarmement négocié en affirmant que « tou-tes les négociations du passé ont abouti à un nouveau pas dans la course aux armements ».
Tout en éduquant explicitement base militante sur cette orientation en suscitant la méfiance vis-à-vis des négociations et des gouvernements en général, le VAKA en concluait aussi action devait être dirigée principalement contre son propre gouvernement et qu'il fallait exiger de lui une décision inconditionnelle, unilatérale, de ne déployer aucun missile Cruise, quoiqu'il arrive à Genève et quel que soit le nombre des SS-20 que les soviétiques décideraient de maintenir. C'est à partir de la fin 1981, juste après la deuxième manifestation d'octobre, que le VAKA a définitivement fait sienne cette
Il faut bien comprendre que cette position ne provient pas d'une analyse marxiste de l'armement ni d'une conception de la nécessité d'un désarmement unilatéral des Etats impérialistes. Elle est fondée sur la constatation de l'impasse que suscite chaque stratégie d'un désarmement conçu comme bilatéral, simultané, équilibré et négocié. La réflexion dont s'inspire le VAKA provient d'un courant de pensée regroupé autour du GRIT (Gradual Reciprocated Initiatives in Tension-Reduction - Initiatives graduelles et réciproques dans la réduction des tensions), qui prétend que le processus débloqué par des partielles unilatérales, lesquelles provoqueraient des mesures similaires de l'autre côté, et ouvriraient la voie à un nouveau type de négociations, orientées cette fois-ci vers une réelle diminution du stock d'armes. C'est dans ce sens que le VAKA va dorénavant exiger principalement que le gouvernement belge décide de refuser sans condition l'installation tou missile Cruise, avec le missiles en aucun cas; un pas unilatéral vers le désarmement bilatéral ».
Cette orientation politique a permis un renforcement considérable du mouvement anti-missiles en Flandre dans les années 1982 et 1983, qui est devenu un facteur politique de première importance.
Après les élections de novembre 1981, le gouvernement, qui est toujours en fonction, est constitué par une coalition entre le CVP, le principal parti bourgeois, par le premier ministre Martens, le PVV, libéral, et leurs partis social chrétien (PSC) et le Parti réformateur libéral (PRL). Les socialistes sont rejetés dans l'opposition. Quoique ce gouvernement maintienne face au mouambigu qui était celui de la précédente coalition gouvernementale et continue à reporter la décision concernant l'installation des missiles Cruise, il y a néanmoins peu de doutes sur les véritables intentions d'un tel gouvernement bourgeois homogène, que personne ne voit s'opposer à Washington et à l'OTAN. La détermination du VAKA et de sa base large à combattre ce gouvernement va donc croître.
Un effort soutenu de propagande et d'explication du VAKA amène de plus en plus d'organisations à reprendre l'exigence du « non » inconditionnel au déploiement des Cruise, et cela non seulement par les partis de l'opposition comme le SP, la Volksunie (parti nationaliste bourgeois flamand) et Agalev (les Verts), mais également par un grand nombre d'organisations catholiques, constituant traditionellement la base sociale du CVP, comme Pax Christi, les organisations catholiques d'aide au tiers monde, l'ensemble des organisations de jeunesse les universités catholiques, et les organisations socio-culturelles du Mouvement ouvrier chrétien (MOC-ACW), véritables organisations de masse, enracinées profondément dans chaque commune, chaque quartier, fois à Bruxelles le année à l'avance, ouvrait la voie à une large campagne du VAKA autour du mot d'ordre siles en aucun cas » et pour l'élargissement de ses comités locaux.
En même temps, le VAKA menait au sein de l'OCV une politique d'unité intelligente qui aboutissait à la participation officielle de l'ensemble du mouvement ouvrier chrétien à cette manifestation, alors même que ce mouvement fait partie du CVP et ne défend pas un point de vue unilatéraliste sur les missiles. Pourtant, son adhésion fut obtenue par la crainte de ce mouvement de se trouver en opposition avec sa propre base sérieusement influencée par la campagne du VAKA et y participant activement.
La manifestation du 23 octobre 1983 rassembla ainsi 400 000 personnes, dont les 3/4 étaient des Flamands, c'est à
300 000 sur une population totale de 5 millions, une proportion de loin supérieure à tout ce qu'on a vu en Europe et même en Hollande. Un véritable front unique de tout le mouvement ouvrier y participait : les syndicats chrétiens et socialistes, tous les partis du mouvement ouvrier, mais aussi des dizaines de milliers d'individus pas mobilisés par les appareils traditionnels mais directement par les structures du VAKA. Cela renforcera le rapport de forces entre la direction du VAKA et les directions traditionnelles, l'autorité du VAKA et élargira sa marge de manoeuvre et sa capacité d'initiative
Après cette manifestation, le vaste réseau de comités locaux du VAKA, majoritairement composé de militants politiquement inorganisés, exigeait et obtenait une représentation élue au sein de la didu VAKA. Depuis le début de 1984, la direction du VAKA comprend donc 15 représentants, à raison d'un représentant par organisation constitutive, et 15 représentants élus par les comités (trois par province). Deux fois par an, une assemblée générale des comités se réunit, sans pouvoir de décision formel mais
June influence certaine sur les grandes orientations.
COMMENT EXPLIQUER CETTE EXPÉRIENCE PARTICULIERE ? Nous indiquerons brièvement quelques éléments fondamentaux d'explication permettant de comprendre cette expérience assez particulière.
Tout d'abord, la Flandre n'a connu son grand essor d'industrialisation que
Get de prolétarisation ont diminué l'emprise de l'Eglise catholique et l'efficacité de la religion comme ciment idéologique de la solidarité évolution ne pouvait que provoquer des tensions au sein du CVP, principal parti de la bourgeoisie, qui remportait entre 40 et 45% des suffrages électoraux jusqu'en 1977-1978. Le mouvement ouvrier chrétien, largement majoritaire par rapport au syndicat socialiste, est historiquement partie prenante de ce parti interclassiste. Cette contradiction latente s'est peu ou pas exprimée pendant les années 1970.
2. Cf. Inprecor numéro 141 du 17 janvier 1983 et le dossier militarisation paru dans Inprecor numéro 159 du 24 octobre 1983.
3. Le Mouvement ouvrier chrétien (MOC-ACW) regroupe et chapeaute l'ensemble des organisations chrétiennes dans la classe ouvrière : la Confédération des syndicats chrétiens (CSC), les mutualités chrétiennes, les coopératives, les organismes d'éducation permanente, etc. MOC est lié au Parti social chrétien (francophone)/Christelijke Volkspartij (flamand) (PSC/CVP) par l'intermédiaire de l'aile démocrate chrétienne de ces partis.
Manifestants contre les Pershing. (DR) Elle éclata ensuite autour de la question des missiles, la crise économique aidant à exacerber les contradictions de classes.
Par ailleurs, l'influence de la socialdémocratie, dont les bastions historiques se trouvent dans les bassins industriels de Wallonie, était peu développée en Flandre. Du fait de sa politique de collaboration de classes et de participation fréquente aux divers gouvernements bourgeois depuis la Seconde Guerre mondiale, la social-démocratie est apparue aux yeux du jeune prolétariat flamand comme un parti gestionnaire, sans dynamisme, idéologiquement droitier et vieillissant. Bref, le Parti socialiste, d'ailleurs en recul électoral continu de 1961 à1981, tombant à 22% des suffrages, ne captait rien du tout des nouvelles générations radicalisées de l'après-1968. Ces deux phénomènes ont créé un certain vide politique après la crise sociale de 1968, qui fut rempli par un grand nombre d'associations diverses à l'initiative de jeunes militants non dominés par le réformisme, se jetant d'une façon échevelée dans toutes sortes de campagnes et de luttes spécifiques. C'est de cette mouvance-là que les fondateurs du VAKA sont issus, et c'est encore en grande partie ce milieu social qui fournit les cadres du VAKA aujourd'hui.
LE PARTI SOCIALISTE FLAMAND
ENTRAINÉ PAR LE MOUVEMENT
DE MASSE La social-démocratie flamande a connu une évolution spectaculaire sous l'impact du mouvement de masse. Après la scission sur des bases linguistiques intervenue dans l'ancien Parti socialiste en 1978, le Parti socialiste flamand (SP) a commencé une vaste opération de rajeunissement sous l'égide du nouveau président Karel Van Miert et d'une nouvelle génération de dirigeants. Cette opération ne mettait en rien en cause l'orientation politique du parti, comme témoigne sa participation continue aux six gouvernements qui se succèdent entre 1977 et 1981, lesquels ont introduit les premières mesures d'austérité aujourd'hui systématisées.
Lors de la « double décision » de P'OTAN, en décembre 1979, cette orientation de collaboration сало поти. classes sera maintenue. Tout en formulant des réticences le Parti socialiste flamand accepta l'adhésion du gouvernement aux plans de l'OTAN. Au sein du bureau politique du SP, pourtant, un tiers des votants se prononça contre, ce qui signifiait une volonté d'ouvrir une crise gouvernementale sur cette question.
L'ambiguité des positions du SP, soutenant d'un côté les manifestations du VAKA et continuant de l'autre à cautionner les décisions gouvernementales, ne pouvait lever la méfiance profonde que la social-démocratie suscitait dans le mouvement de masse antimissiles naissant et parmi les cadres de ce mouvement qui avaient déjà antérieurement tourné le dos aux pratiques social-démocrates. Mais ce mouvement de radicalisation touchait justement des groupes sociaux que l'opération de « modernisation » du SP voulait attirer vers ce parti.
Après son énième défaite électorale, en novembre 1981, et son passage dans l'opposition, le SP reprenait progressivement à son compte les exigences du VAKA et mobilisait activement pour les manifestations d'octobre 1983 et de mars 1985. tout autre courant réformiste, y compris du PS (socialistes wallons), dans ce sens qu'il ne s'oppose plus au déploiement au nom de la nécessité de « donner d'abord encore une chance aux négociations pour éviter les missiles ». Son refus de l'installation des Cruise est devenu incondition, nel. Tandis que le Parti socialiste wallon et le mouvement ouvrier chrétien ne mettent jamais en doute le bien-fondé de la « double décision » même, et laissent donc la porte ouverte pour accepter éventuellement le déploiement des euromissiles, le SP rompt avec cette « double décision » de l'OTAN et avec l'attitude politique qui était la sienne lorsqu'il était encore au gouvernement.
Ce changement n'aurait jamais été possible sans la pression formidable du mouvement de masse dirigé par le VAKA. Mais, inversement, le soutien du parti ouvrier dominant a aidé le VAKA à ne pas céder sur l'essentiel de ses revendications — « Des missiles, en aucun cas » - malgré toutes les pressions des forces de droite en ce sens. Mais ce retournement ne dissipe pas tous les doutes. En effet, tant que le SP est dans l'opposition, il peut radicaliser ses positions sans que cela ne lui en coûte beaucoup. Le test est donc intervenu plus tard lorsque, début 1985, le gouvernement s'est apprêté à accepter l'installation des missiles.
Après quelques hésitations, qui montrent qu'un intense débat interne a eu lieu, le SP s'est finalement prononcé pour le retrait inconditionnel des missiles déjà déployés, et ce sans l'accord de l'OTAN, s'il le fallait. Il s'est, de plus, engagé à ne jamais participer à un gouvernement qui n'aurait pas, dans son programme, cette revendication de retrait inconditionnel des euromissiles déjà déployés.
Cette évolution est de nouveau le produit de la fermeté avec laquelle le VAKA pose ses exigences politiques devant les partis. Elle correspond d'autre part à la volonté du SP de remonter la pente, de reconstruire son parti et de progresser électoralement. Le SP est contraint, par l'ampleur et la détermination du mouvement de masse, de coller au maximum à ces exigences. Or, ce mouvement de masse est loin d'être battu du fait d'un premier déploiement des missiles. Il prépare en effet une nouvelle mobilisation de masse pour le 20 octobre 1985, soit six semaines avant les prochaines élections du 8 décembre 1985. Il revendique le retrait pur et simple des 16 missiles Cruise déjà installés en Belgique, et veut peser sur la formation du nouveau gouvernement aprés les élections législatives de décembre
Ce contexte pose donc la barre très haut pour le SP. Et celui-ci l'a franchie. L'orientation actuelle du SP est, sur un point précis, en opposition directe et ouverte avec l'OTAN, les Etats-Unis et leur politique impérialiste. Si cette orientation politique est maintenue, toute coalition gouvernementale avec le CVP est exclue. Aucun parti bourgeois n'est prêt à avaler cela. Mais, dans la mesure où la coalition gouvernementale actuelle entre le CVP et les libéraux risque fort de perdre sa majorité au Parlement lors des prochaines élections, une impasse politique se dessine pour la bourgeoisie, qui ne pourra plus composer un gouvernement un tant soit
Cependant, et malgré son évolution sur la question des missiles, le SP n'en a pas pour autant rompu avec le réformisme. Il n'exclut pas lui-même une nouvelle collaboration gouvernementale avec le CVP, il accepte l'OTAN et la dissuasion, il accepte le cadre de la coexistence pacifique et les arsenaux français et britanniques, et il soutient enfin une défense européenne.
Rien ne garantit donc que le SP ne capitulera pas, tôt ou tard, sur la question des missiles. Mais, dans ce cas, une crise profonde est certaine au sein de ce parti. La direction du SP semble en effet être déjà allée plus loin qu'elle ne le désirait.
Ce vaste mouvement populaire - 78% des personnes sont opposées aux missiles, selon les sondages - composé d'une constellation politique particulière, l'espoir de voir la majorité perdre les élec-